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Synthèse de presse

Vendredi 3 décembre 2021

Semi-conducteurs

[Intel] Le fabricant de semi-conducteurs « Intel aurait déjà choisi d’installer sa future usine européenne en Allemagne », croit savoir le Figaro, qui précise que « l’annonce de la décision est attendu dans les prochaines semaines, pour un début de mise en production en 2024 ». Pour le moment, « le groupe n’aurait pas encore complétement arrêté son choix », hésitant « entre Dresde, le plus probable, ou Munich ». Cependant, la France et l’Italie sont également sur les rangs, mais « pas pour une unité de production proprement dite ». Notamment, « la France cherche à obtenir l’installation d’un centre de recherche et de développement. Intel en possédait un à Sofia Antipolis, qui fait figure de candidate sérieuse. Par ailleurs, l’année dernière, le groupe a noué un partenariat avec le CEA-Leti à Grenoble ‘pour préparer le futur du semi-conducteur’ ».

[Entretien] Ouest France a interviewé le commissaire européen chargé du marché intérieur Thierry Breton sur la question du manque de semi-conducteurs, et sur les moyens mis en œuvre par la Commission européenne pour attirer des usines de production. M. Breton explique : « nous finalisons un texte législatif, le ‘Chips Act’, qui permettra de définir une stratégie pour l’autonomie européenne dans ce domaine et d’adapter les règles d’aides d’État pour rendre compétitif notre continent, en complément du Projet important d’intérêt européen commun (PIIEC) lancé à l’été ». En outre, « l’excellence de la recherche académique française, notamment via le CEA-Leti, la qualité des infrastructures et l’atout que constitue une électricité décarbonée et attractive font de la France un candidat sérieux objectivement », souligne le commissaire européen.

Nucléaire

[Recherche et développement] L’Usine Nouvelle consacre un long dossier à « la longue route vers le nouveau nucléaire ». Dans ce cadre, le journal fait un focus sur la R&D dans le domaine, à la suite des annonces d’Emmanuel Macron, le 12 octobre dernier. Le magazine note que « premier bénéficiaire, le CEA dispose d’un budget annuel de 400 millions d’euros, incluant 250 millions fléchés vers le nucléaire […]. a priorité est maintenant à la conception accélérée du petit réacteur modulaire (SMR) français Nuward, afin d’en construire une première tête de série en France, avec un premier béton coulé à l’horizon 2030, afin de pouvoir l’exporter ». Sur ce sujet, l’Usine Nouvelle a interrogé Jean-Michel Ruggieri, le responsable du programme SMR au CEA, qui prévient : « Il n’y aura pas de prototype. On va aller directement vers une centrale de référence ». Parallèlement, « l’autre priorité est l’émergence de nouveaux concepts de réacteurs, visant à diversifier les usages du nucléaire pour remplacer les énergies fossiles ou réduire les rejets ». Comme l’explique Stéphane Sarrade, directeur des programmes énergie du CEA au magazine : « Devant l’urgence climatique, il faut aller encore plus vite avec des formats de type start-up, favoriser et stimuler la R&D sur des concepts de la quatrième génération comme les réacteurs à neutrons rapides [RNR] refroidis au sodium, les réacteurs à gaz haute température et les RNR à sels fondus ». En effet, au CEA, si les « RNR à refroidissement sodium restent la composante majoritaire de notre programme, nous travaillons aussi sur les réacteurs à sels fondus », explique Jean-Claude Ganier, chef de programme 4ème génération au CEA, . Ce sont, pour l’Usine Nouvelle deux concepts orientés « vers la fermeture du cycle du combustible, la spécialité française ».

[Tribune] Les Échos publie une tribune de Valérie Faudon, déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire [Sfen], et de Greg de Temmerman, directeur général du groupe de réflexion Zenon Research, dans laquelle ils s’interrogent : « les SMR arriveront ils trop tard pour répondre à l’urgence climatique ? » Pour eux, la réponse est non. Ils précisent : « les SMR sont une innovation majeure. Ce sont des réacteurs nucléaires de petite puissance […]. Le projet de SMR français, Nuward, est dix fois moins puissant qu’un EPR. Il n’est pas pensé pour renouveler le parc actuel. Sa première vocation est de remplacer des centrales à charbon dans le monde ». Selon eux, « la taille choisie pour le SMR français permet de l’implanter sur le site même des centrales à charbon à déclasser », permettant de « réutiliser l’infrastructure de transmission électrique en place et d’apporter une solution éprouvée de reconversion pour les emplois et le tissu industriel locaux ». En outre, « la conception flexible des SMR va permettre de produire de la chaleur bas carbone, à usage urbain ou industriel, et de l’hydrogène bas carbone. L’hydrogène, un des vecteurs clés de la transition, est aujourd’hui produit à partir d’énergies fossiles ».

Relevé dans la presse

  • Soitec – « Soitec, un leader mondial de la conception et la production de matériaux semi-conducteurs innovants […], et Mersen […], expert mondial des spécialités électriques et des matériaux avancés, annoncent avoir conclu un partenariat technique stratégique pour le développement d’une nouvelle famille de substrats de carbure de silicium polycristallins (polySiC) destinée au marché du véhicule électrique», indique le Journal des Entreprises.
  • Essais nucléaires en Polynésie – « Vingt-cinq ans après la fin des essais nucléaires dans l’archipel des Tuamotu, le délégué à la sûreté nucléaire et à la radioprotection, François Bugault, a affirmé à l’AFP qu’il n’y avait aucun risque lié à la radioactivité en Polynésie». L’agence de presse ajoute que « le livre-enquête ‘Toxique’, paru en mars, soutenait le contraire, estimant notamment que l’armée et la France avaient minoré les retombées atmosphériques après les essais nucléaires et les doses reçues par les Polynésiens ».
  • Climat – Selon Le Monde, « en France, les investissements pour le climat restent insuffisants », et « ne permettent pas d’atteindre les objectifs de la transition écologique ». Le journal reprend les grandes lignes d’un panorama des financements consacrés au climat en France, publié le 2 décembre par l’Institute for Climate Economics (I4CE), « un think tank sur l’économie de la transition écologique fondé par la Caisse des dépôts et l’Agence française de développement ». « Réalisé chaque année depuis huit ans, l’exercice recense les données d’investissement public et privé de l’année précédente. En 2020, ces dépenses […] ont crû de 10 % par rapport à 2019, indique I4CE, alors que l’investissement global du pays reculait de 7,8 % en raison de la crise sanitaire ». Mais, d’après le think tank, « il faudrait encore investir 13 à 15 milliards d’euros supplémentaires par an jusqu’en 2023 pour rester en ligne avec la stratégie nationale bas carbone et la programmation pluriannuelle de l’énergie. »
  • Ordinateur quantique – «D’après des travaux menés par l’Institut de physique théorique du CEA Paris-Saclay, un calculateur associant un processeur et une mémoire quantiques serait plus efficace qu’un processeur quantique seul – l’option pourtant choisie par tous les constructeurs », rapporte l’Usine Nouvelle.

Jeudi 2 décembre 2021

Innovation

[Open Innovation] L’Usine Nouvelle consacre un article à l’open innovation qui « s’impose comme la solution face aux nouveaux enjeux technologiques ». Interrogé par le magazine, Stéphane Siebert, directeur de la recherche technologique du CEA, explique que « la R&D interne des entreprises n’est plus suffisante face à la variété des technologies nécessaires aujourd’hui » et qu’elle s’est donc « ouverte aux laboratoires de recherche publique, aux start-up et aux pairs ». L’Usine Nouvelle cite un certain nombre d’exemple de coopération, parmi lesquels STMicroelectronics et le CEA-Leti, « son partenaire depuis les années 1980, qui lui réserve l’exclusivité de certains travaux ». M. Siebert souligne que « proches du marché, les entreprises souhaitent une relation bilatérale confidentielle ; en amont elles sont plus ouvertes à des projets collaboratifs ».

[Technos nucléaires] Derrière la « ‘troisième génération’ de réacteurs, qui apporte surtout des améliorations de sûreté et d’industrialisation, se profile déjà la suivante » selon L’Usine Nouvelle qui s’intéresse aux réacteurs de quatrième génération. « En 2001, le forum international GenIV, à l’initiative du département de l’énergie américain, retient six concepts de réacteurs de quatrième génération à partir de quatre grands objectifs : la durabilité pour économiser les ressources naturelles et minimiser les déchets, la compétitivité économique, la sûreté et la non-prolifération », rappelle Nicolas Thiollière, enseignant chercheur à l’IMT Atlantique. Parmi les technologies étudiées, les réacteurs à neutrons rapides (RNR) qui peuvent être refroidis au gaz ou au sodium, ou encore les réacteurs à sels fondus qui « permettent de recycler les matières valorisables (l’uranium et le plutonium) mais aussi les actinides mineurs (comme l’américium ou le curium) qui sont très radioactifs et à vie longue », explique Jean-Claude Garnier, directeur du programme quatrième génération au CEA. L’Usine Nouvelle mentionne la course à l’innovation dans le domaine du nucléaire entre les Etats-Unis, la Chine ou encore la Russie et souligne également que nombre de « start-up comptent là encore disrupter l’agenda ».

[Orano] « Le groupe Orano, présent notamment sur le complexe nucléaire du Tricastin, a lancé un projet de développement intitulé udd@Orano (pour Usines De Demain sur les sites industriels d’Orano) en vue ‘d’accélérer le déploiement de l’usine du futur au cœur des sites industriels du groupe’ », rapporte La Tribune. Le CEA, partenaire du projet, contribue au déploiement de technologies principalement dans les domaines de l’instrumentation et de l’intelligence artificielle.

Relevé dans la presse

  • Visite à Grenoble –The Good Life s’est rendu à Grenoble pour faire découvrir la ville à ses lecteurs. Le magazine souligne que « Grenoble est la première métropole française en termes d’emplois dans le domaine de la R&D et la deuxième en nombre d’emplois ingénieurs. Avec 25 000 emplois dans la recherche, dont 10 000 dans le secteur privé, la métropole présente la plus forte concentration de chercheurs en France ». Parmi les exemple cités, The Good Life mentionne Apple qui « a joui d’un partenariat entre STMicroelectronics, Soitec et le CEA-Leti dans la production de composants et de technologies clés de la caméra 3D de l’iPhone X ».
  • Recherche publique française – «Recul des publications, manque de moyens, baisse du nombre de doctorants… Un déclin de la recherche publique française se dessine », s’inquiète L’Usine Nouvelle. Le magazine souligne pourtant que « si besoin était, la crise du Covid-19 a rappelé la place centrale de la recherche dans l’innovation de rupture » mais elle aussi « mis au grand jour une autre réalité, le manque de moyens de la recherche française, à travers l’exemple des cryo-microscopes électroniques, qui se sont révélés cruciaux pour étudier la pénétration des cellules humaines par le SARS-CoV-2 ». Le journal rapporte les témoignages de plusieurs chercheurs dont le travail s’apparente à « un vrai parcours du combattant [qui] démarre dès le doctorat ».
  • Recherche sur le prion – « Après le choc, l’inquiétude et les questions », rapporte La Dépêche du Midi à la suite du « décès le 4 novembre de la maladie de Creutzfelds-Jakob d’une technicienne de l’Inrae, qui avait travaillé à Toulouse au contact de tissus biologiques infectés par des prions». Le quotidien revient sur cet événement et sur les conditions de la recherche menée dans le domaine.
  • Médecine nucléaire – « Les groupes français EDF et américain Westinghouse ont annoncé mercredi un protocole d’accord pour la production de Cobalt-60 destiné à un usage médical », rapporte l’AFP. Cet élément, utilisé en imagerie médicale ou pour le traitement de tumeurs au cerveau, « sera produit dans les réacteurs nucléaires à eau pressurisée d’EDF et commercialisé par Westinghouse », précise l’agence.

Dernières communications externes


Mercredi 1er décembre 2021

Transition énergétique

[Retard investissements] « Dans un rapport publié mardi, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) appelle le gouvernement [français] à « accélérer » les investissements dans les énergies propres », annonce Les Échos. Selon le directeur général de l’agence Fatih Birol, la France est en effet « en retard sur ses objectifs de transition énergétique », ce qui lui laisse « un travail considérable devant elle ». Pour l’AIE, « le pays va « probablement rater » ses objectifs de déploiement de véhicules électriques » et « reste significativement en retard sur ses voisins » sur le déploiement des renouvelables, en particulier l’éolien en mer. L’organisme fustige par ailleurs des « aides publiques aux renouvelables (…) « complexes, multiples et fragmentées » » et considère « « urgent » que le gouvernement décide comment financer la modernisation du parc existant et la construction de nouvelles centrales », note le quotidien économique.

[Nouveaux réacteurs nucléaires] L’AFP rapporte les propos du ministre de l’économie Bruno Le Maire, qui, en visite à WNE, a déclaré hier que « réindustrialiser et décarboner, ça veut dire plus de réacteurs nucléaires pour produire plus d’électricité qui va servir à la décarbonation des grands sites industriels ». Selon lui, « le nucléaire devrait être « inscrit dans les jours qui viennent » dans la « taxonomie verte » européenne, une liste d’énergies [qui] ouvrira l’accès à la finance verte, donnant un avantage compétitif crucial aux filières reconnues ».

[Scénarios] La Croix se fait l’écho des « quatre scénarios solides » publiés hier par l’Ademe pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Ces scénarios « tracent (…) un large spectre, du premier – fondé sur la « frugalité » et une transformation massive de nos manières de vivre – au quatrième, qui mise sur l’innovation technologique pour préserver, en grande partie, notre modèle de développement ». Résultat « d’un travail de deux ans mené par une centaine d’experts », ils seront complétés en mars prochain par une « analyse macroéconomique ».

[Captage CO2] La Croix offre par ailleurs un panorama des technologies de captage de CO2 en développement. Si la capture et le stockage du CO2 intéresse les chercheurs « dès les années 1970 [et que] les premières expérimentations datent de la fin du XXe siècle », chaque année, « 40 millions de tonnes de CO2 sont captées, essentiellement sur des sites industriels [à comparer aux] 36,4 milliards de tonnes relâchées » en 2021. Car aujourd’hui, « plus que technique, l’obstacle est financier », en particulier lors de « l’étape du captage [qui] est la plus onéreuse ». Les « recherches visent [donc] à améliorer l’efficacité des systèmes existant [pour] limiter la dépense énergétique nécessaire pour « laver » les fumées et en extraire le CO2, tout en s’appuyant sur une source d’énergie elle-même « verte » ».
La « captation directe dans l’air » est pour sa part un « procédé (…) encore balbutiant » à cause de « la faible concentration en CO2 de l’atmosphère, de l’ordre de 0,04 % contre 10 % en sortie d’usine ». Dans ce domaine, « il va falloir développer des procédés vraiment en rupture, estime Florence Delprat-Janaud », responsable des programmes de captage à l’Ifpen interrogée par le quotidien.
Enfin, « le dioxyde de carbone doit ensuite être transporté [puis injecté] dans des réservoirs naturels et profonds. Deux types de sites ont été identifiés : des aquifères salins, où se trouve de l’eau impropre à la consommation, et des gisements d’hydrocarbures épuisés ». Si « les risques de remontée à la surface » semblent maîtrisés, leur acceptabilité sociale reste à démontrer.

Relevé dans la presse

Soitec – Issue du CEA, Soitec, « le leader des substrats semi-conducteurs », a annoncé « l’acquisition d’une société savoyarde NovaSic, ainsi qu’un partenariat renforcé avec le spécialiste des matériaux avancés français Mersen [pour] s’imposer sur la scène de la révolution de l’électromobilité », note La Tribune. L’entreprise souhaite utiliser une fine couche de carbure de silicium sur ses substrats pour « apporter de la valeur ajoutée dans le convertisseur situé entre la batterie de ces véhicules électroniques et les moteurs », une innovation qui doit aussi « lâcher aussi la tension sur la fourniture des composants (…) pour l’automobile ».


Mardi 30 novembre 2021

Nucléaire

[WNE] L’AFP signale l’ouverture ce jour du World Nuclear Exhibition, « qui se tient jusqu’à jeudi à Villepinte, au nord de la capitale française, pour la première fois depuis trois ans, l’édition 2020 ayant été reportée en raison de la pandémie de Covid-19 ». « Les organisateurs attendent 18 000 participants et plus de 600 exposants venant de 65 pays (Corée du Sud, États-Unis, Royaume-Uni, Russie, etc.) pour ce salon du nucléaire civil, un secteur qui revient sur le devant de la scène dix ans après l’accident de Fukushima qui lui avait porté un coup d’arrêt », indique l’agence de presse. Selon elle, « les industriels mettent aujourd’hui en avant l’avantage climatique de cette énergie qui n’émet pas de CO2 lors de son fonctionnement. Le thème du WNE sera d’ailleurs cette année : ‘l’industrie du nucléaire, un acteur clé pour une société bas carbone et un avenir responsable’ ».

[Technologies de l’atome] L’Express fait le point sur les nouvelles perspectives pour les technologies de l’atome offertes par le changement climatique. En effet, selon le magazine, « dans ce futur favorable à l’atome, les réacteurs hériteraient de nouvelles missions. Non seulement ils produiraient de l’électricité pour les ménages et les entreprises, mais leur énergie alimenterait des électrolyseurs, des usines de dessalement de l’eau ou de gros navires marchands. Leur chaleur elle-même seraient récupérée afin de chauffer des bâtiments ou doper la production d’hydrogène ». Selon Stéphane Sarrade, directeur des programmes énergies au CEA, interrogé par L’Express, « l’enjeu, désormais, c’est la décarbonation de nos usages. À horizon 2050, la Terre comptera neuf milliards d’habitants, dont 60 % dans les grands centres urbains. Le défi consistera à leur fournir de l’énergie, du chauffage, des solutions pour la mobilité et de l’eau potable, sans détraquer davantage le climat ». Une mission impossible en « comptant uniquement sur les énergies renouvelables », note le magazine. Par exemple, explique Thomas Branche, senior vice-président transition énergétique et infrastructure chez Assystem, un groupe d’ingénierie indépendant, « on sait […] qu’il n’y aura pas assez d’énergies renouvelable pour accompagner la demande d’hydrogène vert. Il faudra donc recourir à l’atome ». Et cela, en reliant dans un premier temps « les électrolyseurs au réseau électrique national », puis « pour augmenter le rendement de ce genre d’équipement, il sera possible d’injecter en plus de la chaleur provenant d’un réacteur nucléaire » dans les électrolyseurs. La chaleur nucléaire offre en outre d’autres opportunités comme le dessalement, en canalisant une partie de la vapeur pour produire de l’eau douce par évaporation, ou le chauffage des bâtiments.

[Taishan] Selon l’AFP, « les analyses sont toujours en cours pour comprendre l’incident ayant conduit en juillet à l’arrêt d’un réacteur EPR à Taishan (Chine), a souligné lundi l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ». Réagissant aux éléments transmis par la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), qui avait pointé « un défaut de conception de la cuve du réacteur » et faisant état « d’une mauvaise répartition du flux hydraulique occasionnant des vibrations très importante sur les assemblages de combustibles »,

Julien Collet, directeur général adjoint de l’ASN, a déclaré : « il y a de toute évidence une composante hydraulique sur ce sujet, c’est vrai, après ça ne fait pas toute la connaissance du phénomène ». Il ajoute que « ça peut être trois choses : le réacteur lui-même, le combustible et la manière dont le réacteur a été exploité », même si « souvent il s’agit de phénomènes multactorielsmêlant ces trois paramètres », note l’agence. Julien Collet a par ailleurs indiqué : « une fois qu’EDF aura bien compris ce qui s’est passé, aura statué sur ce qui peut arriver à Flamanville 3 et le cas échéant proposé des mesures, il transmettra le dossier à l’ASN qu’on instruira en amont du démarrage du réacteur ».

Relevé dans la presse

  • Maladie de Creutzfeldt-Jakob – Le Monde revient sur le décès il y a quelques jours d’une « technicienne de recherche retraitée de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), qui avait travaillé à Toulouse au contact de tissus biologiques infectés par des prions». Ce décès « fait suite à la mort, le 17 juin 2019, d’Emilie Jaumain, une technicienne de laboratoire de 33 ans, atteinte de cette maladie neurodégénérative incurable », qu’elle aurait contractée en 2010, en se coupant « au cours de la manipulation de fragments de cerveau de souris infectées par des prions, dans une autre unité de l’Inrae, à Jouy-en-Josas ». Pour la retraitée toulousaine, indique le journal, « il faudra déterminer […] si la maladie peut avoir été causée par l’ingestion de viande contaminée par l’agent de l’encéphalopathie spongiforme bovine […] ou […] si une exposition professionnelle accidentelle peut être invoquée ». Le Monde rappelle l’annonce d’un moratoire sur les recherches portant sur le prion le 27 juillet dernier, décidé par les directions générales de l’Anses, du CEA, du CNRS, de l’Inrae et de l’Inserm, et prolongé jusqu’à la fin de l’année 2021, tandis que les ministères de tutelle (de la recherche et de l’agriculture) lançaient une « mission d’inspection conjointe », « afin d’accompagner cette démarche inter établissements et d’éclairer les conditions à remplir pour sortir du moratoire en assurant la sécurité des expérimentations », dont les conclusions sont attendues fin 2021. « Un rapport des mêmes structures d’inspection, commandité après le décès d’Emilie Jaumain avait été publié à l’automne 2020 », et recensait « cinq agents s’étant piqués ou coupés avec des seringues ou des lames contaminées », pointe le quotidien.

Dernières communications externes


Lundi 29 novembre 2021

Nucléaire

[Startup] Le Figaro fait le point sur l’innovation dans le secteur du nucléaire par le biais du développement de startup pour lequel « le chef de l’État alloue 1 milliard d’euros ». Sur ce sujet, l’article précise que « trois jeunes pousses se sont déjà lancées avec des projets de mini réacteurs », à savoir « Naarea [qui] développe un mini réacteur utilisant du combustible usagé. La franco-suisse Transmutex [qui] s’est lancée dans le même projet avec une technologie différente mais tout aussi disruptive. La troisième, Jimmy Energy, [qui] imagine un réacteur pour des marchés jamais ciblés par le secteur : la chaleur décarbonée pour l’industrie ». Interrogé par le quotidien, Guillaume Tremblay, directeur technique de Nuclear Valley, « le pôle de compétitivité de l’industrie nucléaire », relève que ces trois startup « ont fait le choix jusqu’à présent de la discrétion ». En comparaison, « aux États-Unis, plus d’une dizaine de projets de petits réacteurs sont portés par de jeunes pousses ». A propos de l’émergence de startup, le cabinet de la ministre déléguée à l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher précise : « ‘Il s’agit de trouver des modes de soutien pour qu’on n’ait pas à le regretter si, en 2030, le Space X du nucléaire n’est pas français. Nous avons l’intention de lancer des appels à projets très larges afin de faire émerger des acteurs innovants sur des segments où la France n’est pas présente. C’est aussi l’occasion de relancer des voies technologiques qui ne sont plus explorées depuis longtemps’ ». L’article indique que « l’exécutif vise en particulier des innovations autour de la ‘fermeture du cycle du combustible’ ». Selon le quotidien, « les calendriers visés par Naarea ou Jimmy Energy sont jugés extrêmement ambitieux, voire irréalistes, par les experts. Mais ils sont calqués sur le rythme des start-up technologiques : la vitesse accélérée. Jimmy Energy compte avoir achevé dès 2025 le développement de son réacteur ». « Pour respecter leurs objectifs [et calendriers], les startup devront donc abattre très rapidement les obstacles techniques et administratifs. Elles peuvent compter pour cela sur le soutien de l’écosystème [du nucléaire français] ». « ‘Nous discutons avec les différentes jeunes entreprises des verrous scientifiques et techniques – qui sont nombreux dans ces domaines – et nous souhaitons mettre à leur disposition nos compétences et nos moyens de calcul et de simulation’ », détaille Philippe Stohr, directeur énergies du CEA, interviewé par Le Figaro.

[Taishan] Les Échos revient sur « l’incident qui a conduit en juillet à l’arrêt d’un réacteur à la centrale nucléaire EPR de Taishan (Chine) [qui] serait dû à un défaut de conception de la cuve, a affirmé samedi la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD), qui met en garde contre le risque de problème identique sur d’autres EPR ».

Nouvelles technologies

[Recyclage des batteries] La Tribune s’intéresse aux startups françaises dans le secteur du recyclage des batteries électriques et cite deux d’entre elles, lyonnaises : Mecaware et Carester : « Leurs procédés innovants permettent de revaloriser les métaux critiques et les terres rares, participant ainsi à l’indépendance de la France en matière de mobilité électrique ». L’article précise que ces deux entreprises « portent respectivement des projets d’investissements de près de 50 millions d’euros ». Le procédé sur lequel repose la startup Mecawareconsiste à « valoriser le CO2 présent dans les fumées déjà rejetées par certaines usines, en le mélangeant à des composés organiques capables de s’associer avec différents métaux contenus dans les broyages des batteries usées, permettant ainsi d’extraire de manière sélective les différents métaux jugés critiques ». Pour sa part, Carester, « créée en 2019 par Frédéric Carencotte […],  s’intéresse plus particulièrement au recyclage des aimants permanents, utilisés notamment pour les moteurs des engins de mobilité électrique. Ces aimants permanents, à la puissance supérieure à celle des aimants classiques en ferrite, sont fabriqués à base de terres rares, en particulier le neodyme et le prazeodyme ». Carester réalise également « du conseil aux sociétés minières pour optimiser les procédés de production de terres rares et une activité logiciel ». Pour cette dernière activité, l’entreprise a « signé notamment un contrat de 20 ans avec le CEA pour simuler l’extraction des terres rares ».

[Semi-conducteurs] L’AFP revient sur l’annonce faite samedi par Bruxelles qui « présentera début 2022 le projet de loi sur les semi-conducteurs annoncé en septembre pour défendre la souveraineté technologique de l’Union européenne, et le texte inclura ‘un mécanisme de préférence européenne en cas de crise’, a indiqué le commissaire européen Thierry Breton dans une interview publiée samedi ». « Dans le cadre du +chips act+ que je présenterai début 2022, l’Europe supportera les investissements, notamment de rupture, et plus largement l’ensemble du secteur en assouplissant les règles de concurrence relatives aux aides d’Etats. En contrepartie de ce soutien public, nous instaurerons un mécanisme de préférence européenne en cas de crise », a indiqué M. Breton dans cette interview réalisée par Les Échos . T. Breton a rappelé « ‘C’est […] ce que les Américains ont fait à propos des vaccins produits sur leur sol. Nous devons retenir la leçon. Les semi-conducteurs sont aussi un enjeu d’équilibre des pouvoirs. Ce n’est pas du protectionnisme mais de la souveraineté géopolitique’ ».

Relevé dans la presse

  • Covid-19 – L’AFP s’intéresse au nouveau variant de la Covid-19, appelé Omicron, identifié pour la première fois en Afrique du Sud, qui « continuait dimanche à se propager dans le monde entier, notamment aux Pays-Bas où 13 cas ont été détectés, semant l’inquiétude et poussant de plus en plus de pays à fermer à nouveau leurs frontières aux voyageurs étrangers». Son arrivée a été jugée « ‘préoccupante’ vendredi par l’Organisation mondiale de la santé ». « En France, la détection du variant Omicron est ‘très probablement une question d’heures’, a estimé le ministre de la Santé Olivier Véran », interrogé par l’agence de presse. Face à ce nouveau variant, Pfizer et BioNTech « ont immédiatement lancé des investigations pour déterminer [si Omicron] se révélait ou non résistant aux vaccins existants », indique Les Échos. De plus, BioNTech a affirmé que « les deux partenaires seraient en mesure de remodeler leur produit [d’adapter leur vaccin au nouveau variant] dans les six semaines et d’expédier les premiers lots dans les 100 jours »

Vendredi 26 novembre 2021

Puces électroniques

L’Usine Nouvelle s’intéresse au rôle du CEA-Leti dans l’innovation en matière de puces « au cœur des nouvelles politiques industrielles, avec l’ambition de doubler le poids de la France et de l’Europe dans la production mondiale de semi-conducteurs en 2030 par rapport à 2020 ». Pour ce faire, le média a interrogé Sébastien Dauvé, directeur du CEA-Leti, qui « veut soutenir les industriels nationaux et européens […] avec une priorité : créer les ruptures technologiques qui réduiront la consommation d’énergie de l’électronique par un facteur 1 000 d’ici à 2030 » en mettant au point des « ruptures technologiques pour une électronique durable ». « Pour cela, nous devons travailler sur cinq leviers d’action : le procédé de fabrication, la conception du circuit, l’architecture de traitement, l’algorithme et le logiciel », précise Sébastien Dauvé. Interrogé sur l’avenir du CEA-Leti à l’horizon 2030, S. Dauvé répond « More than Moore », à savoir « faire progresser l’électronique autrement que par la miniaturisation propre à la loi de Moore ». Néanmoins, au vu du contexte de pénurie de puces, « nous avons pris conscience des enjeux de souveraineté. Nous avons décidé d’infléchir notre stratégie en faveur de la loi de Moore » comme demandé par les autorités françaises et européennes, explique S. Dauvé. « L’un des axes de cet infléchissement vise à contribuer à la feuille de route des circuits de traitement numérique en FD-SOI », technologie développée par le CEA-Leti, STMicroelectronics et Soitec, « alternative à la technologie FinFET pour les circuits à fortes contraintes de consommation, fiabilité ou coûts, comme pour ceux dédiés à l’automobile, l’Internet des objets ou l’intelligence artificielle embarquée ». Pour cette technologie disponible « aujourd’hui en gravure de 28 nanomètres chez STMicroelectronics et Samsung, et 22 nanomètres chez GlobalFoundries », S. Dauvé indique que l’institut travaille à la mise au point du « 10 ou 12 nanomètres entre 2025 à 2030 ». Par ailleurs, le directeur du CEA-Leti « voit le quantique comme le Graal du traitement à long terme : ‘Nous sommes très proactifs et agressifs sur le sujet, indique-t-il. Nous pensons que le silicium a une carte à jouer. Il permet de passer à l’échelle très facilement en utilisant la boîte à outils de la technologie Cmos des puces électroniques actuelles. Nous prévoyons un démonstrateur en 2022 avec le CNRS et la division militaire du CEA ».

Energies

[Nucléaire] L’AFP s’intéresse à la « ‘World nuclear exhibition’ (WNE) [qui] se tiendra du 30 novembre au 2 décembre à Villepinte, au nord de la capitale française, pour la première fois depuis trois ans, l’édition 2020 ayant été reportée en raison de la pandémie de Covid-19 ». « Les organisateurs attendent 18.000 participants et plus de 600 exposants venant de 65 pays (Corée du Sud, Etats-Unis, Royaume-Uni, Russie…) pour ce salon du nucléaire civil, un secteur qui revient sur le devant de la scène dix ans après l’accident de Fukushima qui lui avait porté un coup d’arrêt ». Pour Sylvie Bermann, présidente de WNE, « le contexte est beaucoup plus porteur sur le nucléaire ». En effet, « l’ancienne ambassadrice de France à Moscou, Pékin et Londres se félicite d’un ‘bon alignement des planètes’ après la COP26 de Glasgow et les annonces d’une relance du nucléaire en France, sans compter l’intérêt marqué d’autres pays européens comme la Pologne ».

[Hydrogène] Les Echos s’intéresse à Divigas qui a été « développée par un entrepreneur français ». « La jeune pousse singapourienne lève 3,6 millions de dollars. Son procédé permet à des installations industrielles de recycler de l’hydrogène et de réduire les émissions de CO2 ».

Relevé dans la presse

  • Batterie – L’Essor de l’Isère revient sur l’accord de coopération signé, le 24 novembre par l’ESRF, l’ILL, et le CEA « pour créer une plateforme d’excellence sur les batteries ‘Grenoble Battery Hub’, basée sur l’utilisation des techniques neutrons et rayons X. Objectif : accélérer la R&D pour développer les batteries de demain, plus performantes, sûres, économiques

Jeudi 25 novembre 2021

Hydrogène

[Demande] Selon le Conseil Français de l’Énergie (CFE), « la moitié de la future consommation européenne d’hydrogène pourrait être importée », note Industrie & Technologies. D’après l’étude du CFE, présentée hier, « la demande européenne d’hydrogène est en effet estimée à 60 millions de tonnes [par an] d’ici 2050, soit six fois plus qu’aujourd’hui. (…) Pour produire cet hydrogène par électrolyse, la demande supplémentaire en électricité s’élèverait à environ 2 800 à 2 900 TWh, « soit presque l’équivalent de la production d’électricité » » annuelle actuelle de l’Union européenne (UE). Pour répondre aux besoins, « la capacité combinée de l’énergie éolienne et solaire photovoltaïque de l’UE devrait être multipliée par huit d’ici 2050 par rapport à aujourd’hui. Concernant les électrolyseurs, plus de 730 GW (…) devraient être déployés sur le territoire européen ». Pour autant, « l’Union européenne vise, dans sa stratégie hydrogène, la mise en place de 40 GW d’ici 2030, soit seulement 5 % de la capacité à atteindre en 2050 pour se passer de l’importation ». Par conséquent, « l’Allemagne et l’Autriche ont déjà publiquement déclaré qu’ils n’arriveraient pas à satisfaire leur demande domestique sans importation », note Marco Baroni, co-auteur du rapport.

[Filière industrielle] « Avec l’installation à Béziers de Genvia et sa technologie de production d’hydrogène décarboné, l’ouest héraultais se rêve fer de lance de la filière hydrogène française », note La Tribune. Également implanté dans la région, via son site qui pilote tous les parcs photovoltaïques d’EDF en Europe, EDF Renouvelables assure que « les énergies renouvelables et l’hydrogène, sont désormais des métiers importants dans le groupe, et de fortes coopérations sont en perspective avec Genvia ». Chez les sous-traitants, le regroupement d’entreprises ITF Fusion serait « heureux de faire partie de la supply-chain de Genvia et de grandir avec eux » et, pour la pépinière Innosud qui cherche à « multiplier les appels à projets », « le challenge de Genvia est colossal. Il est question de devenir une véritable “Vallée verte » ».

Innovation défense

Le forum Innovation défense, qui a ouvert ses portes jeudi 25 novembre à Paris, est l’occasion pour la presse de faire le point sur les évolutions du secteur.
Ainsi, « longtemps à la pointe de l’innovation, le secteur de la défense a été fortement secoué par l’essor du numérique », note Les Échos. Mais la création de « la nouvelle Agence de l’Innovation de Défense (AID) [qui] fête ses trois ans (…) a joué un rôle important d’accélérateur ». L’AID, « destinée à ouvrir un guichet unique, auquel peuvent s’adresser tous les ‘inventeurs’ même ceux qui ne sont pas familiers du monde militaire, (…) déclare recevoir chaque mois entre 30 et 50 demandes d’aide ». Par ailleurs, « le ministère des Armées dispose désormais de deux fonds d’investissement : Définvest, doté de 100 millions d’euros et destiné à protéger des technologies critiques, et le Fonds Innovation Défense, qui a déjà investi une dizaine de millions dans deux start-up du quantique ». Pour Emmanuel Chiva, directeur de l’AID interrogé par La Tribune, la loi de programmation militaire « permet de lancer une stratégie aujourd’hui vraiment axée sur le 
partenariat avec les organismes de recherche pour arriver à financer des projets, qui sont véritablement d’intérêt pour la défense ». En particulier, hors Covid-19, « dans le cadre des études amont, l’AID avec la DGA a lancé plus de 200 projets technologiques ».

Relevé dans la presse

  • SMR – « Qu’est-ce qu’un SMR ? Quels sont les enjeux du projet Nuward ? Quelle sera la place des mini-réacteurs dans l’ère nucléaire de demain ? Quels sont les outils et instruments utilisés pour leur modélisation ? Quel est le rôle de la cogénération dans leur conceptualisation ? » Pour répondre à ces questions, La Méthode Scientifique, sur France Culture, a invité hier « Jean-Michel Ruggieri, chef du programme SMR à la direction des énergies du CEA, et Stéphane Sarrade, directeur des programmes énergies et directeur de recherche au CEA». L’émission est aussi allée à la rencontre de « Jean-Claude Garnier, en charge d’un programme de réacteurs de 4ème génération au CEA à Saclay » et a invité Pierre Devaux à présenter « sa thèse, qu’il effectue au CEA Cadarache, au sein du département d’études des réacteurs ». Une émission à écouter ici.
  • Astrophysique – Futura-Sciences annonce qu’ « une équipe de chercheurs [du CEA-Irfu] a lancé en août l’application mobile Astro-Colibri. Très complète et adressée aux astronomes amateurs et professionnels, l’application permet d’observer de subtils évènements célestes tels que des novas, des sursauts gamma ou encore des ondes gravitationnelles ». Pour le site spécialisé, « l’intérêt de l’application est (…) principalement de ‘faire gagner du temps’ aux astronomes professionnels » lors de tels événements transitoires en les avertissant rapidement. Mais « l’équipe de développement souhaite aussi s’adresser à un public plus large », en particulier parce que « quelques phénomènes sont même observables par des astronomes amateurs » selon Fabian Schüssler, astrophysicien au CEA-Irfu. Un article à lire ici.

Mardi 23 novembre 2021

Climat

[Projections climatiques] « Les projections de réchauffement élaborées par l’ONU à partir des engagements et des politiques de réduction d’émissions de gaz à effet de serre sont plus incertaines qu’on ne le pense », selon une étude parue dans Nature Climate Change, dont l’AFP rapporte les principales conclusions. En effet, pour les auteurs, « à cause de la ‘précision trompeuse’ des annonces faites pendant la COP26 », selon lesquelles le monde se dirige vers une augmentation des températures de 2,7 °C d’ici à la fin du siècle, « ‘les pays pourraient croire qu’ils font des progrès alors que l’inverse est peut-être vrai’, commente l’auteure principale Ida Sognnaes, du centre de recherche CICERO à Oslo ». Les auteurs rappellent en effet que les chiffres de l’ONU, issus d’une étude à laquelle certains d’entre eux ont participé, sont des « prévisions » : 7 groupes ont utilisé la même méthode de modélisation pour « évaluer les engagements pris pour 2030 par les quelques 200 pays signataires de l’accord de Paris » et ont obtenu des « estimations allant de +2,2 °C à +2,9 °C ».

[Urbanisme] Le Monde publie la tribune de l’architecte urbaniste Albert Lévy, pour qui « dans ce grand débat sur le climat [qu’est la COP26], la ville et l’urbanisation de la planète, induite par les énergies fossiles, semblent être l’angle mort de la réflexion » Il rappelle par exemple que « par sa forme, son organisation, son fonctionnement, la ville actuelle, qui consomme, pour ses besoins, plus de 75 % des énergies fossiles, est la principale source d’émission de gaz à effet de serre ». Selon lui, « une ville verte résiliente reste à concevoir en transformant la ville existante par renforcement de la nature et de la végétalisation dans l’espace urbain, avec les bénéfices écologiques, sanitaires et sociaux induits ». Enfin, écrit-il, pour faire face « à l’érosion de la biodiversité et du vivant, l’éco-urbanisme à construire devra donc adopter une posture révolutionnaire : faire avec et non contre la nature ».

[Industrie] Dans un entretien post-COP26 accordé à l’AFP, la ministre déléguée à l’Industrie Agnès Pannier-Runacher a réaffirmé son intention de « décarboner en industrialisant ». Elle a notamment affirmé qu’une feuille de route avait été mise en place, « qui dit précisément comment faire pour que chacun des trois secteurs les plus émetteurs – métallurgie, ciment, chimie – puisse être au rendez-vous de la réduction de 35 % des émissions de l’industrie en 2030, et pour la neutralité carbone en 2050 ». Par ailleurs, a-t-elle ajouté, « dans le plan de relance, 1,2 milliard d’euros sont consacrés à la décarbonation des sites industriels. Nous avons déjà retenu 99 sites et j’ai annoncé vendredi 42 nouveaux lauréats, ce qui fait qu’au total 141 projets de décarbonation sur des sites industriels précis sont accompagnés par l’État, avec un objectif à mi-2022 de 3,6 millions de tonnes équivalent carbone (de moins) », rapporte l’AFP.

Relevé dans la presse

Électricité – L’AFP rapporte que « le gestionnaire du réseau électrique RTE prévoit un hiver sous ‘vigilance particulière’ en matière de sécurité d’alimentation [en électricité], confirmant ses prévisions du printemps, alors que la crise sanitaire continue d’affecter le calendrier de maintenance du parc nucléaire, a-t-il indiqué lundi ».


Lundi 22 novembre 2021

Numérique

[Inria] Bruno Sportisse, directeur de l’Inria depuis 2018, est interrogé par Le Figaro. Dans la crise Covid, le quotidien rappelle notamment que l’institut « a pris la tête de l’équipe qui a développé l’application Tous AntiCovid ».  À ce titre, M. Sportisse caractérise l’institut de « bras armé de l’État pour la recherche et l’innovation ». Les différents plans de relance, dont l’Inria copilote une partie, font la part belle au numérique et « cette implication de la recherche dans les politiques publiques apparaît comme essentielle pour ‘trouver le bon équilibre entre la régulation et l’innovation », rapporte Le Figaro. « Avec France 2030, nous avons un vrai agenda d’actions pour ne pas subir, pour construire un leadership dans et avec le numérique : la dynamique est enclenchée dans une coalition d’acteurs publics et privés, qui s’insèrent dans une logique européenne », appuie Bruno Sportisse. Par ailleurs, « avec son startup studio, l’Inria vise à augmenter massivement le nombre de start-up incubées chaque année », avec l’objectif d’atteindre 100 jeunes pousses à l’horizon 2023/2024.

[Métavers] La Croix interroge Laurence Devillers, professeure en information appliquées aux sciences sociales au CNRS, concernant la mise en place de métavers, univers en réalité virtuelle que développe l’entreprise Facebook. Pour Mme Devillers, avec le métavers « l’utilisateur va pouvoir vivre des expériences émotionnelles très fortes, qui vont bouleverser ses codes (…). Avec la réalité virtuelle, l’interaction devient sensorielle, ressentie dans la chair. Comment être calme, posé et rationnel dans un environnement qui joue en permanence sur vos émotions (…) ? ». Interrogée sur la défaillance de Facebook lors de la gestion des « risques collatéraux de ses réseaux sociaux » dénoncée par la lanceuse d’alertes Frances Haugen, Laurence Devillers assure que « sans garde-fous, le réseau ne sera piloté que par des gens qui ne cherchent qu’une chose : capter l’attention pour vendre des publicités » et appelle à participer à la réflexion.

Relevé dans la presse

  • La Hague – « Faut-il construire une piscine pour combustibles irradiés supplémentaire à La Hague, site qui concentre le plus de radioactivité en Europe ? Le public peut s’exprimer à partir de lundi sur ce sujet », rapporte l’AFP. En effet, « la commission nationale du débat public (CNDP) [organise] jusqu’au 18 février une concertation préalable sur ce projet de bassin d’une capacité de stockage de 6 500 tonnes qui vise à éviter la saturation des piscines actuelles à La Hague », précise l’agence.
  • Bertrand Piccard – L’explorateur suisse, Bertrand Picard, dresse le bilan, pour La Tribune, de la COP26. Malgré « des résultats décevants », M. Piccard affiche « son optimisme sur une écologie du bon sens, non punitive et fondée sur l’innovation. Sa fondation Solar Impulse a identifié plus de 1 300 solutions, dont 411 françaises, pour sauver la planète », rapporte le journal. Bertrand Piccard mise notamment sur « l’efficience énergétique afin de réduire la consommation et donc les besoins de production ». Par ailleurs, il convient qu’ « on a encore besoin » des centrales nucléaires en fonctionnement aujourd’hui mais souhaite voir se développer des systèmes de stockage des énergies renouvelables, en particulier les systèmes hydrauliques (STEP).
  • DuoDay – La Dépêche.fr rapporte que « pour la première fois, le club des entreprises inclusives du Lot a participé jeudi au DuoDay qui permet à des personnes en situation de handicap une immersion d’une journée en milieu professionnel ». Le CEA de Gramat fait partie des entreprises qui « se sont mobilisées en faveur de l’inclusion et de l’insertion », rapporte le journal.
  • Fusion – France Bleu Provence s’intéresse à la recherche sur la fusion menée à Cadarache, au CEA et à      Iter, et mentionne l’exposition « Fusion power to the people » installée actuellement aux Docks Village de Marseille jusqu’au 19 décembre. Mohamed Belhorma (CEA), commissaire de l’exposition intervient dans le cadre de cette émission.

Vendredi 19 novembre 2021

Nucléaire

[Point de situation] Le Monde publie un important dossier sur la place du nucléaire en France à la suite des récentes annonces du président de la République. Sous forme de questions, le journal revient sur différents points : la capacité de la filière à construire de nouveaux réacteurs, le coût d’un tel programme, la sûreté des futurs réacteurs, la gestion des déchets et du démantèlement des centrales ou encore la situation de la recherche en France. Sur ce point, Le Monde souligne que « sur les six concepts de quatrième génération qu’explorent Etats-Unis, Russie, Chine ou Inde, la France ne conserve des compétences que sur deux. La famille Astrid, dite des réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium, et celle dit des sels fondus, où le combustible est liquide, mélangé à des sels qui servent aussi de caloporteurs ».

[Défi climatique] Sur la question du nucléaire face au défi climatique, Le Monde rappelle que « le nucléaire est, avec l’éolien, la source d’énergie qui émet le moins de gaz à effet de serre au cours de son cycle de vie » et que, selon l’AIEA, il « a permis d’éviter dans le monde au moins l’équivalent de 60 gigatonnes de CO2 depuis 1970, soit cinq années d’émissions mondiales du secteur électrique ». Pour les opposants, « la priorité (…) est plutôt d’agir sur la maîtrise de la consommation et l’efficacité énergétique, tout en développant les renouvelables et les solutions de flexibilité ».

En parallèle, France Inter diffusait hier une émission de La Terre au carré dédiée à la question : « Le nucléaire est-il viable sur le long terme pour la planète ? » tandis que Libération publie la tribune d’un collectif d’association qui « démonte les clichés sur le nucléaire et rappelle qu’en 2020, les énergies renouvelables (hors hydraulique) ont dépassé la production de l’atome ».

Relevé dans la presse

  • Aledia – La Tribune et Le Dauphiné Libéré reviennent sur la pose de la première pierre de l’usine d’Aledia à Champagnier, « c’est en effet là que cette start-up, issue du CEA-Leti, va produire ses microLEDs révolutionnaires », souligne le DL. Selon Giorgio Anania, président d’Aledia, « ‘on investit 50 millions dans ce premier bâtiment avec nos partenaires, et sur le site, d’ici 2025, nous allons investir au total 500 millions d’euros. Notre ambition est aussi de passer de 190 salariés aujourd’hui à 500’ », rapporte le quotidien.
  • EPR Flamanville – « EDF est ‘mobilisé’ pour qu’en 2023 le réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville (Manche) fournisse de l’électricité sur le réseau », rapporte l’AFP. Cette information a été formulée par David Le Hir, directeur de l’achèvement du chantier à EDF lors d’une commission locale d’information (CLI) au Pieux, près de Flamanville « face à Greenpeace qui ne croit ‘pas une seconde’ à cette date », précise l’agence.
  • Atlas du cerveau – Le Figaro consacre un article à l’« atlas des cellules cérébrales » réalisé par un consortium américain d’une trentaine de laboratoires de recherche, « doté de plus de 6 milliards de dollars », et dont les travaux ont été publiés début octobre. Pour les auteurs, qui se sont consacrés pour le moment sur le cortex moteur, « pour comprendre le fonctionnement de notre cerveau, il faut d’abord connaître chacun de ses constituants ». « C’est un travail très impressionnant », salue Brian Lau, directeur de recherche à l’Institut du cerveau. Les équipes de « la Brain Initiative (..) ont mis leurs données en accès libre et envisagent de les interconnecter. Une gigantesque encyclopédie en devenir », s’enthousiasme Le Figaro.
  • Semi-conducteurs – Les Échos s’interroge sur les chances pour Intel de revenir dans la course aux semi-conducteurs. Le journal revient dans un premier temps sur l’histoire de l’entreprise qui « a inventé le microprocesseur dans les années 1970 et dominé l’ère du PC dans les années 1990-2010 ». S’il affiche encore une rentabilité « à faire pâlir bien des industriels », en terme de chiffre d’affaires, Intel « a dû céder la place à son principal concurrent, le coréen Samsung ». « Pour renverser la tendance, le groupe a décidé début 2021 de confier son avenir à un de ses plus célèbres vétérans » :  Pat Gelsinger, PDG d’Intel depuis janvier 2021, rapporte le quotidien. Son plan « est un savant mélange de pragmatisme et d’ambition » dans lequel Intel envisage notamment de construire de nouvelles usines. 

Jeudi 18 novembre 2921

Nucléaire

[SMR] L’Obs revient sur « la course aux mini-centrales », pour le développement desquelles Emmanuel Macron a annoncé un financement de 500 millions d’euros en octobre dernier, et plus particulièrement sur le projet français en cours, « Nuward ». Le journal a notamment interrogé Jean-Michel Ruggieri, chef du programme SMR au CEA, qui explique que « l’idée est de récupérer tout ce qu’on peut des gros réacteurs, pour en faire des plus petits et plus simples. Le plus difficile, c’est de le faire une première fois. Ensuite, ce sera comme les briques Lego, il suffira de produire les pièces en usine et de les assembler ». La mission première de ces mini-réacteurs est de « prendre la place des installations thermiques », avec des perspectives « immenses », puisqu’en Europe, « la moitié des 324 centrales à charbon doit fermer d’ici à 2030 ». Le journal s’interroge cependant : « la France part-elle trop tard dans la course aux SMR » ? Si, selon Jean-Michel Ruggieri, « il y a de la place pour tous les acteurs », un expert auprès de l’Agence internationale de l’Energie atomique est pour sa part plus pessimiste : « les carottes sont cuites pour l’industrie française. Les États-Unis et la Russie ont trop d’avance », rapporte L’Obs.

[Cigéo] Actu Environnement annonce que « l’Assemblée nationale a adopté, le 12 novembre, deux amendements gouvernementaux au projet de loi de finances pour 2022 (PLF2022) relatifs au Centre de stockage des déchets radioactifs en couche géologique profonde (Cigéo) ». Le premier « prolonge jusqu’en 2025 le niveau de la taxe additionnelle à la taxe sur les installations nucléaires de base (INB) due par les producteurs de déchets radioactifs (EDF, Orano, CEA) ». Le deuxième amendement prolonge lui jusqu’à 2025 « la contribution spéciale au profit de l’Andra destinée à financer les études nécessaires à la conception de Cigéo ».

Relevé dans la presse

  • Exa1 NewsTank indique le lancement par Atos et la direction des applications militaires du CEA du « supercalculateur EXA1, ‘le système de calcul haute performance le plus puissant et le plus économe en énergie d’Europe, basé sur des processeurs (CPU)’ qu’ils ont codéveloppé ensemble». Ce dernier, « doté de 12 960 processeurs AMD et de 829 440 cœurs de processeurs » est le plus grand système de calcul haute performance « jamais installé dans le monde : particulièrement compétitif, EXA1 affiche une puissance de calcul de 23,2 pétaflop et une consommation d’énergie de 4,96 mégawatts ». Selon Vincenzo Salvetti, directeur des applications militaires du CEA, dont les propos sont repris par NewsTank, « le développement d’un tel supercalculateur de haut niveau est essentiel pour certains programmes de défense que nous mettons en œuvre au sein du CEA DAM ».
  • Défense – Selon l’AFP, « l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a fait état mercredi d’une nette augmentation du stock d’uranium enrichi par l’Iran, à quelques jours d’une visite de son chef à Téhéran et de la reprise des pourparlers pour ressusciter l’accord de 2015 ». D’après un rapport de l’Agence consulté par l’AFP, « la quantité d’uranium accumulée dépasse désormais de plus de douze fois la limite autorisée », mais surtout, « l’Iran a dépassé le taux d’enrichissement de 3,67 % fixé par l’accord » : il dispose maintenant de 113,8 kg enrichi à 20 %, et a par ailleurs « franchi le seuil inédit de 60 %, se rapprochant des 90 % nécessaires à la confection d’une bombe».
  • Informatique quantique L’Usine Nouvelle signale que « la start-up francilienne Pasqal, qui développe un ordinateur quantique, annonce un partenariat avec le groupe européen de défense MBDA, leader dans les systèmes de missiles», dans le but de « développer une approche quantique de l’optimisation dans le champ de la défense », selon le communiqué de l’entreprise.
  • Santé – « Terumo Corporation, leader mondial de la technologie médicale, et la société française Diabeloop, pionnière de l’IA thérapeutique, ont annoncé [hier] avoir signé un accord pour un partenariat stratégique global», rapporte Challenges. Il leur permettra notamment de « travailler en étroite collaboration pour apporter des solutions d’administration automatisée d’insuline en Europe, avec un potentiel d’expansion mondiale supplémentaire ».

Mercredi 17 novembre 2021

Genvia

[Stratégie hydrogène] « Emmanuel Macron a visité, mardi, l’entreprise Genvia à Béziers », une « coentreprise entre le CEA et le groupe parapétrolier Schlumberger, qui a vu le jour en mars dernier », signale, parmi d’autres médias, Les Échos. Lors de cette visite, le chef de l’État a annoncé que « 1,9 milliard d’euros seront consacrés au développement de la filière hydrogène (…) dans le cadre du plan d’investissements France 2030 de 30 milliards [en sus des] 7 milliards d’euros déjà consacrés à cette filière lors de France Relance ». Sur ces montants, « Genvia elle-même sera soutenue à hauteur de 200 millions d’euros (…) ‘l’idée est d’avoir les capacités de développer au moins cinq gigafactories d’électrolyseurs sur le territoire’, explique-t-on à l’Élysée », dont la première serait donc Genvia.
Pour le gouvernement, « l’objectif [des différents financements] est de diversifier les risques, avec des projets affichant différentes maturités, certains étant encore au stade de la recherche, comme Genvia, d’autres plus proche de l’industrialisation », selon Le Figaro. Cependant, alors que 15 entreprises ont été sélectionnées, elles demandent au total « 5,8 milliards d’euros, quand le gouvernement n’a fléché qu’1,5 milliard d’euros sur ces projets ».
L’hydrogène vert produit par les électrolyseurs doit « décarboner les secteurs industriels les plus émetteurs de CO2, comme la sidérurgie, la cimenterie, etc. Mais aussi pour la mobilité lourde (camion, train ou encore bateaux) », rappelle Les Échos. De plus, « en misant dès aujourd’hui sur la filière électrolyseurs, la France entend aussi ne pas reproduire l’échec du solaire dont la production de panneaux photovoltaïques a été ravie quasi intégralement par la Chine ». Si aujourd’hui « Pékin construit plus d’usines d’électrolyseurs qu’elle n’en a réellement besoin [la technologie chinoise] reste, a priori, moins efficace que celle de Genvia » selon le quotidien économique.

[Feuille de route] L’Usine Nouvelle a longuement interrogé Florence Lambert, PDG de Genvia, qui a profité de la visite d’Emmanuel Macron pour signer « des partenariats avec des clients finaux (Hynamics, Vicat, ArcelorMittal et Ugitech) ». Pour elle, « tout va très vite. En mars, nous avons lancé la société et aujourd’hui, nous inaugurons le bâtiment, qui a été rénové. Depuis septembre, nous avons un atelier de production d’électrolyseurs qui fonctionne et nous prévoyons notre ligne pilote automatisée à l’été 2022 » qui produira « 300 stacks [ces empilements de cellules dissociant oxygène et hydrogène] de forte puissance par an [qui atteindront] quelques dizaines de kilowatts », puis de les assembler pour atteindre des modules de plusieurs mégawatts en 2023. L’objectif est de « produire en masse des stacks et des modules, qui seront ensuite assemblés chez [les clients de Genvia] pour servir d’unités de production d’hydrogène de 50 à 100 MW chacune à terme ». Enfin, si Genvia cible dans un premier temps les industriels, Florence Lambert note que « la chaleur issue des réacteurs [nucléaires] peut [aussi] être valorisée par la techno Genvia ».

Recherche française

[Déclin] « À l’aune de la crise du Covid-19 et à l’aube d’une campagne présidentielle, (…) de quelle science voulons-nous ? », se demande Libération. Le quotidien rappelle que, selon Thierry Coulhon, président du HCERES, « le nombre total de publications scientifiques françaises par an, qui était passé en 2015 au-dessous de celui de l’Italie [puis] au-dessous de celui de la Corée du Sud, (…), sera rejoint et probablement dépassé par l’Australie, l’Espagne et le Canada, dès que les chiffres de 2020 seront consolidés ». En effet, « avec 2,2 % de son PIB consacré à la recherche, publique comme privée, la France pointe à la 14e place des pays de l’OCDE. Loin derrière Israël (4,9 %) et la Corée du Sud (4,6 %), qui caracolent en tête, mais aussi dépassée par l’Allemagne et les Etats-Unis, autour de 3 % ». À ce sous-financement s’ajoute « un morcellement problématique, bien identifié » pendant la crise Covid-19 et qui « s’est aussi vu en matière de communication et de conseil au politique » alors même que « Frédérique Vidal a été étonnamment absente des débats » sur la recherche. Enfin, le journal pointe « l’absence de communication à large échelle de la part des instances scientifiques » : les organismes de recherche comme l’Institut Pasteur ont lors de la crise choisi « les médias qui (…) paraissaient les plus fiables pour faire passer [leurs] messages, une sorte de ligne Maginot médiatique, rapidement débordée » par des individus charismatiques comme Didier Raoult.

[Désenchantement] « À l’occasion du colloque international de culture scientifique et technique ‘Science & You’ [à Metz a été dévoilée] la huitième édition de l’enquête nationale ‘ Les Français et la science’ », rapporte Le Monde. Pour Michel Dubois, sociologue CNRS qui a co-dirigé l’étude, les Français montrent « un certain désenchantement à l’égard des sciences et techniques. En effet, depuis la fin des années 1980, une majorité d’enquêtés, 62 % en 2020, déclarent estimer que la recherche apporte ‘ autant de mal que de bien’ » », un « niveau d’ambivalence record » dans le monde. De plus, le chercheur note « les interrogations de plus en plus fortes du public [français] quant à la capacité des chercheurs à conserver leur indépendance vis-à-vis des grands groupes industriels. La question des liens d’intérêt des chercheurs a été beaucoup évoquée au cours de ces deux dernières années, notamment par la presse ». Pour autant, « lorsqu’on les interroge, les Français continuent à accorder massivement leur confiance aux chercheurs et à leurs institutions et montrent un intérêt constant pour les grandes avancées dans les domaines de la médecine et de la biologie ou encore des énergies renouvelables. Ce constat va à l’encontre du discours ambiant qui tend à sur-représenter les opinions ‘complotistes’ et les croyances irrationnelles, qui ont, sans doute, un caractère plus ‘spectaculaire’ ». Enfin, alors que « la ‘démocratie scientifique et technique’ reste en grande partie à inventer en France », l’enquête « montre que les (…) modes de communication avec le public a posteriori, c’est-à-dire une fois les décisions prises, sont de plus en plus mal vécus ».


Mardi 16 novembre 2021

Énergies

[Hydrogène] L’AFP annonce la « visite d’Emmanuel Macron [accompagné de Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, et d’Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie] à Béziers mardi [16 novembre] sur un ex-site para-pétrolier [afin de] mettre un coup de projecteur sur le rôle de l’hydrogène dans les années à venir pour décarboner l’industrie lourde et la construction, a souligné l’Élysée lundi ». En effet, le Président de la République va visiter « l’usine pilote de production [de l’entreprise Genvia] d’électrolyseurs haute température, qui s’inscrit dans la filière hydrogène nationale », explique Le Midi Libre. « Créée en mars 2021, issue du groupe Schlumberger, en coentreprise avec le CEA », Genvia « fabrique des électrolyseurs haute température, c’est-à-dire des machines permettant de produire de l’hydrogène à partir de la molécule d’eau (H2O) selon une toute nouvelle technologie qui a fait l’objet d’une quarantaine de brevets ». Cette technologie permet « ‘de très bons rendements’, ‘d’utiliser moins d’électricité pour produire plus d’hydrogène’, […] est ‘réversible’, c’est-à-dire qu’elle permet de stocker l’électricité sous forme d’hydrogène, et inversement de produire de l’électricité avec l’hydrogène déjà produite et stockée, explique-t-on à l’Élysée ». La dépêche précise que « l’objectif est de lancer en 2024 la construction d’une ‘gigafactory’, ou méga-usine, de production de ces électrolyseurs qui emploierait à terme quelque 500 personnes ». D’après l’Élysée repris par l’agence de presse, « l’ambition de la France » en matière d’hydrogène serait que cette usine soit la première des « ‘cinq gigafactories’ d’électrolyseurs sur le territoire » français, qui s’appuieraient sur des technologies différentes.

[Fossiles] « Les Émirats arabes unis, parmi les premiers exportateurs de brut au monde, ont appelé lundi à poursuivre les investissements dans le pétrole et le gaz, deux jours après un accord conclu sur le fil à Glasgow lors de la COP26 », rapporte l’AFP. « Qualifiant malgré tout la COP26 de ‘succès’, Sultan al-Jaber, ministre émirati de l’Industrie et des Technologies avancées, a affirmé lundi que le monde était ‘toujours fortement dépendant du pétrole et du gaz’. ‘L’industrie pétrolière et gazière devra investir plus de 600 milliards de dollars (…) chaque année jusqu’en 2030, ne serait-ce que pour répondre à la demande prévue’, a-t-il déclaré à Abou Dhabi ». La dépêche précise que « les Émirats arabes unis, tout comme le voisin saoudien –premier exportateur de brut au monde– ont annoncé ces dernières semaines des objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2050 ou 2060, sans toutefois envisager de réduire leur production de pétrole ».

Relevé dans la presse

CEA-Marcoule – Objectif Gard annonce le lancement d’une série de conférences « Les jeudis de Marcoule » organisées par le CEA-Marcoule à l’Institut de Chimie Séparative. La première de ces conférences « se tiendra ce 18 novembre à 18 heures, et aura pour thème l’hydrogène et le mix énergétique ». « Le thème de la deuxième conférence du cycle, qui se tiendra le 16 décembre à 18 heures, sera sur l’économie circulaire, la transition énergétique et les matières premières ». Clément Moulet, responsable de la communication du CEA-Marcoule, interrogé par le quotidien local, a précisé « ‘Nous voulons nous inscrire dans l’actualité’ ».


Lundi 15 novembre 2021

Énergies

[Fossiles] « Les deux semaines d’âpres négociations qui viennent de se terminer à la COP26 peuvent se résumer en quatre mots: finance, fossiles, compensations et ambition » résume l’AFP. En parallèle et parmi les nouveaux engagements des pays participants, Le Monde note que ce « vendredi 12 novembre, (…) la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili [a annoncé] que la France rejoignait une coalition d’une trentaine de pays et de banques de développement (Etats-Unis, Canada…) qui mettront fin à leurs investissements dans le pétrole, le gaz et le charbon à l’étranger à partir de la fin de 2022. Cette alliance avait été lancée le 5 novembre par le Royaume-Uni, et largement saluée, mais la France n’en faisait pas partie, préférant rester sur son calendrier de fin du soutien au pétrole en 2025 et au gaz en 2035, à l’export » résume Le Monde. Le quotidien précise que « la France ne financera donc plus, dès 2022, les projets d’énergies fossiles qui ne sont pas accompagnés de ‘dispositifs d’atténuation’ des émissions de gaz à effet de serre (comme le captage et le stockage du CO2), comme le prévoit le texte de la coalition ».

[Nucléaire] « La relance de l’atome en France, annoncée le 9 novembre par Emmanuel Macron, fait naître en Alsace des envies inédites d’un retour du nucléaire sur le site en reconversion de Fessenheim » reprend La Tribune, qui justifie cet intérêt : « déconnectés du réseau depuis le 30 juin 2020, les deux réacteurs de Fessenheim, la plus ancienne centrale française, sont devenus le symbole d’un territoire en quête de revitalisation. Éloigné des centres urbains et déjà en perte de dynamisme, Fessenheim (2 300 habitants) et son bassin d’emploi (32 000 habitants pour la Communauté de communes du Pays Rhin-Brisach) n’ont pas encore trouvé le chemin de la relance. Avec 2 000 emplois directs et indirects, la centrale était devenue depuis les années 1980 le moteur de l’économie locale. » Le journal tempère cependant « pour autant, les chances de relancer Fessenheim sont faibles. Fin 2020, dans une étude prospective de son conseil d’administration, EDF avait en effet identifié plusieurs sites potentiels pour l’accueil d’EPR, en complément du site de Flamanville en construction : Penly (Seine-Maritime), Gravelines (Nord), Bugey (Ain), et Tricastin (Drome). Fessenheim ne figurait pas sur cette liste ».

  • [Photovoltaïque] Selon le site web spécialisé pv-magazine, le projet européen Sun Horizon voit la naissance de ses premières installations à Riga, en Lettonie. « Lancé en 2018, ce projet collaboratif est soutenu par la Commission européenne dans le cadre du programme Horizon 2020 (H2020) pour la recherche et l’innovation et regroupe plus d’une vingtaine de partenaires français et européens, dont le CEA (INES), Schneider Electric et Check Watt. L’objectif de Sun Horizon est d’installer, de développer et d’établir les performances d’une solution de couplage solaire + pompe à chaleur destinée au chauffage et à la climatisation bas carbone». Ainsi, ce sont « deux maisons individuelles à Riga en Lettonie [qui] viennent d’être équipées dudit système de pompe à chaleur reliée à un système d’énergie solaire par panneaux photovoltaïques et solaires hybrides », premières d’une série qui verra la mise « en œuvre de huit sites de démonstration en Europe, à Riga, Berlin, Nüremberg, Verviers, Le Bourget-du-Lac, Saint Cugat, San Lorenzo de Hortons et Madrid ».

Relevé dans la presse

Visite présidentielle – « Accompagné des ministres Barbara Pompili (Transition écologique) et Agnès Pannier-Runacher (Industrie), le chef de l’État ira [mardi 16 novembre] sur le site de l’entreprise Genvia [à Béziers], créée en mars 2021 et issue de la recherche du CEA et d’une collaboration avec le groupe Schlumberger» annonce l’ « Le développement d’une filière d’hydrogène décarbonée est, a souligné l’Élysée, ‘une priorité pour la souveraineté énergétique et industrielle de la France’ ainsi qu’un ‘vecteur énergétique indispensable à la neutralité climatique’ », rappelle l’agence de presse. 

  • Microélectronique – L’émission du 13-14 de France Inter jeudi 11 novembre était consacrée à la microélectronique en France et en Europe. Pour l’occasion, l’émission se déroulait en direct de l’usine STMicroelectronics à Crolles (38) et comptait parmi ses invités : Stéphane Siebert, directeur de la technologie du CEA, Jean-Marc Chéry, PDG de STM et Jean-Éric Michel, délégué général du pôle de compétitivité Minalogic. M. Siebert a par ailleurs rappelé qu’ « en matière de recherche sur la microélectronique, l’Europe n’est pas décroché. Trois des principaux centres de recherche mondiaux en microélectronique sont en Europe : l’Imec en Belgique, le CEA en France et le Fraunhofer en Allemagne » précisant qu’à Grenoble il y a « plus de deux milles chercheurs dans le domaine de la microélectronique entre le CEA et l’université Grenoble Alpes et que tout cet écosystème a été constamment soutenu depuis les années 2000 par l’État et les collectivités locales ». Réécouter l’émission.

Vendredi 5 novembre 2021

Climat

[Hydrocarbures] L’AFP fait un focus sur les « quelques 95 % des producteurs de pétrole et de gaz [qui] explorent ou prévoient de développer de nouvelles réserves d’hydrocarbures, selon un rapport produit par l’ONG allemande Urgewald et 20 ONG partenaires (…). La moitié de ces productions nouvelles repose en outre sur l’exploitation de pétrole et de gaz non-conventionnels (de schiste, sables bitumineux, forages en Arctique, en eaux très profondes…), pointe cette Global Oil and Gas Exit List (GOGEL), qui analyse les plans d’investissement de 887 compagnies représentant près de 95 % de la production mondiale d’hydrocarbures ». De plus, « l’essor continu du secteur s’accompagne de projets d’infrastructures de transport, note le rapport : 211 849 km d’oléoducs et gazoducs sont en développement, ‘la moitié de la distance entre la Terre et la Lune’ », souligne le rapport repris par l’agence de presse. Pourtant, « l’Agence internationale de l’énergie (AIE) souligne que, pour arriver à la neutralité carbone en 2050 et garder le réchauffement à +1,5°C, le monde doit abandonner dès aujourd’hui tout nouveau projet ».

En parallèle, toujours le jeudi 4 novembre, « 25 pays et institutions financières publiques [dont les États-Unis et le Canada] ont signé une déclaration portée par le Royaume-Uni pour mettre fin à leurs financements à l’étranger de nouveaux projets d’énergies fossiles d’ici à fin 2022 », s’enthousiasme l’Usine nouvelle. Pour rappel, « fin octobre, les pays du G20 avaient déjà annoncé l’arrêt, en cette fin d’année, du financement à l’étranger de nouvelles centrales au charbon. En incluant le pétrole et le gaz, la déclaration formulée à Glasgow marque un nouveau tournant ».

[COP26] « ‘N’ayons aucune illusion: si les engagements ne sont pas à la hauteur d’ici la fin de cette COP, les pays devront revisiter leurs plans climat nationaux et leurs politiques. Pas tous les cinq ans. Tous les ans’ », rappelle Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU repris par l’AFP. Ces propos ont été tenus « devant plus de 120 dirigeants du monde entier réunis à la conférence climat COP26 à Glasgow, en Écosse ». En effet, « l’accord de Paris de 2015, qui vise à limiter le réchauffement bien en deçà de +2 °C par rapport à l’ère pré-industrielle, si possible +1,5 °C, prévoit que les près de 200 États signataires soumettent tous les cinq ans leurs ‘contributions déterminées au niveau national’ (NDC) rehaussant leurs ambitions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais selon la dernière évaluation de l’ONU, ces engagements mèneraient à un réchauffement ‘catastrophique’ de +2,7 °C, au mieux +2,2 °C si on prend en compte les promesses de neutralité carbone pour le milieu du siècle », contextualise l’agence de presse.

[Financement et adaptation] L’AFP reprend les inquiétudes de l’ONU quant aux coûts de « L’adaptation, c’est-à-dire les mesures pour réduire l’exposition et la vulnérabilité des pays et populations aux effets du changement climatique […] point important de l’accord de Paris visant à limiter le réchauffement, qui insiste notamment sur les besoins d’aide en la matière des pays en développement, souvent les plus exposés ». En effet, les « coûts estimés des mesures pour réduire l’exposition des pays en développement aux impacts du réchauffement sont cinq à dix fois plus élevés que les financements dirigés vers cette adaptation ».

[Chine] « Alors que la COP26, où Xi Jinping ne s’est pas déplacé, bat son plein, il ne fait aucun doute que les espoirs du monde reposent pour partie sur la Chine, dont les émissions de gaz à effet de serre battent des records. Le pays a promis d’atteindre son pic en 2030, avant de chercher la neutralité en carbone en 2060 », rappelle le site web Korii. « Le pays compte ainsi bâtir plus de 150 nouveaux réacteurs [nucléaires] dans les 15 prochaines années. Le plan devrait coûter au pays la bagatelle de 380 milliards d’euros, avec l’objectif annoncé de produire 200 gigawatts d’ici 2035, soit comme le calcule Bloomberg de quoi alimenter l’équivalent d’une douzaine de mégalopoles comme Beijing ».

Energies

[Contrat stratégique de filière] Dans une dépêche, l’AFP revient sur le renouvellement pour deux ans le jeudi 4 novembre du « contrat de filière encadrant les objectifs de transition énergétique et de réindustrialisation de la France ». Ce nouveau contrat a été signé par Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique « aux côtés d’Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée chargée de l’Industrie, des représentants du Comité stratégique de filière ‘Nouveaux systèmes énergétiques’ et des syndicats du secteur. […] Concrètement, le texte réitère les objectifs de développement des énergies renouvelables compétitives et met l’accent sur l’éolien marin, l’énergie solaire, l’hydrogène, le biogaz et les capacités de stockage de l’énergie pour la période 2021-2023 ». L’agence de presse relaie les explications d’A. Pannier-Runacher : « ‘Notre enjeu est que les entreprises n’aillent pas taper à la porte d’offreurs de solutions étrangers alors qu’ils ont à côté de leur zone industrielle des gens qui peuvent leur apporter des solutions compétitives’ ». « Également présente à Bercy, la présidente du comité stratégique de filière et directrice générale adjointe d’Engie, Claire Waysand, s’est félicitée que les acteurs du secteur aient réussi à mettre en œuvre 70 % des mesures du dernier contrat signé en 2019, grâce à l’implication d’environ 600 contributeurs ».

[Mix-énergétique] D’après un sondage réalisé par Elabe pour Les Échos, publié ce jeudi 4 novembre, « l’idée qu’il faut un mix énergétique équilibré entre énergies renouvelables et nucléaire s’est installée dans l’opinion publique […]. 52 % des Français jugent que la France devrait tout à la fois développer ces deux sources d’approvisionnement ». « Les partisans exclusifs du nucléaire, qui voudraient stopper le développement du solaire ou de l’éolien, représentent 10 % de la population. A l’inverse, l’idée d’une sortie progressive du nucléaire, avec priorité donnée aux renouvelables rassemble 37 % de la population », complète l’article.

Relevé dans la presse

  • Pénurie Matières premières – Le Figaro informe qu’« après les pénuries de semi-conducteurs, de blé ou encore de matériaux de construction, le magnésium pourrait à son tour manquer». En effet, « cet élément très abondant dans la croûte terrestre et dans l’eau de mer (…) indispensable à la santé des humains (…) est aussi un métal dont de nombreuses industries ne peuvent plus se passer ». « Or, il risque de manquer bientôt, a alerté Jacques Aschenbroich, PDG de l’équipementier automobile Valeo le 29 octobre. Il y a ‘un risque imminent d’arrêts de production dans toute l’Europe, en raison d’une grave pénurie de magnésium en provenance de Chine’ ».
  • Jeu de société – Ouest-France s’intéresse au jeu de société sur le changement climatique, ClimaTicTac, «initiative des climatologues du CEA, Valérie Masson-Delmotte et Gilles Ramstein, [qui] se veut accessible à tout public, d’au moins dix ans, quel que soit son niveau d’éducation scientifique ».
  • Cybersécurité – L’AFP reprend l’information selon laquelle « l’équipementier téléphonique finlandais Nokia a annoncé jeudi l’ouverture de son ‘centre européen d’excellence en cybersécurité’ à Lannion (Côtes d’Armor), dans un communiqué». « Ce centre est destiné à ‘accompagner le développement de la 5G et la virtualisation des réseaux’ » d’après le groupe.

Jeudi 4 novembre 2021

Climat

[Global Carbon Atlas] Les Échos rapportent les conclusions d’une étude du Global Carbon Project, parue mercredi 3 novembre, selon laquelle « les premières estimations d’émissions de CO2 pour 2021 sont loin d’aller dans le bon sens ». En effet, « un fort rebond se profile, d’après les scientifiques de ce projet de recherche international sur le carbone [relevant de] dizaines de laboratoires : les émissions de carbone pourraient grimper entre 4,1 % et 5,7 % (4,9 % en moyenne) cette année pour atteindre 36,4 milliards de tonnes au total. Et ils n’excluent pas une hausse en 2022 ‘si le transport routier et l’aviation reviennent aux niveaux antérieurs à la pandémie et si l’utilisation du charbon reste stable’ ». La première cause du rebond serait « un regain d’usage du gaz et surtout un retour en force du charbon dont l’utilisation devrait augmenter davantage cette année qu’elle n’a baissé l’an dernier, estime le Global Carbon Project ». D’après Philippe Ciais, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (CEA/CNRS/UVSQ), interrogé par le quotidien, « on ne peut certainement pas dire que l’épisode du Covid nous a ramenés sur une bonne trajectoire pour [respecter] l’Accord de Paris. Le monde ne prend pas le chemin d’une réduction des émissions ».

De son côté, Sud-ouest note que « le cabrage de la courbe démontre que le Covid-19 n’a en rien sevré les sociétés humaines, droguées à l’énergie extraite du sol ». Le quotidien a également interviewé Philippe Ciais : « même si les énergies renouvelables n’ont pas faibli en 2020, elles ne peuvent pas répondre à la demande supplémentaire en sortie de pandémie. Cette demande se reporte maintenant sur les énergies fossiles ».

[COP26] L’AFP s’est entretenue avec Mohamed Nasheed, ancien président des Maldives, pendant la conférence climat COP26. Ce dernier, qui s’exprime actuellement « au nom du Climate Vulnerable Forum représentant les pays les plus vulnérables au changement climatique », « refuse de ‘perdre espoir’ ». Selon l’AFP, « l’ancien président est désormais persuadé que le monde sera capable de limiter la hausse des températures à 1,5 °C par rapport à l’ère pré-industrielle, objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris ». Cependant, « espérer ne veut pas dire abandonner la lutte, loin de là. Il rappelle les pays riches à leur promesse non tenue de porter leur aide climat aux pays les plus pauvres à 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. Il réclame aussi toujours plus d’ambition pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, afin de préserver l’avenir ».

[Finance] « Après les grands États, c’était au tour de la finance mondiale, mercredi, d’occuper le devant de la scène à la COP26 », indique Les Échos. « Plus de 450 établissements financiers de 45 pays représentant 130.000 milliards de dollars d’actifs. Voilà ce que représente désormais la Glasgow Financial Alliance for Net Zero (GFANZ) ». Le quotidien précise que « cette initiative mise en place sous la houlette de l’ONU vise à mobiliser le monde de la finance contre le changement climatique. Un défi situé tout en haut de la liste des objectifs de la 26e conférence des Nations unies sur le climat ». Mais, note Les Échos, « si les chiffres sont impressionnants, ils ont cependant été accueillis avec scepticisme, même au sein des organisations internationales. Les promesses de l’industrie financière suscitent en effet un enthousiasme limité alors qu’elle continue de financer les énergies fossiles ».

Relevé dans la presse

Photovoltaïque – Selon Libération, « Barbara Pompili est bien décidée ‘à mettre le paquet sur l’énergie solaire’ ». Dans une interview accordée à France Info mercredi 3 novembre, elle a déclaré : « on est en retard sur le sujet ». « Face à ce constat, [la ministre de la Transition écologique] a annoncé un plan d’actions pour accélérer le développement du photovoltaïque ‘sur tous les espaces’ capables d’en accueillir, ‘tout en faisant attention à ne pas faire de l’artificialisation des terres (…)’. Libération ajoute que « l’ambition est de multiplier par trois [la puissance installée] d’ici à 2028 et entre sept et douze d’ici à 2050, pour atteindre les objectifs de réduction de 40 % de la consommation d’énergies fossiles d’ici à 2050 et de neutralité carbone d’ici à 2050 ». Parmi les mesures proposées, elle souhaite notamment « inciter les futurs porteurs de projets à poser [des panneaux photovoltaïques] pour les bâtiments, en communiquant un tarif de vente du mégawattheure accessible à l’avance, et sur les ‘terrains dégradés’ ».

Nucléaire iranien – « Les négociations pour sauver l’accord sur le programme nucléaire iranien, à l’arrêt depuis juin, reprendront le 29 novembre à Vienne dans un contexte de tensions accrues entre les États-Unis et l’Iran », note l’AFP, une date annoncée mercredi 3 novembre par le gouvernement iranien et l’Union européenne. « Concrètement, les pays encore membres de l’accord conclu en 2015 (Iran, Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni, Russie) se réuniront (…) sous la présidence du négociateur européen Enrique Mora ».


Mercredi 3 novembre 2021

Plan Cloud

Plusieurs médias reprennent l’annonce par le gouvernement ce mardi 2 novembre, d’un plan massif d’aides publiques à la filière cloud. « Plus de 1,1 milliard d’euros d’argent public abondera la stratégie nationale du stockage des données informatiques à distance dont le marché, en très forte expansion, est très largement dominé par des acteurs étrangers », résume La Croix. L’Usine nouvelle en précise la portée : « la politique industrielle du gouvernement comporte 4 volets. Le premier porte sur l’investissement dans la recherche et l’innovation. Il est doté d’un budget de 56 millions d’euros dans le cadre d’un Programme et équipements prioritaires de recherche (PEPR) piloté par le CEA et l’Inria. L’objectif est de développer des « solutions innovantes de cloud hybrides » ou de « cloud communautaires », de « nouvelles solutions matérielles et logicielles de stockage et de traitement de grands volumes de données » ainsi que des « solutions distribuées de stockage et de traitement de données à proximité des utilisateurs » ». Les trois autres volets qui le composent concernent la formation et la reconversion des ressources humaines, le développement d’offres innovantes et la création d’espace de données mutualisées par secteur.

Classement

« L’Office européen des brevets (OEB) a publié il y a quelques jours une étude sur dix ans concernant les dépôts de brevets dans le domaine du recyclage des plastiques. La France se démarque en arrivant à la seconde position européenne, avec un très fort niveau de spécialisation sur ces technologies », précise Industries et technologies. « Dans le classement des 10 entités à l’origine de la majorité des FBI [groupes de brevets dédiés à une même technologie] en France dans le secteur du recyclage, c’est l’IFP Energies Nouvelles (Ifpen) arrive à la première place avec 159 familles de brevets. Deux autres organismes de recherche se positionnent dans le classement : le CNRS à la 3e place (91 FBI) et le CEA à la 7e place (21 FBI). Dans le domaine des bioplastiques, même constat pour les organismes de recherche publics qui emboîtent le pas aux grands groupes : le CNRS arrive en 3e position (242 FBI) derrière L’Oréal (715) et Michelin (499). Le CEA est 8e du classement, avec 60 FBI et l’Inserm 10e, avec 53 familles de brevets déposées ».

Relevé dans la presse

  • Semi-conducteurs – Pour Le Monde, « la Chine tente de prendre le contrôle d’entreprises européennes de semi-conducteurs, y compris en France » afin de rattraper son retard dans ce domaine, « en se dissimulant derrière des sociétés écrans ». Ainsi, « le 13 mai, le fonds d’investissement chinois Wise Road Capital a déposé une offre de rachat sur l’entreprise française Unity Semiconductor (SC) SAS, comme l’indique la plate-forme spécialisée de données financières Refinitiv. (…) Wise Road Capital n’en est pas à sa première acquisition en Europe. Selon le quotidien South China Morning Post, plusieurs centres de recherche ou de production tombés dans son escarcelle ont été transférés vers la Chine». Le quotidien rappelle qu’ « avec le plan Made in China 2025, lancé en 2015, Pékin s’est donné dix ans pour devenir le leader mondial dans dix technologies-clés et a créé plus de 1 800 fonds publics d’investissement industriel dotés d’environ 390 milliards d’euros, selon les calculs de l’Institut Mercator d’études sur la Chine ».
  • Startup – La Tribune s’intéresse à la startup varoise Spartan Space, qui « développe une « maison lunaire » , qui se veut comme un camp de base pour les astronautes, appelés à retourner sur des missions sur la Lune. (…)Dans ses projections, l’EuroHab (ou maison lunaire) pourrait ainsi permettre d’offrir une base de vie à deux à quatre astronautes lors de leurs missions sur la Lune. Conçues avec des technologies embarquant les savoir-faire des isérois Air Liquide et CEA Grenoble, deux prototypes de cet habitat de l’extrême sont actuellement présentés à l’exposition universelle de Dubaï. » Le quotidien indique que c’est « sur ces problématiques de gestion de l’énergie que la startup a fait appel au CEA de Grenoble, afin de s’appuyer notamment sur une technologie de panneaux solaires souples développés par l’institution de recherche grenoblois, et qui pourraient ainsi se fixer plus facilement sur un habitat gonflable à l’image de celui imaginé par Spartan Space. »

Mardi 2 novembre 2021

France 2030

[Budget] Selon Le Monde, « les amendements au projet de loi de finances (PLF) 2022, (…) prévoient pour 2022 une enveloppe de 3,5 milliards d’euros » dédiée au plan France 2030. Mais compte tenu des multiples objectifs du plan, cette enveloppe alloue « au final quelques dizaines à quelques centaines de millions d’euros à chacun », note le quotidien. Les amendements déposés par le gouvernement « prévoient aussi 34 milliards d’euros d’autorisations d’engagement » sur cinq ans, « qui correspondent aux montants indiqués mi-octobre par M. Macron » :c’est le premier « élément écrit officiel » les concrétisant.

[Industrie du futur] « Robots, 5G, IA: Bercy veut recenser les technologies françaises prometteuses » pour l’industrie du futur, titre l’AFP. L’agence signale que « les entreprises doivent se faire connaître avant le 17 décembre. (…) L’annonce survient après la visite d’Emmanuel Macron lundi dans une entreprise de robotique intelligente [où] il a annoncé que le plan d’investissement France 2030 allait consacrer 800 millions d’euros sur cinq ans pour lancer une filière de robotique afin d’améliorer la compétitivité de l’industrie française ».

[Énergie] « Dominique Vignon, président du Pôle Énergie à l’Académie des technologies » et ancien directeur de Framatome, aide Futura-Sciences « à décrypter deux des objectifs annoncés » par France 2030 : « hydrogène vert et réacteurs de petite taille » (SMR).
À propos de ces derniers, le site web rappelle qu’« avec TechnicAtome, Naval Group et le CEA, EDF développe un projet de Small Modular Reactor (SMR) 100 % français baptisé Nuward ». Et l’académicien de signaler que « dans le secteur de l’énergie, de manière générale, plus on augmente la puissance, plus on diminue le coût spécifique, le coût au kWh ». Avec les SMR, l’objectif est donc « d’effacer l’effet de taille par un effet de série » pour garder des coûts bas. « Cela va-t-il fonctionner ? Il faut voir », conclut D. Vignon.
Quant à l’hydrogène vert, pour l’ingénieur, « convertir en hydrogène la totalité de la production annuelle d’électricité photovoltaïque et éolienne permettrait de produire – seulement – 640.000 tonnes » d’hydrogène. Cependant, la seule conversion du « quart du parc de véhicules particuliers augmenterait la consommation d’un autre million de tonnes par an » et « l’emprise au sol des éoliennes nécessaires à une telle production d’hydrogène équivaudrait à la surface de… quatre départements français », selon Futura-Sciences. C’est pourquoi, pour D. Vignon, « sans le nucléaire, il sera très difficile de décarboner notre économie et notre système énergétique ».

Relevé dans la presse

  • Cop26 – « Les sept dernières années sont les sept années les plus chaudes enregistrées à ce jour », selon le « rapport annuel ‘provisoire’ sur l’état du climat » de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) consulté par Les Échos. Parmi les faits marquants de l’année, le secrétaire général de l’OMM Petteri Taalas note que, « pour la première fois depuis que les données sont enregistrées, il a plu au point culminant de la calotte glaciaire du Groenland ».  Le quotidien économique rappelle que « la publication de ce rapport de l’OMM n’a rien d’anodin au jour de l’ouverture des négociations sur le climat de la COP26, qu’il entend alimenter. D’autant que le réchauffement de la planète ne pèse pas seulement sur les écosystèmes : ses conséquences sont aussi sociales et économiques ».
  • Innovation – Le Dauphiné invite ses lecteurs «à voter pour leur personnalité préférée dans la catégorie Recherche et Innovation » du trophée Agir au féminin. Les trois nominées ont toutes des liens forts avec le CEA. « Maud Vinet, directrice du programme quantique au CEA-Leti, incarne cette nouvelle génération de chercheuses. (…) Elle a reçu en 2018 une bourse ERC Synergy pour développer un ordinateur quantique à base de silicium ». Sylvie Menezo, elle, travaille chez Scintil Photonics, une start-up grenobloise « issue du CEA-Leti, [qui] développe des circuits photoniques intégrés sur silicium ». Enfin, Séverine Cheramy « ancienne directrice des programmes d’intégration 3D au sein du CEA-Leti est aujourd’hui responsable de la ligne des produits chez Aledia, [qui industrialise] la technologie d’affichage WireLED développée par le CEA-Leti ». La page de vote est ici.
  • Nucléaire – « Au Japon, dix ans après la catastrophe de Fukushima, le Premier ministre estime que le nucléaire civil est incontournable », titre FranceInfo. Avec dix réacteurs en service « contre 54 il y a dix ans (…) la part du nucléaire dans la production d’électricité représentait seulement 6,2 % en 2019 ». Le pays est donc « largement dépendant des énergies fossiles, comme le charbon ou le gaz naturel liquéfié, ce dernier étant importé massivement. En 2019, le Japon était donc le cinquième pays le plus émetteur de CO2 dans le monde ». Pour notamment « mettre un terme à l’activité des 140 centrales à charbon » du pays, le gouvernement japonais compte donc « relever la part des énergies renouvelables », mais aussi « accorder au nucléaire une part de 20 à 22 % dans son mix énergétique d’ici 2030 ».
  • Espionnage scientifique – Pour Challenges, « face à la hausse du nombre d’ingérences étrangères, notamment chinoises, visant le monde de la recherche, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a décidé de muscler ses capacités de détection ». Selon une source ministérielle citée par le magazine, « les atteintes ou vulnérabilités détectées dans le monde de la recherche dépassent les 200 cas chaque année » et il faut « que le monde de la recherche, qui est soumis à des injonctions contradictoires, entre cette nécessaire vigilance et la volonté de coopérer avec d’autres pays, prenne davantage conscience des menaces que font peser sur lui certains États ». La DGSI compte notamment « envoyer plus fréquemment les contre-espions (…) au contact du monde de la recherche [et] profiter de ces échanges pour faire de la pédagogie autour des outils permettant de contenir ces raids étrangers, comme les zones à régime restrictif (ZRR) ». La DGSI prévoit aussi de consacrer « au moins une fois par an, l’un de ses ‘Flash ingérence économique’ à la question de la recherche ». Le premier est disponible ici.

Vendredi 29 octobre 2021

COP26

[Enjeux] Dans un long article, Libération fait le « passage en revue des principaux enjeux de cette COP, qui signeront son succès ou son échec ».
Tout d’abord, la COP26 doit « garder une chance d’atteindre l’objectif de +1,5 °C », c’est « l’objectif officiel numéro 1 du sommet ». Pourtant, « le monde fonce à toute vitesse en sens inverse ». Si « l’Argentine, le Canada, l’UE, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont renforcé leurs objectifs de réduction d’émissions pour 2030 », ceux-ci ne sont pas suffisants pour atteindre cet objectif. Et si de nombreux pays promettent une neutralité carbone aux alentours de 2050, c’est « le plus souvent sans expliquer comment ils comptaient y parvenir ».
Ensuite, « parmi les sujets explosifs figure la solidarité entre les pays riches du Nord, historiquement responsables du réchauffement, et ceux du Sud, en première ligne face à ses impacts dévastateurs ». Pourtant, « les pays développés ont promis en 2009 de consacrer collectivement 100 milliards de dollars par an, au plus tard en 2020, pour aider les pays pauvres à s’adapter » au changement climatique, une « somme qui était considérée comme un plancher, car bien en deçà des besoins réels ». Mais « en 2019, seuls 79,6 milliards de dollars ont été déboursés (…) Seulement un quart de cette somme a été alloué à l’adaptation aux conséquences du changement climatique [et] 70 % de ces financements sont accordés sous forme de prêts ».
Enfin, la COP 26 « doit permettre de finaliser les règles du jeu de l’accord de Paris, afin [de] garantir une application rigoureuse, solide et juste » de cet accord-cadre. Sont particulièrement espérées « la définition de règles de transparence précises » et des « règles robustes » pour assurer « le fonctionnement des marchés carbone internationaux ».

[Engagements nationaux] Selon l’AFP, « la première série des « contributions déterminées au niveau national » (NDC) des signataires [de l’accord de Paris] plaçait la planète sur une trajectoire entre +3 °C et +4 °C. Depuis, il y a eu quelques progrès, mais (…) le monde se dirige toujours vers un réchauffement « catastrophique » de +2,7 °C ».
Par exemple, « la Chine, en passe d’augmenter sa production de charbon, a finalement déposé ce jeudi sa NDC révisée, [avec l’engagement d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2060] et un objectif de réduction de « plus de 65 % » [d’ici 2030] de l’intensité carbone, qui ne satisfont pas les défenseurs du climat ».
Quant aux États-Unis, ils prévoient « une baisse des émissions de 50 %-52 % d’ici 2030 par rapport à 2005 ». Cet objectif est « compatible avec un monde à +2 °C, mais pas +1,5 °C, selon le groupe Climate Action tracker (CAT) ».
L’Union Européenne, elle, s’engage à réduire ses émissions d’« « au moins 55 % » d’ici 2030 » par rapport à 1990, là aussi « en ligne avec un monde à +2 °C, selon le CAT », tandis que le Royaume-Uni vise -68 %, « un objectif national compatible avec un monde à +1,5 °C ».

Relevé dans la presse

  • Covid-19Le Figaro signale que « la reprise épidémique enclenchée il y a une dizaine de jours se confirme sur l’ensemble du territoire ». Selon le quotidien, avec l’augmentation des « contacts en lieu clos (…)ce rebond était (…) prévu par les épidémiologistes, il est même plus tardif que ne l’avaient laissé penser la plupart des scénarios ». Pour le journal, « l’ensemble des spécialistes s’accordent pour dire que les risques ne sont plus comparables avec ce que nous avons connu ces derniers mois », même si la reprise épidémique « commence à se faire ressentir sur le système de soins ».
  • Essais cliniques frauduleux – Selon Le Parisien, l’ANSM a saisi le parquet de Marseille « pour les essais cliniques potentiellement frauduleux menés au sein de l’IHU Méditerranée Infection ». L’ANSM considère que « certaines études » n’ont pas été « menées conformément à la législation encadrant les recherches impliquant la personne humaine ». Le journal rappelle que l’IHU s’est illustré par des « essais « sauvages » réalisés sur des patients atteints de tuberculose (…) L’Institut avait alors prescrit un traitement à base de quatre médicaments auquel l’ANSM s’était formellement opposé pour sa potentielle toxicité ». Ces essais pourraient mener à la « suspension de toute activité de recherche à l’IHU à titre conservatoire ». Par ailleurs, « L’Express avait raconté que beaucoup d’autres procédures hors des clous avaient été menées ces dernières années. « Au moins quatre (d’entre elles) ne respectent pas la loi qui encadre les expérimentations sur les êtres humains » » rappelle le journal.
  • Science participative – La chercheuse CNRS « Audrey Dussutour, experte de la question du blob, demande l’aide de 10 000 participants » pour étudier « la manière dont ce petit organisme réagit à la hausse des températures », relate Le Journal du Geek. Si le blob sera fourni par la chercheuse, « les scientifiques d’un jour [devront s’équiper] de quelques boîtes de pétri, d’une petite ampoule chauffante, d’un thermomètre, le tout pour un engagement d’au moins 5 jours ». Par la suite, « les participants auront (…) leur place lors de l’interprétation des résultats et (…) pourront contribuer, dans la mesure du possible, à la rédaction de l’article scientifique qui devrait suivre ».
  • Déchets nucléaires – L’AFP relaie les inquiétudes de l’ASN, qui « redoute une saturation « beaucoup plus rapide que prévu » des piscines de la Hague ». Selon l’agence de presse, ce risque, sur lequel l’ASN « alerte depuis 2020, (…) est accentué par « l’aggravation des difficultés auxquelles (Orano) est confronté pour la fabrication de combustible Mox » dans son usine Melox à Marcoule ». En effet, « à La Hague, on n’a pas le droit d’extraire plus de plutonium que ce qu’on en consomme pour fabriquer du Mox à Marcoule » selon Yannick Rousselet, chargé des questions nucléaires chez Greenpeace, cité par l’agence.

Jeudi 28 octobre 2021

COP26

[Bilan annuel de l’action climatique] Si « les États sont tenus de se mettre en ordre de bataille pour lutter contre cette ‘menace existentielle’ [qu’est le changement climatique], selon les mots du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres », « on en est encore loin », rapporte Le Monde. Le quotidien précise : « non seulement les engagements des pays pris pour 2030 mènent la planète vers un réchauffement climatique de 2,7 °C à la fin du siècle, mais, de surcroît, ils ne sont pour l’instant pas respectés ». C’est pourquoi dans son bilan annuel de l’action climatique présenté le 26 octobre, le Programme des Nations unis pour l’environnement appelle à prendre « des mesures supplémentaires ‘de toute urgence’ ». M. Guterres a ainsi déclaré lors d’une conférence de presse qu’ « à moins d’une semaine de la COP 26, nous sommes toujours sur la voie d’une catastrophe climatique. Comme l’indique le titre du rapport de cette année, ‘la chaleur est au rendez-vous’. Et comme le montre le contenu du rapport, le leadership dont nous avons besoin est absent ». Le PNUE a ainsi « examiné les engagements climatiques des 191 parties (190 pays et l’Union européenne) à avoir ratifié l’accord de Paris. L’étude s’arrête au 30 septembre. À cette date, 120 pays, représentant un peu plus de la moitié des émissions mondiale, avaient soumis à l’ONU de nouveaux plans […] comme les y engage l’accord de Paris ». Mais, selon Le Monde, « ces nouveaux plans n’entraînent qu’une baisse de 7,5 % des émissions prévues en 2030 par rapport aux précédents engagements. Les efforts des pays doivent être multipliés par quatre pour garder l’objectif de 2 °C accessible, et par sept pour celui de 1,5 °C. Et cela, dans les huit prochaines   années ».

[Entretien] Les Échos a interrogé Lola Vallejo, directrice du programme climat de l’Institut du développement durable et des relations internationales sur les enjeux de la COP26 qui s’ouvre ce lundi à Glasgow. Si elle juge ces conférences utiles, elle juge cependant que « le climat est un problème tellement gigantesque qu’on sait pertinemment que la question ne va pas être réglée uniquement dans ces conférences. C’est un sujet central aussi bien pour la communauté internationale, que pour les instances financières comme le FMI ». Néanmoins, tempère-t-elle, « les COP organisées par l’Organisation des nations unies auront toujours un rôle à jouer en tant qu’instance de convocation politique de haut niveau, car elle garantit un cadre de redevabilité par la transparence et par des règles communes sur lesquelles tous les pays se sont mis d’accord. C’est aussi la garantie d’une participation inclusive, ce qui permet aux pays les plus vulnérables d’avoir voix au chapitre ».

Relevé dans la presse

·         Covid-19 – D’après Les Échos, « les laboratoires pharmaceutiques Merck et Ridgeback Biotherapeutics ont développé [un antiviral contre la Covid-19] qui suscite un immense espoir ». Le quotidien précise que « cet antiviral baptisé Molnupiravir a deux grandes qualités. D’abord, les essais cliniques de phase III semblent concluants : 50 % de mortalité et d’hospitalisations en moins, après administration du traitement à des personnes à risques, non vaccinées et infectées ». Lors d’une audience au Sénat, ce mardi, Olivier Véran a ainsi annoncé que « 50 000 doses de ce médicament [allaient] être livrées à la France à compter des derniers jours de novembre ou des premiers jours de décembre, c’est-à-dire dès que les traitement [sortiraient] des chaînes de production ».

  • Moratoire prions – Selon Presse Agence, les directions générales de l’ANSES, du CEA, du CNRS, d’INRAE et de l’Inserm ont décidé de prolonger le moratoire sur les travaux de recherche et d’expérimentation relatifs aux maladies à prions jusqu’à fin 2021, dans l’attente des conclusions d’une « mission d’inspection conjointe confiée à l’IGESR [Inspection générale de l’Éducation, du sport et de la recherche] et au CGAAER [Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux] ».
  • Rapport négaWatt – Environnement magazine signale que l’association négaWatt « a dévoilé le 26 octobre son scénario de transition énergétique pour la France. Celui-ci prévoit d’atteindre la neutralité carbone en 2050 en s’appuyant à 96 % sur des énergies renouvelables, tout en réduisant fortement l’extraction des matières premières terrestres».

Mercredi 27 octobre 2021

Énergies

[Nucléaire] Pour la ministre de l’environnement Barbara Pompili, le rapport de RTE « secoue un peu le cocotier sur les certitudes des uns et des autres », en particulier sur le nucléaire, note 20 Minutes. Selon B. Pompili, « RTE dit (…) qu’on ne peut plus attendre » pour décider des investissements énergétiques. Par conséquent, concernant le lancement de nouveaux EPR « la décision doit être prise assez vite ».
De son côté, « le gouvernement britannique a présenté un projet de loi facilitant le financement des projets de nouveaux [EPR] développés par EDF à Sizewell », signale Les Échos. Le modèle de financement, qui a « déjà été mis en œuvre dans de grands projets d’infrastructure », « permettrait à l’énergéticien et à ses éventuels partenaires d’être rémunérés avant d’avoir livré la centrale ». Il éviterait ainsi « au groupe français de supporter un risque financier considérable ». Ce modèle doit aussi « réduire la dépendance du Royaume-Uni aux développeurs étrangers », comme « le chinois CGN, actuellement propriétaire à 20 % de la société de développement de Sizewell ».

[Hydrogène] En France, « le déploiement de l’hydrogène électrolytique [nécessite] la mise en place d’une infrastructure complexe comprenant, outre des capacités de production alimentées par des énergies renouvelables, un réseau de transport et de distribution (…) et un ensemble de capacités de stockage variées mises également en réseau. Le tout devant être géré par un système intelligent permettant de piloter et d’optimiser l’adéquation de l’offre et de la demande », rappelle Les Échos.
Les projets transfrontaliers vont aussi se multiplier. Ainsi,

« les deux opérateurs de transport de gaz GRTgaz et Creos ont annoncé (…) un projet de conversion de réseau de gaz transfrontalier au 100 % hydrogène reliant la Sarre (Allemagne), le Grand Est (France) et la frontière Luxembourgeoise (…) en adaptant des infrastructures gazières » sur 70 km. Et à l’échelle européenne, « la « Dorsale hydrogène européenne » (…) représente un réseau potentiel de près de 40 000 km reliant 19 pays de l’UE, ainsi que le Royaume-Uni et la Suisse dès 2040 ».

[Solaire] La Tribune annonce qu’EDF « a participé au financement du plus grand parc solaire du Chili dans le désert d’Atacama. Étendu sur 400 hectares, ce complexe sera capable d’alimenter plus d’un million d’habitants en électricité ». Pour pallier l’intermittence de l’énergie solaire, ce parc sera couplé avec « quatre unités [thermiques] représentant 700 MW de capacités de production », alimentées en gaz naturel ou en fioul. À terme, le groupe français espère remplacer ces moyens thermiques grâce à « des projets de STEP [centrales de pompage-turbinage] au Chili et au Pérou, avec une prise directement dans la mer, plutôt que dans des cours d’eau douce, « rare et chère dans ces pays » ».

[Charbon] « Désormais moins chère que celle produite avec d’autres énergies fossiles, l’électricité tirée de la houille et du lignite est de nouveau plébiscitée par de nombreux États européens », y compris « en prenant en compte la taxe carbone européenne », alerte Libération. Par exemple, « en octobre, le prix de gros de l’électricité en Pologne », produite majoritairement par des centrales à charbon, « était en moyenne de 105 euros par mégawattheure contre 220 euros en Italie ». Par conséquent, « dans les pays où les installations industrielles le permettent [comme l’Allemagne], des centrales à gaz ont été mises au ralenti et des centrales à charbon relancées ». La hausse du prix du gaz est « un prétexte tout trouvé aux pays d’Europe centrale et de l’Est qui appellent à ralentir la transition environnementale et à réduire le prix du carbone », signale le quotidien.

Relevé dans la presse

  • Quantique – Selon Les Échos, Amazon « ouvre cette semaine son AWS Center for Quantum Computing (…) en plein Caltech, le prestigieux Institut de technologie de Pasadena, en Californie ». Le centre, « dirigé par le physicien de Caltech Oskar Painter [mobilisera] des développeurs d’AWS, des chercheurs de Caltech et d’autres institutions comme l’Université de Washington, de Stanford, le MIT et Harvard ».
  • Empreinte carbone – « De nombreuses exagérations circulent sur le poids du numérique dans l’empreinte carbone des Français», modère Libération. En effet, « une erreur commise par un collaborateur du think tank Shift Project à l’occasion d’un entretien, qui s’est rétracté depuis, a largement contribué à faire circuler des représentations faussées ». Pour « des chercheurs de l’agence internationale de l’énergie [qui] ont de leur côté refait les calculs (…), une heure de vidéo Netflix émet l’équivalent en CO2 d’un trajet de 12 à 30 mètres en voiture, selon le terminal utilisé. Et l’envoi d’un mail se chiffre en millimètres de trajet, encore moins pour un texto ». Le numérique représente en réalité « un vingtième des émissions de CO2 » des Français, soit « environ 420 kilos par personne ». Et « plus des trois quarts de cette dépense sont liés à la production de biens (smartphones, ordinateurs, tablettes, téléviseurs) et, dans une moindre mesure, la consommation en électricité du terminal utilisé. Le reste (16 %) représente la quantité de CO2 émise par les réseaux et les serveurs ».
  • Parole scientifique« Les universitaires déplorent l’ère du soupçon généralisé contre la parole scientifique », titre Le Monde qui a assisté au « colloque [Universités : la science exposée] organisé par la conférence des présidents d’université ». Pour le quotidien, « l’attaque de ministres sur des travaux universitaires a été mal vécue » et, selon Sylvie Retailleau, présidente de l’Université Paris-Saclay, « la défense de la science est devenue cruciale dans une époque de “post-vérité” ou de “vérité alternative” (…) Le contexte de la crise sanitaire a amplifié cet état de fait et a provoqué un changement d’échelle : le principe du soupçon généralisé prend le pas sur le principe du doute scientifique ». Pour Eric Fassin, professeur de sociologie à Paris-VIII, « ce soupçon permanent ne résulte pas d’une ignorance mais d’ »un anti-intellectualisme qui est aussi pratiqué par des intellectuels » et qui nourrit le populisme ».

Mardi 26 octobre 2021

Scénarios RTE

[Six scénarios] « Pour ‘éclairer le débat public’, RTE présente six scénarios de production [d’électricité] possibles, allant de 100 % renouvelables en 2050 à un développement ‘volontariste’ du nucléaire avec la construction de 14 EPR ainsi que des petits réacteurs », rapporte l’AFP précisant que ces scénarios « prennent en compte les dimensions économique, environnementale et sociétale des choix à faire ». « Fruit d’un travail de deux ans, ce rapport a été élaboré en réponse à une saisine du gouvernement et en concertation avec un conseil scientifique indépendant ainsi que des institutions comme Météo-France, le CEA, l’Ademe, Enedis, l’Andra ou encore l’AIE », précise Actu-Environnement. Le président de RTE, Xavier Piechaczyk, souligne que le gestionnaire français du réseau de transport d’électricité « ne prend pas partie (…) mais présente ‘leurs avantages, leurs inconvénients, leurs impacts et leurs conséquences. C’est au personnel politique élu démocratiquement de choisir les orientations pour le pays’ », rapporte l’agence de presse.

[Réactions du gouvernement] Selon l’AFP, « le gouvernement a salué lundi la qualité du rapport publié par RTE sur l’avenir du système électrique, qui souligne l’essor indispensable des renouvelables mais aussi l’avantage économique de construire de nouveaux réacteurs nucléaires ». L’agence précise par ailleurs que « le président Emmanuel Macron, favorable au nucléaire, réserve pour l’instant sa décision sur le lancement de six nouveaux EPR ». Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, « critique de longue date du nucléaire, [elle] a pour sa part infléchi sa position », selon l’AFP. Mme Pompili assure pourtant, dans Le Parisien /Aujourd’hui en France, ne pas avoir « changé d’avis sur le nucléaire ». À l’AFP, la ministre souligne que sa « priorité, c’est d’appliquer l’accord de Paris et de tout faire pour sortir au plus vite des énergies fossiles ».

[Autres réactions] L’AFP propose une sélection des réactions des politiques, syndicats et associations. Yannick Jadot, candidat des écologistes à l’élection présidentielle, dénonce « ‘une présentation partielle et donc partiale’ fondée ‘principalement sur une seule trajectoire d’évolution de la consommation électrique’ et excluant l’hypothèse de la maîtrise de la consommation ». De son côté, le représentant de l’Union des industries utilisatrices d’énergie souligne l’importance d’« un accès à long terme et compétitif à de grandes quantités d’une électricité décarbonée prévisible et pilotable » pour son secteur. Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) comprend l’objectif des 50 % que devront couvrir les ENR de la consommation électrique en 2050 mais souligne que « le premier rendez-vous à ne pas rater est l’étape intermédiaire de 2030, date à laquelle, comme le prévoit la loi, 40 % de notre production électrique devra provenir d’énergies renouvelables », selon son président Jean-Louis Bal.

[Coût] Le rapport RTE se penche également sur le coût de l’électricité au cours des prochaines décennies et conclut que « la neutralité carbone peut être atteinte à un coût maîtrisable », rapporte La Croix. D’après l’hypothèse médiane, « d’ici à 2060, le coût de l’électricité augmenterait d’environ 15 % ; hors inflation (…). Le principal facteur de hausse serait la fermeture des centrales nucléaires existantes qui sont amorties ». Pour Les Échos, « inutile de tergiverser : la transition énergétique va coûter une fortune » rapportant que RTE estime « qu’il faudra investir, sur quarante ans, entre 750 et 1 000 milliards d’euros, soit 20 à 25 milliards d’euros par an ».

Relevé dans la presse

Présidence CNRS – Interrogé par News Tank, Antoine Petit assume « déposer une candidature de continuité, le contraire serait difficilement compréhensible ». Au cours de cet entretien, il revient notamment sur le slogan qu’il porte, « la recherche fondamentale au service de la société », qui doit permettre à la société de « se rendre compte à quel point elle (…) a besoin » de la recherche fondamentale, cœur de métier du CNRS. Concernant les relations de l’organisme de recherche avec les universités : « désormais, toute la production scientifique d’un chercheur ou d’une chercheuse CNRS travaillant dans une UMR partagée avec une université est comptabilisée pour l’université. Sans cela, le classement des universités françaises serait bien différent», selon M. Petit.

Formation – Studyrama.com consacre un article aux formations de niveau master spécialisées dans le domaine de la défense, la cybersécurité et l’intelligence économique. Parmi la liste des écoles intégrant ces thématiques, le journal cite « Centrale Marseille [qui] a lancé un MS cybersécurité des systèmes complexes pour l’industrie et la Défense en co-accréditation avec l’École de l’air, en partenariat avec le CEA et le Commandement de la cyberdéfense.


Lundi 25 octobre 2021

Énergie

[Nucléaire et renouvelables] Le Figaro se positionne en faveur du nucléaire en titrant que « pour faire face à la pénurie d’énergie, une seule solution : développer le nucléaire ! ». Le quotidien se justifie ainsi : « parmi les sources d’électricité, seules devraient être encouragées celles qui ne sont pas intermittentes, et ne nécessitent donc pas un complément gazier polluant. Quelques possibilités existent encore du côté de l’hydroélectricité. La méthanisation des déchets agricoles bénéficie d’un engouement politique, mais doit être considérée avec prudence, en raison de son coût élevé et du risque que des quantités de maïs ou d’autres vivres n’y soient englouties. La principale réponse au défi de la consommation électrique ne peut donc être trouvée que du côté du nucléaire, seule source capable de fournir des quantités de courant à la fois massives et régulières ». Le quotidien tempère cependant sur le sujet des réacteurs de 4e génération : « Les réacteurs à neutrons rapides, qui créent plus de combustible qu’ils n’en consomment, ont de bonnes chances de parvenir à un stade commercial nettement avant 2050. La France s’est mise hors-jeu deux fois, en abandonnant Superphénix (1997) puis le projet Astrid (2019). Elle sera trop heureuse, le moment venu, d’acheter cette technique aux États-Unis, à la Russie ou à la Chine. Puis viendra sans doute la fusion nucléaire, qui résoudra presque tous les problèmes d’énergie ».
De son côté, Libération indique que « face au retour en force du lobbying nucléaire et à l’offensive contre les éoliennes, le secteur des énergies vertes se défend. Celles-ci seraient plus faciles à déployer pour répondre à temps au défi climatique ». Or, « pour que la France parvienne à produire une électricité entièrement décarbonée d’ici 2050, six scénarios ont été élaborés par Réseau de transport d’électricité (RTE) allant du 100 % d’énergies renouvelables (ENR) à une forte relance du nucléaire français avec la construction de quatorze nouveaux EPR. Tous imposent a minima 50 % d’ENR. ‘Si on décide aujourd’hui d’opter pour l’augmentation de la part nucléaire, le temps de consulter, de décider et de construire, il n’y aura pas de décarbonation avant 2035, prévient Michel Gioria, directeur général de l’association France Energie Eolienne. C’est sans commune mesure avec les énergies renouvelables qui sont directement opérationnelles’ ».  L’AFP décrit précisément par ailleurs les six scénarios proposés par RTE : « Sur les six scénarios qui imaginent le futur de la production électrique, trois se font sans nouveaux réacteurs nucléaires. […] Le premier scénario est 100 % renouvelables en 2050: il suppose une sortie totale du nucléaire avec un rythme de développement du photovoltaïque, de l’éolien et des énergies marines « poussés à leur maximum ». […] Deux autres scénarios sans nouveaux EPR conservent pour leur part une part de nucléaire provenant des réacteurs existants. L’un s’appuie sur le développement de grands parcs notamment éoliens, l’autre sur une répartition « diffuse » avec beaucoup de solaire, notamment sur les toitures. Ce dernier est le scénario le plus coûteux pour la France. […] Les trois derniers scénarios de production imaginent le lancement de nouveaux réacteurs de nouvelle génération (EPR2), associés dans tous les cas à une progression des renouvelables. Deux d’entre eux imaginent une part minoritaire mais significative du nucléaire dans le bouquet français en 2050, avec respectivement 8 EPR ou 14 nouveaux EPR lancés. […] Un dernier scénario imagine enfin 14 EPR plus des petits réacteurs et la prolongation d’une partie du parc existant au-delà de 60 ans, permettant d’avoir encore 50 % de nucléaire en 2050. RTE souligne le défi technique que poserait ce dernier choix, avec beaucoup d’incertitudes associées. »

[Fossiles] « La Chine veut limiter à moins de 20 % d’ici 2060 l’usage des énergies fossiles, selon un plan énonçant une série d’objectifs pour parvenir à la neutralité carbone, publié dimanche par l’agence officielle Chine nouvelle », annonce l’AFP. « En avril, le président Xi Jinping a affirmé que le pays maîtriserait strictement ses projets de centrales électriques à charbon et réduirait progressivement sa consommation de charbon, une source d’énergie particulièrement polluante qui assure 60 % de sa production électrique. Devant l’Assemblée générale de l’ONU, en septembre, le président chinois s’est également engagé à cesser de construire des centrales à charbon à l’étranger. Mais parallèlement, confronté à des pénuries massives d’électricité qui pénalisent la reprise, à cause d’une flambée des prix du charbon dont le pays est très dépendant pour alimenter ses centrales, la Chine est en passe d’augmenter de 6 % sa production de charbon ».

[Stockage] Futura-sciences s’intéresse au stockage de l’énergie et notamment la « notion complexe [de] l’efficience ». À cette occasion, le journal interroge Philippe Azais, responsable de programme au CEA qui précise que « pour être réellement efficient en matière de stockage, il faut savoir peser les coûts énergétiques et les coûts environnementaux ». C’est pourquoi « ‘chaque solution doit être utilisée à bon escient’, martèle Philippe Azais [qui] donne l’exemple de la célèbre batterie lithium-ion (Li-ion) que nous avons tous dans nos smartphones et qui équipe les véhicules électriques (VE). ‘Le stockage électrochimique est intéressant. Mais, comme les autres moyens, il a ses limites’ ». La question de la décarbonation des industries est aussi abordée : « ‘jusqu’à présent, l’industrie comptait beaucoup sur le gaz pour produire la chaleur nécessaire à ses procédés. Mais, avec l’augmentation des prix, la question de la décarbonation va se poser différemment’ », assure Philippe Azais. Cependant, «  ‘même si elles arrivaient à récupérer la chaleur – une chaleur qu’elles produisent notamment en brûlant des déchets (…) – dont elles ont besoin pour fonctionner, les cimenteries, par exemple, continueraient d’émettre du CO2. Il faudrait trouver une solution pour le récupérer et pourquoi pas, le transformer en un produit utile comme le méthanol’ ». M. Azais explique également que « décarboner l’industrie, ‘cela pourrait aussi se faire grâce à la production d’hydrogène (H2) par électrolyse  » précisant toutefois que « d’un point de vue énergétique, le H2, c’est le top. Mais dans la pratique, il n’est pas facile à stocker. La molécule est petite. Elle passe partout ’».


Vendredi 22 octobre 2021

Nucléaire

[Fonds France Nucléaire] « L’État et EDF ont annoncé jeudi le lancement du fonds d’investissement ‘Fonds France Nucléaire’, destiné à accompagner les PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire) du secteur, et y ont apporté 50 millions d’euros chacun dans un premier temps », indique l’AFP. La dépêche précise que « la création de ce fonds était prévue dans le cadre du plan France Relance destiné à redynamiser l’économie française après la crise liée à la pandémie de Covid-19 ».

[Investissements verts] D’après l’AFP, « la majorité des 27 pays membres de l’UE s’est prononcée jeudi pour reconnaître le rôle du gaz et du nucléaire dans la lutte contre le changement climatique, ce qui en facilitera le financement, a-t-on appris de sources concordantes ». « La crise des prix du gaz semble avoir créé un contexte favorable au nucléaire. Malgré tout, la taxonomie ne devait pas être évoquée dans les conclusions [du sommet des chefs d’État et de gouvernement qui s’est tenu ce jeudi à Bruxelles], faute de consensus », souligne l’AFP.

Relevé dans la presse

  • Défense – Selon l’AFP, « les États-Unis ont annoncé jeudi avoir testé avec succès des ‘prototypes’ de composants de missiles hypersoniques qui serviront à développer ce nouveau type d’armement pour lequel la Chine et la Russie ont pris une longueur d’avance ». Trois tests ont ainsi été effectuées mercredi au centre d’essai Wallops de la Nasa, en Virginie. En effet, les États-Unis ont fait part de leur inquiétude face à « ce que fait la Chine en matière de missiles hypersoniques, qui volent au moins à Mach 5 (cinq fois la vitesse du son), tout en restant manœuvrables, ce qui les rend difficiles à détecter et à intercepter», explique l’AFP qui reprend les propos de Robert Wood, représentant permanent américain à la Conférence du désarmement au Palais des Nations  à Genève.
  • Bioplastiques – Sciences & Avenir signale que « les brevets internationaux déposés sur les bioplastiques ont été deux fois plus nombreux que ceux sur le recyclage mécanique lors de la dernière décennie» : 9 000 ont ainsi « été déposés en dix ans dans les technologies de recyclage chimiques et biologiques, contre 4 500 pour le recyclage mécanique ». Le magazine précise que « 60 % de ces innovations proviennent des États-Unis et d’Europe […], à égalité 30 % chacun », et que « le secteur de la santé est celui où le dépôt de brevets sur les plastiques est le plus important ».
  • Genvia – La Tribune rapporte que « la future gigafactory Genvia, bras armé du déploiement industriel d’une technologie de rupture de production d’hydrogène mise au point par le CEA Grenoble, prend forme sur le site de l’entreprise Cameron-Schlumberger, à Béziers. L’atelier-pilote est opérationnel. Une trentaine de salariés y travaillent pour valider le transfert de technologie, avant une première ligne de production en 2022».
  • Réchauffement climatique – « Le réchauffement climatique menace la stabilité mondiale, selon un rapport des services de renseignement américains qui prévoient un risque croissant de conflits dus à la raréfaction de l’eau et aux mouvements migratoires après 2030», note l’AFP, qui ajoute que « la fonte des glaces dans l’Arctique ‘amplifie déjà la concurrence stratégique pour l’accès à ses ressources naturelles’, note ce rapport qui présente les conclusions de l’ensemble des services américains de renseignement ».

Jeudi 21 octobre 2021

Défense

[Bilan E. Macron] L’Express, qui s’est procuré un rapport de l’institut Montaigne, dresse le bilan du quinquennat d’Emmanuel Macron en matière de défense.
Pour l’hebdomadaire, « le candidat Macron avait souligné l’importance de donner aux armées les moyens de garantir la souveraineté stratégique de l’hexagone. Ce renforcement de l’appareil militaire s’est exprimé à travers la Loi de programmation militaire 2019-2025 [qui] prévoit une enveloppe de 295 milliards d’euros destinés à la défense sur ces six ans » et qui intègre « des dépenses pour le renouvellement et la modernisation des équipements ». Par ailleurs, « un effort a aussi eu lieu concernant l’innovation de défense avec notamment la création de l’Agence d’innovation de défense ou encore d’un commandement de l’espace ». Enfin, « un chantier de modernisation de la force de dissuasion nucléaire a été lancé pour mettre à jour les deux composantes de l’arsenal (aéroporté et océanique) ». Pour autant, « les augmentations les plus importantes du budget de la défense, à hauteur de 3 milliards d’euros par an ‘ne sont prévues qu’à partir de 2023’ ».
Sur le plan diplomatique, « l’Europe de la défense offre un résultat contrasté » et « le mandat d’Emmanuel Macron a également été marqué par des tensions transatlantiques répétées ». Enfin, sur des aspects plus opérationnels, « l’opération Sentinelle (…) a été remaniée de manière importante en 2017 et cette année » et « l’opération Barkhane [présente un] bilan inégal ».

[Sous-marins Aukus] Pour le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, « le transfert de technologie nucléaire au profit des Australiens doit être soumis à des garanties », note La Croix. Selon le quotidien, « le patron de l’agence onusienne, basée à Vienne, a chargé un groupe de travail d’examiner les implications légales et sécuritaires du pacte et de travailler avec les trois pays concernés pour limiter son impact sur le régime de non-prolifération ». Selon R. Grossi, « cela n’a jamais été fait auparavant et c’est un processus très, très exigeant ». Le journal note que, « jusqu’à présent, aucun État nucléaire disposant de [la propulsion nucléaire] ne l’a vendue à un État non nucléaire ». Mais forts de ce précédent, « d’autres pays pourraient suivre l’exemple de l’Australie et chercher à construire des sous-marins à propulsion nucléaire ».

[Missile hypersonique] Libération revient sur le « tir de missile depuis un planeur hypersonique mis en orbite » qui aurait été réalisé par la Chine au mois d’août et interroge Emmanuelle Maitre, chargée de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique et spécialiste de la dissuasion nucléaire. Selon Mme Maitre, « les planeurs hypersoniques ne sont pas spécialement plus dangereux que les missiles balistiques, ils peuvent même aller moins vite qu’eux. L’avantage des planeurs hypersoniques réside dans leur imprévisibilité : certains pays estiment que les systèmes de défense antimissiles auront plus de mal à les détecter que les missiles balistiques ». Pour la chercheuse, aujourd’hui, « la Russie et la Chine ont (…) des systèmes opérationnels. Les États-Unis n’en sont pas loin, mais leur perspective est différente. Ils [cherchent] à avoir des armes de plus courte portée (…), sans porter d’arme nucléaire. Quant à la France, elle a indiqué qu’elle souhaitait développer les technologies de planeur hypersonique. Les autorités travaillent à un projet de démonstrateur technologique qui pourrait faire un vol d’essai d’ici l’année prochaine ».

[Corée du Nord] Plusieurs pays, dont « les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, (…) ont reconnu mercredi à l’ONU que la Corée du Nord avait progressé dans ses programmes d’armement après le tir inédit mardi d’un missile balistique à partir d’un sous-marin », note l’AFP. Pour l’ambassadrice irlandaise Geraldine Byrne Nason, qui s’exprimait en compagnie de son homologue français, « ce nouveau lancement de missile mer-sol balistique (SLBM) souligne l’amélioration continue du programme nucléaire et balistique de la Corée du Nord, qui a affirmé son ambition d’acquérir à terme des capacités nucléaires en mer ». Elle a souhaité que le régime nord-coréen prenne « des mesures concrètes pour abandonner ses programmes de missiles balistiques, d’autres armes de destruction massive et nucléaires, de manière complète, vérifiable et irréversible » et réclamé « une mise en œuvre complète et efficace des sanctions de l’ONU ».

Relevé dans la presse

  • Préhistoire – « Si la domestication du cheval moderne est plus tardive que ce que l’on pensait, elle s’est faite aussi dans une région inattendue », révèle L’Express, en référence à une étude menée par une équipe toulousaine « associée à des dizaines d’autres chercheurs internationaux, mais aussi le CEA et l’Université d’Évry ». Celle-ci a « séquencé les génomes de 273 chevaux ayant vécu entre 50 000 et 200 ans avant notre ère, (…) avant de comparer les résultats avec les génomes de chevaux domestiques modernes ». Ils ont ainsi observé qu’un « profil génétique d’abord cantonné(…) entre deux fleuves, la Volga et le Don, (…) s’est étendu partout de l’Atlantique à la Mongolie, [remplaçant] toutes les populations de chevaux sauvages en quelques siècles à peine ». À l’origine de ce phénomène, deux gènes : un premier qui « a pu développer un syndrome lombaire, c’est-à-dire un dos p lus solide et une aspiration naturelle à la locomotion », et un second, « une sorte de ‘gène de la docilité’ », selon Ludovic Orlando, chercheur CNRS à l’origine de l’étude.
  • Lobbying climatique – L’AFP rapporte que « Total a sciemment minimisé son rôle dans la menace du changement climatique », selon une étude de chercheurs français publiée mercredi. Total et Elf, racheté par Total en 2000, ont ainsi participé à une « fabrique de l’ignorance », au moins entre 1987 et 1994, aidant à « « [torpiller] les projets d’écotaxe de la commission européenne » » ainsi que « d’autres projets de régulation des énergies fossiles » selon Christophe Bonneuil, directeur de recherche au CNRS et l’un des auteurs principaux de l’étude. Pour cela, les pétroliers français n’ont cessé d’« insister sur ‘l’incertitude, minimisant l’urgence (climatique) et [détournant] l’attention des énergies fossiles comme cause première du réchauffement’ climatique mondial ».
  • CES – « Après une édition 2021 exclusivement en ligne, Covid oblige, le plus grand salon tech se déroulera de nouveau en physique du 5 au 8 janvier 2022 », annonce Les Échos. Selon Karen Chupka, vice-présidente du CES, « la délégation française sera la plus attendue pour cette édition ». Pour cette première édition post-covid, « plus de 1 100 entreprises sont attendues sur place (contre 4 500 en 2020) dont plus de 800 start-up », en particulier actives dans « la foodtech, la santé digitale, la spacetech ou encore les actifs numériques », note le quotidien économique.

Mercredi 20 octobre 2021

Recherche

Les Échos relaie une note de l’Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT) qui réunit « « plus de 300 acteurs publics et privés de la recherche », à savoir « des PME, des ETI, une centaine de grandes écoles et d’universités et une trentaine d’organismes de recherche publics » dont le CEA.

D’une part, « l’ANRT plaide pour la création d’un ‘Conseil stratégique de la recherche et de l’innovation’ » qui serait placé auprès du président de la République. Constitué d’une dizaine de membres avec, à parité, des représentants de la recherche publique et de représentants du monde économique [qui] serait chargé de définir des ‘initiatives fortes’ dans les domaines où ‘la France excelle, en cohérence avec les capacités d’industrialisation [du] tissu socio-économique’ ». D’autre part, dans le cadre de la compétition internationale exacerbée par la crise de la Covid-19, « l’Hexagone part avec un handicap, selon l’association : le cloisonnement entre recherche publique, privée, fondamentale et appliquée ». À ce propos, Clarisse Angelier, déléguée générale de l’ANRT, regrette que « ‘la récente loi Recherche s’occupe beaucoup des moyens, mais elle ne donne pas de vision ni de stratégie’ ». « La note publiée propose donc de créer ‘un deuxième pilier de la loi

Recherche’ pour y remédier ». Dominique Vernay, vice-président de l’Académie des technologies, explique « ‘On est une nation moyenne, on ne peut plus se permettre d’avoir, sur les mêmes sujets, deux grands établissements comme, par exemple dans l’énergie, le CEA et l’IFP Energies nouvelles. Ce n’est pas très compréhensible pour les industriels’ ». « L’ANRT voudrait les voir ‘travailler ensemble, via des laboratoires communs, y compris si les statuts des chercheurs sont différents’, afin d’éviter ‘la fragmentation’ ». « Sur le terrain, cela pourrait se traduire par la création de centres de référence, qui travailleraient ensemble à l’échelle européenne », explique l’article.

Dans Le Monde s’exprime un collectif de quinze membres de l’Académie des sciences, « qui propose ‘sept actions’ d’envergure, notamment l’augmentation des financements et un plus grand poids politique accordé à la science » suite à la « crise liée à la pandémie [qui] a mis en évidence les faiblesses de la recherche et de l’innovation ».

Energies

[Scénario sans nucléaire] Selon l’AFP, l’association Negawatt, « réseau d’experts, pionnier dans la réalisation de ce genre d’exercice prospectif, avance son nouveau scénario à horizon 2050 quelques jours avant que le gestionnaire du réseau électrique à haute tension RTE présente les siens, très attendus par les pouvoirs publics », qui seront remis le 25 octobre prochain. Dans son rapport, Negawatt propose dans un premier temps de diviser par deux la consommation énergétique d’ici à 2050 « en rénovant efficacement les bâtiments » et en augmentant « l’électrification des voitures, complétée par de l’hybride biogaz (pour éviter trop de recours au lithium), le report modal, ainsi qu’une redevance pour les transports routiers permettant de financer le ferroviaire ». L’association a par ailleurs ajouté un nouveau « volet ‘négaMat’, pour réduire de 850 à 600 millions de tonnes de matériaux bruts l’empreinte matière de la France (principalement grâce à la réduction des fossiles) ». En matière d’approvisionnement, il reposerait sur « un mix énergétique composé à 96 % d’énergies renouvelables mais pas uniquement électriques. Les 4 % d’énergies fossiles restant étant liés à la production des matières premières importées [nouveauté de cette édition 2021] », d’après l’Usine nouvelle. En effet, indique l’AFP, ce scénario s’appuie sur « les éoliennes dont il faudra doubler le nombre, à 18.500 éoliennes, quand l’Allemagne en compte déjà 30.000 […,] le photovoltaïque, en doublant la croissance annuelle actuelle [et…] sur une forte hausse du biogaz agricole ». D’après les calculs de l’association repris par l’AFP, « nul besoin de construire de réacteurs nucléaires, ni même de démarrer l’EPR de Flamanville, qualifié d’’échec industriel majeur’. Et ‘en fermant les anciens réacteurs entre leurs 40e et 50e années, le système électrique peut se passer de l’atome tout en assurant la sécurité d’approvisionnement via le stockage et le pilotage des flexibilités électriques’ générées par les renouvelables ». « Enfin, [le rapport] propose une feuille de route de mesures à dix ans, pour s’inscrire dans les bonnes trajectoires », indique l’Usine nouvelle. Elle « prône une relance industrielle ‘vertueuse’ combinant filières d’avenir (éolien offshore, batteries, électrolyseurs…) et optimisation des ressources (recyclage, matières biosourcées, écoconception…) », précise l’AFP.

[Industries énergivores] La Tribune décrypte la réunion qui s’est tenue mardi 19 octobre entre les ministres Barbara Pompili et Agnès Pannier-Runacher et « les représentants des industries les plus gourmandes en énergie » pour identifier des pistes de solution « face à l’envolée des prix du gaz et de l’électricité ». En effet, « anticipant un surcoût global de pas moins ‘d’1 milliard d’euros pour 2022’, selon l’Union des industries utilisatrices d’énergie (Uniden), [les industries ‘énergo-intensives’] anticipent de lourdes pertes », rapporte le quotidien. Première piste : « ‘Au même titre que les ménages, les entreprises ‘profiteront début 2022 de la baisse de la TICFE [Taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité, qui représente la quasi-totalité des taxes sur l’électricité] pour un montant de 200 millions d’euros’, a indiqué le ministère de la Transition écologique ». De plus, « pour limiter la facture des électro-intensifs, [le ministère de l’Économie propose d’adapter] le mécanisme de compensation des coûts indirects du CO2 », dispositif qui « permet aux secteurs les plus exposés au risque de fuite de carbone (c’est-à-dire le transfert de productions vers un pays tiers où la réglementation climatique serait plus souple) de percevoir une aide de l’État ». En effet, « cette aide habituellement versée à l’année n+1 aux industries les plus affectées pourrait être partiellement versée dès 2022, soit l’année correspondant aux coûts supportés, et non 2023 ». Enfin, « le gouvernement n’entend pas se reposer sur ces mesures compensatoires, et espère agir à plus long terme pour stabiliser les tarifs électriques. De fait, leur volatilité ‘pose un problème’ pour la ‘décarbonation de notre économie’ ».

[Hydrogène] Pascal Pénicaud et Benoît Decourt, co-fondateurs d’Elyse Energy, développent dans une tribune du quotidien La Tribune « deux conditions […] indissociables pour parvenir » à atteindre les objectifs de France 2030, grâce auquel « deux milliards d’euros s’ajouteront au Plan Hydrogène et seront consacrés à l’hydrogène vert en vue de décarboner, notamment, nos industries et les transports et, à terme, de devenir leader dans ce domaine ». Pour les dirigeants de la société de conseil en projets d’hydrogène vert, « start-ups, PME, ETI et grands groupes impliqués dans le développement de l’hydrogène vert doivent dialoguer et multiplier les synergies pour réussir l’émergence de cette filière d’avenir ». D’autre part, « les solutions d’hydrogène vert [qui] sont aujourd’hui plus chères que les énergies fossiles, dès lors si nous voulons que les entreprises puissent les adopter, c’est au pouvoir public d’utiliser les moyens annoncés pour créer des conditions favorables par l’intermédiaire de mécanismes adaptés, stables et flexibles ».

Relevé dans la presse

  • Recyclage – Actu Environnement reprend « les principales conclusions d’une étude de l’Office européen des brevets (OEB) sur l’état de l’innovation mondiale dans le recyclage du plastique et les plastiques alternatifs » entre 2010 et 2019, selon laquelle « la France se distingue en se classant à la deuxième place des pays européens en matière de recyclage des plastiques et de bioplastiques ». « Mieux, il s’agit là d’une vraie spécialité française, puisque les chercheurs hexagonaux déposent plus de brevets ayant trait à ces deux domaines, comparativement aux autres secteurs ». Tandis que Michelin se classe deuxième du classement mondial des entreprises avec 111 brevets, côté organismes de recherche, « l’IFP Énergies nouvelles arrive en tête des dépôts de brevets dans le domaine du recyclage des plastiques (159 brevets déposés). Le CNRS est troisième (91 dépôts) et le CEA septième (21 dépôts) ». Néanmoins, « ‘la France doit maintenant faire passer les technologies du laboratoire à l’industrie’ », tempère l’étude.
  • IA News Mag informe du lancement par Atos de « Terra, une application mobile offrant de précieuses données qui permettront d’éclairer et d’enrichir les prises de décisions en appui des ambitions de la COP26 ». En effet, ces données « associent des images satellites recueillies par la plateforme d’observation terrestre d’Atos, Mundi Web Services, le programme mondial d’observation terrestre, ainsi que des recherches scientifiques menées par des laboratoires et instituts de recherche internationaux dirigés par le LSCE [installé au CEA-Paris-Saclay] dans le cadre de la surveillance des émissions carbone. Les données sont analysées au sein de 6 secteurs spécifiques (tels que l’industrie ou les transports terrestres) pour comprendre les effets des émissions de CO2 et identifier des solutions appropriées ». Ainsi, « Terra offre un niveau unique d’informations qui permet d’élaborer des politiques, de créer et d’évaluer les initiatives de décarbonation, d’influencer les parties prenantes et les autres gouvernements dans leur course au ‘zéro émission Nette’, et d’encourager un changement de comportement des citoyens pour un avenir plus sûr et plus durable ».
  • 5G – L’AFP indique dans une dépêche que « le gouvernement a confié une mission sur le développement de la 5G dans l’industrie à Philipe Herbert, un ingénieur devenu financier, chargé d’aider l’industrie française à développer les usines 4.0 du futur ». « M. Herbert aura quatre mois pour faire des propositions au gouvernement, avec un premier bilan prévu le 15 décembre, indique la lettre, signée de la ministre de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher, et du secrétaire d’Etat de la transition numérique Cédric O ». « M. Herbert, qui a occupé différents postes de direction au sein de Dassault Systèmes entre 1982 et 1996, a relancé l’implantation française du fonds d’investissement American Partech International », précise l’agence de presse.

Mardi 19 octobre2021

Nucléaire

[EPR] Selon Le Figaro, « après avoir annoncé la semaine dernière des investissements pour 1 milliard d’euros dans les petits réacteurs nucléaires (SMR), le chef de l’État cherche le bon moment pour annoncer la construction de six nouveaux EPR. Elle sera officialisée avant les vacances de Noël ». Le quotidien précise que si « Emmanuel Macron avait hésité à intégrer cette annonce dans la présentation du plan France 2030 », il a finalement préféré attendre et « consacrer une séquence spécifique aux EPR », pour « ne pas en diluer l’impact, et rythmer la montée en puissance de sa stratégie nucléaire sur fond de campagne présidentielle ». Après la construction de SMR et de ces EPR restera à aborder « le troisième étage de la stratégie française : la révision du mix énergétique ».

[SMR] L’AFP rapporte qu’« EDF vise le lancement d’un premier chantier de petit réacteur nucléaire (SMR) en France autour de 2030 », selon Xavier Ursat, directeur exécutif en charge de la direction Ingénierie et Projets nouveau nucléaire d’EDF. Ce dernier a déclaré sur Europe 1 : « nous pensons qu’il faut faire des nouveaux réacteurs de forte puissance et nous avons fait une proposition à l’État en ce sens. Et nous imaginons qu’il faudra installer au moins un réacteur de type SMR en France en complément – on pourra en faire plusieurs en complément ». L’agence de presse précise : « pour ces petits réacteurs, la cible est plutôt ‘le marché international’ », et reprend les propos de X. Ursat : « nous visons une taille de réacteur qui correspond à la taille de la plupart des centrales au charbon, au fioul qui existent partout dans le monde et qu’il faudra remplacer probablement très vite dans la décennie 2030-2040 ».

[Histoire] Au cours de l’émission « La France qui bouge » consacré au nucléaire sur Europe 1, la chronique « Saga historique », dans laquelle est intervenu Stéphane Sarrade (CEA-DES), était consacrée au CEA. Chronique à réécouter sur europe1.fr.

Climat

  • [G20] D’après Les Échos, « les rejets de CO2 des États du G20 issus de la production d’énergie et qui représentent les trois quarts du total mondial, devraient augmenter de 4% cette année après avoir reculé de 6% en 2020, rapporte le Climate Transparency, un groupement de 16 centres d’études et de réflexion, associé à plusieurs ONG. La responsabilité en incombe en grande partie aux grands pays émergents – Chine, Inde, Indonésie et Argentine – qui relancent leur consommation d’énergie fossile ». Le quotidien souligne que ces « chiffres [sont] très éloignés de ce qu’ils devraient être pour tenir le cap limite de l’Accord de Paris sur le climat », et indique que « de fait, le G20 n’est pas mobilisé dans son entier, comme il le devrait » : beaucoup « traînent les pieds pour relever leurs objectifs de réduction d’émissions, comme le réclament de plus en plus instamment les Nations Unies ».
  • [Réchauffement climatique] « Le Moyen-Orient sera particulièrement affecté par le réchauffement climatique dans un futur proche, avec des températures extrêmes et le déclin d’une économie fondée sur le pétrole à l’heure où le monde s’intéresse aux énergies renouvelables », annonce l’AFP, reprenant les conclusions des experts du GIEC. Ainsi,« ‘d’ici la fin du siècle, si rien n’était fait pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, les températures pourraient augmenter jusqu’à six degrés Celsius et plus encore lors des vagues de chaleur extrême’, avertit le chercheur néerlandais en chimie atmosphérique Jos Lelieveld », une hausse des températures qui « pourrait devenir ‘les racines de conflits futurs’, s’est inquiété M. Fabius », président de la COP21, lors de la Conférence internationale sur le changement climatique en Méditerranée orientale et au Moyen-Orient, qui s’est tenue mi-octobre. 

Relevé dans la presse

  • Covid-19 – L’Opinion annonce que « lundi 18 octobre, la société de biotechnologie française [Valneva] a annoncé des résultats initiaux positifs pour l’essai de phase 3 de son nouveau candidat vaccin, inactivé et adjuvanté contre le Covid-19, le VLA2001. Dans un communiqué, le groupe a indiqué que l’antiviral avait provoqué des niveaux d’anticorps supérieurs à ceux du vaccin AZD1222 d’AstraZeneca, avec un nombre d’effets indésirables ‘significativement inférieurs’ chez les participants âgés de 30 ans et plus».
  • Startup – D’après Les Échos, la startup parisienne Alice & Bob « travaille à la construction d’un ordinateur quantique avec une approche inédite qui pourrait couper l’herbe sous le pied de Google et d’IBM ». Le quotidien précise : « pour ce faire, Alice & Bob a repris le problème de zéro en ‘repensant la brique de base’ : le qubit (ou bit quantique). ‘On va exploiter une propriété de ce qu’on appelle les états de chats de Schrödinger afin de concevoir un qubit capable de corriger une bonne partie de ces erreurs tout seul, par un mécanisme de rétroaction automatique’ », explique au quotidien Théau Perronin, le cofondateur de vingt-neuf ans. « Nos compétiteurs ont fait le choix de corriger les erreurs de leur machine par redondance, c’est-à-dire en augmentant le nombre de qubits », compare l’entrepreneur. Un concept prometteur qui fait des envieux, puisque, « Amazon s’est lancé à notre poursuite, ils copient notre roadmap », souligne Théau Perronin. « Pas de quoi s’inquiéter, selon le jeune entrepreneur, qui y voit même le signe que leur technologie est désormais ‘une des pistes les plus en vogue du domaine’ ». 

Lundi 18 octobre 2021

France 2030

[Microélectronique] François Jacq a répondu aux questions du Dauphiné Libéré au sujet du plan France 2030. Pour résumer les espoirs inscrits dans le plan d’investissements France 2030, François Jacq précise que « ce que le président a annoncé, c’est finalement les conséquences qu’il tire de la crise, des pénuries qu’on a pu voir et du constat qu’il a posé que la microélectronique est au cœur des enjeux de demain. Il nous invite à consolider, renforcer et pousser un cran plus loin en matière de rupture et d’innovation les atouts que nous avons. Les montants annoncés sont énormes, ce sont des ordres de grandeur jamais connus. Rien n’est jamais gagné, je ne peux pas vous dire qu’on va réussir mais le diagnostic est posé, la crise nous a montré ce qui était important. L’effort qui s’engage est extrêmement ambitieux, particulièrement en microélectronique ». Quant au quantique, l’AG François Jacq tempère : « je ne prends pas de pari mais l’industrialisation, ce n’est pas avant 2030, on a encore des étapes majeures à franchir pour monter en échelle. Mais il y a un très grand enthousiasme des équipes ».

[Énergies] Concernant les énergies, l’Administrateur général définit, pour le journal, l’hydrogène comme « une solution de stockage et l’électrification des usages nécessitera des solutions massives de stockage. L’enjeu est majeur, la situation suffisamment compliquée pour ne pas opposer les solutions. Il n’y a pas de solution parfaite. L’hydrogène, pour autant qu’on sache le produire d’une manière décarbonée, a un certain nombre d’avantages : il est complémentaire et compétitif par rapport à d’autres solutions ». En parallèle, à propos des SMR, M. Jacq indique que « nous avons des équipes qui travaillent là-dessus avec des partenaires. Le site spécialisé du CEA, c’est celui de Cadarache. Les centres de Marcoule et de Saclay sont aussi sur ces questions. S’il y a des collaborations nécessaires avec les équipes de Grenoble elles auront lieu mais il n’y aura pas de re-nucléarisation du site [de Grenoble] ». François Jacq conclut ainsi son entretien : « le projet stratégique du CEA est de faire une recherche au service de la société et de la compétitivité. On l’articule autour des trois grands défis : le défi climatique et énergétique, le défi de la transition numérique, et le défi de la médecine de demain. Et oui, ils se retrouvent dans France 2030 ».

Énergies

  • [Énergies fossiles] « La Banque Postale s’engage à ne plus financer les énergies fossiles d’ici à 2030», explique Les Échos. « L’établissement financier public accélère sa politique de décarbonation. Après s’être engagée à sortir du charbon d’ici à 2030, La Banque Postale va également arrêter de financer le secteur du pétrole et du gaz à cet horizon. […] D’autres banques françaises comme Société Générale et BNP Paribas, bien plus investies dans le secteur, avaient ouvert la porte à une sortie progressive des énergies fossiles, avec l’engagement de réduire de 10 % leur exposition d’ici à 2025. Mais sans l’abandonner complètement à ce stade ».
  • [Taxe énergétique] « Dans la foulée de la recommandation de Bruxelles, le gouvernement allemand a annoncé vendredi qu’il allait réduire de 43 % la taxe EEG destinée à financer le développement des énergies renouvelables », précise Les Échos. « Cette taxe ‘EEG’ mise en place il y a vingt ans pour financer le développement des énergies renouvelables va ainsi passer de 6,5 centimes par kWh à 3,7 centimes en 2022 ».
  • [Centrale nucléaire britannique] Reuters annonce que « le gouvernement britannique va annoncer son intention de financer une nouvelle centrale nucléaire avant les élections de 2024 dans le cadre de sa stratégie ‘zéro émission’, a rapporté dimanche soir The Telegraph, citant des sources proches du gouvernement. […] La crise énergétique subie depuis peu en Europe, avec d’importantes pénuries de carburant en Grande-Bretagne, a mis en lumière les limites d’une dépendance accrue aux énergies non-renouvelables et ont poussé le gouvernement britannique à se tourner vers des énergies plus « vertes »».

Relevé dans la presse

IRM – TF1 diffuse son reportage, réalisé à Neurospin au centre CEA de Saclay ce mois-ci, sur les premières images réalisées à partir d’un potimarron de l’IRM du projet Iseult. L’aimant de cet IRM, développé par le CEA-Irfu, a un « champ magnétique quatre fois plus puissant qu’un IRM classique ». TF1 précise que l’on peut y voir « les filaments [du potimarron] dans une résolution [de] quatre cents microns soit l’équivalent de l’épaisseur de dix cheveux », l’objectif des chercheurs étant de réussir à optimiser « toutes les techniques d’acquisition et tous les périphériques » afin de « pouvoir atteindre aux environs de deux cents microns, c’est-à-dire 4-5 fois l’épaisseur d’un cheveu », indique Nicolas Boulant, chercheur au CEA, à la chaine télé. Celle-ci qualifie cet outil de « révolutionnaire pour les neuroscientifiques [car si] aujourd’hui ils explorent le cerveau à l’échelle du millimètre, demain ils pourront découvrir comment les neurones interagissent entre eux [et notamment] étudier [finement] certaines maladies comme la schizophrénie ou Alzheimer et peut-être les soigner. […] Encore quelques mois de patience et de réglages et l’IRM accueillera ses premiers volontaires », conclut-elle. Un


Vendredi 15 octobre 2021

 Astrophysique

[JWST] Le Figaro et RFI mettent en exergue la participation française au futur télescope spatial James Webb (JWST). Le Figaro rapporte que « contrairement à Hubble, qui observait l’univers dans le visible, le télescope Webb a été conçu pour scruter le ciel dans l’infrarouge » ce qui permettra de « remonter plus loin dans le passé, pour observer un univers plus jeune, plus proche du big bang ». Le quotidien souligne que « le cœur d’un de ces instruments est une caméra appelée Miri qui a été conçue et assemblée au département d’astrophysique du CEA à Saclay ». Interrogé par RFI, Pierre-Olivier Lagage, astrophysicien au CEA et responsable de Miri, s’enthousiasme : « je suis très excité d’avoir des observations parce que mon but c’est d’avoir des données (…). Quand on construit un instrument, qu’on observe avec et qu’on découvre des choses jamais vues, pour moi c’est vraiment une sensation difficilement explicable, une joie intense ».

[Carte des galaxies] Étienne Burtin, physicien au CEA, est interrogé par Libération sur son travail d’élaboration d’une carte 3D des grandes structures de l’Univers. Pour M. Burtin, « comprendre pourquoi il a des motifs dans le ciel, c’est vieux comme l’humanité », précisant qu’aujourd’hui, grâce à de nouveaux grands relevés, les chercheurs ont « mesuré la position d’environ 5 millions de galaxies. Et avec les prochains relevés, dans les sept à dix prochaines années, on en aura mesuré 50 millions ». Étienne Burtin interviendra le 19 octobre à la Cité des sciences lors de la conférence « L’Expansion de l’univers : une histoire en 3D ».

Relevé dans la presse

 Biomédicaments – L’Usine Nouvelle revient sur les objectifs annoncés par le Président de la République dans le plan France 2030 concernant la production de biomédicaments en France. « D’ici à 2030, il faudra ‘avoir au moins 20 biomédicaments contre les cancers, les maladies émergentes et les maladies chroniques (…) en France’ », rapporte le journal qui rappelle qu’aujourd’hui « le pays dépend des importations à 95 % ».

  • Charbon– « Dans un contexte de forte reprise économique, la consommation de charbon dit thermique, destiné à la production d’électricité, atteint des niveaux désormais supérieurs à ceux d’avant le Covid-19 », selon Le Monde. Cette reprise conduit « à la ‘deuxième augmentation annuelle la plus importante’ des émissions de dioxyde de carbone », selon le dernier rapport de l’AIE. Le quotidien souligne que la part du charbon dans le mix énergétique, malgré le développement des énergies renouvelables, « représente encore 35 % à l’échelle mondiale… et 60 % à celle de la Chine ».

Jeudi 14 octobre 2021

Energies

[Rapport de l’AIE] « Il y a urgence à accélérer la décarbonation du monde. C’est le message adressé par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), bras armé des pays développés sur les questions énergétiques, à l’occasion de la publication de son rapport annuel, mercredi 13 octobre, qui n’hésite pas à parler ‘d’avertissement sérieux’, face à une transition énergétique jugée ‘trop lente’ pour limiter les chocs ‘violents’ attendus avec le dérèglement climatique’ », rapporte La Croix. Le journal ajoute que « l’AIE cherche néanmoins à ne pas tomber dans le catastrophisme, en soulignant l’émergence d’une ‘nouvelle économie’, autour des énergies renouvelables ». Des efforts jugés cependant non satisfaisants par l’Agence, selon laquelle « les engagements actuels en matière de climat ne permettraient ainsi d’atteindre en 2030 que 20 % de la réduction des émissions de gaz à effet de serre nécessaires afin de limiter à 1,5 degré le réchauffement climatique à la fin du siècle, comme le prévoit l’Accord de Paris ».

[Flambée des prix de l’énergie] Le 13 octobre, « sous la pression des Vingt-sept, la Commission avance ses propositions pour atténuer la flambée des prix », annonce Le Monde. Si à court terme « l’exécutif communautaire est démuni », « à moyen terme, la Commission se montre désormais plus coopérative ». En effet, « malgré les réticences de certains commissaires et de plusieurs capitales, à commencer par Berlin, La Haye et les pays du Nord, elle n’exclut plus de réformer le marché européen de l’énergie ». Si selon les experts, la flambée des prix devrait toucher à sa fin en avril, d’autres poussées inflationnistes sont attendues, « car la transition écologique – avec la montée en puissance des énergies renouvelables, que l’on ne sait pas encore stocker, et le recul des énergies fossiles – n’est pas propice à créer un environnement stable et prévisible. […] Dans ce contexte, la question du prix de l’électricité sur le marché européen mérite d’être posée, et la Commission a demandé à l’Agence de coopération des régulateurs de l’énergie (ACER) de préparer des recommandations sur le sujet pour avril 2022 ». Ce dernier étant aujourd’hui « indexé sur celui des sources d’énergies d’appoint, qui permettent d’éviter toute rupture d’approvisionnement, c’est-à-dire, le plus souvent, des centrales à gaz. Et ne tient pas compte du ‘mix’ énergétique des pays ». Le quotidien précise que les propositions de la Commission seront étudiées par les chefs d’État et de gouvernement, lors d’un sommet à Bruxelles, les 21 et 22 octobre.

Relevé dans la presse

  • Start-up – Interviewée sur France Inter, Agnès Pannier-Runacher, Ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, chargée de l’Industrie, a déclaré : « [Beaucoup de start-up sont] issues de la recherche publique. Le CEA est l’un des premiers moteurs de création de start-up, notamment dans l’hydrogène [… et] dans les technologies numériques ».
  • Nucléaire iranien – Selon l’AFP, « les États-Unis de Joe Biden ont fait planer mercredi la menace d’un recours à l’option militaire contre l’Iran en cas d’échec de la diplomatie pour empêcher Téhéran de se doter de l’arme atomique, faisant pour la première fois clairement écho aux avertissements israéliens». Washington a en effet « jugé peu ‘encourageants’ les signaux émanant de Téhéran, qui n’a toujours pas fixé de date pour la reprise des négociations visant à sauver l’accord international de 2015 sur le nucléaire iranien, à l’arrêt depuis juin ».

JWST – Ouest France revient sur sa visite au CEA-Paris-Saclay, où a été présentée à la presse une copie de Mirim « l’imageur de Miri (Mid-Infrared Instrument), l’instrument du James-Webb Space Telescope, en partie conçu ici ». « Miri (l’association de l’imageur Mirim et du spectromètre MRS), qui analysera la lumière dans le domaine de l’infrarouge thermique, devrait être à l’origine de grandes découvertes du JWST», précise le quotidien.

  • Recyclage – Les Échos signale la multiplication des incendies cette année dans les décharges et les sites de recyclage, dus principalement à « l’arrivée croissante de déchets d’équipements contenant des piles et batteries au lithium». En effet, « les conditions de stockage et d’acheminement des déchets peuvent endommager les batteries et les fendre ». Or, selon l’association des entreprises de recyclage Federec, citée par le quotidien, « le lithium est un élément très inflammable, réagissant aux chocs et au contact avec l’eau ».  Les Échos précise qu’ « au contact de l’eau, le lithium dégage de l’hydrogène. D’où des départs de feux lors d’un été pluvieux en France ». Il s’agit alors « d’informer le grand public du danger du lithium et des points de collecte adaptés ». Mais, pointe le journal, « reste la question récurrente de l’écoconception des équipements ».

Mercredi 13 octobre 2021

France 2030

De nombreux médias ont repris les éléments du plan investissements « France 2030 » présenté hier par Emmanuel Macron. La Tribune résume le plan présenté en reprenant les termes de l’exécutif : « Ce plan doit ‘faire émerger dans notre pays et en Europe les champions de demain qui, dans les domaines du numérique, de l’industrie verte, des biotechnologies, ou encore de l’agriculture, dessineront notre avenir’ ». D’après le journal économique, parmi les 30 milliards d’euros sur 5 ans, le président de la République « a annoncé vouloir débloquer rapidement les premiers crédits – environ 4 milliards d’euros – dès le début de l’année 2022 ». Parmi les grands sujets, « le chef de l’État a défini trois objectifs sur le volet énergétique, liant trois sources de production : nucléaire – hydrogène vert et énergies renouvelables. C’est une enveloppe de 8 milliards qui est prévue pour déployer ce triptyque ».
Dans un article consacré aux SMR, La Tribune précise qu’Emmanuel Macron « a annoncé qu’il souhaitait investir un milliard d’euros dans l’énergie nucléaire d’ici à 2030 pour développer des ‘technologies de ruptures’, notamment des ‘petits réacteurs nucléaires’ ». Son objectif en matière de nucléaire est « ‘améliorer la sûreté en baissant les coûts et réduire les déchets’ ». À propos des EPR, d’après Le Figaro, E. Macron a indiqué : « J’aurai l’occasion de revenir dans les semaines qui viennent sur l’opportunité de construire de nouveaux réacteurs’ ». Quant à l’hydrogène vert, « Emmanuel Macron veut miser sur la production nucléaire pour fabriquer de l’hydrogène décarboné ».
En matière de transport, « une enveloppe de 4 milliards d’euros est annoncée. L’objectif est clair : Emmanuel Macron estime que l’industrie automobile française peut construire 2 millions de véhicules électriques et hybrides d’ici 2030. Quant à l’aviation civile, l’objectif est d’être le premier pays à faire voler l’avion bas carbone ».
Par ailleurs, « Emmanuel Macron a annoncé 2 milliards d’euros d’investissements dans des innovations de ‘rupture’ dans l’agriculture » parmi lesquelles la robotique, la génétique, et le numérique.

Pour combler « ‘le retard sur les biotechs’ » en France, le président va dédier 3 milliards d’euros pour « ‘créer les dispositifs médicaux de demain’ ». Le Figaro reprend les attentes du chef de l’État en la matière, à savoir « une ‘médecine plus prédictive, plus préventive, plus innovante et avec un tissu productif davantage fait en France’. L’intelligence artificielle et l’informatique quantique doivent permettre d’accélérer le rythme de l’innovation, afin de ‘répondre au défi d’un pays vieillissant comme le nôtre qui est celui des maladies chroniques et de ne pas avoir une explosion de nos dépenses de santé collectives’ ».

Le plan dédie également « six milliards d’euros […] pour sécuriser l’approvisionnement des matières premières et la fourniture de composants ».
En matière d’exploration spatiale, E. Macron « croit possible de positionner les entreprises européennes sur 
une production de ‘mini-lanceur réutilisables en 2026’ afin de bâtir une constellation de satellites de demain’ ». Le chef de l’État ne limite pas l’exploration à l’espace et s’intéresse notamment aux « grands fonds [qui font partie] des priorités du plan d’investissement pour ne pas ‘laisser dans l’inconnue une partie importante du globe’ ».                                                                                                                        

Enfin, « 2,5 milliards d’euros seront investis dans la création de nouvelles filières industriels et nouvelles compétences et 5 milliards d’euros dont trois en fonds propres, seront focalisés pour accélérer l’industrialisation. L’objectif est de permettre aux jeunes pousses de développer rapidement des démonstrateurs industriels, une étape de maturité qui nécessite des millions d’euros. Les deeptech seront principalement ciblées ».

[Réactions] L’AFP consacre une dépêche aux regards des économistes et industriels sur ce plan qui « ont salué le plan de 30 milliards d’euros sur 5 ans […] pour renforcer l’innovation et le verdissement de l’industrie, mais restent vigilants sur la manière dont il sera piloté et exécuté pour ne pas reproduire les erreurs du passé ». Pour Vincent Charlet, délégué général de la Fabrique de l’industrie, groupe de réflexion présidé par les deux industriels Louis Gallois et Pierre-André de Chalendar, « ‘ce plan est très cohérent pour répondre aux grands défis de demain sur la transition énergétique, la mondialisation et la numérisation’ ». Interrogé par l’agence de presse, le Medef a réagi « ‘Il est positif que l’État ait choisi de se concentrer sur des technologies où son soutien est réellement nécessaire, et cible des technologies en prenant soin de combiner grands groupes et jeunes pousses’ ». Quant à Xavier Ragot, président de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), il estime « ‘30 milliards d’euros sur cinq ans, cela peut avoir un vrai effet de signal, de mobilisation’ ». Cependant, il tempère sur la gouvernance de ce plan : « l’annonce précise de la future gouvernance, repoussée par Emmanuel Macron à la fin de l’année faute de consensus sur le sujet, sera ‘l’heure de vérité’ ». En effet, X. Ragot indique : « Il faut éviter que le plan passe ‘à la moulinette interministérielle’, et plutôt nommer ‘des responsables qui surveillent l’allocation des budgets, qui incarnent’ les différents volets du plan ». V. Charlet partage cet avis ;  « ‘Les grands projets du passé, TGV, Ariane, cités en exemple [par E. Macron hier], ont fonctionné car ils ont été confié à des opérateurs forts à qui on confiait des moyens suffisants’, comme le CEA et EDF pour la filière nucléaire ».

Hausse des prix de l’énergie

L’AFP s’intéresse à l’engagement par la commission des Affaires économiques du Sénat « d’un cycle d’auditions sur la souveraineté énergétique de la France, le jour même où Emmanuel Macron a annoncé un milliard d’euros d’investissement d’ici 2030 dans l’énergie nucléaire ». « ‘Très préoccupée par la hausse des prix de l’énergie et l’avenir de l’énergie nucléaire’, la commission entendra notamment le 27 octobre Bernard Bigot, directeur général d’ITER, et le 10 novembre Jean-Bernard Lévy, président directeur général d’EDF » indique la dépêche. Par ailleurs, « son groupe d’études ‘Énergie’ recevra en octobre Olivier Challan Belval, médiateur national de l’énergie, et en novembre Xavier Ursat, directeur exécutif du groupe EDF, sur ‘les perspectives de développement de la filière du nucléaire: des EPR aux SMR’ ».

Relevé dans la presse

Espace – RFI a consacré un reportage au James Webb Telescope « digne successeur d’Hubble, qui doit décoller de Kourou le 18 décembre prochain ».  Pour David Elbaz, astrophysicien directeur de recherche au CEA-Irfu, interrogé par la radio, l’objectif du successeur d’Hubble est de « ‘remonter aux origines des premières sources de lumière dans l’Univers, de la formation des planètes, des étoiles et des galaxies’ ». Le James Webb Telescope va « ‘complémenter Hubble car il va voir un univers invisible dans l’infrarouge et grâce à cela il pourra voir dans l’atmosphère d’autres planètes éventuellement destinations de vie’».

  • 5G – L’AFP reprend le rejet mardi par le Conseil d’État de «l’ensemble des recours déposés par des associations environnementales et de citoyens contre les décisions du régulateur des télécoms (Arcep) concernant la procédure d’attribution des premières fréquences 5G aux opérateurs ».
  • Cyberdéfense – « Ces derniers jours, le nouveau chef d’état-major des armées, le général Thierry Burkhard, a présenté la nouvelle stratégie des armées françaises devant les députés et les principales autorités militaires. Parmi les sujets les plus mis en avant, on retrouve la cyberdéfense mais aussi, de manière inédite, la lutte informationnelle (ou cyber-influence)», d’après le site web spécialisé Clubic.

Mardi 12 octobre 2021

SMR

[Développement] Les Échos revient sur l’annonce possible ce mardi par le président de la République d’une « nouvelle enveloppe pour le développement des Small Modular Reactors (SMR) » dans le cadre du plan France 2030. « Ces mini-réacteurs fonctionnent sur la même technologie d’eau pressurisée que les EPR mais à l’intérieur, tout y est miniaturisé », précise le quotidien, qui rappelle que « dans son discours au Creusot, en décembre 2020, le chef de l’Etat avait déjà apporté un soutien de 50 millions d’euros à cette technologie, dans le cadre du plan de relance, engageant ‘ainsi la France dans la compétition mondiale sur les SMR’. Un projet de ce type, baptisé ‘Nuward’, est porté par EDF, avec ses partenaires TechnicAtome, Naval Group et le CEA ». Si ces SMR comportent de nombreux avantages, « pour devenir véritablement compétitif, reconnait le directeur [du projet Nuward chez EDF Renaud Crassous], il faudra toutefois ‘un pipeline de projets profonds’, afin de déployer ‘des grappes de SMR’, tout en optimisant la production. Et pour y arriver, il faudra atteindre une phase d’industrialisation ». Le quotidien relève aussi un autre levier très important, citant Renaud Crassous, à savoir « la standardisation des SMR, dont une partie des clés est aux mains des autorités de sûreté, afin de ne pas avoir à changer de design à chaque nouveau projet ». Cependant, note Les Échos, « le SMR reste un pari sur l’avenir. Les spécialistes du secteur estiment que le marché ne devrait pas éclore avant 2035 ».

[Sûreté] De son côté, Aujourd’hui en France reprend l’alerte de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) qui « alerte néanmoins, dans une note d’attention publiée jeudi dernier, sur la tentation du ‘low cost’. ‘L’IRSN estime qu’il n’y a pas lieu de revoir à la baisse les exigences de sûreté pour les SMR, la simplification et les caractéristiques de sûreté inhérentes devant bénéficier à la sûreté et à la démonstration de celle-ci au travers du respect de ces exigences’. Et le laboratoire, expert des questions nucléaires et de ses risques radiologiques, de rappeler que près de 70 concepts de SMR sont actuellement à l’étude dans le monde, quelques-uns étant même déjà en exploitation. Mais que ces concepts ‘font appel à des solutions techniques innovantes dont la faisabilité et l’efficacité restent à démontrer’ ».

[TechnicAtome] Les Échos consacre un article à TechnicAtome, des bureaux duquel est sorti « le design du réacteur compact ». Le quotidien précise : « entreprise de premier rang du complexe militaro-industriel français, TechnicAtome est un objet très spécifique. L’ETI [entreprise de taille intermédiaire] est née en 1972 d’une externalisation du département de construction des piles du CEA. ‘TechnicAtome a une origine mixte, à la fois civile et militaire, avec, d’un côté, la partie qui s’occupait de faire l’ingénierie des réacteurs de recherche que le CEA mettait en service depuis les années 1950-1960 et, de l’autre, la partie défense. Celle-ci avait travaillé sur le programme du sous-marin nucléaire ‘Le Redoutable’, qui a commencé ses missions en 1972’, explique Loïc Rocard, PDG de TechnicAtome ». Et ce n’est qu’une des nombreuses particularités de cette entreprise, indique Les Échos, qui ajoute qu’elle n’a par ailleurs pas de concurrence « par nature », ainsi qu’une « absence d’activité à l’export ».Actuellement, « TechnicAtome a clairement le vent en poupe », note le quotidien qui explique qu’à terme, « son grand défi sera surtout de conserver des compétences endémiques alors que le nucléaire n’est plus perçu comme une filière d’avenir par les élèves des écoles d’ingénieurs ».

Energies

[Energies renouvelables] D’après La Tribune, le Syndicat des énergies renouvelables (SER), qui organisait jeudi 7 octobre son congrès annuel, a appelé « à ne pas écarter complètement le nucléaire, qui représente toujours près de 70% du mix énergétique français (contre 25% environ de renouvelable, notamment hydraulique), permettant à l’Hexagone de bénéficier d’une énergie bas carbone ». Ainsi, Nicolas Couderc, directeur général adjoint d’EDF renouvelable et administrateur du SER, a affirmé qu’« avoir le luxe de choisir entre plusieurs solutions décarbonées, ça n’existe pas. Le seul sujet, c’est : comment on fait pour décarboner vite ». Ce à quoi il a ajouté, rapporte la Tribune : « on aura besoin de tout le renouvelable et de tout le nucléaire ».

[Taxes sur l’énergie] L’AFP signale que « la Commission européenne va inciter les Etats à baisser les taxes sur l’énergie et à redistribuer les bénéfices de la hausse des prix aux plus démunis grâce à différents outils à leur disposition, a déclaré lundi le commissaire au Marché intérieur Thierry Breton ». « Evoquant les mesures déjà mises en place par les différents gouvernements – baisse des taxes, chèque énergie, aides ciblées pour les plus pauvres ou encore blocage des prix –, le commissaire a indiqué que la Commission allait donner aux Etats ‘la possibilité de baisser aussi la TVA’, ce que certains ont d’ores et déjà annoncé ».


Lundi 11 octobre 2021

Nucléaire

[Taxonomie européenne] « Nous, Européens, avons besoin du nucléaire ! » Dans une tribune publiée dans plusieurs quotidiens européens, dont Le Figaro, des ministres de dix pays européens plaident pour une énergie « abordable, stable et indépendante », « sûre et innovante », produit d’une filière européenne « leader dans le monde ». Pour Bruno Le Maire, Agnès Pannier-Runacher et les ministres roumains, tchèque, finlandais, slovaque, croates, slovènes, bulgare, polonais et hongrois signataires, « le nucléaire doit être traité de la même manière que toutes les autres sources de production d’énergie décarbonée [et] il est essentiel que (…) toutes les technologies de production d’énergie faiblement émettrices de CO2 soient considérées de manière équitable ». Selon eux, « les énergies renouvelables jouent un rôle essentiel dans la transition énergétique, mais nous avons besoin d’autres sources d’énergie décarbonée pour répondre à nos besoins de manière constante et suffisante » et « la hausse des prix de l’énergie montre aussi combien il est important de réduire très rapidement notre dépendance énergétique vis-à-vis des pays étrangers ».

[Filière française] Objectif Gard, revient sur « l’événement qui s’est produit ce vendredi dans la Drôme puis le Gard rhodanien, à savoir la présence sur un même lieu des trois grands chefs de la filière nucléaire française ». Cette réunion, « sous la houlette du député gardois Anthony Cellier, par ailleurs président du Conseil supérieur de l’énergie », a en effet réuni « le CEA pour la recherche, Orano pour l’extraction et la fabrication du combustible nucléaire et EDF pour la construction et l’exploitation des centrales ». Pour le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy, « la filière est enfin unie, notre présence en témoigne (…) Aujourd’hui nous parlons d’une seule voix, nous partageons les mêmes objectifs ». De son côté, Midi Libre rapporte que « l’administrateur du CEA, François Jacq, a (…) insisté sur la place du nucléaire dans le mix énergétique, tout en rappelant que les chercheurs du CEA travaillent également sur la transition écologique ». Concernant le recrutement dans le domaine du nucléaire, M. Jacq juge qu’il est difficile précisant que « les métiers de la sûreté, les techniciens supérieurs… sont des profils rares. Et pour les métiers qui sont à la fois dans le nucléaire et le numérique, on a encore plus de mal à trouver des profils », rapporte le quotidien.

[Avenir] Selon Philippe Knoche, directeur général d’Orano interviewé par le Dauphiné Libéré, « même si ça peut paraître contre-intuitif, la filière nucléaire n’arrête pas de croître et constitue une industrie d’avenir ». Il rappelle que « depuis 2012, le marché mondial du nucléaire croît, en volume, de 1 à 2 % par an », et que « la filière se développe en Asie, comme la Chine et l’Inde ». Et comme, « à l’horizon 2050, nous aurons besoin de deux fois plus d’électricité » avec la décarbonation, « on aura besoin de grands réacteurs de type EPR [mais aussi] d’autres types de réacteurs [comme] le projet Nuward  (…) ». En parallèle, Le Monde publie un article dans lequel il souligne qu’ « en cinq ans le climat s’est sensiblement amélioré pour l’énergie atomique ». Interrogé par le quotidien, Stéphane Sarrade (CEA DES/DPE), estime que « les technologies de stockage ne sont pas assez abouties pour qu’on puisse du nucléaire ». Concernant les SMR, et les projets portés par des investisseurs privés, M. Sarrade assure que « cette dynamique est assez excitante, car, sans forcément développer des innovations, l’arrivée de start-up et des milliardaires dans cette industrie du temps long pourrait permettre d’accélérer le déploiement et la mise sur le marché de certaines technologies », rapporte le quotidien.

[Sondage] « 51 % des Français sont favorables à la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, tandis que 49 % y sont défavorables », selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche. Selon l’hebdomadaire, « cette ‘fracture’ se joue notamment sur deux clivages : générationnel et politique. Les plus âgés semblent en effet adhérer davantage à la construction de ces nouvelles centrales [de même que] les sympathisants de la majorité présidentielle et de droite ».

Relevé dans la presse

  • Subventions fossiles – « Les combustibles fossiles reçoivent 11 millions de dollars de subventions par minute, alerte le FMI ». Avec ces subventions cumulées de 5 900 milliards de dollars en 2020, « les prix étaient au moins 50 % inférieurs à leurs coûts réels pour 52 % du diesel, 47 % du gaz, et 99 % du charbon » relève La Tribune. Le quotidien note que « cinq pays [sont] responsables de pas moins de 2/3 de ces subventions : la Chine, les Etats-Unis, la Russie, l’Inde et le Japon ». Le journal économique pointe que ce soutien « ne va pas en s’arrangeant »: en 2011, il « s’élevait à 4 151 milliards de dollars » et, en 2015, à « 5 300 milliards de dollars ».

Recyclage batteries – Si « en France, le développement du secteur recyclage des piles et batteries avance bien, (…) beaucoup reste à faire pour répondre aux besoins à venir » note Recyclage Récupération Magazine. En effet, en France, seules « deux installations industrielles traitent les batteries lithium-ion ». Mais si aujourd’hui, les directives européennes imposent « le recyclage de 50 % des batteries collectées », cet objectif va passer à 70 % en 2030 et « les objectifs européens de collecte-récupération de métaux » se durcissent. Par conséquent, les projets fleurissent, dont celui d’« une usine à Donchery (08) [où] six experts travaillent avec d’autres ingénieurs français du CEA, du CNRS, soit une équipe d’une vingtaine de spécialistes, [pour] permettre de traiter des volumes importants de batteries au lithium ».


8 octobre 2021

Iseult

Plusieurs médias reviennent sur les premières images obtenues par l’IRM à 11,7 T du projet Iseult, installé au CEA-Paris-Saclay. L’Express détaille plus spécifiquement les « espoirs » pour la recherche portés par cet « outil unique ».notamment pour mieux connaître et observer l’anatomie interne du cerveau et ses fibres nerveuses. Grâce aux IRM à très haut champ « c’est comme passer des autoroutes aux départementales voire aux petits chemins », s’enthousiasme Cécile Lerman (CEA-Joliot). Il s’agit également de « s’intéresser à de nouvelles molécules, beaucoup moins présentes dans notre corps, que celles de l’eau », comme le phosphore, le sodium ou encore le lithium, qui est par exemple utilisé dans le traitement des troubles bipolaires. En parallèle, Le Journal du Dimanche propose une « antisèche [qui] répond à une question pas si bête que ça, pour mieux comprendre l’actualité » autour de cette première mondiale, à savoir : « qu’est-ce qu’une IRM ? ».

Nucléaire

[SMR] Le Monde publie un article sur « le futur plan d’investissements de l’État [qui] doit miser sur des mini-centrales nucléaires SMR ». Interrogé par le quotidien, Renaud Crassous, directeur du projet pour EDF, explique qu’en France, « la singularité, c’est que le projet SMR est dès le début adressé à l’international ». Valérie Faudon, de la SFEN, souligne en effet que « les SMR et les EPR n’ont pas du tout la même temporalité, ni la même raison d’être ». En France, pour renouveler le parc nucléaire, « nous avons plutôt besoin de grosses unités sur très peu de sites », explique Mme Faudon. Au sujet du projet Nuward, dont l’accord de préfaisabilité date de 2012 pour un dévoilement en 2019, Jean-Michel Ruggieri, responsable du programme au CEA, indique : « Nous n’avons pas la même approche de recherche de financements [que les États-Unis]. Nous hésitons à en parler tant que nous avons l’impression que ce n’est pas assez solide techniquement ». L’objectif de mise en service du premier SMR en France est prévu en 2035.    

[Démantèlement] EDF « a provisionné 20  milliards d’euros pour accompagner l’arrêt de douze réacteurs », selon Le Monde qui s’intéresse au rapport publié mercredi 6 octobre par la mission d’information de l’Assemblée sur le démantèlement. D’après le quotidien, « les reconversions de sites nucléaires sont des opérations de grande ampleur excédant les capacités financières des collectivités, et le rapport prône une coordination étroite avec les opérateurs nucléaires et l’État. »

Relevé dans la presse

  • Vaccins ARN – Pauline Maisonnasse, Roger Le Grand (CEA-Jacob) et Frédéric Martinon (Inserm) signent un papier dans La Recherche sur les vaccins à ARN. Ils y expliquent notamment que « la production de ces outils de lutte contre le virus SARS-CoV-2 a été si rapide (…) parce qu’ils reposent sur une technologie minutieusement mise au point dans les dernières décennies ».
  • Extracthive – « L’entreprise gardoise Extracthive vient de lever 4,6 millions d’euros pour développer une technique de recyclage de fibres de carbone», rapporte Le journal des Entreprises. Le journal précise que cette « spin-off du CEA basée sur le site de Marcoule dans le Gard » prévoit « de bâtir trois usines en Europe afin d’industrialiser ce processus, mais aussi d’autres technologies de recyclage de matériaux composites ». D
  • Dernières communications à la presse
  • Communiqué de presse – L’IRM le plus puissant au monde livre ses premières images !

7 octobre 2021

Iseult

« L’IRM le plus puissant au monde pour observer le corps humain, et plus particulièrement le cerveau, a livré près de Paris ses premières images… d’un potimarron », rapporte l’AFP. Pièce centrale du projet Iseult, cette machine « est l’aboutissement de plus de 20 ans de recherche et d’un partenariat franco-allemand mené par le CEA et impliquant des industriels comme l’allemand Siemens-Healtlineers », précise l’agence. Une machine « hors norme », d’une puissance de 11,7 tesla, « soit 230 000 fois celle du champ magnétique terrestre. À comparer avec les machines d’examen qui culminent à 3 tesla ».La fabrication de l’aimant  « a demandé six ans de travail, pour assembler les milliers de kilomètres d’un alliage rare, du niobium-titane, qui composent l’énorme bobine de 45 tonnes [rectificatif 130 tonnes] », selon Lionel Quettier, chef du projet aimant (CEA-Irfu). Cet aimant est maintenu « à une température proche du zéro absolu, à -271 degrés Celsius, par un circuit de milliers de litres d’hélium liquide ». La machine, qui « vise une résolution sous le demi-millimètre », devrait permettre « d’aller beaucoup plus finement dans la résolution des structures spatiales » du cerveau. Selon Cécile Lerman, ingénieure et cheffe de projet pour la partie IRM (CEA-Joliot), l’IRM du projet Iseult permettra ainsi de « mieux comprendre [l’anatomie du cerveau] mais aussi son fonctionnement lors des tâches cognitives ou face à des pathologies neurodégénératives (Parkinson et Alzheimer), des affections psychiatriques (troubles bi-polaires) ou vasculaires ».

France tv info indique pour sa part que « cette étape des premières images franchies, il reste encore de longs mois de travail aux équipes pour fiabiliser la machine, obtenir également l’approbation des autorités sanitaires avant de pouvoir y installer des premiers volontaires ».

Energies

[Crise énergétique] L’AFP signale que « les cours du gaz ont atteint de nouveaux records mercredi, en pleine crise mondiale de l’énergie et sur fond de tensions avec Moscou sur ses livraisons, avant de retomber un peu après des propos du président russe Vladimir Poutine ». Ce dernier a en effet déclaré lors d’une réunion avec les responsables du secteur énergétique russe qu’ « il n’y [avait] jamais eu un seul cas dans l’histoire où Gazprom (le géant gazier russe, NDLR) a refusé d’augmenter l’approvisionnement de ses consommateurs s’ils soumettaient des commandes appropriées ».

De son côté, le Figaro s’est entretenu avec la directrice générale d’Engie, Catherine MacGregor, qui explique cette situation par « une effervescence dans l’énergie, dans toutes les énergies. Elle est largement due à la reprise forte de la production mondiale post-Covid. La Chine est lancée dans une politique du ‘quoi qu’il en coûte’ pour s’approvisionner en énergie. La demande est donc très forte, et nous connaissons des tensions sur l’approvisionnement ». Elle estime que la résolution de cette crise énergétique passe, à court terme par la généralisation « dans l’Union européenne [de] la politique de stockage de gaz mise en place en France et en Italie ». À moyen terme, elle en « appelle à davantage de coordination entre États membres. […] Il faudrait que l’Union européenne s’assure que les projections de mix énergétique à moyen et long terme de chaque pays permettent à la fois la décarbonation des économies et assurent la sécurité d’approvisionnement en Europe à l’horizon 2030-2040 ».

[Transition énergétique] Dans une tribune publiée par Le Monde, Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie et David Malpass, président de la Banque mondiale, lancent « un appel conjoint à l’arrêt des autorisations de construction de nouvelles centrales à charbon, à moins qu’elles soient équipées de systèmes de capture de leurs émissions de carbone ». Mais cela ne suffira pas, précisent-ils : « nous devons aussi abaisser les émissions des centrales actuelles. C’est une tâche qui requiert une volonté politique et des ressources financières importantes ». Selon eux, il est par ailleurs impossible « d’éliminer les installations polluantes sans disposer de sources plus propres, comme les énergies solaire, éolienne, hydraulique et nucléaire, prêtes à prendre le relais ». Cela implique notamment de passer de moins de 2 000 milliards de dollars d’investissements mondiaux dans l’énergie aujourd’hui à 5 000 milliards en 2030. Si la participation du secteur privé sera essentielle « pour financer les sources d’énergie qui remplaceront le charbon », « les politiques doivent prendre l’initiative pour mobiliser et encourager une hausse massive des investissements ».

Relevé dans la presse

  • Plan « France 2030 » – D’après l’AFP, « Emmanuel Macron présentera le 12 octobre à l’Élysée le plan ‘France 2030’, un plan d’investissement de plusieurs dizaines de milliards d’euros fléchés vers ‘une dizaine de secteurs d’avenir’, de l’hydrogène vert aux batteries, en passant par les petits réacteurs nucléaires SMR».
  • Climat – « Le Parlement turc a ratifié mercredi soir à l’unanimité l’Accord de Paris sur le climat », note l’AFP, qui indique que ce vote fait suite à l’annonce de cette décision par Recep Tayyip Erdogan, fin septembre à New-York. La Turquie est ainsi le 191e pays à ratifier cet accord.
  • Nucléaire – Selon une enquête IFOP pour le JDD, 51% des Français sont favorables à la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, contre 49% défavorables. Le JDD explique que « cette ‘fracture’ se joue notamment sur deux clivages : générationnel et politique. Les plus âgés semblent en effet adhérer davantage à la construction de ces nouvelles centrales», « bercé[s] par le discours autrefois unanime autour du fleuron français que constituait le nucléaire », alors que les « plus jeunes apparaissent moins enthousiastes à l’égard de l’atome » (42 % des 25-34 ans y sont favorables contre 76 % chez les 65 ans et plus). De même, « les sympathisants de la majorité présidentielle et de droite approuvent assez nettement le discours présidentiel quand les partisans d’Europe Ecologie-Les Verts le rejettent majoritairement ». À gauche, « les Français semblent plus nuancés mais tout de même opposés au projet : 59 % des sympathisants de la France insoumise y sont défavorables, et 59 % de

6 octobre 2021

Nucléaire

[SMR] « La France a-t-elle vraiment besoin de petits réacteurs ? », s’interroge L’Expansion. Pour Jacques Chesnais, expert senior SMR au CEA, « les SMR [comme Nuward] n’ont de sens que dans les régions reculées ou dans les pays où les réseaux électriques ne sont pas interconnectés, comme le Canada et l’Asie du Sud Est ».

[Taxonomie européenne] Selon Les Échos, « la Commission [envoie] des signaux positifs sur la place du nucléaire dans la transition écologique ». En effet, « lundi, le vice-président de la Commission, Valdis Dombrovskis, a affirmé qu’il était important de reconnaître ‘le rôle du nucléaire en tant qu’énergie bas carbone dans notre effort’ » de transition énergétique. Pour le quotidien économique, « une prise de position aussi nette, inédite pour un dirigeant de la Commission européenne, est un signal encourageant pour Paris, même si le débat n’est pas tranché au sein de l’exécutif continental ».

Relevé dans la presse

Nobel Le prix Nobel de physique 2021 a été attribué à « l’Américano-Japonais Syukuro Manabe et l’Allemand Klaus Hasselmann (…) pour leurs travaux sur le réchauffement climatique, et [à] l’Italien Giorgio Parisi pour l’étude des systèmes physiques désordonnés », annonce Le Monde. Des travaux de longue haleine, débutés dans les années 1970. Ce prix « récompense ‘des contributions révolutionnaires à notre compréhension des systèmes complexes’ », selon le Comité Nobel. Le quotidien explique que « derrière cette expression se cachent des phénomènes longtemps très débattus, comme l’évolution du climat terrestre sous l’influence des activités humaines. Et d’autres plus confidentiels, tels que la façon dont des atomes peuvent s’organiser en fonction de leur magnétisme, au sein d’un alliage ». Pour Le Monde, « si le Nobel de la paix avait déjà été octroyé en 2007 au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et au vice-président américain Al Gore (…) cette fois, c’est une part de la recherche qui a permis de fonder ces connaissances qui est honorée ».

  • Photovoltaïque« Roctool et le CEA travaillent sur des panneaux photovoltaïques biosourcés et 100 % recyclables », signale PV Magazine. Après quatre mois d’études, « les équipes ont mutualisé leur savoir-faire pour tester sur un outillage disponible au sein du centre d’essais de Roctool au Bourget-du-Lac et sont parvenues à la conception de panneaux de dimensions de 300 mm par 300 mm », avec des résultats « très encourageants et prometteurs ». Ces cellules devraient à terme être utilisées « dans des applications telles que l’automobile, les transports, le nautisme ». Les premiers démonstrateurs seront présentés « à des industriels applicatifs [fin 2021 – début 2022] et les contacts sont d’ores et déjà initiés ».
  • Cloud souverain – « Google, le géant américain de la recherche et des services en ligne, et Thales, le fleuron français de la sécurité et la défense [vont proposer] une offre de cloud souverain répondant aux critères du label français ‘Cloud de confiance’ », signale Le Monde. Pour le journal, « cette alliance est une réponse directe à la nouvelle doctrine énoncée en mai par l’Etat pour l’hébergement et les services en ligne des administrations et des structures publiques ». L’État souhaite en effet que « les données [soient] maîtrisées par des entreprises françaises ou européennes, afin d’échapper aux lois extraterritoriales américaines ». Pour autant, « des briques logicielles de groupes américains » peuvent être utilisées, ce qui « encourage donc des offres hybrides, comme celle [de] Google et Thales », ou, plus tôt, Anthos du même Google avec OVH, « le leader français du cloud » et Bleu proposé par Orange, Capgemini et Microsoft
  • Dernières communications à la presse
  • Décryptage – A la recherche de prédispositions génétiques à la Covid-19
  • Actualité – Avec une mémoire quantique, l’ordinateur quantique est 1000 fois plus petit !
  • Actualité Un Atlas interactif pour visualiser le changement climatique à l’échelle régionale
  • Actualité – Le CEA au service du Traité d’Interdiction Complète des Essais Nucléaires

5 octobre 2021

Energies

[Nucléaire] « Le chef de l’État, qui ne fait pas mystère de son soutien à l’option nucléaire, pourrait annoncer mi-octobre un plan en faveur des ‘Small modular reactors’ (SMR). Une manière de marquer le terrain politiquement face aux candidats de droite sur un sujet éminemment régalien. Mais pas que » souligne Libération. En effet pour le journal, « l’annonce par Emmanuel Macron d’un plan conséquent en faveur de ces mini EPR, que la filière espère à hauteur de plusieurs centaines de millions d’euros, devrait cliver encore un peu plus la campagne présidentielle sur le sujet entre pro-nucléaires (Macron, la droite, le RN, Zemmour mais aussi Montebourg et le PCF) et partisans de la sortie de l’atome (Jadot, Mélenchon…). » Libération tempère cependant car si les SMR intéressent particulièrement le gouvernement, « ils n’existent encore que sur le papier [en France] ! Le russe Rosatom vient de lancer la construction d’un petit réacteur terrestre de 50 MW adapté de ses engins pour brise-glace nucléaires. Objectif : équiper des centrales flottantes dans le grand nord. La Chine vient, elle, de lancer la construction d’un SMR de 125 MW sur l’île de Hainan. Et les Américains rivalisent de projets hautement subventionnés ou financés par des milliardaires avec les start-up NuScale, TerraPower (Bill Gates). Même le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, s’y met avec l’idée de les utiliser pour la conquête spatiale avec son projet Blue Origin, tout comme Elon Musk pour SpaceX ». Le journal rappelle également qu’ « au total, l‘Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) recense 72 projets de SMR à travers le monde ».

[Fossiles] Les Échos fait le bilan sur la hausse des prix de l’énergie et relève trois « alertes » selon lesquelles « la flambée de 2021 reflète de profonds changements qu’il serait périlleux d’ignorer. […] La première porte sur le marché européen de l’électricité [« aujourd’hui en Europe, [le] kilowattheure sort le plus souvent d’une centrale à gaz. Comme le mètre cube de gaz vaut trois fois plus cher qu’il y a un an, son prix a explosé. Sur un marché européen de l’électricité, ce prix s’impose partout, y compris en France »] ; la deuxième alerte semble évidente : la transition énergétique va inévitablement pousser les prix à la hausse ; la troisième alerte est moins visible et pourtant vitale : il s’agit de la fragilité des approvisionnements énergétiques de l’Europe [le quotidien prend pour exemple « le gisement [de gaz] néerlandais de Groningue [qui] va bientôt fermer, les réserves de la Norvège et de l’Algérie [qui] s’amenuisent vite, la Russie [qui] joue au chat et à la souris avec le reste du continent et l’Asie achète le gaz naturel liquéfié au prix fort. Il en va de même pour le pétrole »]. » À ce sujet, Challenges explique par ailleurs que « la demande de charbon et de gaz naturel a dépassé les niveaux records d’avant la pandémie, et le pétrole n’est pas loin derrière, ce qui compromet les espoirs de voir la pandémie accélérer la transition des combustibles fossiles vers des énergies propres. […] ‘La chute de la demande pendant la pandémie était entièrement liée à la décision des gouvernements de restreindre les déplacements et n’avait rien à voir avec la transition énergétique’, a déclaré à Reuters Cuneyt Kazokoglu, responsable de l’analyse de la demande de pétrole chez FGE », un cabinet de conseil en énergie ».

Relevé dans la presse

  • Startup Le magazine spécialisé ProcessAlimentaire s’intéresse à la start-up Lhyfe, issue du CEA, qui « a inauguré le 30 septembre 2021 à Bouin (85) une unité industrielle qui produit 300 kg/j d’hydrogène à partir d’eau de mer et d’électricité provenant d’éoliennes locales. Une première mondiale et un pilote pour de futurs projets de grande envergure à l’international». Industries et technologies qui y a effectué un reportage, complète : « dimensionné pour produire à minima 10 000 tonnes d’hydrogène par an, c’est le modèle offshore qui permettra le déploiement massif de l’hydrogène vert en Europe » et rapporte la réalisation « de la levée de fonds de 50 millions d’euros, principalement destinée à renforcer ses équipes, à financer ses nouveaux projets et à investir en R&D ».
  • 3e dose – « L’Agence européenne des médicaments a approuvé l’administration d’une troisième dose du vaccin Pfizer/BioNTech pour les plus de 18 ans. Il revient désormais aux organismes de santé publique de chaque État membre de donner le feu vert à ce rappel, visant à empêcher que la protection contre le Covid-19 ne baisse après les premières injections», indique Les Échos.

­4 octobre 2021

Hausse des prix de l’énergie

[Inflation] D’après La Tribune, « le taux d’inflation en zone euro a bondi en septembre à 3,4 % sur un an, au plus haut depuis 13 ans, en raison de la flambée des prix de l’énergie, a annoncé vendredi Eurostat ». En effet, ce « secteur a connu de loin la plus forte hausse des prix le mois dernier (+17,4 % après +15,4 % en août), a souligné l’office européen des statistiques », qui précise que « l’impact des goulets d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement de nombreux secteurs et dans les transports a aussi joué sur les prix des biens durables [biens dont l’utilité se maintient dans le temps], en hausse de 2,3 % sur un mois ».

[Conséquences sur le nucléaire] Europe1 rapporte l’intention d’Emmanuel Macron d’annoncer la création de mini-centrales nucléaires (SMR), « moins contraignantes », et « plus acceptables » pour l’opinion publique, afin de faire face à l’envolée du coût des prix de l’énergie. Selon la radio, « cela fait à peu près 6 mois que l’Élysée y réfléchit, pour des raisons énergétiques, [mais aussi pour des] raisons politiques ». Selon Europe 1, « le chef de l’État a mis la pression sur EDF […qui] n’est pas en mesure de dire avant 2022 si elle [sera] capable de produire des SMR français ».

Dans le même temps, l’AFP indique que « le gouvernement pourrait décider la construction de [six] nouveaux réacteurs nucléaires EPR en France avant même la fin du chantier de la centrale de Flamanville (Manche) ». L’annonce a été faite vendredi par la ministre déléguée à l’Industrie Agnès Pannier-Runacher. « L’exécutif, (…) avait jusqu’à présent indiqué que toute décision sur de nouveaux réacteurs surviendrait lors du prochain quinquennat et ‘au plus tard en 2023 lorsque Flamanville sera entrée en service’ ».

À quelques mois de l’élection présidentielle, « le nucléaire semble bien parti pour être l’un des thèmes phares de la campagne », souligne de son côté le Figaro. En effet, Valérie Pécresse faisait ce même vendredi la promesse que « si elle était élue présidente en 2022, elle accorderait à EDF ‘le lancement d’une série industrielle de six nouveaux EPR », avant de se rendre en visite à Flamanville. Si à droite et à l’extrême droite, la position pro-nucléaire semble faire consensus, la gauche et l’extrême gauche restent divisées sur le sujet : « d’un côté, Yannick Jadot (EELV), Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Anne Hidalgo (PS) défendent une sortie, en développant les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique) », quand « de l’autre côté, Arnaud Montebourg (ex-PS) et Fabien Roussel (PCF) ne cachent pas leurs positions pro-nucléaires ».

Relevé dans la presse

  • Mémoire quantique « L’ajout d’une mémoire quantique réduit d’un facteur 1 000 le nombre de qubits nécessaires à la mise en œuvre de l’algorithme de Shor. Ce résultat théorique publié le 28 septembre par deux physiciens français dans Physical Review Letters pourrait marquer un tournant dans la course à l’ordinateur quantique», rapporte Industrie et Technologies. L’article précise : « Nicolas Sangouard et Élie Gouzien, deux physiciens français de l’Institut de physique théorique (CEA/CNRS/Université Paris-Saclay) ont estimé qu’en utilisant une mémoire quantique, un processeur de seulement 13 000 bits quantiques (qubits) pourrait être presque aussi performants dans la mise en œuvre de l’algorithme de Shor qu’un processeur de 2 millions de qubits ».
  • Hydrogène décarboné Les Échos signale l’annonce vendredi 1er octobre par TotalEnergies, Vinci et Air Liquide de la création du « plus grand fonds mondial dédié au développement des infrastructures d’hydrogène décarboné ». Il aura pour objectif d’accélérer « la croissance de l’écosystème hydrogène en investissant dans de grands projets stratégiques », selon les partenaires. « Les entreprises impliquées se sont déjà engagées à investir 800 millions d’euros, ‘sur un objectif de 1,5 milliard’».
  • Graphène L’agence de presse AFP explique que le graphène est au cœur de « nombreuses théories du complot de type ‘cheval de Troie’ ». En effet, des rumeurs infondées véhiculent le fait que « des gouvernements ou des personnalités chercheraient à ‘contrôler’ à distance les personnes grâce à des matériaux injectés par le biais des vaccins contre le Covid-19, ou suivre leurs déplacements par GPS ». Certaines affirment aussi que « de l’oxyde de graphène, un dérivé, est présent dans les vaccins et ‘altère le champ électromagnétique’ des personnes, pouvant occasionner leur décès ».  « Aucun des vaccins anticovid homologués par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dont la composition est publique, ne contient du graphène ou de l’oxyde de graphène ». En outre, « ni le graphène, ni l’oxyde de graphène n’ont de propriétés magnétiques naturelles, indiquent les scientifiques interrogés par l’AFP [le chercheur argentin Marcelo Mariscal, spécialiste des nanotechnologies, Diego Peña du Centre de recherche en chimie biologique et matériaux moléculaires d’Espagne et Ester Vazquez Fernandez-Pacheco, de l’Institut régional de recherche scientifique appliquée (IRICA) de Castille et Mancha, en Espagne

Vendredi 1er octobre 2021

Hydrogène

Newstank revient sur les déclarations de Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances lors du troisième Conseil national de l’hydrogène le 30 septembre. « L’occasion pour le ministre de faire un bilan de la stratégie nationale dédiée annoncée le 08 septembre. Ainsi, ‘d’ici la fin de l’année, près de 2 Md€ de subventions [sur les 7 Md€ du plan] seront engagés ou en passe de l’être. Ils permettront de soutenir au total plus d’une centaine de projets industriels’ » a indiqué le ministre. Bruno Le Maire, « qui s’affirme comme ‘un défenseur de la filière nucléaire qui permet à la France de conserver une indépendance énergétique’ » a indiqué lors de ce Conseil que « l’atout de la France par rapport à d’autres pays engagés dans la filière hydrogène comme l’Allemagne, c’est qu’elle ‘maîtrise tout le cycle de production de l’hydrogène’, et ce grâce à ses capacités de production d’électricité verte issue du nucléaire. Ainsi, la France doit composer ‘des écosystèmes associant nucléaire et hydrolyse pour produire de l’hydrogène’. Raison pour laquelle le ministre déclare que le pays doit « poursuivre la recherche sur de nouveaux types de réacteurs nucléaires ».

Relevé dans la presse

  • Fête de la Science – Newstank  relaie les différentes initiatives proposées pour « 30e anniversaire [de la Fête de la Science qui se déroule] du 01/10 au 11/10/2021 en France métropolitaine et du 05/11 au 22/11 en Corse, en outre-mer et à l’international. La thématique retenue cette année est « l’émotion de la découverte » et « son expression emblématique : ‘Eurêka !’. » 5 519 initiatives sont recensées sur la plateforme en ligne de la Fête de la science ». Le site spécialisé reprend les écrits de Frédérique Vidal, ministre de l’Esri : « ‘Loin d’être une mécanique bien rodée, la recherche est une entreprise profondément humaine dans laquelle le chercheur met tout son cœur, en plus d’y engager toute sa raison : par-delà l’expertise qu’elle requiert, chacun peut s’y reconnaître. La science, ce n’est pas l’autre. Elle est, comme le disait Hubert Curien, ‘l’affaire de tous’».
  • Crise énergétique Les Échos a interviewé Patrick Pouyanné, PDG de Total, sur la crise et la transition énergétique, pour qui « les investissements de l’industrie pétrolière ne sont pas suffisants pour faire face au déclin naturel des champs de 3 à 4 % par an ». Sur le gaz, des « stocks stratégiques de gaz, comme c’est le cas pour le pétrole [pourraient] être une solution intéressante, dans le cadre d’un marché libéralisé où les soubresauts peuvent être violents mais qui fonctionne de manière efficace », surtout en multipliant les « points d’entrée pour le gaz en Europe, par gazoduc ou sous forme de GNL », de méthaniers. Il considère cependant que « même avec beaucoup plus de renouvelables, il faudra de nouvelles capacités nucléaires pour prendre le relais des centrales en fin de vie ».
  • TechnicAtome – « Créé en 1972 (…) par des équipes issues du CEA », TechnicAtome « doit faire face à un plan de charge inédit » note L’Usine Nouvelle. L’industriel prévoit ainsi de « livrer dix à quinze réacteurs dans les trente ans qui viennent, soit un réacteur tous les deux ou trois ans », en particulier pour équiper les prochains sous-marins français. Selon le journal, pour répondre aux « trois grands programmes de porte-avions, de sous-marins Barracuda et de SNLE 3G, il [faudra à TechnicAtome] mobiliser de l’ordre de 1 000 équivalents temps plein dans les dix années à venir, soit près de 60 % de son effectif ».

Jeudi 30 septembre 2021

Crise énergétique

[Causes] « Depuis la rentrée, c’est toute l’Europe, et pas seulement le Royaume-Uni, qui voit le prix de l’électron voler de record en record », rappelle Le Figaro, qui consacre tout un dossier à la crise énergétique. Les raisons ? « Une reprise économique très forte, couplée à un manque de gaz et à une hausse inédite du prix des quotas d’émissions de CO2 sur le marché européen ». Le manque de gaz, utilisé comme combustible par de nombreuses centrales électriques, représente « 80 % de l’envolée des prix de l’électricité » : « la Norvège ne parvient pas à accélérer sa production de gaz pour répondre à la demande [tandis que] la Russie, un de nos plus gros fournisseurs, (…) joue une partie géopolitique très coûteuse pour les consommateurs européens en restreignant les quantités de gaz acheminées par ses gazoducs ». Les 20 % restants sont dus pour le quotidien au « à la montée logique du prix des quotas d’émissions de CO2, dont le nombre va être réduit ». Et ce, alors que « l’Europe défend encore une stratégie beaucoup trop axée sur le gaz pour remplacer le charbon et gérer la variabilité de l’éolien et du solaire », rappelle Nicolas Goldberg, de Colombus Consulting.

[Conséquences économiques] « L’Union des industries utilisatrices d’énergie, (…) évalue à 1 milliard d’euros le surcoût de l’énergie pour 2022 » rapporte Challenges. En particulier, « la situation menace (…) les secteurs à forte consommation d’énergie, comme l’agroalimentaire ou les industries de transformation électrointensives (le verre, l’aluminium, le silicium) ». Si « une partie des entreprises pourront se permettre de répercuter ces coûts sur les prix à la consommation [mais généreront ainsi de l’inflation,] les autres devront encaisser le choc à leur manière [mais auront alors du mal à] de répondre aux objectifs de relocalisation et de décarbonisation fixés par le gouvernement » signale Gildas Barreyre, directeur énergie chez Seqens, interrogé par l’hebdomadaire.

[Réactions politiques] Pour Le Figaro, cette « crise énergétique met à mal la stratégie du tout-renouvelable » et « sonne donc comme un avertissement, au moment où la Commission européenne hésite à exclure l’énergie nucléaire des énergies ‘vertes’, sous la pression des États membres hostiles à l’atome ». Pour un haut fonctionnaire français cité par le journal, « les événements actuels sur les marchés énergétiques invalident totalement la stratégie allemande de tout miser sur le gaz, aux côtés des renouvelables intermittentes, et de tuer le nucléaire ».
En France, « le parc nucléaire historique, construit
[pour] protéger contre la flambée des marchés des hydrocarbures des années 1970, joue toujours son rôle de bouclier », rappelle Le Figaro. C’est pourquoi la ministre de l’industrie Agnès Panier-Runachier, « a critiqué mercredi 29 septembre le fonctionnement du marché de l’énergie européen, estimant que le lien entre prix de l’électricité et prix du gaz était une aberration’ ».

Science chinoise

« Les succès spatiaux chinois des trois dernières années ne sont qu’un des aspects de la réussite [de la Chine, qui est] en 2020 au 1er rang mondial en nombre de publications », note Le Monde. Pour le « Global Innovation Index, indicateur élaboré par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, place la Chine [seulement] au 12e rang mondial en termes d’innovation, juste derrière la France mais devant le Japon ». Mais Pierre Lemonde, directeur de recherches au CNRS, note que parmi les articles scientifiques les plus cités en 2020, « on est à 6 800 en Chine contre 5 600 aux États-Unis ».
Pour Stéphanie Balme, professeur à Sciences Po, « l’émergence du pays le plus peuplé du monde sur la scène scientifique n’est pas une fulgurance quasi-miraculeuse mais le résultat d’une stratégie de longue haleine » depuis la prise de pouvoir de Deng Xiaoping en 1978. Le Monde note que « les années 1980 sont ainsi consacrées à la reconstruction du système universitaire chinois qui avait été mis à mal par le maoïsme », puis « les années 1990 seront celles de la consolidation de l’écosystème scientifique ». Depuis, « la Chine récolte [ce qu’elle a semé] dans les sciences dites dures et de l’ingénieur (génie chimique, industriel et mécanique), dans les domaines qui avaient été préservés durant l’ère maoïste (spatial et nucléaire), mais aussi dans les secteurs de pointe que sont les technologies quantiques et l’intelligence artificielle ». Depuis 2020, signale Pierre Lemonde, « l’augmentation de la dépense en R&D en Chine (…) représente 80 % de celle de l’ensemble des pays de l’OCDE. En 2019, la fraction du PIB chinois consacrée à la R&D était de 2,235 %, soit un peu plus que la France qui en était à 2,196 % [alors qu’en 2000 elle] s’élevait seulement à 0,893 % ». Cependant, tout n’est pas rose pour le quotidien : « les sciences humaines et sociales, pour d’évidentes raisons idéologiques et politiques, peinent à produire des avancées intellectuelles. L’attractivité du pays pour les cerveaux étrangers reste faible, les problèmes de fraude sont prégnants et les règles classiques de la déontologie pas toujours bien appliquées ».

Relevé dans la presse

  • Hydrogène L’Est Républicain a rencontré Johan Lejosne, « du CEA de Grenoble », et Mike Horn qui travaillent au projet « Gen-Z, (…) un véhicule roulant à l’hydrogène » capable de remporter « le Dakar, (…) le rallye-raid le plus difficile au monde ». Pour Johan Lejosne, « l’idée, c’est de tester un système de pile à combustible haute puissance dans un environnement sévère », mais surtout de « montrer que l’on peut être compétitif et gagner avec un véhicule roulant avec une énergie alternative [et] développer des applications pour les mobilités lourdes à fortes puissances (200, 300, 400 kW), à savoir les poids lourds, les bateaux et les trains ».

Brevet européen « En discussion depuis les années 1950, le brevet unitaire européen (…) est désormais en vue » signale Le Figaro, pour qui « la présidence slovène de l’UE (…) table sur une mise en œuvre au second semestre 2022 ». Ce brevet européen, rédigé en français, anglais ou allemand, sera contrôlé par une « ‘juridiction unifiée des brevets’, en cours de création. Son siège principal sera à Paris ». Pour Yann Ménière, chef économiste de l’Office Européen des Brevets, « le marché unifié des brevets devrait, à terme, augmenter les flux commerciaux et les investissements directs en Europe des industries tournées vers l’innovation ».


Mercredi 29 septembre 2021

Énergie

[TotalEnergies] Selon Les Échos, la major française des hydrocarbures TotalEnergies a annoncé dans sa feuille de route présentée mardi 28 septembre, vouloir « s’éloigner du pétrole, sans l’abandonner, au profit du gaz et de l’énergie renouvelable ». Son PDG, Patrick Pouyanné, cité par le quotidien, a déclaré : « nous voulons construire une compagnie multi-énergies ayant une ambition de neutralité carbone à horizon 2050 ». La production de pétrole devrait ainsi atteindre un plateau « au cours de la décennie », avant de commencer à décliner. Pour le gaz naturel liquéfié, la firme a annoncé une augmentation de la production de « 30 % d’ici à 2025 pour atteindre 50 millions de tonnes ». Enfin, « dans l’électricité, TotalEnergies a confirmé ses objectifs : 35 gigawatts de capacités éoliennes et solaires seront installées d’ici à 2025 », soit une « progression de 6 gigawatts par an ».

[Usages du CO2] « La crise de l’énergie qui secoue l’Europe a des répercussions parfois inattendues », signale Les Échos. En effet, explique le quotidien, « l’envolée des prix du gaz a contraint des producteurs d’engrais à réduire leur production, voire à fermer temporairement certaines usines […]. Or en Grande-Bretagne, ces sites de production d’engrais généraient aussi, en sous-produit, du CO2 utilisé par l’industrie agroalimentaire. Le gouvernement britannique a dû intervenir en urgence pour éviter la pénurie ». En effet, « quelque 250 millions de tonnes [de CO2] sont vendues chaque année à des industriels, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE) », l’agrochimie étant « le premier consommateur : le CO2 est utilisé comme matière première pour produire de l’urée, composant essentiel des engrais ». Les Échos précise qu’il « existe une kyrielle d’autres utilisations dans des quantités beaucoup plus réduites » du CO2, notamment dans l’industrie agroalimentaire où il est utilisé « pour carboner les sodas, l’eau minérale et la bière, ou pour extraire la caféine du café », mais aussi dans les abattoirs pour « étourdir les poulets ou les cochons avant leur abattage ».

Recherche

Le Monde consacre un dossier au déclin de la recherche française : « publications, financements, salaires, équipements : les symptômes et les causes de son déclassement sont nombreux » alors que « pendant ce temps, la Chine gagne ses galons de grande puissance scientifique ». « Au pays des Lumières, la révolution couve-t-elle dans les laboratoires ? », s’interroge ainsi le quotidien. Ainsi,« au nom de la ‘liberté académique’[…], l’association RogueESR entend perturber un processus bien huilé », et soumettre une « une pluie de candidatures », « pour proposer ses services à la tête du CNRS, place vacante en janvier 2022 ». Par cette action, le collectif d’enseignants-chercheurs et de chercheurs, « entend ‘défendre un véritable service public, ouvert à toutes et tous ». Un mouvement qui n’est, d’après le journal, « que l’une des nombreuse et dispersés mobilisations témoignant d’une rupture entre la base et le sommet, représenté par le gouvernement, les directions d’organismes et d’universités et une partie des gagnants d’un système particulièrement compétitif. Il illustre aussi l’envie de construire des alternatives au système, à travers des actions autonomes ». Le Monde note par ailleurs qu’un « point commun à ces divers mouvements est le rejet d’une part des évolutions du monde de la recherche qu’ils vivent depuis quinze ans, rappelant celles à l’œuvre. dans l’éducation ou la santé : compétition, performance, évaluation quantitative, priorité au management, perte de sens ou de valeurs… ».

Relevé dans la presse

  • Nucléaire – Selon l’AFP, « la Chine a dépassé la France pour la production d’électricité d’origine nucléaire en 2020, année ‘particulièrement difficile’ pour l’industrie française, selon un rapport annuel sur le secteur publié mardi». Ainsi, et pour la première fois, « la Chine a généré plus d’électricité nucléaire que la France et est devenue le deuxième plus gros producteur nucléaire au monde derrière les États-Unis ». L’agence de presse précise que « la production nucléaire française a chuté de 12 %, au plus bas niveau en 27 ans », alors que la production chinoise « a pour sa part progressé de 4,4 % en 2020 ».
  • Vaccin contre la Covid-19 – « Le laboratoire français Sanofi n’ira pas en phase 3 d’essais pour son vaccin à ARN messager contre le Covid – la dernière étape avant une commercialisation», rapporte l’AFP, Sanofi jugeant que « celui-ci arriverait trop tard sur le marché, alors que 12 milliards de doses de vaccins anti-Covid auront été produites au total d’ici la fin de l’année ». Le laboratoire continuera cependant le développement de son autre vaccin contre le virus, développé avec le britannique GSK, et dont les résultats de phase 3 sont toujours attendus avant fin 2021.
  • Défense – La Croix signale que « la Corée du Nord a testé avec succès mardi un missile planeur hypersonique », selon l’agence officielle KCNA. Cette dernière a indiqué que « la réussite de cet essai revêt ‘une grande importance stratégique’ au moment où Pyongyang cherche à ‘multiplier par mille’ ses capacités de défense’ ». Ces missiles ont la particularité d’être « beaucoup plus rapides que les missiles balistiques ou de croisière classiques. Ils sont aussi beaucoup plus difficiles à détecter et à intercepter par les systèmes de défense antimissile, pour lesquels les États-Unis dépensent des milliards de dollars ».

Mardi 28 septembre 2021

Énergie

Aujourd’hui en France s’intéresse à la corrélation entre le prix du gaz et celui de l’électricité à la suite de l’annonce ce lundi par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) d’une nouvelle augmentation de 12,6 % du prix du gaz, une hausse qui impactera aussi celui de l’électricité. Selon le journal, « cette évolution résulte de la hausse, historique, des prix du gaz sur le marché mondial qui se répercute sur les coûts d’approvisionnement du fournisseur de gaz Engie », rapporte le journal.  « Dans un pays comme la France, qui produit 70 % de son électricité avec du nucléaire, et même 12 % supplémentaires avec de l’hydraulique, cela peut paraître étrange »’, admet Julien Teddé, cofondateur du courtier Opéra Énergie qui précise que « c’est oublier d’une part que l’électricité ne se stocke pas, et d’autre part que nous sommes interconnectés avec le reste de l’Europe’. » Le réseau a donc régulièrement besoin d’aller chercher de l’électricité hors de ses frontières, là où elle est produite pour partie par des centrales au charbon ou au gaz. Plus les prix du gaz augmentent, plus ceux de l’électricité, produite par ces mêmes centrales au gaz, augmentent ». Or, comme le précise le journal, « avec la reprise de l’économie aux quatre coins du monde, la demande en gaz a très fortement repris, et avec elle les prix. En Europe, un tiers de l’approvisionnement est assuré par la Russie. […] La France ne dispose pas de gaz sur son territoire et elle importe 99 % de sa consommation de gaz naturel, explique encore la Commission. Elle est donc exposée, comme le reste de l’Europe, aux variations des prix de marchés européens et mondiaux ».

Nucléaire iranien

[Inspection AIEA] Selon l’AFP, « l’Union européenne et les États-Unis ont exhorté lundi l’Iran à autoriser les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à accéder à un site nucléaire qui, selon Téhéran, ne fait pas partie d’un accord récemment négocié. Ce nouvel incident intervient alors que les négociations entre Téhéran et les grandes puissances sont au point mort depuis juin pour relancer un accord historique de 2015 limitant drastiquement le programme nucléaire iranien en échange d’un allègement des sanctions économiques frappant le pays. »

[Programme nucléaire iranien] En parallèle, « le nouveau Premier ministre israélien Naftali Bennett a accusé lundi, depuis la tribune de l’ONU, le programme nucléaire iranien d’avoir franchi « toutes les lignes rouges » ».Ainsi, selon l’AFP, Israël « voit d’un très mauvais œil un possible nouvel accord sur le programme nucléaire iranien, que l’Iran affirme être destiné à des fins civiles et non militaires ». Pour calmer le jeu, « le président américain Joe Biden s’est dit prêt à réintégrer l’accord [quitté sous l’administration Trump] et à lever au moins une partie des sanctions que Donald Trump avait rétablies contre l’Iran, mais à condition que Téhéran renoue avec les engagements dont il s’est affranchi pour protester contre la pression américaine ».

Relevé dans la presse

Startup Les Échos consacre un article à Wise Integration, spin-off du CEA installée à Grenoble, qui « vient de boucler un premier tour de table de 2,7 millions d’euros pour industrialiser sa solution permettant de miniaturiser les chargeurs. Elle vise les smartphones, ordinateurs portables ou vélos électriques, mais aussi la réduction de la consommation d’énergie des data centers. […] Cette meilleure efficacité des chargeurs de Wise-Integration s’explique tout simplement parce qu’ils chauffent moins. La technologie GaN permet de faire fonctionner le système à plus haute fréquence tout en réduisant le nombre d’éléments, mais aussi de réduire d’un facteur de 3 à 4 l’émission de chaleur des systèmes de refroidissement des centres de données».

Vaccin contre la grippe – « Pfizer a annoncé lundi avoir procédé aux premières injections pour évaluer sur des humains un vaccin contre la grippe utilisant la technologie de l’ARN messager, déjà employée dans son vaccin contre le Covid-19 », indique l’AFP. « ‘La flexibilité de la technologie de l’ARN messager et sa production rapide pourraient potentiellement permettre une meilleure association avec la souche (du virus en circulation), une plus grande fiabilité de l’approvisionnement, et offrir l’opportunité d’améliorer l’efficacité des vaccins actuels contre la grippe’, explique Pfizer dans son communiqué. […] Outre la grippe, Pfizer a indiqué projeter d’étudier l’utilisation de la technologie de l’ARN messager contre d’autres virus respiratoires, ainsi que contre des maladies génétiques ou des cancers ».


Lundi 27 septembre 2021

Semi-conducteurs

Paul Boudre, directeur général de Soitec, est interrogé par l’AFP concernant « l’Europe, [qui] cherche à favoriser l’installation sur le sol européen d’une fonderie de semi-conducteurs capable d’atteindre un jour une finesse de gravure de l’ordre de 2 nanomètres (…) pour obtenir des puces aux puissances de calcul vertigineuse ». Pour le PDG de Soitec, cette volonté de l’Europe ne doit pas se réaliser « au détriment de ses propres champions », rapporte l’agence. M. Boudre estime notamment qu’il « est important stratégiquement que l’Europe développe cette capacité de puces de grandes finesse de gravure, mais elle doit aussi continuer à renforcer sa position sur ses domaines de compétences actuels ». L’AFP rappelle que Soitec, « au bord du gouffre en 2015, (…) s’est spectaculairement redressée en imposant son matériau [SOI] dans la fabrication des puces de gestion des communications radio des smartphones ». Aujourd’hui, la société « propose à l’État français et l’Union européenne d’implanter en France une nouvelle usine, qui produirait cette fois-ci du carbure de silicium », précise l’agence. Paul Boudre, qui intervient également dans La Tribune, souligne un des objectifs de son entreprise : « établir une équation verte qui va vers plus de performance, ainsi que vers une meilleure maîtrise de la consommation énergétique de nos produits ».

Hausse des prix de l’énergie

[Électricité] Selon Bruno Le Maire, « le marché européen de l’électricité ne marche pas. Il est aberrant », rapporte France Inter à la suite de l’intervention du ministre de l’Économie sur Public Sénat vendredi 24 septembre. « En France on s’approvisionne en électricité à partir des centrales nucléaires et de l’énergie hydraulique (…), on a une énergie décarbonée à un coût très bas mais le marché unique de l’électricité européen fait qu’il y a un alignement des prix d’électricité en France sur les prix du gaz (…). On prend de plein fouet cette augmentation des prix du gaz », précise-t-il. Bruno Le Maire souhaite revoir « de fond en comble le fonctionnement de ce marché unique » avec les différents ministres des Finances européens.

[Énergie] « En quelques semaines, le sujet des prix de l’énergie s’est imposé tout en haut de l’agenda européen », selon le site des Échos. « La hausse des prix s’explique par une multitude de facteurs : un printemps 2021 très frais et des stocks de gaz bas pour la saison en septembre, peu d’électricité éolienne par manque de vent, des pannes en Russie et une hausse des prix du carbone en anticipation d’une réforme du système d’échange de quotas d’émissions de l’UE », précise le quotidien économique. Interpellé sur ce problème, Kadri Simson, commissaire en charge du secteur, « prépare une communication [qui] détaillera quelles mesures les États-membres peuvent prendre immédiatement pour alléger les factures de gaz et d’électricité des ménages en restant dans les clous des règles européennes et du marché intérieur en particulier », rapporte Les Échos.

Relevé dans la presse

  • TICE – « Vingt-cinq ans après son adoption, le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires a permis de rendre le monde plus sûr (…) mais la ratification s’éternise et la Corée du Nord inquiète », selon l’AFP qui propose un point historique sur ce traité rappelant qu’il « agit comme un garde-fou ». En parallèle, fr s’interroge : « Pourquoi y a-t-il encore autant d’armes nucléaires ? » Le journal rappelle, que « théoriquement, il y a cinq pays avec des capacités nucléaires officielles » et que, « s’il y a beaucoup moins de ces armes aujourd’hui qu’au plus fort de la Guerre froide (…) on craint désormais une reprise de la course aux armes nucléaires entre les États-Unis, la Russie et la Chine ».
  • Histoire G1 – Le Point publie un article accompagné d’une vidéo, dans le cadre du dossier « Le monde d’avant », sur « les premiers kWh électriques d’origine nucléaire » produits par le réacteur G1 de Marcoule le 25 septembre 1956. « Il a suffi de quelques secondes pour que la France bascule dans l’ère de l’électricité nucléaire. Mais à l’époque on ne se rendait pas compte de la révolution énergétique qui se préparait », selon le journal, la mission première de G1 étant « la production de plutonium pour garnir les bombes nucléaires françaises ».

Areva/Orano – « L’État va acquérir les dernières parts du capital du groupe nucléaire Orano possédées par Areva pour un montant de plus de 563 millions d’euros », rapporte l’AFP. « L’État possèdera donc, à l’issue de l’opération, environ 80 % des parts », précise l’agence.

Dernières communications à la presse

Communiqué de presse – Jean-Louis Falconi est nommé directeur des relations internationales du CEA


23 septembre 2021

Naval Group

[Entretien] Dans un entretien accordé en exclusivité au Figaro, Pierre Éric Pommellet, PDG de Naval Group, revient sur la décision de l’Australie de résilier le contrat record signé avec le groupe, et portant sur une commande de 12 sous-marins. Il explique : « Cette décision nous a été annoncée sans aucun préavis, avec une brutalité inouïe. D’autant que tous les voyants étaient au vert. Le matin même, nous avions reçu un courrier nous informant officiellement que le gouvernement australien avait accepté notre offre qui aurait permis d’engager une nouvelle phase du programme ». Selon lui, « c’est une décision politique et stratégique. [Le premier ministre australien] Scott Morrison l’a dit : Naval Group n’est pas en cause. Canberra a décidé de changer son besoin en achetant des sous-marins nucléaires ». Pour autant cette annulation ne menace pas l’entreprise, précise-t-il : « Naval Group ne fait pas face à une menace existentielle. […] Ce contrat représentait environ 10 % de nos ventes, soit 500 millions d’euros par an dans les prochaines années, et c’était un programme d’un demi-siècle. Ce n’est pas neutre mais cela signifie que 90 % de notre activité sont réalisés avec nos autres clients […] ».

[Prolifération nucléaire] « La vente de sous-marins à propulsion nucléaire à l’Australie crée-t-elle un précédent dangereux pour la prolifération ? », s’interroge La Croix. La question « s’inscrit dans le contexte d’une course aux armements exacerbée dans la région indopacifique […]. En pointe dans ce jeu de la puissance, la Chine, longtemps cantonnée à un principe de dissuasion minimale et qui se targuait d’avoir l’arsenal nucléaire le plus faible au monde a changé de posture ». Comme l’explique Jean-Louis Lozier, conseiller au Centre des études de sécurité de l’Institut français des relations internationales, interrogé par le quotidien, « la Chine s’est lancée dans la plus grande opacité, depuis quelques années, dans une prolifération verticale avec un programme de six sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, dont quatre sont opérationnels, et la construction de plus de 100 nouveaux silos à missiles balistiques intercontinentaux ». D’après lui, « c’est en réponse à cette montée en puissance chinoise qu’il faut voir la remise en cause par l’Australie du contrat de sous-marins française pour se rapprocher des États-Unis ». Cependant, note La Croix, c’est la première fois qu’un État des cinq États nucléaires possédant la technologie des sous-marins à propulsion nucléaires accepte de la vendre à un État non doté de l’arme nucléaire. S’il est probable que les États-Unis ne donneront pas accès à l’Australie une technologie susceptible d’être reproduite, « en revanche, le précédent créé, présenté comme un ‘cas exceptionnel’ par la Maison-Blanche, pourrait être exploités par d’autres ». Ainsi, « des États désireux d’acquérir l’arme nucléaire, ou simplement de garder l’option ouverte, pourraient voir les sous-marins nucléaires comme une excuse pour fabriquer ou acquérir du combustible nucléaire, à l’abri des regards de l’AIEA ».

Climat

[Méthane] Selon Sciences & Avenir, « la lutte contre le changement climatique devrait intégrer une nouvelle arme lors de la COP26 qui s’ouvre en novembre à Glasgow (Royaume-Uni) : la diminution des émissions de méthane, deuxième gaz à effet de serre en volume derrière le dioxyde de carbone ». Et cela grâce, notamment, aux « nouveaux satellites de surveillance de l’environnement et du climat [qui] embarquent des instruments de détection du méthane », capables de repérer avec précision les fuites émanant des installations. Ainsi, dans « un rapport remis début mai à l’ONU, la ‘coalition pour un air propre et pour le climat’ [qui rassemble gouvernements, entreprises, ONG et instituts scientifiques du monde entier], assure que tous les secteurs émettant du méthane disposent d’ores et déjà de solutions techniques pour éviter d’ici à 2030 le relargage de 120 millions de tonnes de méthane, soit plus d’un tiers des émissions anthropiques ! »

[BCE] Pour la Banque centrale européenne, « l’inaction des gouvernements et des entreprises dans le domaine climatique pourrait provoquer une perte drastique de produit intérieur brut sur le long terme dans la zone euro, sous le coup des dégâts liés au réchauffement », rapporte l’AFP. L’agence précise qu’à partir de 2030, « l’absence de mesures ordonnées pour décarbonner l’économie pourrait affecter le PIB de l’UE jusqu’à lui faire perdre plus de 10 % d’ici à 2100, en comparaison d’un scénario où les gouvernements mettraient rapidement en place des politiques actives de transitions écologiques, selon les résultats d’un test de résistance climatique menée par la BCE ».

[Arctique] Le Monde reprend le rapport publié par l’ONG Reclaim Finance, qui s’inquiète de l’expansion de l’industrie pétrogazière dans le Grand Nord. Actuellement, on dénombre en Arctique « 599 champs pétroliers et gaziers, en production, en développement ou découverts ». Leur production devrait par ailleurs augmenter dans les années à venir, note l’ONG, portée « par le soutien financier des banques, des investisseurs et des assureurs », et facilitée par « des règles floues, à géométrie variable ou insuffisantes, édictées par ces acteurs financiers pour préserver la région ». « Dans le scénario du pire envisagé par Reclaim Finance, l’exploitation totale des 599 sites consommerait 22 % des émissions de gaz à effet de serre à ne pas dépasser si l’on veut avoir une chance de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C ».

Relevé dans la presse

Énergie – D’après l’AFP, « face à la hausse des cours de l’électricité, le gouvernement a annoncé mercredi qu’il ne relèverait pas le volume de la production nucléaire d’EDF vendue à bas prix à ses concurrents, mais a dit travailler à d’autres solutions ». Ce dernier est en effet plafonné à un maximum de 100 térawattheures, « que le gouvernement peut toutefois relever à 150 TWh pour être sûr de satisfaire une demande plus large ». L’agence de presse précise que le « relèvement du plafond avait été réclamé par les industriels français grands consommateurs d’électricité et plus récemment par l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, qui craint sinon une ‘explosion’ des prix de l’électricité début 2022 ». 


22 septembre 2021

Climat

À quelques semaines de la Cop26, les annonces se multiplient à la tribune des Nations-Unies, note l’AFP dans plusieurs dépêches.
Le président chinois Xi Jinping a ainsi déclaré que son pays « ne construira pas de nouvelles centrales à charbon à l’étranger ». Pour Helen Mountford, du World Resources Institute, « il s’agit d’un ‘tournant historique pour s’éloigner de l’énergie fossile la plus sale du monde. (…) Cette organisation rappelle que sur ‘la dernière décennie’, la Chine a investi ‘des milliards de dollars’ dans des usines à charbon dans d’autres pays ». Pour autant, cette annonce « est loin de signifier la fin totale des investissements de Pékin dans le charbon », faute de concerner les centrales planifiées en Chine, remarque l’agence.
La Turquie, elle, « ratifiera l’Accord de Paris de lutte contre le changement climatique le mois prochain » a déclaré son président Recep Tayyip Erdogan. Le pays « avait signé l’Accord de Paris mais (…) ne l’avait pas ratifié jusqu’à présent ‘en raison des injustices liées à la répartition des obligations et du partage du fardeau’, en termes de réduction des émissions polluantes ». La Turquie, après avoir connu cet été « des incendies de forêts puis des inondations soudaines (…) est également frappée par une sécheresse persistante ».
Enfin, « le président américain Joe Biden a lui annoncé que les États-Unis allaient ‘doubler’ leur aide aux pays en développement pour faire face à la crise climatique, soit un engagement d’environ 11 milliards de dollars par an ». En effet, « les pays développés se sont [engagés] à mobiliser 100 milliards de dollars par an entre 2020 et 2025 pour cette assistance. Mais (…) cette aide Nord-Sud avait atteint [seulement] 79,6 milliards de dollars en 2019 ».

Start-ups

[Diabète] Le site web spécialisé Buzz Médecin annonce que « le traitement automatisé pour le diabète de type 1 [de la startup Diabeloop est désormais] remboursé ». Son « DBLG1 System, parfois qualifié de pancreas artificiel (…) est indiqué pour le traitement des diabètes de type 1 chez les adultes équipés d’une pompe à insuline et pour qui l’équilibre glycémique reste insuffisant depuis au moins six mois ». Le blog spécialisé note que « Diabeloop compte aujourd’hui une trentaine de personnes pour assurer le développement et la mise sur le marché du dispositif » et s’appuie sur « un réseau de partenaires (…) dont le CEA-Leti et 12 CHU ».

[Recyclage] La startup Extracthive, qui développe « des solutions de recyclage là où elles n’existent pas […] finalise une nouvelle levée de fonds de 4,6 M€ auprès de ses actionnaires historiques (IRDI Soridec, Citizen Capital et CEA Investissement) et de nouveaux investisseurs », rapporte Next-Finance. La société doit mettre en service un « démonstrateur industriel [au] premier trimestre 2023, [qui] aura une capacité de traitement de 400 tonnes de composite par an ». Le média rappelle que « la fibre [de carbone] récupérée par Extracthive émet de l’ordre de 10 fois moins de gaz à effet de serre que la fibre vierge », qui « a un fort impact environnemental (de l’ordre de 40 tonnes de CO2 par tonne de fibre vierge) ».

Relevé dans la presse  

Alzheimer – Thierry Lhermitte, pour sa chronique dans l’émission Grand bien vous fasse sur France Inter, s’est « rendu à l’Institut François Jacob du CEA de Fontenay-aux-Roses, dans les Hauts-de-Seine, pour visiter le laboratoire de Ronald Melki ». Là, « avec son équipe, [ce dernier] étudie les anomalies de certaines protéines dans les maladies neurodégénératives, et en particulier dans la maladie d’Alzheimer ». Il espère aboutir à un « diagnostic précoce » de cette dernière, mais aussi « retarder l’apparition des symptômes en gagnant quelques années sur la maladie ». Un reportage à écouter ici.

  • Panneaux photovoltaïques – «Le CEA poursuit de nombreuses pistes quant à l’intégration des plastiques et composites dans les modules photovoltaïques » : Plastiques & Caoutchoucs s’est entretenu avec Aude Derrier, chef de laboratoire Modules photovoltaïques innovants au CEA. Si les plastiques sont indispensables à l’élaboration des panneaux photovoltaïques, son objectif « est de retravailler l’utilisation et la transformation des matières plastiques dans une optique d’économie circulaire ». Pour elle, « le rôle du CEA est de réfléchir à la conception des modules afin de faciliter leur recyclage et de trouver les filières adéquates pour chaque matériau, en s’appuyant sur celles déjà mises en place pour les films plastique d’emballage ou les composites ».

Semi-conducteurs – Les Échos signale que « la crise des semi-conducteurs s’aggrave dangereusement ». Si « jusqu’en juin-juillet, les pénuries ont essentiellement touché la fabrication des microcontrôleurs, (…) une nouvelle vague de COVID-19 [affecte désormais] des pays comme la Malaisie, le Vietnam ou les Philippines (…) : or ces pays concentrent une bonne partie de l’aval de la chaîne, comme les tests, l’emballage, l’encapsulation des puces », note Jérémie Bouchaud, directeur d’études chez IHS Markit (entreprise américaine d’information économique). Mais le marché devrait rester tendu après la fin de l’épidémie : si « les fabricants de semi-conducteurs, comme le taïwanais TSMC, ont investi dans de nouvelles capacités [de fabrication de microcontrôleurs] l’industrie automobile a aussi besoin de puces plus grosses, pour lesquelles on voit peu d’annonces de nouveaux investissements ». Pourtant, « les besoins exprimés correspondent à une production automobile de 130 millions d’unités, très loin des 80 à 90 millions prévisibles sur les prochaines années », signale l’analyste.

Économie – Pour Les Échos, « le plan de relance va renforcer l’investissement public au cours des prochaines années [avec] un effet positif sur la croissance à court terme ». « Rénovation thermique des bâtiments, investissement dans les transports et dans les infrastructures numériques : au sein [du plan de relance] de 100 milliards d’euros, quelques 35 milliards d’euros d’investissements publics sont programmés (…) ‘Leur contribution devrait s’élever à 10 milliards d’euros en 2021 puis de 12 à 13 milliards d’euros l’an prochain. Par rapport à la part de l’État dans l’investissement public, soit 40 milliards d’euros [par an], cela représente une hausse considérable’, observe Xavier Timbeau, directeur de l’OFCE ». À la suite de ce plan, le quotidien économique rappelle que « courant octobre, l’exécutif devrait présenter son nouveau plan d’investissement pour ‘bâtir la France de 2030’. Avec à la clé un nouveau coup de pouce à ces investissements publics ».


21 septembre 2021

Santé

[Alzheimer] À l’occasion de la journée mondiale d’Alzheimer, EURACTIV, média européen, s’interroge : « si les associations et les scientifiques se félicitent que la France se soit emparée des problématiques autour de l’Alzheimer avec plusieurs plans successifs, ils regrettent que l’élan soit depuis retombé ». Pourtant, « la France compte aujourd’hui plus de 1,1 million de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, ou de maladies apparentées — et ce chiffre pourrait grimper jusqu’à 2 240 000 en 2050 selon Alzheimer Europe ». Maï Panchal, directrice scientifique à la Fondation Vaincre Alzheimer, regrette « ‘que les appels à projets spécifiques à l’Alzheimer, portés notamment par l’Agence nationale de la recherche (ANR), se sont raréfiés à mesure que les plans nationaux se sont succédé ». Mme Panchal ajoute qu’« il faut absolument investir dans la recherche fondamentale. Malheureusement on sent que ce n’est pas la priorité actuelle ». À propos des études sur les modèles animaux, « la biologiste hospitalière invite également à repenser la manière d’envisager la recherche sur Alzheimer : ‘On oublie peut-être qu’il s’agit d’une maladie qui touche plutôt un sujet âgé et on a tendance à tester des médicaments sur des animaux jeunes. D’une souris jeune à un homme âgé, ça fait beaucoup de différences entre les deux modèles’ ». L’article évoque également la problématique du diagnostic : « Si ‘le diagnostic a fait d’énormes progrès’ grâce aux biomarqueurs notamment, comme le rappelle Maï Panchal, ‘une personne sur deux n’est pas diagnostiquée », observe Benoit Durand, directeur délégué de l’organisation France Alzheimer.

[Essais cliniques] Le Monde met en exergue l’éthique des essais cliniques au regard de la pandémie de Covid-19. « La pandémie a mis en lumière l’importance de la bonne évaluation des médicaments et des vaccins. Ces essais sont aujourd’hui largement conduits, pour le compte de l’industrie pharmaceutique, par des sociétés spécialisées. Un marché mondial ayant pour matière première le corps des sujets volontaires, ce qui pose de nombreuses questions éthiques ». D’après le quotidien, les CRO [contract research organizations, « ces entreprises capables de fournir à l’industrie pharmaceutique et aux institutions publiques un service d’essai clinique intégré, depuis le recrutement des participants et des investigateurs jusqu’à la gestion »] « recrutent chaque année deux millions de participants à travers le monde pour les essais cliniques, dont le marché, qui a augmenté de 40 % entre 2008 et 2014, devrait atteindre 45 milliards de dollars (38 millions d’euros) en 2022 ».

Énergies

[Électricité] Interviewée par Jean-Jacques Bourdin sur BFM Business, Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, explique que les besoins de la France en électricité vont croître. En effet, elle indique que « RTE estime qu’on va augmenter notre demande en électricité de 20 % d’ici 15 ans ». Pour pallier cette demande croissante, elle préconise d’augmenter les énergies renouvelables. À la question « Est-ce que la France va construire 6 nouveaux EPR ? », Mme Pompili répond que « RTE doit déposer [six] scénarios [sur l’évolution des infrastructures] jusqu’à 2050 avec plus ou moins de nucléaire ». Ces scénarios poseront les bases du débat, d’après la ministre.

[Hydrogène] L’Usine nouvelle rapporte que « l’énergéticien GazelEnergie a annoncé le 17 septembre un projet de 400 millions d’euros pour produire de l’hydrogène vert et des carburants de synthèse pour le maritime et l’aérien avec l’Allemand Hy2gen à la centrale de Gardanne-Meyreuil, qui a dû fermer son unité charbon et commencé à licencier ». Les Échos s’intéresse à « la jeune pousse américaine Universal Hydrogen, spécialisée dans la conversion des avions à l’hydrogène, [qui] ouvre un bureau d’études à Toulouse, à proximité d’Airbus et ATR. Créée par d’anciens dirigeants d’Airbus, Universal Hydrogen veut accélérer la décarbonation du transport aérien, en commençant par l’aviation régionale ».

[Photovoltaïque] « Le 16 septembre, le CEA à l’INES a développé la technologie shingle (pour bardeaux) appliquée aux cellules solaires hétérojonction hautes performances (HJT) et modules haute densité et forte puissance pour le marché des toitures commerciales et industrielles », rapporte le site web spécialisé PV Magazine. Les atouts de cette technologie « par rapport aux modules standard, sont […] nombreux : des pertes résistives plus faibles, une meilleure utilisation de la surface, un meilleur rendement énergétique, et un aspect esthétique important dans le bâtiment », liste l’article. A propos des rendements de ces cellules, « le rendement moyen est de 21,41% (surface active) pour les modules à encapsulant UV non-bloquant, et de 20,95 % pour les autres. Sur la surface totale (marges comprises), le rendement module atteint 19,5 % ».  D’après l’INES, « Ces résultats positionnent ces modules dans le top 5 mondial sur l’échelle des modules HJT industriels de même type en terme de densité (W/m²) ».

Relevé dans la presse  

  • Startups – Les Échos s’intéresse à « Aliad, le fonds de capital-risque du géant gazier, [qui] investit dans une trentaine de start-up [dont] une poignée travaillent à des technologies de pointe dans la lutte contre le changement climatique». L’article liste quelques exemples de technologies développées par des startups d’Aliad : « les taxis qui roulent à l’hydrogène, un ciment pour séquestrer le CO2 ou encore des dirigeables pour transporter des charges lourdes sur de longues distances ».

Prolifération – L’AFP a publié ce jour une dépêche sur les questions soulevées par « la vente de sous-marins à propulsion nucléaire à l’Australie, à l’origine d’une crise diplomatique sans précédent entre les États-Unis et la France […] sur le risque de prolifération nucléaire dans la région, et au-delà » soulignés par certains analystes. En effet, « les sous-marins américains et britanniques utilisent, eux, de l’uranium hautement enrichi (HEU), à plus de 93 %. Sa durée de vie est de 30 ans, mais justement parce qu’il est enrichi, il peut servir à fabriquer une bombe », indique la dépêche.


20 septembre 2021

Énergies

[Nucléaire] La Croix annonce la fin proche du nucléaire allemand, une sortie « décidée il y a dix ans, [qui] deviendra réalité fin 2022. Le pays s’interroge toutefois sur la réussite de sa transition énergétique ». Le quotidien soulève notamment la problématique du financement et précise qu’« alors que l’État a prévu de dépenser 40 milliards d’euros pour encadrer la fin de l’exploitation des mines et des centrales à charbon d’ici à 2038 – autre défi redoutable annoncé l’an dernier –, aucun plan de cette envergure n’existe pour la sortie du nucléaire ». La Croix insiste sur le fait qu’« après avoir augmenté jusqu’en 2014, le recours au charbon est depuis tendanciellement en baisse, tout comme les émissions de CO2 du secteur. Les énergies renouvelables ont fait un bon de géant, pour représenter l’an dernier 44,9 % de l’électricité produite dans le pays, mais le prix du courant y est le plus élevé d’Europe ». Le journal conclut par ailleurs que « l’Allemagne s’est fixé comme objectif de produire 65 % de son électricité via les énergies vertes d’ici à 2030 ».

[Hydrogène] « Le commissaire européen, Thierry Breton, a proposé cet été de continuer à faire fonctionner des centrales nucléaires vouées à la fermeture pour produire de l’hydrogène. Une idée détonante, qui pourrait faire son chemin », selon l’Usine Nouvelle. Le journal détaille les propos du commissaire pour qui c’est « en créant au pied de ces centrales en fin de vie des capacités de production d’hydrogène, et en y adjoignant toute une économie nouvelle d’électrolyseurs, de pipelines puis ensuite d’infrastructures qui vont bien pendant cinq, dix ans, peut-être quinze ans » que ce projet s’envisage. Le journal précise : « l’option proposée par Thierry Breton pourrait permettrait de construire à proximité d’une centrale des gigafactories d’hydrogène et l’infrastructure de transport et distribution ad hoc, sans attendre la construction de nouveaux EPR plus puissants. Ou mieux, de petits réacteurs modulaires, SMR, pourraient être dédiés à la production d’électricité pour l’hydrogène et à certaines industries à électrifier, comme l’acier ou le ciment. »

Défense

L’Opinion consacre un article aux « dessous du revirement australien » autour de la commande des sous-marins. Pour le journal, « l’idée que Canberra a sous-estimé la montée en puissance de la Chine et doit désormais adopter une stratégie plus offensive pour contrer l’influence de Pékin a de plus en plus de partisans en Australie. C’est à cette aune qu’on y juge le choix du pays de se doter de sous-marins nucléaires avec l’aide des États-Unis ». La source du conflit aurait émergé « l’an dernier, après la demande de M. Morrison [le 1er ministre australien] d’enquêter sur l’origine du virus responsable de la pandémie de Covid-19, la Chine a notamment institué des droits de douane élevés sur l’orge australienne, suspendu les importations de bœuf en provenance de certains abattoirs et imposé des droits antidumping sur le vin. […] Pékin, de son côté, invoque la protection de sa souveraineté nationale pour justifier le renforcement de ses moyens militaires et estime que l’Australie est responsable de la détérioration des relations diplomatique et commerciale. La Chine, qui figure parmi les six pays disposant de sous-marins nucléaires, a globalement augmenté son budget militaire. […] Selon le Premier ministre, ce choix [de rompre le contrat français, engendrant une perte d’1,7 milliards pour l’Australie] est en partie lié à l’apparition d’une nouvelle option : l’administration Biden a, en effet, accepté de partager la technologie de ses sous-marins nucléaires, un privilège qui n’avait jusqu’ici été accordé qu’au Royaume-Uni. »

Relevé dans la presse

  • Fusion inertielle – «Au National Ignition Facility, le Laser Mégajoule américain, la fusion nucléaire par confinement inertiel a connu cet été une percée majeure. Mais les tokamaks comme Iter, qui expérimentent la fusion par confinement magnétique, demeurent la voie privilégiée », rappelle Les Échos. Interrogé pour l’occasion, Daniel Vanderhaegen, directeur du programme simulation du CEA, appuie sur le fait que « pour faire de la fusion inertielle une source d’énergie exploitable, ‘il faudrait un rapport non pas de 1, mais de 10, et être capable de répéter ce tir laser 10 fois par seconde, 24 heures sur 24’ », et « qu’on ne dispose pas encore de lasers assez puissants et capables de tirer à un tel rythme. ‘Les lasers actuels qui fonctionnent à 10 hertz, c’est-à-dire qui tirent 10 fois par seconde, ne délivrent pas plus de 150 joules d’énergie’, rappelle le représentant du CEA ».
  • Cyberdéfense – Le Point s’intéresse à la création début 2022 d’un campus destiné à anticiper les cyberagressions, qui a pour ambition de rassembler chercheurs et cybercombattants, « L’objectif de cette structure ovni qui affiche déjà complet est de réagir aux attaques, mais aussi d’anticiper les agressions, de sensibiliser tout comme de former les talents de demain. […] À la fois civil et militaire, il se veut différent de ses équivalents russes et israéliens ».
  • Dernières communications à la presse
  • Reportage – Imagerie médicale : une histoire marquée par les avancées du CEA

17septembre 2021

Santé

[Bioproduction] Le site web spécialisé mindhealth.fr rapporte le lancement du projet CALIPSO (Capteurs en Ligne de Procédés et Solutions Innovantes en Bioproduction) par les partenaires Sanofi, Capgemini, Ypso-Facto, GPC Bio, le CEA et CentraleSupélec. L’objectif du projet consiste à « développer une nouvelle génération d’outils permettant, à terme, de révolutionner les méthodes de développement et pilotage de procédés industriels de bioproduction. Ces outils devraient contribuer à augmenter la productivité de certaines étapes de façon extrêmement significative (d’un facteur pouvant aller jusqu’à 10) ».

[Oncologie]Selon Les Échos, « avec un chiffre d’affaires de 164 milliards de dollars en 2020, l’oncologie est aujourd’hui le premier marché mondial de l’industrie pharmaceutique, avec une croissance moyenne annuelle de près de 15 % au cours de la dernière décennie. […] Cette accélération du marché s’explique en grande partie grâce aux progrès scientifiques réalisés ces dernières années. La biologie moléculaire, en identifiant certains marqueurs des cancers, a notamment permis l’essor d’une médecine dite de précision. » Le quotidien indique cependant qu’« en 2020, environ 93 000 cancers n’ont pas été diagnostiqués en France à cause des déprogrammations d’opérations et des annulations de rendez-vous médicaux [dus au Covid-19], selon la Ligue contre le cancer ».

Défense

A la suite de la rupture par l’Australie du « gigantesque contrat conclu en 2016 avec la France pour la fourniture de sous-marins conventionnels » (AFP), Le Figaro s’inquiète du risque de prolifération nucléaire. Pour le quotidien, malgré la confirmation du premier ministre australien qu’il n’y a pas d’intention de se doter de la bombe, « même sans missiles balistiques embarqués, l’usage de réacteurs américains ou britanniques pour la propulsion est loin d’être anodin. Car ces deux pays ont la particularité de charger leurs réacteurs navals avec de l’uranium très fortement enrichi, à plus de 90 % d’uranium 235. Un niveau suffisant pour produire des armes nucléaires. […] James Acton, expert à la Fondation Carnegie pour la paix internationale à Washington, craint notamment que cela ne donne de mauvaises idées à des pays qui cherchent à développer l’arme nucléaire et qui pourraient y voir un moyen de contourner les contrôles de l’AIEA. […] Le précédent australien pourrait aussi donner des idées à la Corée du Sud, qui a un programme de sous-marins très ambitieux et pourrait demander à son allié américain de bénéficier du même traitement de faveur que l’Australie ».

En parallèle, Les Échos relève que cette décision australienne aura un lourd impact : « sur les 3 400 salariés qu’emploie Naval group à Cherbourg dans l’enceinte de l’arsenal sur le port militaire, quelque 500 salariés étaient concernés par le programme australien, avec de gros bataillons de techniciens et d’ingénieurs, ainsi que des architectes navals et des intégrateurs projet ».

Relevé dans la presse  

Hydrogène – « Trois entreprises françaises figurent parmi les 10 présélectionnées à l’appel d’offres hydrogène en cours au Chili, la première compétition d’envergure dans le domaine. Elle prévoit le développement de plusieurs sites de production fonctionnant exclusivement à partir d’énergies renouvelables à partir de 2025. Air Liquide, Engie et Hydrogène de France ont chacun déposé un dossier », annonce Confiant sur l’issue potentielle de l’appel d’offres, le site web spécialisé précise que « les groupes français sont bien placés dans le pays, à commencer par Engie qui y détient une présence historique dans la production, et assume également le rôle de gestionnaire de réseau de transport d’électricité sur une partie du territoire ».

  • Exercice de crise – Aujourd’hui en France se fait l’écho des « deux jours d’exercices [qui] se sont déroulés à la centrale nucléaire de Penly, avec mise à contribution de la population. L’objectif, comme pour l’ensemble des sites nucléaires français, est d’optimiser la réaction des agents, des équipes de secours et de la population en cas d’accident réel.» Le quotidien indique que la population, qui a pourtant été mobilisée pour l’exercice, n’a pas répondu présente : « sur environ 1 000 habitants, seulement onze se sont inscrits… et un s’est déplacé ».
  • Dernières communications à la presse
  • Reportage – Imagerie médicale : une histoire marquée par les avancées du CEA
  • Actualité Fête de la science, édition 2021 – du 1er au 11 octobre

Communiqué de presseImmunité durable lors des essais précliniques d’un candidat vaccin anti-Covid unidose et stable à température ambiante


16 septembre 2021

Nucléaire

[Mix énergétique]  Alors que l’élection présidentielle approche, les partis et responsables politiques se positionnent plus clairement sur le nucléaire.
Ainsi, dans Le Point, la porte-parole LREM Maud Bregeon défend une électricité nucléaire due à « des générations de techniciens et d’ingénieurs dont on parle peu et à qui nous devons beaucoup », une « expertise mondialement reconnue, que nous ne saurions par ailleurs laisser entre les seules mains de la Chine et de la Russie ». Elle considère les centrales françaises indispensables à « la souveraineté de notre pays », dont « l’exploitation [serait possible] sans le moindre import de minerais pendant dix ans ». Pour elle, l’intérêt est aussi climatique : « si certains pays voisins ont fait le choix politique [de sortir du nucléaire], les impacts pour le climat sont cependant sans appel : l’Allemagne démarre de nouvelles centrales à charbon et se lie à la Russie. [De même,] en Belgique, de nouvelles centrales à gaz fossile sont prévues, augmentant significativement les émissions de CO2 du pays d’ici à 2030 jusqu’à en faire à terme le plus mauvais élève de l’Union européenne (…) après la Pologne ». Pour Michel Barnier, candidat à la primaire Les Républicains, interrogé par CNews, « nous avons des raisons de décarboner notre économie » et « il n’y a pas de réponse au changement climatique (…) sans le maintien du nucléaire et la relance du nucléaire » en France.

[EPR] L’ASN « « »considère comme acceptable la démarche d’exclusion de rupture prévue par EDF » sur ses nouveaux modèles d’EPR », qui nécessite des « soudures ne devant pas rompre même en cas d’accident », signale Les Échos.

Transition énergétique

[Rapport Montaigne] Le Figaro reprend les conclusions du rapport de l’Institut Montaigne sur l’accélération de la transition énergétique, publié le 16 septembre. Il préconise notamment de mener une politique climatique à l’échelle européenne pour atteindre l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre que s’est fixé l’Union européenne. Par ailleurs, « pour arbitrer entre les multiples solutions techniques qui permettent de réduire les rejets de CO2, il faut une boussole économique », note le quotidien. « Celle préconisée par l’Institut Montaigne est ce que Christian Gollier [qui a dirigé l’étude] appelle ‘la valeur tutélaire du carbone’, une valeur de référence qui permet de hiérarchiser les investissements ». Autre point important souligné par le rapport, la trajectoire de cette valeur : « Les investisseurs ont besoin de savoir quelle sera l’évolution du prix du CO2 ». Or, selon Christian Gollier, « laisser le marché fixer seul le prix du carbone fait porter le risque sur les seuls investisseurs porteurs de projets dans les renouvelables, par exemple ». Le rapport propose donc que le prix du carbone « soit fixé par la puissance publique », qui pourrait prendre la forme d’une « banque centrale du carbone, indépendant, comme la BCE, dont le mandat serait d’augmenter ce prix de 2 % chaque année ».

[Mobilité durable] Les Échos rapportent le lancement de l’initiative vendéenne « Vendée Energie Tour », du 16 septembre au 7 octobre. Le but est de « sensibiliser les Vendéens à la transition énergétique », en touchant « leurs points sensibles : la voiture et le ‘Made in Vendée’ ». La promotion d’une mobilité durable et décarbonée prendra la forme d’une série de manifestations, parmi lesquelles « l’inauguration de la première station multi-énergies vertes de Vendée à la Roche-sur-Yon », qui « proposera un mix énergétique hydrogène vert, bio CNV et superchargeur électrique », trois énergies « produites localement et en circuit court ». La station multi-énergie sera « le point de départ du rallye Vendée Energie Tour », précise le quotidien : « un parcours de 105 km entre La Roche-sur-Yon et Bouin sur lequel 49 équipages découvriront ce trio d’énergies alternatives ».

Relevé dans la presse

  • SNA – D’après l’AFP, « la décision de l’Australie de se doter de sous-marins à propulsion nucléaire en partenariat avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni constitue une ‘grande déception’ pour Naval Group ». Le groupe industriel « avait été sélectionné en 2016 par Canberra pour fournir 12 sous-marins à propulsion conventionnelle (non nucléaire) dérivés des futurs sous-marins nucléaires français Barracuda », un contrat s’élevant initialement à 50 milliards de dollars australiens (31 milliards d’euros). Cependant, « l’industriel français était depuis plusieurs mois sous le feu des critiques en Australie où l’on dénonçait les surcoûts du programme », rappelle l’agence. Outre l’aspect financier, la décision australienne est « un revers majeur pour la stratégie indo-pacifique mise en place par le président Emmanuel Macron, fondée sur des partenariats étroits avec l’Inde et l’Australie et dont le contrat de sous-marins australiens constituait une figure de proue face aux ambitions chinoises dans la région ».

Intelligence artificielleL’AFP signale l’appel de l’ONU visant à « imposer un moratoire sur certains systèmes d’intelligence artificielle comme la reconnaissance faciale, le temps de mettre en place des garde-fous pour protéger les droits humains ». Pour cela, Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des droits de l’homme à l’ONU a « appelé [lors de la présentation d’un nouveau rapport de ses services sur le sujet] à faire une évaluation des risques que présentent différents systèmes qui s’appuient sur l’intelligence artificielle pour le droit à la vie privée ou encore la liberté de circulation et d’expression, et ensuite de bannir, ou en tous les cas de règlementer fortement, celles qui présentent les plus grands dangers».


15 septembre 2021

Cigéo

L’AFP annonce le lancement d’ « une enquête publique […] menée à partir de mercredi [15 septembre] et jusqu’au 23 octobre sur Cigéo, le projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) », selon la commission indépendante chargée de l’enquête qui est « composée de cinq membres nommés par le tribunal administratif de Nancy ». « Pendant cinq semaines, la commission récoltera les avis des personnes intéressées ou opposées au projet, grâce à des permanences physiques et téléphoniques, et à un site internet dédié ». « Dans son rapport qu’elle remettra fin novembre, la commission rendra un avis favorable ou défavorable », précise la dépêche. AÀ ce propos, Claude Bastien, président de la commission a indiqué lors d’une conférence de presse : « Ce n’est pas une autorisation de travaux mais une reconnaissance de l’intérêt général du projet ». Le Figaro s’intéresse également au projet Cigéo, «  l’échelle de temps surhumaine », exposant le calendrier prévisionnel : « Le site de Cigéo […] ne commencera à accueillir les déchets hautement radioactifs à vie longue qu’à partir de 2080. Le temps que ceux-ci refroidissent aux alentours de 100 degrés dans leur entrepôt de La Hague. Il faudra ensuite 70 ans pour entreposer les fûts nucléaires. Il n’est pas prévu de sceller le site avant 2150 ». À la question « Comment, dès aujourd’hui, décider d’un investissement chiffré à 25 milliards d’euros, engageant autant de générations futures ? » et après avoir listé les différentes solutions potentielles au stockage des déchets hautement radioactifs, l’article précise qu’« experts et contre-experts mobilisés sur la question de Cigéo en amont de l’ouverture […] du débat public, concluent pourtant qu’il faut enfouir les déchets nucléaires dans l’argile de la Meuse ». Le quotidien conclut que « plus la société estimera que le risque de défaillance sociétale dans le futur est élevé, plus Cigéo sera jugé utile ». En effet, Cigéo pourrait permettre de « protéger les générations futures contre un risque – la radioactivité – dont elles pourraient ne même plus avoir conscience », selon des travaux économiques réalisés pour le projet.

Développement industriel

Les Échos s’interroge : « Pourquoi les industriels peinent encore à financer leur première usine » ?  En effet, « en France, malgré la multiplication des dispositifs d’amorçage ou de capital-risque, la problématique de la transformation des innovations en projets industriels reste entière. Principale difficulté des entreprises : financer leur pilote industriel ». Parmi les expériences de différents chefs d’entreprise, Nicolas Masson, directeur général d’Evertree, fabricant de panneaux de bois biosourcés, interrogé par le quotidien a regretté que « Beaucoup d’outils existent pour financer un démonstrateur, pour une usine c’est différent. Ce qui explique que beaucoup de projets échouent’ ». L’article précise que ce « constat établi par les industriels a récemment été pointé par l’Inspection générale des finances et le Conseil général de l’économie, dans un récent rapport remis à la ministre de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher ». Actuellement, la « seule solution pour les porteurs de projet : s’adosser à un groupe ou faire appel à des fonds étrangers, plus enclins à assumer les risques techniques, industriels et commerciaux d’unéoindustriel ». L’article conclut tout de même que « sur le terrain, les choses semblent bouger. Certains fonds, tels que Sofinnova ou Demeter, sont de plus en plus présents pour accompagner les phases d’industrialisation ».

Relevé dans la presse

  • Electricité – D’après l’AFP, « la France, qui avait connu des tensions sur son approvisionnement électrique l’hiver dernier, se trouve dans une meilleure situation pour la prochaine saison froide». En effet, selon Laurent Michel, directeur général de l’Énergie et du climat : « Nous pensons être dans une situation moins tendue que celle de l’année dernière, qui avait été affectée par la crise Covid, avec un inévitable décalage des programmes de maintenance des centrales nucléaires ».
  • Transition énergétique – Les Échos reprend la décision rendue par la Cour de justice de l’Union européenne qui « vient de remettre en cause la procédure arbitrale utilisée contre les États pour protéger les investissements des industriels dans les énergies fossiles », dans un arrêt rendu au début de ce mois. « Les investisseurs basés dans l’UE risquent donc bientôt de ne plus pouvoir attaquer les États européens dont la politique climatique contrarie les projets parce qu’elle prévoit de se passer à court terme de toute ressource fossile – pétrole, gaz, lignite, charbon, etc – pour produire de l’électricité », rapporte le quotidien économique.

Vaccination Covid-19 – D’après une dépêche de l’AFP, « les centres de vaccination contre le Covid-19 pourraient fermer cet automne, ou au plus tard en février 2022, en fonction de la capacité des pharmaciens et médecins libéraux à prendre le relais, selon un document du ministère de la Santé consulté mardi par l’AFP ». Une autre dépêche précise que « l’Union européenne est toujours intéressée par le vaccin anti-Covid 19 du laboratoire Valneva et poursuit ses négociations, a assuré mardi le gouvernement français, alors que le Royaume-Uni vient de résilier son contrat avec le groupe franco-autrichien».


14 septembre 2021

Vaccins contre la Covid-19

[Valneva] « Le coup est venu d’outre-Manche et il est rude pour la biotech franco-autrichienne Valneva », indique Les Échos.fr : « la commande ferme de 100 millions de doses de son vaccin contre le Covid-19, dont on attend les résultats de l’essai de Phase III dans les prochains jours, a été résilié par le gouvernement britannique ». La raison, selon Londres : « Valneva aurait manqué à ses obligations », une accusation que la biotech française « conteste vigoureusement » dans un communiqué rendu public hier. Elle affirme « avoir ‘travaillé sans relâche’, et s’être ‘investie au maximum de ses capacités, dans sa collaboration’, avec le gouvernement britannique ».

[Vaccin nasal] L’Usine Nouvelle rapporte qu’« une équipe de l’Inrae-Université de Tours ambitionne dès 2022 le développement clinique d’un vaccin nasal à protéines contre le Covid-19, en s’appuyant sur des partenariats avec la biotech Vaxinano et le sous-traitant Recipharm. Les résultats pré-cliniques attestent d’une efficacité immunitaire du vaccin sur le virus et ses variants, avec la neutralisation du risque de contagiosité ». Le magazine précise : « Les premiers résultats positifs obtenus enclenchent aujourd’hui un plan de marche vers le développement clinique de ce produit, qui serait unique en France. La production de lots cliniques doit démarrer cet automne, avec le démarrage d’essais cliniques au second semestre 2022, et une ambition de mise sur le marché en 2023 ».

Relevé dans la presse

  • Theranexus – « La société biopharmaceutique spécialisée dans le traitement des maladies neurologiques [Theranexus, issue du CEA] a obtenu (…) le statut d’‘Investigational New Drug’ (IND) auprès de la Food and Drug Administration (FDA), l’autorité sanitaire américaine», rapporte Investir, pour son candidat médicament BBDF 101, destiné à combattre la maladie de Batten, « une maladie génétique du système nerveux rare et mortelle ». « Le programme clinique débutera d’ici fin 2021 par la phase I/II, pour une durée de deux ans maximum », précise le journal. Theranexus a obtenu « un financement de Bpifrance à hauteur d’un autre million dans le cadre du projet Neurolead, réalisé en collaboration avec le Collège de France et le CEA pour le développement d’une plateforme unique d’identification de candidats-médicaments visant les interactions entre les populations cellulaires majoritaires du cerveau, les neurones et les cellules gliales ».
  • Antibiorésistance – Le Monde revient sur le lancement, le 8 septembre dernier, du projet PHAG-ONE, piloté par les Hospices civils de Lyon, et dont le CEA de Grenoble est partenaire. Le quotidien explique : « Doté d’une enveloppe de 2,5 millions d’euros, le projet lyonnais fait partie des onze dossiers sélectionnés par l’Agence nationale de recherche (ANR), dans le cadre de l’appel à projets nommé « Antibiorésistance : comprendre, innover, agir ». ‘Le projet PHAG-ONE vise à isoler, tester, purifier et produire plusieurs espèces de phages [virus n’infectant que des bactéries], en doublant ce travail biologique d’une étude normative. Nous voulons constituer une plate-forme de production, et nous donnons la possibilité de libérer des premiers lots pharmaceutiques d’ici deux ans’, explique le professeur Frédéric Laurent, chef de service de bactériologie et coordonnateur de l’Institut des agents infectieux des HCL ».
  • Iran – D’après Les Échos, « l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a trouvé un accord, dimanche, sur la surveillance des sites nucléaires iraniens, alors que les ‘sérieuses entraves’ mises par Téhéran au fonctionnement des caméras de l’agence onusienne menaçaient de faire capoter définitivement les négociations en vue d’une résurrection du traité dit ‘JCPoA’ [Joint Comprehensive Plan of Action, ou en français l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien] », signé en 2015 entre « Téhéran et les membres du Conseil de sécurité plus l’Allemagne». Il « prévoyait une levée progressive des sanctions de l’ONU sur l’Iran, en échange d’une suspension vérifiable de son programme nucléaire ».
  • Dernières communications à la presse
  • Actualité Fête de la science, édition 2021 – du 1er au 11 octobre
  • Communiqué de presseImmunité durable lors des essais précliniques d’un candidat vaccin anti-Covid unidose et stable à température ambiante
  • Actualité – Climat Tic Tac : un jeu familial pour chauffer l’ambiance, pas la planète
  • Décryptage – Trouver la meilleure option avec l’analyse du cycle de vie
  • Communiqué – COVID-19 : Un candidat vaccin innovant efficace contre la maladie dans des modèles précliniques

13 septembre 2021

Taxonomie verte

L’AFP rapporte que « le ministre français de l’Economie, Bruno Le Maire, a demandé vendredi à ses homologues de l’UE de reconnaître l’apport de l’énergie nucléaire dans la lutte contre le changement climatique et d’inclure cette filière dans une liste d’investissements ‘durables’ pour en faciliter le financement ». Lors de cette réunion à Kranj, en Slovénie, M. Le Maire a ainsi déclaré : « Soit nous luttons contre le changement climatique avec une approche idéologique et nous échouerons, soit nous luttons contre le changement climatique avec une approche scientifique et dans ce cas nous réussirons. Mais cela signifie reconnaître la valeur ajoutée de l’énergie nucléaire ». À la demande de la Commission européenne, « en juin 2019, un groupe d’experts sur la finance durable avait conclu que l’énergie nucléaire, qui n’émet pratiquement pas de CO2, pouvait ‘contribuer à atténuer le changement climatique’, [puis] dans un rapport rendu fin mars, le service scientifique de la Commission européenne a estimé qu’‘aucune analyse ne fournit de preuves scientifiques que l’énergie nucléaire porte atteinte à la santé humaine ou à l’environnement davantage que les autres énergies’ » qui pourraient être incluses dans la taxonomie verte (hydraulique, éolien, etc.)

Si « techniquement (…) la bataille a été gagnée par Paris (…) politiquement, cela reste à voir tant l’Allemagne et quelques autres pays (Danemark, Espagne, Luxembourg, Autriche) font de la résistance, alarmés par les risques d’accident et la gestion délicate des déchets à long terme », rappelle Le Point. L’acte délégué qui pourrait être publié par la Commission européenne cet automne devrait selon l’Élysée inclure « le nucléaire et le gaz », mais il ne sera « considéré comme adopté [que] si le Conseil et le Parlement européens ne s’y opposent pas dans les deux mois ». Aujourd’hui, « au Conseil, le poids de l’Allemagne, de l’Espagne, du Danemark, de l’Autriche et du Luxembourg ne permet pas de réunir une minorité de blocage (…) Mais il suffirait que la Belgique rejoigne le camp antinucléaire [pour l’atteindre]. Ce n’est pas un scénario à écarter : la Belgique a entamé le chemin vers la sortie du nucléaire d’ici à 2025 ».

Défense

[Opex] « Depuis la fin de la guerre d’Algérie en 1962, la France a conduit plus de 120 opérations extérieures (Opex) dans le monde », rappelle La Croix. Ces interventions, « qui ont coûté la vie à près de 600 militaires », sont décidées par « moins d’une dizaine de personnes (…) entre le président, le chef d’état-major des armées et le chef d’état-major particulier de la présidence », témoigne Gérard Araud, ancien ambassadeur auprès des Nations unies. Pour le quotidien, « les chefs d’État, toute culture politique confondue, ont usé voire abusé de la solution militaire ». Mais grâce à elles, « à l’ONU, la France est perçue comme un pays qui n’a pas peur de s’engager, observe Jean-Marie Guéhenno, professeur à l’université de Columbia et membre du Haut Conseil pour la médiation des Nations unies. Ses opérations ont contribué à son image de façon plutôt positive ».

[Ministère] « À quelques mois de l’élection présidentielle, la ministre des Armées Florence Parly doit encore boucler à la rentrée certains dossiers cruciaux pour l’écosystème de la défense français », observe La Tribune. La ministre espère ainsi dans les prochaines semaines assister aux signatures de contrats « fruits du très lourd travail effectué ces dernières années sur deux projets européens, le programme majeur qu’est le Système de combat aérien du futur (SCAF), et celui de drone MALE européen, l’Eurodrone ».
Par ailleurs, « le projet de taxonomie de Bruxelles, qui exclurait à terme les industriels de la défense des financements des banques européennes, est un sujet qui les inquiète au plus haut point », rapporte La Tribune.
Enfin, si « l’effort de dépenses est bien réel en matière de défense », Florence Parly doit veiller à ce que le gouvernement respecte « l’enveloppe budgétaire initialement prévue » et doit encore finaliser plusieurs 
contrats exports, dont « le contrat du siècle gagné par Naval Group en Australie, des négociations qui passent par des hauts et des bas ». Ce contrat à 50 milliards de dollars pour 12 sous-marins d’attaque à propulsion diesel électrique est vivement critiqué en Australie.

Relevé dans la presse

  • Neurosciences – Le Monde s’est entretenu avec « Alim-Louis Benabid, neurochirurgien français, [qui] améliore le quotidien des malades sans verser dans le transhumanisme ». Interrogé sur la neuroprotection par lumière infrarouge, il rappelle que son « équipe étudie cette question depuis 2011 au centre Clinatec du CEA, [qu’il a] cofondé en 2008 à Grenoble ». En irradiant par infrarouge les mitochondries, l’équipe espère « ralentir voire stopper la dégénérescence des neurones à dopamine» impliqués dans la maladie de Parkinson. Clinatec travaille aussi sur les « interfaces cerveau-machine » pour les tétraplégiques, et a développé un « prototype [qui] est le fruit de dix ans de recherches ».

Réacteur thorium – « Pékin va tester, en septembre, le premier réacteur nucléaire à sels fondus et au thorium », note France24 sur son site internet. Pour Jean-Claude Garnier, chef de programme à la direction des énergies du CEA interrogé par le média, avec ce procédé « certains risques d’accident sont théoriquement éliminés car la combustion liquide permet d’éviter les situations où la réaction nucléaire peut s’emballer et endommager les structures du réacteur ». De plus, rappelle l’article, l’utilisation du « thorium permet de réduire drastiquement les besoins en uranium, ce qui en fait une filière potentiellement plus durable [et] sa combustion ne crée pas du plutonium ». Pour autant, le déploiement de cette technologie est aujourd’hui limité par plusieurs problèmes techniques. En particulier, « à très forte température, le sel devient corrosif pour les structures du réacteur et il faut trouver le moyen de les protéger », rappelle M. Garnier


9 septembre 2021

Climat/Environnement

[Energie] Le Figaro rapporte les conclusions d’une étude parue le 8 septembre dans la revue Nature, dans laquelle des chercheurs de l’University College de Londres ont déterminé « la part des ressources fossiles connues qu’on ne devrait pas extraire afin de limiter le réchauffement à +1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle, soit l’objectif fixé par l’Accord de Paris en 2015 ». Ils estiment que « près de 60 % des réserves actuelles de pétrole et de gaz et 90 % de celles de charbon devraient rester sous terre d’ici à 2050. […] Les auteurs de l’étude considèrent ainsi qu’au niveau mondial, les consommations de pétrole et de gaz doivent chacune diminuer de 3 % par an jusqu’à 2050 ».
Un défi de taille puisque dans le même temps, Le Figaro souligne que la part des énergies fossiles « dans la consommation mondiale de l’énergie ne diminue pas. Au contraire. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le pétrole, le gaz et le charbon génèrent encore plus de 81 % de l’énergie consommée dans le monde, soit légèrement plus qu’en 1990 ».

[Emballages] D’après l’AFP, « les fabricants européens de plastique se sont déclarés jeudi pour la première fois ‘en faveur de l’obligation d’incorporer 30 % de recyclé dans les emballages plastiques d’ici à 2030’, afin de respecter les objectifs du ‘pacte vert’ de la Commission européenne ». L’agence de presse précise que « cet engagement s’appuie sur le développement du recyclage chimique du plastique, où les industriels européens envisagent d’investir ‘7,2 milliards d’euros d’ici 2030’, en nouvelles technologies et installations permettant de produire 3,4 millions de tonnes de plastique issu du recyclage chimique par an ».

Relevé dans la presse

  • Acquisitions – Le Figaro signale le rachat par le laboratoire français Sanofi de la biotech américaine Kadmon, « qui viendra renforcer son activité de transplantation», pour un total de 1,6 milliard d’euros. « Avec cette opération [la onzième depuis l’arrivée de Paul Hudson aux commandes de Sanofi il y a 2 ans], Sanofi met la main sur le Rezurock, un traitement destiné aux personnes ayant subi une greffe, approuvé en juillet dernier par la FDA, l’autorité sanitaire américaine ».
  • Taxonomie verte – Dans un entretien accordé au Point, Pascal Canfin, président de la commission Environnement du Parlement européen s’est exprimé sur la question du nucléaire. Tout d’abord sur la place de ce dernier dans la future classification européenne des investissements, « les verts et ceux qui ne le sont pas», il déclare que « la priorité climatique absolue est de mettre fin à l’exploitation des énergies fossiles. Sous certaines conditions, la taxonomie pourrait considérer le nucléaire comme une énergie de transition. Mais elle ne considérera jamais que c’est une énergie verte. Personne ne peut aujourd’hui dire que les déchets ne posent aucun problème ou qu’il n’y a pas de risque d’accident systémique associé au nucléaire. Donc, dire que c’est une énergie verte, c’est faux. Mais en même temps, vouloir s’opposer par principe alors que cela peut permettre de remplacer le charbon en Pologne, par exemple, c’est aussi absurde ».

8 septembre 2021

Énergies

[Financement] La Commission européenne a annoncé que les obligations vertes qui financeront un tiers de son « plan de relance post-Covid de 750 milliards d’euros » ne pourront « en aucune manière financer des investissements dans le nucléaire », signale Le Figaro. Johannes Hahn, commissaire au budget, a précisé que ces obligations, émises à partir d’octobre, pourront en revanche « financer des centrales à gaz ‘sous certaines conditions pour fournir une solution de transition dans la production d’énergie’ ». D’après la Commission, ces critères sont alignés « sur les principes définis par l’Association internationale des marchés de capitaux (Icma) pour les obligations vertes ».

[Fessenheim] « Alors que les élus du territoire de Fessenheim estiment être ‘dans l’impasse financière’ » après la fermeture de la centrale, « le préfet du Haut-Rhin [Louis Laugier] et le nouveau délégué interministériel à l’accompagnement des territoires en transition énergétique [Yannick Mathieu] ont rappelé que la reconversion du territoire est une ‘transformation au temps long’ » selon Le Journal des Entreprises.  Le journal rappelle que « deux études de faisabilité ont été lancées en 2020. La première porte sur la réhabilitation de la ligne ferroviaire transfrontalière (…) La seconde étude doit permettre de faire du territoire de Fessenheim une ‘région d’innovation’ (…) dans les secteurs des batteries vertes et recyclées, des réseaux électriques intelligents (smart grids), de l’hydrogène (…). Ses résultats seront connus en 2022 ».

[Éoliennes] Les Échos informe que Siemens Gamesa a « commencé à produire et à commercialiser les premières pales d’éoliennes en mer entièrement recyclables ». L’industriel « a mis au point une résine pouvant être dissoute ‘dans un acide chauffé à un peu moins de 100 °C’ », permettant de la séparer du bois, de la fibre de verre et/ou du carbone formant la pale. Cette solution, « destinée pour le moment uniquement aux éoliennes en mer », devrait « contribuer à l’émergence (…) d’une filière de recyclage » selon EDF Renouvelables, un de ses clients. Pour le Syndicat des énergies renouvelables, « ‘cela ne pourra que favoriser la bonne acceptabilité’ de ces parcs éoliens offshore », selon le quotidien économique.

[Solaire] « Le débat sur Horizeo, le projet de centrale solaire géante à Saucats, est lancé », titre Rue89 Bordeaux qui rappelle qu’« Engie prévoit de construire [dans cette commune girondine] l’une des plus grande centrale photovoltaïque d’Europe, d’une puissance installée de 2GW ». Son installation nécessite « de couper 1 000 hectares de surface boisée, dédiée actuellement à la sylviculture du pin maritime ». Elle représente 15 % de l’effort nécessaire à la région Nouvelle Aquitaine pour atteindre son objectif de « multiplier par 2,5 sa production photovoltaïque ».

Relevé dans la presse

  • Santé – Dans un éditorial commun, les éditeurs de 220 revues médicales, dont les «rédacteurs en chefs du Lancet, du British Medical Journal ou encore du New England Journal of Medicine (…) rappellent qu’il n’y a pas de hausse de température sans conséquences pour la santé », signale Libération. En particulier, les températures plus élevées entraînent « des cas de déshydratation et de problèmes rénaux, de tumeurs dermatologiques malignes, d’infections tropicales, de problèmes mentaux, de complications de grossesses, d’allergies et de mortalité, et de morbidité cardiovasculaire et pulmonaire », sans compter « le déclin des productions agricoles freinant les efforts contre la malnutrition ». Pour le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, « les risques du changement climatique pourraient éclipser ceux de n’importe quelle maladie. La pandémie de Covid-19 prendra fin, mais il n’existe aucun vaccin contre la crise du climat », rappelle le journal.
  • Économie française – « L’Insee a révisé à la hausse sa prévision de croissance du PIB pour 2021 à 6,2% (…) en grande partie tirée par la consommation des ménages », note La Tribune. Pour autant, cette croissance au niveau mondial « continue d’entraîner des frictions importantes entre l’offre et la demande ». Par conséquent, sont observées « des pénuries et des hausses sur les prix à la production », note le journal économique. De plus, « les effets de long terme d’une pandémie sur l’économie mondiale [restent] difficilement mesurables » et « la levée des aides déjà entamée au mois juin en France (…) pourrait laisser des traces sur des secteurs particulièrement meurtris par plus de 18 mois de pandémie et de ‘stop and go’ à répétition ».
  • Intelligence artificielle – NextInpact recommande de lire l’interview de François Terrier sur les enjeux de la confiance sur l’intelligence artificielle publiée sur cea.fr. Celui-ci note que « l’orientation stratégique poussée par l’Europe (…) fait de l’IA de confiance et de l’IA embarquée des enjeux particulièrement stratégiques » et qu’assurer la confiance dans cette dernière nécessite d’assurer « à la fois l’acceptabilité des nouveaux systèmes par les usagers et un haut niveau de performance, sobriété, qualité et sécurité ».
    Une interview à lire
    ici.

7 septembre 2021    

La synthèse de presse reprend quotidiennement. Bonne rentrée !

Réindustrialisation

[Territoires d’industrie] L’AFP rapporte que le Premier ministre, Jean Castex, « a fait deux annonces sonnantes et trébuchantes lors du salon Global Industrie qui s’est ouvert à Lyon et durera jusqu’à la fin de la semaine » : la prolongation du plan France relance à l’apprentissage et « l’ajout de 150 millions d’euros au programme ‘Territoires d’industrie’ qui permet des aides publiques pour relancer les activités dans les bassins les plus touchés par les restructurations ». Selon M. Castex, « depuis le lancement du dispositif, 1 080 projets ont déjà été financés, autant d’usines ou d’ateliers qui sortent de terre partout sur le territoire », précise l’agence.

[Composants électroniques] Le Journal des Entreprises revient sur la pénurie de composants électroniques qui touche l’industrie actuellement. Outre les délais d’approvisionnement allongés, « la plupart des composants ont vu leur tarif flamber. En cause : une augmentation du prix des matières industrielles, multiplié par 1,7 entre mi-2020 et mai-2021 ». « Près de 60 % des PME (…) confient être impactées par la pénurie de matière première », précise le journal. Pour accélérer un retour à la normale, il faudrait selon Eric Burnotte, président du SNESE, « avoir en Europe des complexes industriels qui fabriquent aussi bien des composants épais d’ancienne génération que des composants nouvelle génération pour la partie numérique ». « Face à l’hégémonie asiatique, l’Europe cherche à réagir », souligne le JDE précisant que « sous l’impulsion de la Commission européenne, acteurs publics et privés sont en train de se rassembler au sein d’une alliance industrielle européenne des semi-conducteurs ». STMicroelectronics, Soitec et le CEA-Leti ont déjà rejoint cette alliance.

Relevé dans la presse

  • Numérique et empreinte carbone – « Les inquiétudes vont croissant quant au poids de l’empreinte environnementale du secteur », selon Les Échos. Le quotidien explique qu’en 2017, « la consommation énergétique globale du secteur numérique était estimée à 3 000 TWh (…) avec un doublement attendu pour 2035. Une consommation qui serait à l’origine de 3,4 % des émissions de gaz à effet de serre (davantage que le transport aérien) et devrait passer à 7,6 % à l’horizon 2025 ». La recommandation de Green IT, think tank d’acteurs du numérique, repose sur la « sobriété numérique : réduction du nombre d’objets connectés ainsi que des écrans plats, augmentation de la durée de vie des équipements et écoconception obligatoire de tous les services numériques », rapporte le quotidien.
  • Industrie pharmaceutique – Selon Le Figaro, « le Covid a rebattu les cartes entre les acteurs de l’industrie pharmaceutique mondiale ». Le quotidien fait le bilan des différents grands groupes ou start-up dans le domaine qui ont fait la courses au coude-à-coude ou parfois avec des alliances inédites comme « un géant de la pharma, AstraZeneca, s’alli[ant] à un laboratoire universitaire, celui d’Oxford ». « C’est sans doute Moderna qui apparaît comme le grand gagnant de la pandémie », d’après Le Figaro

Jeudi 22 juillet 2021

Microélectronique

  • D’après L’Usine Nouvelle (le 21/07), « l’ Alliance européenne industrielle des puces, lancée par la Commission européenne le 19 juillet, prend petit à petit forme. Elle va être rejointe par STMicroelectronics, Soitec et le CEA-Leti, les trois principaux acteurs de l’écosystème grenoblois de l’électronique. Leur participation a été annoncée à l’occasion de la visite, le 21 juillet, de Thierry Breton, commissaire européen en charge du marché intérieur, sur les sites de ces trois acteurs dans le bassin de Grenoble ». L’écosystème de Grenoble va mobiliser ses forces tout particulièrement sur la technologie FD-SOI, qui consiste à construire les puces sur substrat de silicium sur isolant, la spécialité de Soitec, au lieu et place du substrat traditionnel de silicium massif » précise le journal. Retrouvez cet article dans son intégralité ici.

Nucléaire

Une dépêche de l’AFP (en date du 21/07), très largement reprise dans les médias, indique qu’ « un rapport parlementaire, consacré aux conséquences de l’abandon en 2019 du projet de réacteur nucléaire de 4e génération Astrid, demande une stratégie de recherche sur le nucléaire avancé ». Ses auteurs appellent alors à « relancer le débat démocratique sur ce sujet central pour l’indépendance et la souveraineté de la France ». L’AFP relève que lors d’une conférence de presse, le sénateur Stéphane Piednoir (LR), l’un des rapporteurs, a regretté « ‘la procrastination à l’œuvre depuis 2019’, quand le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) a annoncé que le déploiement industriel d’un réacteur de 4e génération, pour succéder à l’EPR, n’interviendrait pas avant la deuxième moitié du siècle ». Les rapporteurs estiment que la suspension du projet Astrid a quatre impacts : « une ‘image écornée’ du nucléaire français […] avec une décision qui ‘sème le doute sur la cohérence de la démarche de fermeture du cycle suivie par la France’, et qui risque donc de faire percevoir la France comme partenaire peu fiable » ; « le risque d’abandon de la stratégie de fermeture du cycle, qui consiste à développer des réacteurs utilisant des combustibles usés, afin de simplifier le problème de leur stockage » ; un découragement des chercheurs et étudiants « à s’engager dans cette filière » ; une nuisance « aux acquis de la recherche sur les réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium ». Selon Les Échos (le 22/07), « pour le CEA, il ne s’agit toutefois pas de baisser les bras dans ce domaine mais de réévaluer ‘à partir de 2050’ la nécessité de construire ou non un tel prototype [Astrid devait être un réacteur à neutrons rapides (RNR)], car la France se concentre aujourd’hui sur la construction des réacteurs de troisième génération. C’est-à-dire les EPR d’EDF censés produire de l’électricité ‘jusqu’à la fin du siècle’, comme l’indiquait récemment le patron du CEA aux Échos ».

Climat et transition énergétique

[Loi Climat] La Tribune annonce que « vivement critiquée par les ONG environnementales et la gauche, la loi ‘Climat et résilience’ a été votée [le 21/07] par le Parlement. Elle doit permettre, selon le gouvernement, de faire ‘entrer l’écologie dans la vie des gens’. La Tribune dresse un « aperçu des principales mesures qui devraient changer le quotidien ». Ainsi, « le texte comprend au total une soixantaine d’articles répartis en six titres, et balaye l’ensemble des thématiques sur lesquelles ont planché les 150 membres de la CCC, à savoir : consommer, produire et travailler, se loger, se déplacer, se nourrir ainsi que les sujets de justice environnementale ». Pour autant, « malgré son étendue, la loi ne convainc pas les ONG environnementales ». Parmi elles, France Nature Environnement, dont l’administrateur Antoine Gatet a déclaré au micro de France Info que « nous sommes face à une urgence climatique qui nécessite une transformation radicale qui n’est pas inscrite dans ce texte ».

[Impact énergétique des plans de relance] L’AFP publie (le 20/07) une dépêche vivement relayée dans les médias. Celle-ci indique que d’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), « les émissions mondiales de CO2, source première du réchauffement, devraient atteindre un niveau jamais vu d’ici 2023 et continuer à croître par la suite, au vu de la trop faible part que les plans de relance liés au Covid consacrent aux énergies propres ». En effet, l’AFP indique que « les États ont débloqué des sommes sans précédent pour affronter la pandémie, mais à peine 2 % sont allées à ce jour à la transition en faveur des énergies propres, a calculé l’AIE dans une analyse des plans de relance et de leur impact énergétique. À ce stade, l’essentiel des 16 000 milliards de dollars de mesures fiscales annoncées est allé dans les dépenses sanitaires et le soutien d’urgence aux entreprises et ménages. Quelque 2 300 milliards ont été consacrés à la relance économique, dont 380 milliards liés à des projets énergétiques ‘durables’ ». Pour l’AIE, la conséquence est la suivante : « au vu des prévisions actuelles de dépenses publiques, les émissions de CO2 sont parties pour atteindre des niveaux record en 2023 et continuer à croître les années suivantes ».

[Hydrogène] Selon La Tribune (le 20/07), « tout en finalisant la construction de la première unité de production d’hydrogène vert à Bouin en Vendée, la startup Lhyfe », « pour conserver la trajectoire actuelle et répondre aux perspectives grandissantes de la mobilité et l’industrie », « se prépare [avec pour horizon 2025-2030 à] produire de l’hydrogène écologique en plus grande quantité ». En effet, un programme dans cet objectif « démarre cet été au large du Croisic mené par un consortium qui réunit Lhyfe, les Chantiers de l’Atlantique, l’Ecole de Centrale de Nantes et la société nazairienne Geps Techno, spécialisée dans les solutions d’énergie pour l’autonomie en mer ». La Tribune précise que « ce projet qui bénéficie de partenariats avec le CEA, l’Alliance Marine Energy (Interreg North-West Europe) et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) veut faire de l’hydrogène renouvelable en off-shore une réalité, et démontrer la fiabilité d’un électrolyseur en mer ».

Relevé dans la presse

  • Sous-marins – L’AFP révèle (le 19/07) que « l’industriel de défense Naval Group a annoncé lundi avoir signé un contrat de ‘plusieurs centaines de millions d’euros’ avec l’Etat pour l’entretien des sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) de la Marine nationale ». Il est précisé que « cet accord d’une durée de plus de trois ans inclut les opérations d’entretien des nouveaux SNA de type Suffren, et de leurs prédécesseurs, de type Rubis ».
  • Reconnaissance faciale – Les Échos indique (le 20/07) que dans un rapport consacré à la biométrie rendu par le Défenseur des droits, « l’institution publique appelle à prendre des précautions avec ces systèmes polémiques, au-delà de la question de la protection de la vie privée ». En effet, « l’autorité administrative indépendante souligne les risques liés aux technologies biométriques. Comme les CNIL européennes, elle s’oppose au déploiement de caméras de reconnaissance des individus dans l’espace public ».

Syndrome métabolique – Le site web EDP Biologie rapporte (le 20/07) qu’ « un dérèglement de 26 métabolites associé au syndrome métabolique a été récemment identifié par des chercheurs de l’INRAE, en collaboration avec le CEA, l’Université de Montréal et l’Université McGill ». EDP Biologie précise que « le syndrome métabolique, caractérisé par la présence d’au moins trois anomalies parmi un tour de taille élevé, une hyperglycémie, une hypertriglycéridémie, une tension artérielle élevée ou un taux bas de HDL-cholestérol, touche 20 % de la population en France mais [restait] difficile à diagnostiquer ». Par ailleurs, « des travaux complémentaires sont en cours pour établir une procédure simplifiée permettant d’intégrer [l’] approche [développée par les chercheurs] en routine et ainsi ouvrir la porte à de nouveaux outils de diagnostics et prévenir les complications (AVC, problèmes cardiovasculaires ou diabète de type 2) de ce syndrome ». Retrouvez cet article dans son intégralité ici.

  • Capteurs intelligents – Europe 1 s’intéresse (le 20/07) à la technologie Playfit, conçu pour les salles de fitness par Moovlab, entreprise créée en 2016. Moovlab développe « des cours interactifs […] en vidéo » avec la solution Playfit qui « mesure l’activité sportive pour le fitness [avec] des capteurs intelligents [développés] chez Moovlab grâce notamment au CEA-Leti à Grenoble 

Jeudi 15 juillet 2021

Nucléaire

[Rapport Académie des Sciences] Selon Le Point, « les meilleurs scientifiques s’affolent de l’indécision des politiques sur l’avenir énergétique de la France » suite à la publication du rapport de l’Académie des Sciences : « l’apport de l’énergie nucléaire dans la transition énergétique, aujourd’hui et demain ». Selon les académiciens, « dans le contexte d’une montée en puissance, inéluctable et souhaitable, des énergies éoliennes et solaire, de la disparition des ressources fossiles et d’une électrification croissante d’un grand nombre de secteurs à l’horizon 2050, il ne reste plus que l’énergie nucléaire comme seule source pilotable décarbonnée ». Marc Fontecave, chercheur au Collège de France et Président du comité de prospective en énergie à l’Académie des sciences, publie une tribune dans Le Figaro concernant ce rapport qui « recommande également de lancer et de soutenir un ambitieux programme de recherche et de développement sur le nucléaire du futur afin de préparer l’émergence en France des RNR ». Consulter l’avis de l’Académie des sciences

[EPR] « Le public peut donner jusqu’au 22 juillet inclus son avis sur la demande d’autorisation d’exploiter le réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville », rapporte l’AFP. « Le code de l’environnement prévoit en effet que ‘la décision d’autoriser’ l’exploitation d’une centrale nucléaire ‘fait l’objet, en amont, de la mise en œuvre d’une procédure de participation du public », précise l’agence. Accéder à la consultation en ligne

[SMR Chinois] « La Chine a entamé la construction d’un réacteur nucléaire d’un type nouveau plus facile à concevoir, un SMR, qui sera le premier au monde à entrer en service commercial, a annoncé mercredi un média d’Etat » reprend l’AFP. « La centrale de Changjiang sera à terme équipée d’un réacteur SMR Linglong One (ACP100), conçu par le géant chinois du nucléaire CNNC. D’une puissance de 125 mégawatts, il doit permettre d’alimenter en électricité 526.000 foyers, selon CNNC. La durée des travaux n’a pas été précisée. »

Santé

[Covid-19] L’AFP reprend les avertissements de l’Agence américaine du médicament qui « a mis en garde lundi contre un ‘risque accru’ de développer le syndrome de Guillain-Barre, une rare atteinte neurologique, associé avec le vaccin contre le Covid-19 de Johnson & Johnson. Les autorités sanitaires américaines ont identifié 100 cas rapportés de personnes ayant développé le syndrome de Guillain-Barre, sur près de 12,5 millions de doses administrées de ce vaccin ».

[Laboratoires P4] Le Monde se fait l’écho de « Filippa Lentzos, spécialiste de biosécurité, [qui] appelle à adopter une réglementation internationale pour les 60 laboratoires dits «P4» ou « BSL-4» recensés dans le monde, alors que l’hypothèse d’une fuite du SARS-CoV-2 depuis un tel centre de recherche en Chine fait débat. » Elle relève en parallèle que « la Chine a encore du chemin à parcourir en ce qui concerne transparence et ouverture. Des scientifiques chinois ont aussi donné l’alerte, estimant que la biosécurité n’était pas une priorité dans le pays faute d’investissement, d’expertise et de formation. Des experts américains ayant pu visiter le – WIV [Wuhan Institute of Virology] ont donné l’alarme à ce sujet, comme l’ont révélé des câbles diplomatiques. »

[Biotechnologie] Les Échos s’intéresse à la startup Biogen, dirigée par Michel Vounatsos, « spécialisée dans les maladies neurologiques [qui] a fait de la France son centre d’excellence en santé numérique. Elle renforce son implication en ajoutant 75 millions d’euros supplémentaires aux 100 millions déjà prévus ».

Energies bas carbone

  • [Emissions de CO2] Les Echos indique que « pour atteindre ses nouveaux objectifs climatiques, Bruxelles propose de taxer le kérosène. Une remise à plat de la fiscalité énergétique est aussi sur la table ainsi qu’un nouveau coup d’accélérateur dans les énergies renouvelables.»
  • En parallèle, l’AFP relaie la critique de « la proposition de Bruxelles de réduire à zéro les émissions de CO2 des voitures neuves en 2035 [par l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), pour qui cela] revient à interdire les moteurs thermiques et « n’est pas une solution rationnelle ». […] L’organisation estime que « toutes les options, y compris les moteurs thermiques très efficaces, les hybrides et les véhicules à hydrogène doivent jouer un rôle dans la transition vers la neutralité climatique ». » Oliver Zipse, patron du constructeur allemand BMW et président de l’ACEA, « a par ailleurs mis en garde sur l’objectif de réduire de 55 % le plafond d’émission de CO2 en 2030, par rapport aux 95 grammes autorisés actuellement. La réglementation prévoit pour l’instant une réduction de 37,5 % à cette date, déjà considérée comme très ambitieuse par les constructeurs.»
  • [Solaire] « Les fermes solaires fleurissent sur les sites d’anciennes décharges. Construire sur des sites contaminés est complexe, mais cela permet de valoriser ces zones et de trouver du foncier disponible», résume « La plus grande ferme solaire urbaine d’Europe sera par exemple située sur une ancienne décharge : celle de l’avenue de Labarde à Bordeaux. Le site fera 60 hectares et devrait produire l’équivalent de la consommation électrique (hors chauffage) de 70 000 habitants. »

Relevé dans la presse

Science ouverte – Newstank s’intéresse à la charte pour la science ouverte « signée par François Jacq, Administrateur général du CEA, le 26 mai 2021 » qui « marque l’engagement du CEA dans ‘une stratégie d’ouverture équilibrée de ses publications et données de recherche’, conformément au plan national pour la science ouverte», d’après le communiqué du CEA repris par l’article. Cette charte « vise à inciter les chercheurs de l’organisme ‘à la libération des résultats de la recherche et des données, dans le respect du principe européen ‘aussi ouvert que possible, aussi ferme que nécessaire’, indique Elsa Cortijo, directrice de la recherche fondamentale au CEA et présidente du comité de pilotage de l’information scientifique et technique du CEA, le 29 juin ».

Innovation – Le site web spécialisé L’embarqué.com se fait l’écho de « la 23e édition du concours national i-Lab géré par Bpifrance pour le compte du ministère de la Recherche [qui] a récompensé cinq projets et startup issues du CEA » dont « notamment […] les entreprises AgiLite et Alkalee dont les domaines d’activité intéressent plus particulièrement le monde de l’électronique et de l’embarqué ».


Vendredi 9 juillet 2021

Interview François Jacq

François Jacq, administrateur général du CEA, est interrogé par Les Échos dans le format hebdomadaire « Le grand entretien ». Au cours de cet entretien, il revient notamment sur la recherche française qui est à la fois « essentielle » et « excellente ». La récente loi votée « viendra apporter des moyens nouveaux importants, inscrits dans la durée, c’est indispensable », souligne M. Jacq qui appuie sur la nécessité que « tous les chercheurs joignent leurs efforts » via notamment des plateformes technologiques mutualisées. François Jacq aborde également les recherches sur la transition énergétique –  nucléaire, photovoltaïque, hydrogène – soumises à la concurrence internationale et la place des technologies étudiées au CEA. En ce qui concerne l’hydrogène, « la France et l’Europe font tout ce qu’il faut pour réussir ! Le plan du gouvernement français prévoit des aides de 7 milliards d’euros pour la décennie, c’est considérable », souligne François Jacq mentionnant qu’ « au CEA, nous travaillons depuis dix ans sur la technologie de l’électrolyse haute température [qui] passe maintenant au stade industriel dans le cadre de Genvia ».

Énergies

[Jean-Marc Jancovici] Dans un entretien pour Le Figaro Magazine, Jean-Marc Jancovici, Président du think tank « The Shift Project », déclare que le bilan des actions du gouvernement en matière de protection de l’environnement est « mince ». Il revient notamment sur les défauts de compréhension des enjeux par le public voire par certains élus. Selon M. Jancovici, « deux tiers des Français pensent que le nucléaire est aussi néfaste que les hydrocarbures pour le climat, et la plupart des gens pensent qu’une dizaine d’années suffirait pour que la planète retrouve un équilibre climatique si on cessait du jour au lendemain toute émission en CO2. En fait, c’est plus de dix mille ans ».

[Hydrogène] L’Autorité de la concurrence a rendu début 2021 une décision qui décrypte les contours du marché de l’hydrogène en soulignant que celui-ci a vocation à évoluer grandement au cours des années à venir. Le Moniteur des Travaux Publics et du Bâtiment, « à la lumière des évolutions réglementaires, jurisprudentielles et de l’actualité générale récente », dresse « quelques éléments d’analyse concernant l’essor de la mobilité hydrogène, les outils qu’il mobilise et les questions juridiques et pratiques qu’il soulève ». Le journal affirme notamment que depuis la présentation par le gouvernement, en septembre 2020, de la Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné, « plusieurs mesures ont été mise en place ». Parmi elles, l’« installation d’un Programme prioritaire de recherche copiloté par le CEA et le CNRS afin de soutenir la recherche sur les applications de l’hydrogène ». Par ailleurs, Le Moniteur des Travaux Publics et du Bâtiment retient que « les projets d’infrastructure de production et de distribution d’hydrogène connaissent un intérêt grandissant au sein des collectivités territoriales, notamment dans le domaine de la mobilité. À cet égard, l’hydrogène décarboné fait l’objet d’un traitement préférentiel lors des appels à projets de l’État ».

[Biocarburants] Le site web Formule Verte rapporte que « le géant français de l’énergie Total Energies et le spécialiste du traitement de l’eau et des déchets Veolia ont annoncé le 6 juillet 2021 leur collaboration » dans le cadre de la production de biocarburants « à partir de microalgues ». Dans le cadre de ce projet, « une plateforme d’essais sera mise en place afin de comparer différents systèmes de culture de microalgues et ainsi d’identifier les plus performants. Total est déjà impliqué dans un projet de ce type à Cadarache (Bouches-du-Rhône), en partenariat avec le CEA et l’institut de biosciences et de biotechnologies d’Aix-Marseille ».  Retrouvez cet article dans son intégralité ici.

Relevé dans la presse

  • Bilan ASN – L’ASN dressait hier son bilan sur 30 installations de base en Paca, Languedoc Roussillon et Corse. Selon La Provence, ce bilan « est rassurant ». « Les 134 inspections réalisées, dont 81 sur les sites du CEA de Cadarache et Marcoule (…), n’ont pas révélé de faiblesse majeure ».

6G – Numerama consacre un article à la 6G. Si la question se pose encore de savoir à quoi elle ressemblera et à quoi elle servira, « ce qui est sûr, c’est que la France veut en être (…) en étant impliquée dans son élaboration, à travers sa recherche et son industrie ». Le site d’informations revient sur le déploiement de la 4G et 5G affirmant que « l’Europe n’a pas toujours été en pointe au cours des dernières années en matière de télécoms ». Pour la 6G, « une initiative européenne, Hexa-X a été annoncée en décembre » qui regroupe nombre d’industriels mais aussi « des organismes de recherche comme le CEA et des universités ». Les premiers tests en laboratoire montrent « des débits très importants », largement supérieurs à ceux obtenus avec la 5G « qui est déjà décrite elle-même comme révolutionnaire par rapport à la 4G », précise Numerama.


Jeudi 8 juillet 2021

Santé

[Vaccin contre la grippe] « L’entreprise américaine de biotechnologies Moderna a déclaré mercredi avoir commencé les essais sur des humains d’un vaccin contre la grippe utilisant la technologie de l’ARN messager, la même que celle employée dans son vaccin contre le Covid-19. Ces essais incluront 180 adultes pour évaluer la sécurité et l’intensité de la réponse immunitaire provoquée par l’injection de ce produit, baptisé mRNA-1010.Si ces essais étaient concluants, ils pourraient donner naissance à une nouvelle génération de vaccins plus performants contre la grippe. » annonce l’AFP. « Moderna espère que cette technologie permettra un développement plus rapide des vaccins contre la grippe. Différentes souches peuvent par ailleurs être ciblées dans une seule et même injection ».

[Investissements] L’Usine nouvelle indique que près de « 9 milliards d’euros ont été investis dans la pharma en France en 2020 », soit « un effort accru de 17 % en seulement un an ». « Ces chiffres proviennent de l’Observatoire des investissements en France mené par Les Entreprises du Médicament (Leem) avec l’aide du cabinet Roland Berger. Première enquête de ce genre, elle doit désormais être reconduite chaque année. […] « Nous commençons à récolter les premiers résultats d’une politique de recherche et d’industrie délibérément offensive » », selon Frédéric Collet, président du Leem,

Énergies

  • [Feuille de route PV] « Après avoir étudié les pratiques et consulté les acteurs, l’Ademe propose une trentaine d’actions pour améliorer l’empreinte environnementale du photovoltaïque ». Actu Environnement fait le bilan de cette « feuille de route». D’après les sondages réalisés par l’Ademe, « le photovoltaïque est une énergie renouvelable considérée aujourd’hui par les Français comme ‘la moins polluante, la moins dangereuse et la plus respectueuse de la biodiversité et des paysages’. Un point fort au regard des ambitions de développement prévues dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) : de 11,5 GW en place fin mars 2020, on doit atteindre 20 GW en 2023 et jusqu’à 44 GW en 2028 ». Ainsi, pour maintenir cette image, « l’excellence environnementale » s’impose selon l’Ademe. Cela passe donc par une « trentaine d’actions à mettre en place à court (2-5 ans), moyen (5-10 ans) et long terme (>10 ans), classées selon leur impact sur le bilan environnemental de la filière ». Parmi elles, l’« amélioration des conditions de fabrication des panneaux solaires », « la réduction des déchets et la réutilisation des matières », ou encore l’inclusion des panneaux solaires « dans le périmètre de l’indice de réparabilité et du fonds réparation en cours de création en application de la loi Agec » (Loi anti-gaspillage économie circulaire).
  • [Energeticien] Greenunivers rapporte qu’« EDF est redevenu le premier énergéticien européen en termes de chiffre d’affaires selon le dernier baromètre de Watt’s Next Conseil ». Cependant, « le groupe tricolore reste […] l’un des plus endettés du Vieux continent et génère moins de profits que les entreprises qui ont très tôt pris le virage des énergies renouvelables. Assises sur des contrats réglementés, elles ont davantage résisté en 2020 à la crise du Covid-19. À l’inverse, les groupes exposés au marché ont été très impactés, mais pourraient bénéficier à plein cette année de la hausse des cours ».

Relevé dans la presse

  • Cobots – « Dans l’industrie, la collaboration hommes-robots n’est pas sans danger », signale Le Monde, pour qui « l’essor des ‘cobots’ est porteur de risques physiques et psychiques pour les équipes ». Si le quotidien reconnaît de nombreux avantages aux cobots, il souligne le fait que ceux-ci « peut aussi être un facteur de stress et ‘accroître la charge mentale’ en imposant une surveillance attentive, indique l’INRS [l’Institut national de recherche et de sécurité]. Autre risque identifié : ‘ une perte de sens’ face à son travail, avec des ‘collaborateurs qui pourraient ne plus se retrouver dans ce qu’on leur demande de faire’, souligne Alain Balsière, ergonome […] L’INRS évoque également un risque d’isolement relationnel. […]  ‘ Des questionnements peuvent naître sur la reconnaissance du travail, l’intérêt des missions’, poursuit M. Blaise [responsable du laboratoire Sécurité des équipements de travail et des automatismes à l’INRS] ».
  • FrenchTech – « Quelle que soit la loupe utilisée pour regarder l’écosystème technologique français et européen depuis le début de l’année, la conclusion est la même : le premier semestre préfigure un millésime 2021 exceptionnel pour la French Tech. À mi-année, le montant des levées de fonds avoisine presque le record de 5,4 milliards d’euros atteint en 2020. […] Plus nombreux, les tours de tables sont aussi beaucoup plus gros depuis le début de l’année » résume Le Figaro. Pour le quotidien, cette tendance a deux explications : « D’un côté, les faibles taux d’intérêt et les rendements limités sur d’autres classes d’actifs, couplés à l’accélération des usages digitaux depuis la crise du Covid-19, ont drainé davantage d’argent d’institutionnels et de fonds spéculatifs américains vers le secteur technologique européen dans son ensemble. De l’autre, l’écosystème technologique du Vieux Continent, devenu plus mature, est plus attractif pour les investisseurs américains et asiatiques, qui n’hésitent plus, depuis la crise du Covid, à conclure leurs ‘deals’ à distance ».

Mardi 6 juillet 2021

Orano

[Batteries] Business Wire rapporte que « le groupe Orano s’associe à des partenaires reconnus – Paprec, MTB Manufacturing, Saft et le CEA en vue de tester un procédé innovant de recyclage des métaux contenus dans les batteries des véhicules électriques. Le projet intitulé RECYVABAT (Recyclage et Valorisation de Batteries) s’inscrit dans une démarche d’économie circulaire afin de donner une deuxième vie aux matériaux valorisables issus des batteries ». Le média précise qu’« Orano et ses partenaires ont mis au point un procédé qui permet de purifier et de récupérer séparément les métaux (lithium, cobalt, nickel, etc.) contenus dans les batteries des véhicules électriques en vue de les recycler pour fabriquer de nouveaux composants de batteries ». « Deux pilotes industriels seront construits dans les nouvelles installations du CIME (Centre d’Innovation en Métallurgie Extractive) sur le site Orano à Bessines-sur-Gartempe dans le Limousin afin de conduire les essais techniques et les tests sur le procédé ».

[Acquisition] L’AFP signale que « l’État acquiert environ 16,59 % du capital du groupe nucléaire Orano SA pour un montant de 994,1 millions d’euros, auprès d’Areva SA et de la Caisse des dépôts, également des entités publiques, selon des arrêtés parus mardi au Journal Officiel ». L’État est désormais détenteur de 70,59 % du capital d’Orano.

Relevé dans la presse

  • Gestion des déchets radioactifs – Actu Environnement rapporte que le ministère de la Transition écologique, celui de l’Économie ainsi que le Secrétariat général pour l’investissement, ont lancé un appel à projets dont l’objectif est d’« innover et optimiser les solutions de gestion des déchets radioactifs ». Ce dernier « sera doté d’une enveloppe de 75 millions d’euros issue du quatrième programme d’investissement d’avenir (PIA 4) ». Retrouvez cet article dans son intégralité ici.
  • Hydroélectricité – Numerama relève que d’après un rapport de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) publié le 30 juin, « il est indispensable de développer fortement l’utilisation de l’énergie hydraulique pour atteindre les objectifs zéro-carbone d’ici 2050». L’AIE note en effet qu’« en 2020, l’énergie hydraulique a fourni un sixième de l’électricité mondiale. Cela fait d’elle la source d’énergie bas carbone la plus importante. Elle en produit d’ailleurs plus que toutes les autres sources renouvelables combinées ». Cependant, Fatih Birol, le directeur exécutif de l’AIE, avertit dans un communiqué que « l’énergie hydraulique est le géant oublié de l’électricité verte. Il faut la replacer au centre de nos agendas énergétiques et climatiques si les pays veulent atteindre leur objectif zéro carbone ». Retrouvez cet article dans son intégralité ici.
  • Iran – Selon Reuters, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a indiqué que l’« Iran a entamé un processus pour produire de l’uranium métal enrichi jusqu’à 20 % […] une démarche qui pourrait aider Téhéran à développer une arme nucléaire et que des puissances européennes ont décrite comme une menace pour les discussions visant à relancer l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien ». Retrouvez cet article dans son intégralité ici.
  • French Tech – 20 Minutes s’est entretenu avec « le secrétaire d’État chargé de la Transition numérique, Cédric O [qui] souhaite intégrer davantage d’entrepreneurs issus de la diversité au sein des incubateurs de start-up ». Selon le site web, « alors que la première promotion [du French Tech Tremplin lancé en 2019] a été constituée début 2021, Cédric O […] dévoile […] les contours de la deuxième édition du French Tech Tremplin. Il annonce une augmentation des entrepreneurs ‘incubés’ et une refonte de la phase de préparation, qui démarrera à l’automne ». L’objectif est de « réussir à faire émerger des entreprises viables, qui pourront servir d’exemple et montrer au monde de la start-up que la diversité est une force ». Retrouvez cet article dans son intégralité ici.
  • Referendum climat – Le Monde revient sur l’annonce, mardi, du premier ministre Jean Castex d’abandonner le « projet de loi visant à inscrire à l’article 1er de la Constitution la préservation de l’environnement et la lutte contre le dérèglement climatique ». Le Monde indique que cette déclaration de Jean Castex « vient donc clore six mois de débats parlementaires pendant lesquels la majorité présidentielle et la droite sénatoriale se sont mutuellement rejetées la responsabilité d’un éventuel échec du référendum. Selon l’article 89 de la Constitution, l’adoption d’un texte identique par les deux Chambres est en effet indispensable pour accéder à cette consultation populaire, idéalement prévue à l’automne par l’exécutif ».

Dernières communications à la presse


lundi 5 juillet 2021 13:05

Nucléaire défense

[Dissuasion] La Tribune s’intéresse à un sondage commandé par le Centre d’Étude et de Prospective Stratégique (CEPS) à OpinionWay. D’après ce dernier, « 86 % des Français et des Françaises ont une perception positive de l’armée française (31 % une très bonne image, 55 % une assez bonne image) ». À propos de l’arme nucléaire, « pour la majorité des Français, c’est un atout pour la France de disposer de l’arme nucléaire (81 %). […] En outre, les sondés estiment que la France accorde un intérêt suffisant à l’industrie de défense (68 %), que l’armée française est bien équipée (66 %), que la France consacre un budget suffisant à son armée (62 %), et que les effectifs de l’armée française sont suffisamment importants (59 %). L’actuelle loi de programmation militaire (LPM), qui court entre 2019 et 2025, a en effet permis de réparer les lacunes capacitaires accumulées précédemment au fil des ans en raison d’une sous-budgétisation assumée des armées françaises par les gouvernements de gauche comme de droite », commente l’article.

[Polynésie] Dans une dépêche publiée samedi 3 juillet, l’AFP relate que « près de 2 500 Polynésiens sont descendus vendredi dans les rues de la capitale, Papeete, à Tahiti, pour commémorer l’anniversaire du premier essai nucléaire, Aldébaran, exécuté le 2 juillet 1966 sur l’atoll de Moruroa (ou Mururoa). Cette manifestation, qui se déroule chaque année sur ce territoire français du Pacifique où la France a effectué près de 200 essais nucléaires, a connu une affluence record alors que venait de se clore à Paris une table ronde sur les conséquences des essais nucléaires en Polynésie française ». À propos des conclusions de cette table ronde, « la ministre chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, Geneviève Darrieusseq, a exclu jeudi tout pardon de la France, affirmant auprès de l’AFP qu’il n’y avait ‘pas eu de mensonge d’Etat’ ». Par ailleurs, le ministre de la Santé a jugé « légitime » la demande des associations de victimes que les « frais engagés par la Caisse de Prévoyance sociale (l’assurance maladie d’Etat locale) pour soigner les personnes atteintes de maladies radio-induites soient remboursés par l’Etat, avec un effet rétroactif  […] ‘pour les victimes ayant fait l’objet d’une indemnisation par le Civen’, le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires ». Enfin, « M. Véran s’est également engagé à financer la recherche sur ces cancers, sans aller jusqu’à la création d’un Institut du Cancer à Tahiti, un projet qui serait toutefois en bonne voie selon Patricia Grand, Présidente d’honneur de la ligue contre le cancer en Polynésie ».

Nucléaire civil

[Energie] Reçu sur le plateau de LCI, le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire s’est exprimé sur l’avenir du nucléaire en France. Selon le ministre, le « gouvernement et le président de la République croient dans le nucléaire » comme l’attestent « plusieurs décisions » d’investissements qui ont été prises. Bruno Le Maire rappelle que le Président de la République « a réaffirmé notamment au Creusot » qu’il était là « pour défendre cette filière ». Par ailleurs, le ministre de l’Économie fait part des « perspectives intéressantes pour l’avenir » que représentent les « réacteurs modulaires de plus faibles puissance [SMR] ». Il affirme qu’il a été prévu « dans le plan de relance avec le CEA de l’argent sur ce sujet ».

[Taxonomie] Durant son entretien pour LCI, Bruno Le Maire a également rappelé l’importance des enjeux entourant l’introduction du nucléaire au sein de la taxonomie européenne. Il affirme : « Cela fait six mois que nous livrons bataille au niveau européen et croyez-moi c’est une bataille au couteau pour que le nucléaire soit introduit dans la taxonomie […] vous n’arrivez pas à construire de nouveaux réacteurs ni en France, ni à l‘étranger si le nucléaire n’est pas classé dans la taxonomie européenne comme une énergie verte ». Selon L’Agefi, « l’Allemagne et quatre autres pays de l’Union européenne, l’Espagne, l’Autriche, le Danemark et le Luxembourg, s’opposent au classement de l’énergie nucléaire comme investissement écologique et durable », comme le montre une lettre adressée à la Commission que Reuters a pu consulter vendredi.


vendredi 2 juillet 2021Essais nucléaires en Polynésie

« « Il n’y a pas eu de mensonge d’État », sur les 193 essais nucléaires réalisés en Polynésie française entre 1966 et 1996, a assuré […] la ministre Geneviève Darrieusseq » à l’AFP. La ministre des Armées a par conséquent « exclu un pardon de la France » lors de la « table ronde à Paris consacrée jusqu’à vendredi soir aux conséquences de ces essais ». Pour autant, selon le président polynésien Édouard Fritch, « le Président de la République a confirmé l’ouverture totale des archives [nucléaires] à la Polynésie française mises à part naturellement les archives portant sur des informations proliférantes ».

Pour la Dépêche de Tahiti, qui s’attendait à un « rendez-vous raté », « ces deux jours [de table ronde] ne devraient pas être générateurs de grandes décisions ». Selon le quotidien polynésien, les sujets évoqués sont « loin de ceux qui sont régulièrement débattus à Tahiti à savoir l’expression du « pardon » de la Nation, le remboursement des dépenses de santé engagées […] pour traiter les personnes atteintes de maladies radio-induites, ou encore la dépollution des atolls et le suivi des conséquences environnementales ». De plus, « le président de la République se gardera certainement ces annonces – s’il y en a – pour son passage » à Tahiti le 25 juillet.

Intelligence artificielle

Jeudi 1er juillet, « un collectif inédit de treize industriels et partenaires français est né pour concevoir des systèmes à base d’intelligence artificielle fiables », signale Le Parisien. Ce programme, « « Confiance.ai » est doté de 45 millions d’euros, dont 30 [apportés] par l’État. Il réunit des grands noms comme Valeo, Thales, Airbus, Air Liquide, SystemX, Safran… [mais aussi] le CEA de Saclay » et Inria. Le quotidien note que « l’objectif du programme est d’obtenir des logiciels sûrs, qu’ils soient utilisés dans les transports, la santé, l’armée, la gestion de l’eau, l’énergie… », des domaines où « le moindre accident pourrait y avoir des conséquences graves ».

Ce programme, « le plus important du plan AIForHumanity lancé en 2018 par Emmanuel Macron », va mobiliser « 300 équivalents temps-pleins » localisés dans « les locaux des IRT SystemX, à Saclay, et Saint-Exupéry, à Toulouse », note L’Usine Nouvelle. À ces chercheurs et ingénieurs devraient se joindre « une dizaine de start-up, au moins, sélectionnées via un appel à manifestation d’intérêt lancé le même jour ». L’objectif est de « livrer dès les prochains mois une plateforme d’outils logiciels permettant l’intégration de l’IA dans des produits et services industriels critiques ». Ceux-ci seront « mis à jour tous les ans », évoluant « de manière incrémentale vers les applications les plus critiques » selon Emmanuelle Escorihuela, présidente du comité de pilotage. Au-delà du développement des IA, il faudra « s’assurer de leur qualité sur toute leur durée de vie, de la conception de la base à sa certification », souligne Camille Dupont, chercheuse au CEA interrogée par le journal.

Relevé dans la presse

Sous-marins nucléaires – Selon le site web Zone militaire, « Naval Group passe ses premières commandes [auprès de ses principaux fournisseurs] pour le sous-marin nucléaire lanceurs d’engins de 3e génération [SNLE 3G]» destiné à « la Force océanique stratégique [FOST] de la Marine nationale ». Lancé le 19 février dernier par la ministre des Armées Florence Parly, le programme de réalisation de quatre SNLE 3G est « conduit sous la maîtrise d’ouvrage de la Direction générale de l’armement [DGA], en collaboration avec la Direction des applications militaires [DAM] du CEA ». Naval Group « en [assure] la maîtrise d’œuvre [et] TechnicAtome […] la conception et la réalisation des chaufferies nucléaires ». Zone militaire précise que « le premier des quatre SNLE 3G prévus doit entrer en service en 2035 ». Retrouvez cet article dans son intégralité ici.

  • Prix Irène Joliot-Curie – Biotech Info rapporte que « le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation célèbre cette année les 20 ans du prix Irène Joliot-Curie qui récompense chaque année des femmes scientifiques pour leurs travaux. À cette occasion, un ‘Prix spécial de l’Engagement’ sera créé pour récompenser une scientifique particulièrement impliquée par ses travaux dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19 ». Biotech Info précise que « le jury de cette 20e édition sera présidé par Catherine Cesarsky, Haut conseiller scientifique au CEA et membre de l’Académie des sciences ». La date de clôture des candidatures est quant à elle « fixée au jeudi 9 septembre 2021 à minuit ». Retrouvez cet article dans son intégralité ici.

Supernova – Sciences et Avenir rapporte qu’ « une équipe internationale de chercheurs [de l’observatoire de Las Cumbres en Californie] a mis en évidence un type de supernova qui était jusqu’à maintenant supposé théoriquement mais n’avait jamais été identifié : les supernovae à captures électroniques ». Ces dernières « possèdent une masse située entre huit et dix masses solaires ». Le site web ajoute que « grâce à leurs découvertes, [les astronomes] ont aussi pu clarifier la nature de la nébuleuse du Crabe [dans laquelle] réside un pulsar, une étoile à neutrons qui tourne très vite sur elle-même au rythme de 30 tours par seconde.». Retrouvez cet article dans son intégralité ici.


jeudi 1 juillet 2021 14:23

L’AFP signale l’organisation par le gouvernement d’une table ronde aujourd’hui et demain, « pour assumer l’impact des essais nucléaires en Polynésie française et mieux indemniser les victimes ». Y seront représentés « les ministères de la Défense, de la Santé et des Outre-Mer, face à une délégation polynésienne ». « À l’origine de cette réunion, une requête du président polynésien Édouard Fritch, qui a demandé à ce que la France réponde aux différentes interrogations que laissent ces 193 essais nucléaires menés sur trente ans en Polynésie française, après la parution en mars d’une enquête du média d’investigation en ligne Disclose intitulé ‘Toxique’, selon laquelle La France a sous-estimé, parfois volontairement, les conséquences des tests ». Le but principal de cette table ronde, selon le gouvernement cité par l’AFP, est de « définir une méthode de travail en particulier en terme de communication entre le gouvernement et la Polynésie française ». « Le ministère des armées s’engage à ‘permettre à tous les Polynésiens d’accéder à leur histoire, aux archives et aux données de santé, en toute transparence, pour objectiver ce qui s’est passé durant cette période ».

En effet, « la France ne demandera pas pardon car elle ne regrette pas ses essais nucléaires », selon un proche d’Emmanuel Macron dont les propos ont été rapportés dans le 7/9 de France Inter, « mais on doit en assumer toutes les conséquences et ce n’est pas encore le cas ».

De son côté, la chaine polynésienne La 1e revient sur cette notion d’ « objectivation » développée par l’Etat français, qui recouvre le fait que « si les essais nucléaires ont eu des conséquences négatives sur la santé et l’environnement, ils ont permis aussi à la Polynésie de se développer », un discours qui « n’est plus admissible pour les membres de la délégation polynésienne ». Le média précise que « les Polynésiens de la délégation ont bien l’intention de parler  de la prise en charge par la Caisse de Prévoyance Sociale de 9 000 malades, ces dernières décennies, qui auraient dû être intégralement soignés par l’État ».

Relevé dans la presse

  • Transition énergétique – Selon L’Usine Nouvelle, « alors que ‘le rôle du nucléaire pour lutter contre le réchauffement climatique aux côtés des renouvelables est de plus en plus reconnu’, selon Xavier Ursat, le directeur du nouveau programme nucléaire chez EDF, l’atome marque le pas dans le monde ». Le magazine note que « dans les économies avancées, le nucléaire perd inexorablement du terrain face aux énergies renouvelables et au gaz de schiste. Un quart de la capacité nucléaire existante devrait être arrêté d’ici à 2025, ce qui pourrait entraîner l’émission de milliards de tonnes de carbone supplémentaires, alerte l’Agence internationale de l’énergie». Dans le même temps, « le développement de nouvelles capacités nucléaires est aussi plombé par les retards et les surcoûts des EPR français et des réacteurs américains en construction ». La solution passera-t-elle par les SMR ? Pour cela, « des efforts de coopération internationales seront indispensables [pour qu’ils] jouent leur rôle pour le climat ». Pour l’Usine Nouvelle« pour s’imposer aux côtés des énergies renouvelables, l’industrie nucléaire doit vite se réinventer à tous les niveaux… ou bien rester définitivement une énergie de seconde zone à l’échelle mondiale ».
  • Tourisme spatial – L’astrophysicien au CEA Roland Lehoucq estime dans L’Obs que « les machines utilisées [pour le tourisme spatial] ont un impact [environnemental] toujours énorme rapporté au CO2 qu’un humain devrait émettre pour rester dans les limites de l’Accord de Paris [conclu à l’issue de la COP21]. Le vol proposé par Jeff Bezos [patron d’Amazon] représente pour chaque passager le double de ses émissions annuelles… pour un voyage de quelques minutes. Et pour rejoindre la SSI, c’est l’équivalent individuel de cent quarante-quatre ans d’émissions ! ». Par conséquent, pour le chercheur, « l’espace doit rester hors du commerce, avec des usages contrôlés et encadrés. Il faut le réserver à un usage scientifique, et au bien commun de l’humanité ».
  • Centrales en Asie – D’après l’AFP, reprenant un rapport du centre de réflexion Carbon Tracker publié mercredi, « cinq pays asiatiques comptent pour 80 % des nouvelles centrales au charbon prévues dans le monde et menacent les objectifs de limitation du réchauffement climatique». « La Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Japon et le Vietnam ont au total plus de 600 nouvelles centrales à charbon en projet [qui] pourront fournir quelque 300 gigawatts d’énergie supplémentaire, soit l’équivalent de la capacité de production d’électricité du Japon. Mais ces projets mettent en danger l’objectif de limiter le réchauffement des températures à 1,5 degré par rapport aux niveaux pré-industriels, relève [le rapport] ».
  • Transgene – Les Échos rapporte que « la biotech strasbourgeoise Transgene a annoncé en début de semaine l’inclusion au Royaume-Uni d’un premier patient atteint d’un cancer de la tête et du cou dans l’essai de phase I de son vaccin thérapeutique TG4050 ». Le nouveau produit de Transgene « utilise les technologies brevetées de Transgene et des capacités de pointe en intelligence artificielle (IA) pour personnaliser le traitement de chaque patient » rapporte le quotidien. Retrouvez cet article dans son intégralité ici.
  • Ordinateur écoresponsable – Le magazine LSA s’intéresse à « Aspire Vero », le premier ordinateur « vert » qui sera « vendu à la rentrée prochaine » par le constructeur informatique Acer. Cet appareil, qui se veut « écoresponsable de la conception au recyclage », représente la première concrétisation de la plateforme mise au point par Acer « baptisée Earthion ». Cette dernière a permis à l’entreprise de mettre ses « partenaires de la chaîne d’approvisionnement, [ses] employés [et ses] clients » à contribution pour mettre au point « Aspire Vero », qui devrait coûter « entre 800 et 1000 » euros, soit « les prix du cœur du marché ».

mercredi 30 juin 2021 15:01

Santé

« La production de biothérapies est un enjeu majeur pour l’avenir, mise en avant par le Président de la République qui a annoncé mardi 800 millions d’euros d’investissements dans les prochaines années. Mais de quoi s’agit-il exactement ? », s’interroge l’AFP. Selon l’agence de presse, les biomédicaments « sont produits à partir du vivant, contrairement aux médicaments plus classiques fabriqués chimiquement », ce qui soulève la question de la bioproduction. Or, d’après l’AFP, « c’est là que le bât blesse. Sur la production pharmaceutique totale, ‘la France est passée en quinze ans de la première à la quatrième place’ de l’Europe, précise Rodolphe Renac, président du cabinet de conseil Alcimed. En termes de biothérapies seules, l’hexagone dépend à 95 % des importations. » Pour permettre un développement français rapide, « les acteurs de la filière ont adopté en décembre un plan d’action et constitué l’Alliance France bioproduction, pour porter en 10 ans la part de produits biologiques fabriqués en France de 5 % à 20 %. De son côté, Emmanuel Macron a fixé mardi comme objectif le développement de 5 nouveaux biomédicaments d’ici 5 ans ».
En parallèle, Le Figaro consacre un article à « la feuille de route ambitieuse » du président de la République pour le domaine de la santé, au lendemain du sommet Choose France. En plus du développement des 5 nouveaux biomédicaments, E. Macron a précisé vouloir « améliorer notamment l’accès et l’utilisation des données, afin de mettre au point une médecine plus personnalisée et prédictive ; doubler d’ici à trois ans le nombre d’essais réalisés dans l’Hexagone en simplifiant notamment les cahiers des charges ; réduire les délais entre l’autorisation d’un médicament et la fixation de son prix en se ‘calant sur le modèle allemand’ ; encourager le décloisonnement du secteur pour permettre aux chercheurs, aux hôpitaux et aux entreprises de mieux travailler ensemble ».

Aéronautique

« Pour accélérer [la conversion de l’aéronautique à l’avion du futur], le commissaire européen Thierry Breton veut créer une alliance pour l’aviation ‘zéro émission’ », indique Le Monde. Pour le quotidien, bien que l’avion « à hydrogène ou électrique [ne soit] pas attendu avant 2035, les acteurs du transport – aérien comme les industriels de l’aéronautique ne peuvent perdre une seconde ». Or, « aujourd’hui, ‘l’utilisation concrète des carburants durables par les compagnies ne dépasse pas 0,1 %’, constate Olivier Andriès, le directeur général du motoriste Safran. Trop cher, trop rares, se défendent les compagnies ». Pour atteindre cet objectif à 2035, M. Petitcolin, l’ex-PDG de Safran, confie au quotidien qu’il faudra « un avion fonctionnant avec des moteurs beaucoup moins gourmands. C’est-à-dire avec une réduction de consommation de 20 % à 25 % », et que « pour aller plus loin, il faudra attendre encore jusqu’à 2045 […] et attendre le nouveau moteur de Safran pouvant fonctionner avec différentes sources d’énergie ».

Relevé dans la presse

  • Semi-conducteurs – «De passage en France, le directeur général d’Intel, Pat Gelsinger, revient sur son projet de bâtir une future méga-usine européenne de semi-conducteurs [et une seconde aux États-Unis]. Il plaide pour obtenir des subventions importantes, présentant son initiative comme cruciale pour l’économie et la sécurité nationale », annonce Les Échos. Selon M. Gelsinger, « pour les prochaines décennies, la localisation des usines de semiconducteurs sera plus importante que celle du pétrole », expliquant que « la France est candidate, tout comme l’Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas. Des sites nous ont été proposés dans ces différents pays. En France, Grenoble est un site intéressant. Nous arrêterons notre choix final avant la fin de l’année ».

Dernières communications à la presse

Communiqué – « Topaze » : un nouveau calculateur au CCRT, co-conçu par Atos et le CEA, pour relever les défis du calcul haute performance et du traitement de données


Mardi 29 juin 2021

Énergie

[Solaire] D’après Le Figaro, Virgilio Viana, fondateur de l’ONG brésilienne Fundação Amazonas Sustentável ou FAS (Fondation Amazonie Durable), a installé « une centrale photovoltaïque au milieu de la jungle [amazonienne] pour mettre fin aux interminables coupures de courant ». Ce parc solaire assure ainsi « l’indépendance énergétique [d’une] petite communauté de 80 ribeirinhos, nom porté par ceux qui vivent le long des rivières.». Le Figaro précise que « selon WWF Brésil, près d’un million de Brésiliens vivent sans électricité. La (…)  FAS, fait partie d’un réseau grandissant d’organisations à but non lucratif et d’associations indigènes qui œuvrent à améliorer les conditions de vie des populations rurales depuis une vingtaine d’années. Ainsi, ils espèrent aussi offrir une alternative à la déforestation, en plein essor depuis l’élection du président Jair Bolsonaro ».

[Westinghouse] Challenges révèle qu’à l’occasion de la 4e édition du sommet Choose France qui s’est tenu à Versailles le 28 juin 2021, Westinghouse, « le pionnier et leader mondial des services à l’industrie nucléaire », a annoncé un investissement « en région Auvergne-Rhône-Alpes avec la création d’un centre » qualifié d’« ultra-moderne » parle magazine. Ce centre nommé « Welding & Mechanics Solutions (WMS) » est dédié à « la conception et la mise au point de solutions innovantes au service [des] clients fournisseurs d’énergie en Europe ». Basé « à Chaponnay, près de Lyon », il « est destiné à fournir les meilleures solutions mécaniques de soudage et d’usinage afin de répondre aux besoins accrus de ses clients. WMS proposera notamment des prestations de contrôles non destructifs, d’analyse de sûreté et de fourniture de composants en collaboration avec les entités de Westinghouse en Europe et aux Etats-Unis ». Challenges précise que « Westinghouse intervient en France principalement dans les domaines des services nucléaires et d’ingénierie auprès d’EDF et du CEA et produit une partie conséquente du combustible utilisé dans les centrales nucléaires françaises à partir d’usines basées en Europe ». Retrouvez cet article dans son intégralité ici.

[Batteries] La Tribune revient sur l’annonce d’Emmanuel Macron, hier lors de son déplacement à Douai, concernant « la création d’une deuxième usine géante de batteries électriques, dans le Nord, qui fournira le groupe Renault. Le groupe sino-chinois Envision investit deux milliards d’euros dans ce site qui vient renforcer l’attractivité des Hauts-de-France ». Selon le journal, « le projet, déjà présenté dans ses grandes lignes vendredi par le président de la région des Hauts-de-France Xavier Bertrand, se déroulera en deux phases : la construction du site entre 2022 et 2024 avec 1 000 emplois créés, près des usines Renault existantes dont les véhicules intégreront les batteries, puis une extension de la capacité de production à l’horizon 2030 ».

Relevé dans la presse

  • Biotechnologies – La Tribune relève qu’« à l’occasion du sommet ‘Choose France’, le laboratoire Merck dévoile un plan d’investissement de 175 millions d’euros sur ses sites de Martillac (Gironde) et Molsheim (Bas-Rhin) avec à la clef la création de 500 emplois dans les métiers des biotechnologies d’ici à 2024 ». La Tribune précise que l’objectif du laboratoire est de « s’adapter aux nouveaux enjeux industriels du marché de la santé post-Covid ».

Jumeaux numériques – Fabio Bocchi, directeur Europe du Sud de la société multinationale de technologie de l’information Aveva, estime dans une tribune pour Les Échos que « les jumeaux numériques peuvent favoriser l’innovation industrielle en optimisant les procédés, les gains de valeur et la productivité des équipes ». Selon M. Bocchi, « le jumeau numérique joue un rôle crucial : cette réplique virtuelle des actifs physiques, des procédés, des équipes, des systèmes et des appareils potentiels et réels apporte une vision approfondie des données, met en évidence l’efficacité des process et accélère l’automatisation du travail ». Retrouvez cet article dans son intégralité ici.

  • Loi climat – L’AFP rapporte qu’« au terme de plus de deux semaines de débats intenses, le Sénat s’apprête à adopter mardi en première lecture un projet de loi climat revu et corrigé, avec une ambition ‘réhaussée’ selon la majorité sénatoriale de droite, le gouvernement déplorant au contraire de nombreux ‘reculs’ ». Ainsi, selon l’AFP, « les sénateurs ont revu la copie sortie de l’Assemblée nationale sur de nombreux points forts qui risquent d’être autant de points de blocage dans la recherche d’un accord sur un texte commun en commission mixte paritaire. Même si chacun affiche sa volonté de parvenir à un accord, chacun a aussi défini ses ‘lignes rouges’ ».

Vendredi 25 juin 2021

Nucléaire

[Taishan] Le Figaro a investigué sur la circulation de l’information concernant l’anomalie dans la centrale de Taishan qui serait, d’après « deux sources au sein de l’entreprise française [Framatome]», due à une « double maladresse d’ingénieurs de Framatome ». En effet, l’article explique que « fin mai-début juin, un ingénieur de Framatome basé en France planche sur les données envoyées par les équipes chinoises de Taishan trahissant la fuite de crayons de combustible ». « Le cadre envoie le jeu de données à un collègue américain ». « Framatome INC [filiale américaine] dispose de la base de données d’incidents la plus étayée au monde», explique une source au quotidien. Selon Le Figaro, « L’actionnaire majoritaire et exploitant de la centrale de Taishan n’est autre que le géant chinois du nucléaire CGN. Il figure sur la liste noire des entreprises chinoises établie par les États-Unis ». « L’ingénieur américain recevant les données chinoises n’a donc d’autre choix que de demander l’autorisation à l’Administration américaine pour travailler sur le dossier. Ce qu’il fait par une lettre datée du 3 juin. Las, pour accélérer le processus, il en rajoute et argue d’une possible ‘menace radiologique imminente’ », rapporte le quotidien. L’article conclut que c’est un coup double pour les Américains car « l’information décrédibilise la compétence nucléaire des Chinois ainsi que le réacteur français EPR, concurrent du modèle américain de Westinghouse AP1000 ».

[Royaume-Uni] Le Figaro revient également sur la demande d’EDF « au gouvernement Johnson d’accélérer le processus pour entamer les discussions avancées sur le projet de deux EPR à Sizewell, dans le Suffolk. L’électricien a besoin que le Parlement britannique adopte des dispositions législatives précisant le montage financier du projet évalué à environ 20 milliards d’euros », en attendant « 2023 pour une éventuelle commande de six réacteurs nucléaires EPR de la part de l’État français », précise le quotidien.

Paris Air Forum

[Drones] À l’occasion du Paris Air Forum, qui s’est déroulé lundi au Bourget, La Tribune s’est penché sur la lutte anti-drones en France, « devenue l’une des priorités du ministère des Armées dans le cadre de l’actualisation de la revue stratégique ». D’après Hervé Grandjean, porte-parole du ministère des Armées, interrogé par le quotidien, « nous avons un certain nombre de systèmes, qui sont opérationnels et nous avons déjà sécurisé des événements comme G7 à Biarritz ». « Outre BASSALT et MILAD (Moyens Mobiles de Lutte Anti-Drones), dont il s’est équipé, le ministère prépare la suite » à savoir : « nous avons un appel d’offres en cours pour nous doter d’ici à la fin 2022, avant l’échéance de la Coupe du monde du rugby et des JO, de 10 à 15 systèmes qui seraient à même de répondre à nos besoins », explique H. Grandjean. « Ces systèmes s’appuieront sur les trois piliers de la lutte anti-drones : la capacité de détection, donc des senseurs, un ‘command and control’ (C2) et des effecteurs », précise-t-il.

[Aviation & semi-conducteurs] La Tribune a interviewé Thierry Breton, « présent pour l’ouverture de la huitième édition du Paris Air Forum, au musée de l’air et de l’espace du Bourget » durant lequel il « a dressé la feuille de route de la stratégie de relance du secteur aéronautique français et européen ». Pour ce faire, « le Commissaire européen pour le marché intérieur prône de multiplier les ‘alliances’ : pour l’avion ‘zéro carbone’, pour l’avion de combat du futur, pour les lanceurs européens de nouvelle génération. Enfin, il se bat pour que l’Europe se dote d’une constellation de connectivité spatiale multi-orbitale pour offrir à l’ensemble du continent une infrastructure de connectivité mettant fin aux zones blanches et pour assurer une redondance avec le réseau terrestre ». À propos des semi-conducteurs, Thierry Breton répond qu’« il faut donc augmenter la sécurité d’approvisionnement des composants. Aujourd’hui, on fabrique sur le continent européen 9 % de la demande mondiale. Il y a 35 ans, c’était 30 à 40 % qui étaient fabriqués. Dans le plan stratégique que nous proposons, il s’agit de remonter à 20 % d’ici à 2030».


Jeudi 24 juin 2021

Plan de relance

En visite officielle en France, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, « a validé mercredi le plan de relance financé en partie par un emprunt européen commun inédit », rapporte l’AFP. « Cela correspond au versement de 40 milliards d’euros à la France jusqu’en 2026, une contribution extrêmement substantielle », a indiqué le président Emmanuel Macron. « La France se situe dans les clous des critères de Bruxelles, qui fixait au moins 37 % de dépenses pour la transition écologie et 20 % pour la transition numérique », souligne l’agence de presse. Le Figaro liste les priorités du plan de relance : décarbonation de l’industrie, développement de la filière hydrogène, sobriété énergétique dans le bâtiment, spatial, cybersécurité ou encore informatique quantique. « Allié à l’intelligence artificielle (IA), le quantique est considéré comme le grand saut technologique de la prochaine décennie, susceptible de bouleverser des secteurs comme la santé, la chimie ou la défense nationale. C’est donc un enjeu crucial pour la souveraineté et la compétitivité », souligne le quotidien. En ce qui concerne la cybersécurité, « un autre axe très important de compétitivité pour la France », le plan de relance consacre 500 millions au « financement de projets de centres de recherche (Inria, CNRS, CEA…) » dans le but de faire émerger des technologies de rupture. Mme von der Leyen et Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, se sont rendus hier en fin d’après-midi sur le site CEA de Bruyères-le Châtel visiter le Très grand centre de calcul (TGCC).

Nucléaire

[Japon] « L’électricien japonais Kansai Electric Power Co (Kepco) a rallumé, mercredi, le réacteur numéro 3 de sa centrale nucléaire de Mihama, située sur la côte ouest du Japon. Stoppée dans les jours qui avaient suivi la destruction de la centrale de Fukushima Daiichi, en 2011, cette tranche est la première de plus de 40 ans à être réactivée dans l’archipel », rapporte Les Échos. L’opérateur avait obtenu le feu vert de l’autorité de sûreté du nucléaire (NRA) au printemps mais a « déjà expliqué qu’il ne serait pas en mesure d’achever d’ici à la date limite du 25 octobre, les travaux supplémentaires imposés par le régulateur pour sécuriser les sites contre d’éventuelles attaques terroristes. Il devra donc éteindre la tranche avant cette échéance », précise le quotidien.

[Taishan] L’Express revient sur l’événement de Taishan dont la « séquence a été de courte durée, mais (…) a mis l’ensemble de la filière nucléaire en émoi ». « L’incident s’est avéré moins grave qu’on ne le redoutait », précise le journal qui souligne qu’ « avec une réactivité qu’on ne lui a pas toujours connue, EDF a expliqué la cause de cette fuite un problème d’étanchéité sur quelques gaines, tout en relativisant ses conséquences ». L’Express tire trois leçons de cet événement : « la transparence totale est la condition de l’acceptabilité sociale », il existe une « situation de dépendance des industriels français vis-à-vis de leur ‘partenaires’ chinois », et enfin que « les Américains sont de retour dans le paysage nucléaire ».

Relevé dans la presse

  • Nomination – « Sébastien Dauvé va prendre la direction du CEA-Leti, le laboratoire d’électronique et de technologie de l’information du CEA¸ le 1er juillet », rapporte Le Dauphiné Libéré. Il succède à Emmanuel Sabonnadière qui « rejoint, quant à lui, (…) une entreprise iséroise issue du Leti, Soitec », précise le journal.
  • Supercalculateur – « Le CEA et ses partenaires de recherche et technologie confortent leurs moyens communs de simulation numérique avec le nouveau supercalculateur Topaze », rapporte L’Usine Nouvelle. « Signé Atos, il bénéficie d’une architecture hybride avec une puissance de calcul crête de 8,8 pétaflops. (…) Il est installé dans le Très grand centre de calcul du CEA à Bruyères-le-Châtel », précise le journal.
  • Innovation – « Blast, le programme français d’accélération de start-up dans les domaines de l’aéronautique, du spatial et de la défense, a sélectionné mercredi 20 premiers projets », rapporte l’AFP. Parmi eux, 12 startup et huit programmes de recherche, précise l’agence qui s’intéresse en particulier à Caps, « une petite société qui a développé pour 100 000 euros un prototype de capsule volante sur des trajets prédéterminés au-dessus d’agglomérations congestionnées ».
  • Défis du futur – Olivier Blanchard, ancien chef économiste du Fonds monétaire international, et Jean Tirole, prix Nobel d’économie en 2014, publient une tribune dans Les Échos dans laquelle ils reviennent sur la mission confiée par Emmanuel Macron, début 2020, de « réfléchir aux politiques à mettre en place afin de répondre aux grands défis du futur ». Ils se sont concentrés sur le climat, l’inégalité et le vieillissement de nos sociétés. Pour les deux hommes, « même s’ils paraissent très différents, ces trois défis ont beaucoup en commun : ils soulèvent des questions intra et intergénérationnelles fondamentales ».
  • Rapport de la mission information – Après six mois d’enquête, le président de la mission d’information sur le médicament, Pierre Dharréville, a présenté son rapport à l’Assemblée nationale dont « le constat est alarmant ». Le rapport propose des pistes pour remédier au « déclassement de l’industrie française du médicament » parmi lesquelles : améliorer l’attractivité de la recherche française « en alignant les salaires des chercheurs en France ‘au moins sur leurs homologues européens », simplifier et coordonner la filière grâce à la création d’un haut-commissariat ou augmenter « la dotation de l’État aux agences de régulations ».

Mardi 22 juin 2021­

Énergies

[Hydrogène] Environnement Magazine interroge Gérard Longuet, sénateur (Les Républicains) et premier vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST). L’Office, qui regroupe 18 sénateurs et autant de députés « propose de coordonner le développement de la filière, de la production de l’hydrogène jusqu’aux usages ». L’OPECST pointe en particulier l’intérêt de « productions décentralisées » d’hydrogène dont la « distribution reste extrêmement délicate et coûteuse » et juge « nécessaire de soutenir la recherche, notamment sur la question des matériaux ». Pour l’Office « l’électrolyse de l’eau, plus chère que les dizaines d’autres technologies existantes actuellement sur le marché et nécessitant un apport d’eau et surtout d’électricité conséquent, n’est pas en soi synonyme de neutralité carbone ». Ainsi, il « milite pour que les autres modes de production décarbonés d’hydrogène » comme « la pyrolyse du méthane et la production d’hydrogène à partir de biomasse », « ne soient pas pour autant abandonnés, ni sur le plan de la recherche ni sur celui de l’industrie ». Enfin, pour Gérard Longuet, fixer le prix de la tonne de CO2 à « 250 euros permettrait à l’hydrogène vert de concurrencer l’hydrogène issu de la conversion d’hydrocarbures ».

[Batteries] La société PowerUp a annoncé à Viva Technologies la commercialisation du Skipper EPS, un « boitier intelligent qui optimise la charge et la durée de vie des batteries de secours » placées dans les « installations critiques des villes et des entreprises », selon Enerzine. Le magazine en ligne rappelle que « lancée en 2017, PowerUp développe une technologie de rupture issue de plus de 10 ans de recherche au sein du CEA-Liten sur la compréhension des mécanismes de vieillissement des batteries. Forte de 9 brevets, la startup a pour objectif de garantir la fiabilité et de prolonger la durée de vie des batteries Lithium-Ion en fonction de leur usage ».

Relevé dans la presse

  • Aviation « Le commissaire européen Thierry Breton, en charge du marché intérieur, a annoncé (…) la création d’une « Alliance pour l’Aviation Zéro Émission » », signale La Tribune. Cette alliance doit regrouper d’ici fin 2021 «l’ensemble des acteurs du futur écosystème de l’avion propre pour identifier très en amont toutes barrières, émettre des recommandations sur la manière de les surmonter et promouvoir les investissements nécessaires ». Pour ces derniers, « la Commission mettra de l’argent, les États membres également, comme les entreprises » selon le commissaire, qui précise que l’Alliance sera ouverte sous conditions aux « partenaires non continentaux ».
  • Matériaux « Imprimer en 3D une planche de surf conçue à base d’algues vertes, c’est le cap que s’est fixé depuis plus d’un an le Douarneniste Jérémy Lucas », note Le Télégramme. Si un « prototype a été imprimé » en amidon de maïs, l’entrepreneur, qui « intégrera bientôt la CEA Tech Bretagne, à Quimper », doit encore « financer la formulation du nouveau matériau » à base de « poudre d’algues vertes » produite par une société locale.
  • Drones militaires – Pour Le Figaro, la « robotisation des armées s’annonce comme l’une des ruptures technologiques majeures des décennies à venir». La Russie, la Chine, les États-Unis, la Turquie développent des robots pour « retirer les hommes des zones de conflits immédiats » et réaliser des « attaques par saturation » à l’aide d’essaims de drones. Mais « dans cette course, l’Europe est à la traîne, même si l’Allemagne ou l’Estonie construisent une industrie robotique ». En France, l’Armée de terre compte « avoir une idée claire des plateformes dont [elle aura] besoin » en 2025 pour pouvoir « orienter et homogénéiser les programmes des industriels ». Car « les défis technologiques et conceptuels sont nombreux [et] la robotisation imposera aussi de nouvelles contraintes logistiques et en consommation d’énergie ».

Lundi 21 juin 2021

Energie

[EPR Chinois] Selon Le Figaro, « les Chinois, qui exploitent les deux seuls EPR en fonctionnement au monde, ne suivent pas les conseils de leurs partenaires français ». Si « la situation est jugée peu dangereuse du point de vue de la sûreté [par les autorités françaises au moment de la déclaration de l’incident], ‘c’est un sujet diplomatique, industriel et environnemental’, souligne-t-on au sein de l’exécutif ». Le quotidien précise par ailleurs que « ‘les Chinois ont été peu respectueux des conseils de Framatome (…). Normalement, en cas de fuite de gaz rares dans le circuit primaire, on arrête le réacteur ou on diminue sa puissance’ glisse une autre source proche du dossier. Aux niveaux observés de radioactivité à Taishan, un réacteur français aurait été arrêté dans les 48 heures. […] Taishan n’est qu’un révélateur de la dégradation de la confiance entre les deux parties ». Concernant la cause de l’incident, Le Figaro indique qu’« à ce jour, les experts d’EDF n’excluent aucune hypothèse sur les causes de la fuite des crayons. Il peut s’agir d’un problème survenu lors de la fabrication des crayons sur le site de Romans-sur-Isère ou encore d’un choc lors de leur transport. Un problème mécanique ou chimique lié à l’exploitation du réacteur, comme une pièce oubliée dans le circuit primaire ou un redémarrage trop rapide du réacteur ne sont pas exclus. Certains craignent même un défaut de conception de l’EPR ».

[Loi climat] « Le Sénat a conditionné vendredi, lors de l’examen en première lecture du projet de loi climat, l’arrêt de réacteurs nucléaires à la mise en place de capacités nouvelles de production d’énergies renouvelables équivalentes, une disposition qui a fait débat et que les députés pourront supprimer », annonce l’AFP. L’agence précise que la ministre de la Transition écologique et solidaire s’est opposée à cet article qu’elle considère comme « ni fait ni à faire », tandis que « pour le rapporteur Daniel Gremillet (LR), cette mesure vise à ‘conforter l’objectif de décarbonisation du texte’, tout en sécurisant la fourniture d’énergie électrique ».

[Énergies fossiles] Le Monde décrypte la publication du rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) « qui détaille l’une des trajectoires possibles pour parvenir à la neutralité carbone d’ici à 2050 et ainsi limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C. Un document qui ‘bouleverse le monde de l’énergie’, selon les mots de l’hebdomadaire américain Times. [L’AIE] affirme désormais que les investissements dans de nouvelles installations pétrolières et gazières doivent cesser. Non pas au cours de la prochaine décennie, mais dès aujourd’hui ». Jusqu’ici, l’agence était « critiquée pour ses positions conservatrices à l’égard des renouvelables et pour ne pas avoir placé plus tôt au cœur de son analyse la nécessité de limiter le réchauffement à 1,5 °C » indique le quotidien pour expliquer le bruit qu’a fait ce rapport dans le milieu des énergies.

Relevé dans la presse

Alzheimer – Le magazine féminin Femme Actuelle s’intéresse à la découverte, par une société de biotechnologie britannique, d’ « un vaccin [ayant] vocation à combattre l’accumulation de la protéine Tau dans le cerveau, qui est à l’origine de la neurodégénérescence observée dans la maladie [d’Alzheimer]. » « Les scientifiques ont pu montrer que l’injection du vaccin entraînait bien une production d’anticorps, qui ont ralenti la neurodégénérescence des patients par rapport à ceux du groupe témoin. Chez certains patients, le ralentissement du déclin cognitif et fonctionnel allait jusqu’à 30 % ».

  • Armements spatiaux – « Désormais, il ne s’agit plus de prévenir l’accélération de la course aux armements dans l’espace – elle est bien présente – mais de la contenir » indique La Tribune. Pour le quotidien, si « depuis de nombreuses décennies, les forces armées utilisent, entre autres, des systèmes de communication, d’observation ou de navigation placés dans l’espace pour soutenir les troupes militaires au sol, […] ce n’est que récemment que les puissances spatiales ont commencé à annoncer publiquement et à investir dans le placement d’armes dans l’espace et l’établissement de branches militaires dédiées ». Le quotidien recense ainsi plusieurs initiatives pour prévenir la course aux armements dans l’espace notamment la signature d’un traité entre la Chine et la Russie « visant à empêcher le placement d’armes dans l’espace et les menaces contre les objets spatiaux et certains pays occidentaux ont proposé de ‘réduire les menaces spatiales au moyen de normes, de règles et de principes de comportement responsable’ ».

Vendredi 18 juin 1021

Energies

[Startup] La Tribune consacre un article aux start-up du domaine des énergies, « la brique indispensable de la transition des grands énergéticiens », s’appuyant sur l’intérêt grandissant d’Engie ou d’EDF pour celles-ci afin de « se transformer en fournisseurs de décarbonation pour le bâtiment, l’industrie et la mobilité ». « Dernièrement, l’électricien a investi dans la startup PowerUp. Issue du CEA-Liten, elle a développé des algorithmes capables de doubler la durée de vie des batteries lithium-ion. Une prouesse précieuse pour EDF, qui a lancé un vaste plan dédié au stockage des énergies renouvelables. » Le quotidien précise aussi que « l’hydrogène vert, les biogaz et les systèmes de capture et de stockage de CO2 » font partie plus largement des centres d’intérêt des énergéticiens français.

[Hydrogène vert] « Capable de pallier l’intermittence des énergies renouvelables, de décarboner des activités polluantes… cette molécule a de l’avenir. Reste à l’industrialiser et massifier les projets, avec une baisse des coûts à la clé », explique Le Moniteur. Parmi plusieurs projets cités, le journal nomme le groupe cimentier « Vicat [qui] étudie la mise en place de deux systèmes d’électrolyse dans sa cimenterie de Saint-Egrève (Isère) en collaboration avec Hynamics, filiale d’EDF, et le CEA-Liten. L’un permettrait de valoriser le CO2 émis par le four cimentier pour obtenir des composés utilisés en chimie et pétrochimie. L’autre vise à produire l’hydrogène nécessaire à l’alimentation de 10 poids lourds. »

[Énergies vertes] Le journal spécialisé Le Nouvel économiste s’intéresse au « goulet d’étranglement » des énergies vertes représenté par « la rareté des métaux et les contraintes foncières ». « Loin d’être transitoires, ces goulets d’étranglement risquent de devenir une caractéristique récurrente de l’économie mondiale pour les années à venir, car le passage à un système énergétique plus propre n’en est encore qu’à ses débuts » indique-t-il, estimant par exemple « que le prix d’un panier de cinq minéraux utilisés dans les voitures électriques et les réseaux électriques a grimpé de 139 % l’année dernière ». Et pourtant, le journal prévoit des investissements considérables à venir puisque « pour rester sur la voie de l’objectif “zéro émission”, la production annuelle de véhicules électriques doit être dix fois supérieure à celle de l’année dernière d’ici à 2030, et le nombre de bornes de recharge en bord de route 31 fois plus important. La base installée de la production d’énergie renouvelable doit être multipliée par trois. Les entreprises minières mondiales devront peut-être augmenter de 500 % la production annuelle de minéraux essentiels ». Le journal conclut ainsi que « les goulets d’étranglement verts sont le signe que la décarbonation passe enfin du stade d’idée théorique à celui de réalité. Une impulsion puissante est maintenant nécessaire pour faire que cette révolution se produise. »

Relevé dans la presse

Recyclage batteries – Orano « veut créer une filière française de recyclage des batteries » Li-ion, note La Tribune. L’industriel souhaite s’appuyer sur le « savoir-faire en matière d’extraction et de traitement de matières » de son site de Bessines (87), construit par le CEA pour extraire et traiter le minerai d’uranium. Vont y être créés « 25 emplois (…) pour superviser les essais des pilotes semi-industriels jusqu’en 2023 ». L’investissement de 22 millions d’euros pourrait déboucher sur une « exploitation industrielle du procédé en 2024 ou 2025 [avec] 3 000 emplois directs » selon le directeur du site, Régis Mathieu, qui précise qu’Orano compte traiter les « batteries de plus de 150 000 véhicules en 2030 ». Pour cela, Orano s’appuie sur un consortium auquel participent Saft, Paprec, MTB Manufacturing et le CEA-Liten, « expert reconnu en transition énergétique ».

  • Robots grenouilles – Softbank Robotics Europe, «la seule entreprise au monde à produire des robots humanoïdes en série », « paraît désormais condamnée » alerte L’Humanité. Le quotidien signale que « la moitié des 330 salariés français devrait en effet être licenciée en septembre » avec la suppression des « services qualité, vente et après-vente ». Pour la direction de l’ancien Aldebaran, ce « plan d’optimisation des effectifs » était rendu nécessaire par « la pandémie et [le] ralentissement économique qui en résulte ». Ces robots sont principalement vendus pour « l’accueil en boutique ou dans les restaurants ».

Jeudi 17 juin 2021

Nucléaire chinois

« Alors que le monde du nucléaire est accaparé par le réacteur numéro 1 de Taishan situé dans le sud de la Chine […], une information majeure pour le secteur est passée inaperçue », note La Tribune, qui précise que « dans une note publiée le 10 juin dernier, le World nuclear industry status report (WNISR) a indiqué que la production nucléaire chinoise avait dépassé celle de la France en 2020, une première ». « La Chine se hisse ainsi à la seconde place mondiale des plus grands producteurs d’énergie nucléaire, mais reste loin derrière les Etats-Unis (près de 790 TWh) ». Le quotidien explique : « dans le détail, 49 réacteurs nucléaires ont produit 345 térawattheures (TWh) en Chine en 2020, tandis qu’un réacteur du parc était à l’arrêt. Sur la même période, les réacteurs tricolores ont produit légèrement plus de 335 TWh, ‘son plus bas niveau depuis 27 ans’, souligne le rapport. Alors que la production nucléaire chinoise a augmenté de 5 %, la production française, elle, a fléchi de 12 % ». En France, la crise sanitaire a eu un fort impact sur la production nucléaire puisque « le confinement du printemps 2020 a, en effet, engendré de grands chamboulements sur le calendrier des opérations de maintenance des centrales nucléaires », qui a « conduit à une moins grande disponibilité des réacteurs ». Sans compter la fermeture, toujours en 2020, « des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim ».  En Chine, « la tendance est à l’opposé » : « l’empire du Milieu a mis en service deux nouveaux réacteurs en 2020, et un réacteur supplémentaire a été raccordé au réseau électrique en mai dernier ».

L’Usine Nouvelle revient pour sa part sur la « situation à l’EPR de Taishan [qui] risque de perturber les atomes crochus entre EDF et la Chine ». « Tandis que des incertitudes demeurent sur les déboires de la centrale nucléaire, le partage des responsabilités entre les deux partenaires interroge », indique le magazine. Or ces incertitudes risquent de ne pas être levées tant que la centrale n’est pas à l’arrêt, arrêt qui « ne semblait pas à l’ordre du jour lundi 14 juin ».  L’Usine Nouvelle signale que « selon CNN le maintien en service de la centrale fait partie des points de désaccord entre Framatome et les autorités chinoise. L’entreprise française, concepteur de l’EPR, reprocherait à la Chine d’avoir élevé ses seuils réglementaires sur les rejets atmosphériques afin d’éviter l’arrêt de la centrale ». « A quel niveau se situent ces seuils aujourd’hui ? sont-ils plus élevés qu’en France ? » s’interroge l’Usine Nouvelle qui a posé la question à l’Autorité de sûreté nucléaire française, cette dernière ne souhaitant pas s’exprimer sur la question. Cependant, selon des informations du Parisien, « le seuil appliqué à la centrale de Taishan s’élève désormais à 324 gigabecquerels par tonne d’eau [dans le circuit primaire] », quand en France il est de 150 gigabecquerels. Actuellement à Taishan, « les dernières mesures relèveraient des niveaux entre 250 et 300 gigabecquerels ». « Même si EDF se montre rassurant, les défauts sur l’étanchéité des gaines peuvent avoir des conséquences sur le fonctionnement de la centrale. ‘Le circuit primaire est purgé de ses gaz au fil de l’exploitation et les effluents sont stockés pendant une période de décroissance de la radioactivité avant d’être rejetés. Si on augmente le volume, le risque est de se retrouver en flux tendu et de devoir rejeter avant que la radioactivité ait décru suffisamment’, pointe Manon Besnard [ingénieure nucléaire et chargée de mission au sein de l’Institut NégaWatt, interviewée par le magazine] ».

L’AFP signale par ailleurs que « l’Autorité nationale de sûreté nucléaire française et son homologue chinoise, la NNSA, ont ouvert un ‘dialogue technique’ sur les conditions d’exploitation de la centrale de Taishan ». L’objectif annoncé par l’ASN dans son communiqué est « d’examiner dans quelle mesure le retour d’expérience de la situation d’exploitation actuelle à Taishan peut être pris en compte dans le cadre de l’instruction en cours de la demande de mise en service de l’EPR de Flamanville ».
A noter que Valérie Faudon, déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire, est intervenue dans l’émission d’Arte 28 Minutes pour débattre de la question « EPR : l’avenir du nucléaire est-il menacé ? ». L’intégralité de son intervention est à retrouver ici.

Relevé dans la presse

  • Moteurs thermiques – Selon Les Échos, « c’est finalement le 14 juillet que la Commission européenne fera savoir à quelle échéance elle souhaite bannir les moteurs 100 % essence ou diesel dans les voitures neuves. Cette décision fera partie des 13 directives que Bruxelles proposera ce jour-là pour décliner son ambition, baptisée ‘Green Deal’, de réduire de 55 % les émissions de CO2 en 2030 par rapport à 1990». Cela devrait conduire à la fin du véhicule thermique en 2035. « Problème : cette perspective, selon nos informations, ne fait absolument pas l’unanimité au sein du gouvernement français ». Ainsi, « Bercy invoque les emplois en jeu, et le risque de casse sociale. Matignon serait sur la même ligne ». Tandis que « du côté des ministères de la Transition écologique et des Transports […], la cause semble acquise ». La décision finale « reviendra à Emmanuel Macron, qui devrait se prononcer sur la position française avant le 14 juillet, selon une source ».
  • Batteries – D’après l’AFP, « face à l’explosion des ventes de voitures électriques, l’Europe a commencé à rapatrier la filière de production des batteries, mais reste loin de l’autonomie», même si les batteries restent « pour l’instant fabriquées en majorité en Asie, entre la Chine, la Corée du Sud et le Japon ». L’agence de presse explique : « après des années à faible voltage, l’Europe compte désormais 38 projets d’usines de batteries pour un total de 1000 gigawattheures (GWh) annuels prévus, et près de 40 milliards d’euros d’investissement, selon l’ONG Transport et Environnement ».
  • Covid-19 – L’AFP relève les premiers résultats décevants annoncés par le laboratoire allemand CureVac, concernant son principal candidat vaccin contre la Covid-19. Il n’a « démontré qu’une efficacité de 47 %, selon l’analyse intermédiaire d’un essai clinique à grande échelle, et ne [remplit] pas à ce stade les critères exigés».

Mercredi 16 juin 2021­

Taishan

« Après la vague d’interrogations suscitée par la chaîne de télévision américaine CNN évoquant de possibles ‘fuites’ dans le circuit primaire du premier réacteur EPR conçu par EDF et mis en service à Taishan, en Chine, Pékin tente de rassurer » explique Les Echos. « D’après les informations fournies par les autorités compétentes, ‘la situation actuelle à la centrale nucléaire de Taishan répond aux exigences techniques’, a souligné le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, mardi. Autrement dit, si des gaz rares sont effectivement présents dans le circuit de refroidissement du réacteur, leur quantité est inférieure aux standards fixés par l’autorité de sûreté nucléaire chinoise.  Dans sa dépêche la plus récente, l’AFP indique que « la Chine admet un incident mineur dans sa centrale nucléaire de Taishan [et admet qu’une] hausse de la radioactivité à l’intérieur d’un des réacteurs [a été] causée ‘par environ cinq barres de combustibles endommagées’. […] L’augmentation de la radioactivité dans la centrale se situe ‘dans la fourchette réglementaire’ mais ‘il n’y a pas de fuite radioactive dans l’environnement’, précise le communiqué [commun du ministère chinois de l’Environnement et de l’Autorité de sûreté du nucléaire] ». L’AFP relaie par ailleurs la réaction de « la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili [qui] a appelé à ne pas prendre de décisions hâtives sur de futurs chantiers. ‘Toutes les énergies ont des avantages et des inconvénients, regardons-les mais ne réagissons pas à chaud’, a plaidé mardi sur France Inter la ministre, opposante de longue date au nucléaire .».

Covid-19

Selon l’AFP, « le groupe pharmaceutique anglo-suédois AstraZeneca a annoncé mardi avoir subi un revers dans le développement d’un traitement contre le coronavirus, dont l’efficacité sur les personnes exposées au virus n’a pas été prouvée. Il s’agit d’un traitement par anticorps, dont le nom de code est AZD7442 et qui doit permettre à la fois de prévenir et de traiter la maladie. […] ‘L’essai n’a pas atteint le but principal de prévenir les cas de Covid-19 symptomatiques après exposition’ au virus, a expliqué AstraZeneca dans un communiqué ». Dans ce dernier, AstraZeneca indique que « des discussions sont en cours ‘concernant les prochaines étapes avec le gouvernement américain’ ». « AstraZeneca est par ailleurs toujours confronté à des interrogations sur son vaccin contre le Covid-19, suspendu par plusieurs pays européens après de rares problèmes sanguins chez des personnes vaccinées. Dans le même temps, une étude publiée lundi par les autorités sanitaires britanniques a révélé que deux doses des vaccins Pfizer/BioNTech ou AstraZeneca/Oxford protègent à plus de 90% contre les hospitalisations après avoir contracté le variant Delta du coronavirus, initialement apparu en Inde ».

Relevé dans la presse

Semi-conducteurs – Les Echos consacre un article à la volonté européenne de « revenir dans la course des semi-conducteurs ». Le quotidien affirme ainsi que « là où le Vieux Continent pesait, en 1990, environ 40 % de la production mondiale de microprocesseurs, il est tombé aujourd’hui à… 9 % » Or, « ‘Si on perd la course dans la production des microprocesseurs, ce n’est pas la peine de faire des projets européens dans la 5G, le cloud, les supercalculateurs ou la voiture connectée’, résume une source à la Commission européenne » au quotidien. « ‘S’il y a une leçon que la pandémie nous a apprise, c’est la nécessité de rééquilibrer nos chaînes d’approvisionnement’, estime Thierry Breton. A Bruxelles, certaines idées françaises, autrefois perçues avec dédain, ne rasent plus les murs. ‘On assume complètement le fait qu’il faut réinvestir dans la production européenne’, résume une tête pensante (française) de la Commission ». Les Echos conclut : « Reste à monnayer ce savoir-faire [une bonne partie de l’amont de la production mondiale est aujourd’hui assurée par les Européens] pour reprendre pied industriellement ». Ainsi, le plan de Bruxelles semble clair « développer, à l’instar de ce qui a été lancé dans le secteur des batteries, une « alliance » européenne des semi-conducteurs ».


Mardi 15 juin 2021

Nucléaire

[Taishan] Tous les médias, dont Le Monde, reviennent sur « l’incident intervenu sur le réacteur EPR n° 1 de la centrale de Taishan, dans le sud-ouest de la Chine » à la suite des« précisions techniques » apportées par EDF, le lundi 14 juin. Ce dernier, « qui est actionnaire à 30% de la centrale chinoise aux côtés du groupe national CGN, a fait état de la présence de ‘gaz rares’ dans le circuit primaire du premier réacteur, après la dégradation de la gaine de quelques ‘crayons’ contenant les pastilles d’uranium », précise la dépêche de l’AFP. En matière de sûreté, « EDF indique que ‘la présence de certains gaz rares dans le circuit primaire est un phénomène connu, étudié et prévu par les procédures d’exploitation des réacteurs’ », rapporte La Tribune. Par ailleurs, « dans un communiqué distinct, Framatome [dont la branche américaine « a alerté le département de l’Energie de l’administration Biden, via une lettre dont CNN a eu connaissance »] ajoute que ‘sur la base des informations disponibles, le réacteur est actuellement dans son domaine de fonctionnement et de sûreté autorisé’ ». Les médias s’interrogent également sur les conséquences économiques sur la filière nucléaire et notamment les ventes d’EPR. En effet, « les problèmes rencontrés sur un EPR en service en Chine tombent mal pour le groupe énergétique français EDF, qui espère de nouveaux chantiers pour son réacteur, mais aussi pour l’industrie chinoise, estiment des experts » relayés par l’AFP.

[Royaume-Uni] En parallèle, l’AFP a indiqué dans une dépêche qu’EDF « admet qu’il y a un ‘risque’ » de fermeture anticipée des « centrales de Torness en Ecosse et Heysham 2 dans le nord-ouest de l’Angleterre [qui] doivent normalement fermer en 2030 ». En effet, « ‘cela pourrait se produire plus tôt’ à cause de la probabilité que des brèches apparaissent dans les réacteurs », a affirmé Richard Bradfield, directeur technique chez EDF, cité par le quotidien Times lundi.

Relevé dans la presse

Climat – Le Parisien s’intéresse à « une étude internationale [menée par un groupe international de scientifiques de l’Institut Pierre-Simon-Laplace (rattachés notamment au CNRS et au CEA)], publiée ce mardi, [qui] attribue les dégâts colossaux liés au gel tardif d’avril 2021 chez les viticulteurs et arboriculteurs aux effets collatéraux… du réchauffement climatique ». D’après l’étude, « la crise climatique aurait même ‘augmenté de près de 60 % en France la probabilité des gelées d’avril dernier’ ». En effet, « c’est qu’avec le réchauffement, les plantes ont tendance à se réveiller plus tôt de leur ‘dormance’ hivernale. ‘On a gagné quinze jours par rapport aux années 1980 sur le début de la saison de croissance de la végétation’», a détaillé au quotidien le climatologue Robert Vautard, qui a participé à cette étude. « ‘À ce moment-là, si le gel intervient, c’est une situation critique pour la végétation car la plante pourra peut-être repousser mais ne fera probablement pas de fruits’ », ajoute Nicolas Viovy, chercheur CEA au LSCE et spécialiste des liens entre climat et végétation. Pour parer à cela, ce dernier estime « qu’il serait peut-être plus judicieux de réfléchir à ce que l’on sème. ‘Pour profiter du réchauffement et avoir des fruits plus tôt, certains cultivateurs ont eu tendance ces dernières années à utiliser des espèces végétales qui bourgeonnent plus précocement, mais peut-être va-t-il falloir investir désormais dans des plantes plus tardives’ ».

  • Vivatech – La Revue du Digital s’intéresse à la participation du CEA pour la deuxième année au salon Vivatech 2021, qui se tient en format mixte virtuel et physique du 16 au 19 juin à Paris Expo, porte de Versailles. Cette année, en ligne, le CEA sera présent autour du thème de «la sécurité des personnes et des biens, depuis la cybersécurité, jusqu’aux véhicules connectés autonomes en passant par la transparence alimentaire au travers de 7 startups issues de ses laboratoires ». « Il s’agit d’Alkalee, Connecting food, Isorg, Kalray, Krono-safe, Snowpack et Trustinsoft », rapporte l’article. Plus d’informations dans cette actualité.

Agroalimentaire – Le Dauphiné Libéré a interviewé, à la suite du Carrefour des fournisseurs de l’industrie agroalimentaire (CFIA) à Rennes, Thomas Bordy, président et cofondateur de la startup Direct Analysis, issue du CEA-Leti. Le CFIA a été l’occasion pour la jeune entreprise grenobloise de dévoiler « sa solution de détection rapide d’agents pathogènes ». T. Bordy explique que « ‘c’est une solution de rupture […] On propose une brique d’extraction d’ADN innovante pour les technologies telles que la PCR, dont on parle beaucoup en ce moment. Cette brique permet de faire une détection de bactéries pathogènes en 5 heures là où, aujourd’hui, 22 heures sont nécessaires, pour les méthodes les plus rapides. Pour une industrie comme l’agroalimentaire qui travaille à flux tendus, avec des produits frais, ce gain de temps est important pour éviter de potentielles infections chez les consommateurs et réduire les rappels, les pertes […] Dans une usine, des contrôles sur les lignes de production sont réalisés régulièrement. Tant que le résultat de l’analyse n’est pas revenu, la machine ne repart pas. Il y a donc aussi un enjeu de productivité’ ».

  • Vaccin Covid-19 – Les Echos s’intéresse à « la biotech américaine [Novavax qui] affirme que son candidat vaccin est efficace à plus de 90 % ‘globalement’, selon les premières données de son essai clinique de phase III. Surtout, son efficacité a été de 93 % contre les principaux variants ». Ce vaccin est différent des précédents car « dit à ‘sous-unités protéiques’ », c’est-à-dire que «la protéine Spike, présente à la surface du virus et utilisée par tous les vaccins pour déclencher une réponse du système immunitaire, est obtenue par recombinaison. Elle est ainsi produite dans des cellules d’insectes et non de mammifères. Surtout, elle prend alors la forme des protéines qu’émettent les virus pour infecter de nouvelles cellules – protéines pseudo-virales – la rendant très visible par les défenses du corps humain ». « Contrairement à d’autres vaccins, il n’a pas besoin d’être conservé à des températures très basses, mais seulement entre 2 et 8 °C. Cela pourrait permettre de le transporter et de l’administrer plus facilement dans les pays les moins développés », indique l’article.

Lundi 14 juin 2021

Hydrogène

Selon Les Echos, « quatre projets d’usines d’électrolyseurs sont en gestation, laissant espérer une véritable filière industrielle française pour l’hydrogène. La France et l’Europe veulent sécuriser une production locale pour éviter l’échec du début du siècle dans le solaire photovoltaïque face à la Chine [la majorité des panneaux photovoltaïques est aujourd’hui fabriquée en Chine.]. » Le quotidien les liste ainsi : « la jeune pousse française McPhy a annoncé le mois dernier qu’elle avait choisi Belfort pour construire son site industriel. John Cockerill, une entreprise belge à capitaux français, vient de déposer des demandes de permis pour s’implanter non loin de là, à Aspach, dans le Haut-Rhin. Genvia, une coentreprise du parapétrolier américain Schlumberger et du CEA, prépare une implantation à Béziers, dans l’Hérault. Enfin Elogen, filiale de la société d’ingénierie GTT, envisagerait lui aussi une usine dont la localisation n’a pas encore été annoncée. […] ‘Nos premiers électrolyseurs sortiront de notre usine d’Aspach début 2023’, reprend Anne-Françoise Laime [déléguée générale de John Cockerill]. McPhy vise un démarrage début 2024. Genvia, qui développe une technologie haute température moins mature, n’annoncera sa décision d’investissement définitive que ‘fin 2023, début 2024’. »

Relevé dans la presse

EPR Taishan Chinois – « Framatome a indiqué lundi surveiller ‘l’évolution d’un des paramètres de fonctionnement’ de la centrale nucléaire de Taishan, dans le sud de la Chine », annonce l’AFP. « Elle ‘est dans son domaine de fonctionnement et de sûreté autorisé’, précise Framatome, qui a participé à la construction de la centrale, dans une déclaration à l’AFP». Cette information a été largement relayée par les médias français et internationaux.

Terres rares – « Et si la Chine coupait demain aux Etats-Unis et à l’Europe l’accès à des minéraux essentiels à la fabrication de véhicules électriques, d’éoliennes ou de drones, produits à une écrasante majorité sur son sol ? », s’interroge l’ÁFP. Pour éviter ce scénario, Washington et Bruxelles souhaitent réinvestir « le marché des « terres rares », ces dix-sept matières minérales aux propriétés uniques, aujourd’hui largement extraites du sol et raffinées en Chine ». « Côté européen, un ‘plan d’action’ va être présenté ‘dans les prochains jours’ à la Commission [européenne], destiné à dresser les priorités du Vieux continent, a indiqué début juin lors d’une conférence Bernd Schäfer, à la tête de l’EIT RawMaterials, un consortium destiné à accompagner les projets dans ce secteur ». L’agence précise que « la Chine devrait bénéficier encore longtemps de sa position dominante mais les ambitions sont là : ‘20 % à 30 % des besoins en aimants d’ici 2030 pourraient provenir du continent contre pratiquement zéro aujourd’hui’ grâce au recyclage, si les projets identifiés sont mis en œuvre, a précisé Bernd Schäfer ».


[Synthèse de presse | 07.05.2021  .2021]

Environnement

[Photovoltaïque] Actu-Environnement rapporte qu’ « une première étude relative à l’impact des installations solaires au sol sur la biodiversité » a été rendue publique mardi. Réalisés par 2 bureaux d’études, I are & Consult et Biotope, le résultat de la première phase de l’enquête « infirme l’idée reçue selon laquelle les centrales solaires seraient systématiquement néfastes pour leur environnement » d’après un communiqué diffusé par le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et Enerplan. Actu-Environnement précise que « face à ces [derniers] constats, les bureaux d’études formulent une série de recommandations pour améliorer la stratégie globale de suivi environnemental ». Cependant, « ces résultats ne constituent […] que la première phase de l’étude et les auteurs en soulignent les limites : courte durée de l’étude (un semestre), échantillon de parcs limité, exploitation de documents existants et fournis volontairement ». La deuxième phase va quant à elle durer « deux ans (2021-2022) », sera menée « sur un périmètre élargi (national plutôt que régional) » et « avec une analyse plus approfondie ».

[Hydrogène] Actu-Environnement rapporte qu’une étude estime que « l’hydrogène sera indispensable pour atteindre la neutralité carbone en 2050 dans l’Union européenne ». En effet, « le projet de recherche Hydrogen4EU, mené par l’IFP Énergies nouvelles, la fondation de recherche scandinave Sintef et le cabinet de conseil Deloitte » s’est intéressé au « rôle des technologies de l’hydrogène dans la transition énergétique européenne [en] modélisant le système énergétique européen, sa transition de 2020 à 2050 et le rôle que peut y jouer l’hydrogène. Deux scénarios de décarbonation à l’horizon 2050 ont été étudiés : l’un basé sur la neutralité technologique [en terme d’émissions], l’autre sur un développement poussé des énergies renouvelables (ENR) […] Le scénario ‘Énergies renouvelables’ table sur un objectif de 40 % d’ENR en 2030, contre 32 % pour le scénario ‘Neutralité technologique’. Il [Le scénario ENR] cible 80 % d’ENR en 2050. La différence entre les deux scénarios est comblée essentiellement par le nucléaire et par le captage et stockage du CO (CCS) ». D’après Actu-Environnement, il ressort des conclusions des recherches que dans les deux cas étudiés « l’hydrogène devrait jouer un rôle majeur, en participant à la décarbonation de l’ensemble des secteurs : industrie, transports, bâtiment… ». Néanmoins, l’étude prévient que « le cadre réglementaire et politique actuel n’a toujours pas mis en place les outils et les mesures nécessaires pour stimuler la montée en puissance de l’hydrogène et, plus généralement, pour permettre aux technologies propres de concurrencer les solutions émettrices de CO2 et de parvenir à atteindre le seuil de rentabilité à long terme ».

Relevé dans la presse

–    Covid-19 – Une dépêche de l’AFP indique que « le soutien américain à une levée des brevets sur les vaccins contre le Covid-19 a suscité de l’intérêt à travers le monde, mais l’opposition de l’Allemagne pourrait faire dérailler la proposition, tandis que l’industrie pharmaceutique freine également des quatre fers ». Ainsi, la dirigeante de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) Ngozi Okonjo-Iweala a « chaleureusement » salué jeudi « l’annonce faite la veille à ce sujet par les Etats-Unis ». Dans le même temps, elle a « encouragé l’Inde et l’Afrique du Sud, à l’origine de cette proposition destinée à accélérer la production et la distribution des vaccins, à rapidement présenter un texte révisé, davantage acceptable par tous ».

·     EDF – Selon l’AFP, « le gouvernement mène des discussions toujours difficiles avec les syndicats comme avec la Commission européenne sur l’avenir d’EDF, dont le projet de réorganisation traîne en longueur faute d’accord ». L’AFP précise qu’« un point d’achoppement majeur reste le degré de relation entre les futurs entités d’EDF. La Commission exige des ‘murailles de Chine’ entre elles. Elle veut notamment éviter des ‘subventions croisées’, par exemple qu’un coup de pouce au nucléaire bénéficie à d’autres activités d’EDF au détriment de ses concurrents. Mais Paris insiste sur le fait que le groupe doit rester intégré, avec une stratégie unique et des flux financiers entre les différentes activités ».

·     Blockchain – Dans son dernier numéro consacré à la blockchain, Industrie & Technologies a interviewé Sarah Tucci, chef de laboratoire au CEA-List. A la question de l’apport de la blockchain aux projets industriels, S. Tucci répond qu’« elle garantit l’intégrité de l’information ». Selon Mme Tucci, interrogée sur les limites actuelles, « un gros travail de R & D reste à accomplir pour gérer des informations qui évoluent dans le temps. Pour l’instant, on n’utilise la blockchain que pour des informations qui ne changeront jamais, comme l’origine d’un produit. Il est beaucoup plus difficile de gérer les caractéristiques d’un produit au cours de sa vie, comme l’état d’une voiture. Mais beaucoup espèrent pouvoir y arriver ».

·     Dissuasion – Le magazine spécialisé AeroSpatium revient sur le « missile M51 sans charge militaire [qui] a été tiré avec succès du site des Landes de DGA EM (Direction générale de l’armement – Essais de missiles) au sud de Biscarrosse, sur la côte atlantique », le 28 avril dernier. L’article conclut qu’ « à l’issue de la mission, Florence Parly, ministre des Armées, a adressé ses félicitations à l’ensemble du personnel du ministère des Armées, du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et des partenaires industriels du programme ».


[Synthèse de presse | 04.05.2021  .2021]

Énergies

[Centrale nucléaire] « Le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche) a été reconnecté au réseau électrique lundi après plus de 19 mois d’arrêt », signale l’AFP. Selon RTE, « la ‘fin de l’arrêt’ n’interviendra que le 11 mai après une ‘remontée par paliers’ », note l’agence. Le réacteur avait d’abord « été arrêté près de 10 mois (d’avril 2018 à fin janvier 2019) pour une révision décennale qui devait durer au départ six mois », puis stoppé « le 18 septembre 2019 en raison de ‘traces de corrosion’ sur des systèmes de secours ». Selon EDF, cité par l’agence, il avait ensuite été « soumis à un bilan de maintenance exhaustif, qui a impacté la durée initiale de l’arrêt ».

[Éoliennes] Si « les projets de parcs éoliens se multiplient en France (…), ces constructions cristallisent les tensions » note Libération. Le journal liste un certain nombre d’arguments soutenus par les opposants à ces projets (impact sur la faune, nuisances sonores, difficultés de recyclage ou approvisionnement en terres rares…).
Pour autant, l’éolien reste « nécessaire à la transition énergétique » selon Libération, qui note que, en 2020, « les éoliennes sont devenues la troisième source de production d’électricité du pays, dépassant les centrales à gaz ». Elles assurent « 7,9 % de la production française d’électricité » derrière le nucléaire et l’hydraulique. Et « l’éolien terrestre [devrait] compter entre 14 200 et 15 500 éoliennes en 2028, contre 8 000 fin 2018 ».

Relevé dans la presse

·     Automobile – La Tribune souligne que « la crise sanitaire a accéléré de manière spectaculaire le processus de transformation de l’industrie automobile. Les constructeurs traditionnels comme Volkswagen ou Stellantis [PSA-Fiat-Chrysler] accélèrent la mutation de leur modèle industriel en se calquant sur celui de leur rival américain Tesla, dont les ventes de voitures électriques explosent ». Cependant, le journal analyse que « l’ensemble de la filière pourrait rater le train de cette transformation sans précédent » car les constructeurs « n’ont pris conscience que très récemment de la nécessité de changer de paradigme et que la voiture électrique impliquait, pour passer à la vitesse supérieure, la mise en place d’un nouveau modèle industriel ». De plus, « si les constructeurs sont capables de se projeter dans ce modèle de voiture du futur à coup d’études de cabinets spécialisés, les fournisseurs auront plus de mal ».

·     Cyberdéfense – « Un centre de conception russe spécialisé dans les sous-marins nucléaires » a été visé par une cyberattaque, note Le Monde Informatique. C’est « le Rubin Design Bureau, un centre de conception de sous-marins nucléaires faisant partie du consortium ‘Gidropribor’ de Saint-Pétersbourg, un centre de recherche national qui conçoit des missiles sous-marins », qui a été la cible d’une « attaque d’hameçonnage ciblé ». Si l’attaque ne peut être attribuée, « quelques groupes APT chinois connus partagent un certain nombre de similitudes avec l’acteur de la menace à l’origine de ces derniers échantillons de malware », selon l’entreprise spécialisée Cybereason Nocturnus. Retrouvez cet article dans son intégralité ici<https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-une-backdoor-dans-le-malware-royal-road-vise-les-sous-marins-nucleaires-russes-82806.html>.


[Synthèse de presse | 03.05.2021  .2021]

Environnement

[Puits de carbone] Les Échos alerte : « qu’ils soient verts ou bleus, les puits de carbone et de régulation climatique se dégradent inexorablement ». C’est en effet ce qui ressort des conclusions « de plusieurs études scientifiques parues depuis le début de l’année ». L’article s’intéresse notamment à un rapport de synthèse de l’état des connaissances sur le cycle du carbone présenté la semaine dernière par l’Unesco, qui rappelle que le rôle des principaux moteurs de régulation climatique « pourrait même s’inverser et participer au réchauffement de l’atmosphère ». Les Échos précise que « la principale inquiétude vient du ralentissement d’un des principaux systèmes de circulation océanique, le Gulf Stream ou Circulation méridienne de retournement atlantique (Amoc). Ce courant océanique […] transporte à chaque seconde des millions de mètres cubes d’eau chaude des Antilles vers l’Arctique, où elle se densifie en refroidissant et plonge dans les profondeurs pour ressortir dans l’Atlantique Sud ». Or, selon une étude publiée le 26 février par des chercheurs allemands de l’Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique, « cette courroie de transmission globale perd de sa vigueur depuis le début du XXe siècle, et plus particulièrement depuis 1970 ».

[Amazonie] Selon France Info, « on continue à l’appeler ‘le poumon de la planète’ et pourtant l’Amazonie rejette plus de carbone qu’elle n’en absorbe sur les dix dernières années ». Selon les recherches d’une équipe internationale qui intègre des membres du CEA, du CNRS et de l’INRAE, « l’Amazonie brésilienne, qui représente 60 % de forêt tropicale, a rejeté plus de carbone qu’elle n’en a emmagasiné : 700 000 tonnes entre 2010 et 2019 ». Ces conclusions seraient liées à trois facteurs principaux : « la sécheresse », « la déforestation » et « la dégradation de petits secteurs souvent proches des grandes coupes de bois ». France Info explique que pour obtenir ces résultats, les scientifiques ont « scanné l’Amazonie brésilienne avec un capteur satellite de l’Agence spatiale européenne à grande longueur d’onde ». Retrouvez le communiqué de presse du CEA sur le sujet ici<https://www.cea.fr/presse/Pages/actualites-communiques/environnement/foret-bresilienne-rejette-carbone-sur-derniere-decennie.aspx>.

Relevé dans la presse

·     Filière hydrogène vert – Industrie & Technologies revient sur la question du déploiement de la filière hydrogène vert en Europe : « faut-il plutôt transporter les électrons pour électrolyser l’eau au plus près des usages ou bien transporter les molécules d’hydrogène vert déjà produites ? » Débattue lors d’une table ronde organisée par le Pôle Véhicule du Futur, la question est loin de faire consensus. Retrouvez les arguments des participants au débat sur l’article disponible en ligne<https://www.industrie-techno.com/article/massifier-la-production-ou-territorialiser-l-ecosysteme-deux-irreconciliables-strategies-pour-deployer-la-filiere-hydrogene-vert.64854>.


[Synthèse de presse | 29.04.2021  .2021]

Chimie verte

[Génome] D’après L’Usine Nouvelle, « chercheurs, semenciers et pétrochimistes scrutent les nouvelles techniques de modification génomique pour accroître la productivité des carburants issus du végétal ». À cette occasion, le journal s’intéresse aux activités du CEA qui dans ce domaine « cultive et évalue le potentiel des microalgues pour servir de biocarburants ». Interrogé par L’Usine Nouvelle, Yonghua Li-Beisson, chercheuse au CEA, explique que deux pistes d’amélioration sont à l’étude : « la suppression des gènes régulateurs qui réduisent la photosynthèse dans les algues et l’introduction d’un gène de levure qui, au contraire, dynamiserait la souche ». Selon la scientifique, « jusqu’alors, nous n’avions pas les moyens d’intervenir sur les gènes des algues. Désormais, avec Crispr-Cas9 [des ciseaux moléculaires], nous pouvons le faire de manière précise ». Il est par ailleurs précisé dans l’article que « ces projets sont menés en collaboration avec Total ».

Nouvelles technologies

[Fabrication additive] L’Usine Nouvelle se rend au sein des « plateformes technologiques » qui, « en général adossées à une structure académique », apportent « leur expertise des technologies de fabrication additive » et « en assurent la diffusion et le transfert ». Pour L’Usine Nouvelle, « le maillage du territoire est désormais très fourni » et « avec lui c’est le modèle économique des structures qui évolue ». Certaines de ces plateformes sont anciennes, « comme Inori-Cirtes », d’autres plus récentes « comme Additive Factory Hub, logée au CEA-Saclay et portée par le CETIM [Centre technique des industries mécaniques] ». Nicolas Parascandolo, délégué au développement du Syndicat des machines et technologies de Production [Symop] s’interroge : « Le bon côté de disposer de plateformes partout, c’est d’avoir des moyens en local et de diffuser au plus proche dans les territoires. Par contre, on peut aussi se poser des questions sur le risque de diviser la puissance de feu de la R&D française sur la fabrication additive, avec cet éparpillement ».

[Semi-conducteurs] Dans une interview accordée aux Échos, le commissaire européen Thierry Breton détaille le projet d’une « alliance européenne » ayant pour but de « doubler la capacité de production de l’UE d’ici à 2030 » en matière de matériaux semi-conducteurs. Décideurs magazine rapporte en effet que « Bruxelles présentera le 5 mai une revue stratégique industrielle » qui sera l’occasion d’aborderce projet européen « déjà soutenu par 22 États membres ». Celui-ci réunira « tous les acteurs de la chaîne de production des semi-conducteurs ». Thierry Breton précise : « Nous sommes en train de finaliser les discussions avec NXP, Infineon, STMicroelectronics, Bosch, Siemens, ASML. Avec les chercheurs du CEA-Leti en France, de l’institut Fraunhofer en Allemagne ou l’IMEC en Belgique et aux Pays-Bas ». Retrouvez l’article de Décideurs magazine dans son intégralité ici<https://www.magazine-decideurs.com/news/semi-conducteurs-breton-esquisse-les-contours-d-une-alliance-europeenne>.

Relevé dans la presse

·     Quantique – Le Point dresse le portrait des « défricheurs français » qui « inventent l’informatique de demain ». ». Le journal explique qu’« en s’appuyant sur les découvertes de la physique de l’infiniment petit, et notamment sur les interactions entre les atomes et les photons, [l’informatique quantique] promet des capacités de calcul incommensurablement élevées, à condition d’isoler des atomes à très faible température, à – 273 °C notamment ». Tel est l’objectif que se sont donné « Pasqal » et « Alice & Bob ». La startup Pasqal, située « sur le plateau de Saclay », est un des « fers de lance de l’informatique quantique en France ». De son côté, « installée sur la montagne Sainte-Geneviève, dans les locaux de l’École normale supérieure », la start-up « Alice & Bob » a « réussi la prouesse de rassembler les efforts des chercheurs du CNRS, du CEA ou encore de l’INRIA » et « rêve de mettre au point le premier ordinateur quantique, universel et sans erreur ».

·     Climat – Les Échos rapporte que « deux jours après le ministère de la Transition écologique, Bercy publie à son tour, ce jeudi, son ‘plan d’action climat’ ». Cette « feuille de route » aborde un certain nombre d’actions pour atteindre les objectifs climatiques : « budget vert, décarbonation de l’industrie, finance durable, mobilisation au niveau européen… ». Le journal précise que les domaines d’action des ministères de la Transition écologique ; de l’Économie et des Finances ; de l’Agriculture ; et de la Cohésion des territoires, « représentent 80 % environ des émissions de gaz à effet de serre » et ont été à ce titre « les quatre premiers désignés fin novembre par Jean Castex pour élaborer une feuille de route climat qui concerne leur propre périmètre ».


[Synthèse de presse | 28.04.2021  .2021]

Climat

[Émissions] « Effaçant complètement la baisse des émissions de CO2 de 2020, le secteur énergétique mondial va connaître un fort rebond cette année, battant des records de pollution datant de 2010 », souligne Sciences et Avenir. En effet, selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie, « la demande énergétique va augmenter de 4,6 % sur l’année [2021], comblant complètement la baisse de 4 % enregistrée en 2020 ». Or, si « la demande en solaire et éolien n’a faibli dans aucun secteur », c’est « le charbon, dont la demande mondiale va grimper de 60% cette année », qui répondra à cette demande d’énergie, concentrée dans les « pays émergents et en voie de développement », en particulier la Chine. Quant à la consommation de pétrole, elle restera « en dessous de 2019, principalement parce que le secteur aérien ne retrouvera pas cette année ses niveaux d’activités d’avant la crise sanitaire. Le gaz naturel, lui, devrait bondir de 3,2 % et sa consommation devrait être supérieure de 1 % à celle de 2019 ».

[Marché] La Tribune signale que, « après avoir connu de nombreux déboires, (…) le système européen d’échange de quotas CO2 va subir des ajustements, afin de coller à la nouvelle trajectoire climatique adoptée par l’Union [européenne] ». « Depuis 2012, [ce système] impose un plafond d’émission dégressif, de -1,74 % par an, aux 12 000 sites industriels concernés sur le continent – parmi lesquels EDF, Total ou encore ArcelorMittal », rappelle le journal. Mais « les quotas se sont accumulés » et il est devenu avec le temps « plus avantageux financièrement pour les entreprises d’acheter des quotas supplémentaires, en sur-offre sur le marché, plutôt que d’engager des actions pour réduire leurs émissions ». La baisse du plafond d’émissions pourrait donc passer à au moins 2,2 % par an, les « excédents de quotas disponibles sur le marché » absorbés deux fois plus vite par l’UE et les « quotas gratuitement distribués aux entreprises » réduits.
Par ailleurs, les « subventions aux énergies renouvelables (…) devraient fortement augmenter d’ici à 2030. Mais les objectifs ambitieux en la matière pourraient bien se heurter au mécanisme de marché carbone » : selon Matthew Jones, analyste de marché interrogé par La Tribune, « une plus grande part d’énergies renouvelables ferait baisser le prix du carbone, car des acteurs s’en détourneraient. Ce qui entraînerait un rôle plus important du charbon et du lignite, au détriment du passage au gaz ».

[Innovation] Si « ‘le début du siècle a été marqué par des gains d’efficacité dans la consommation d’énergie, et par le développement des renouvelables (…) pour aller plus loin, il faut des transformations en profondeur’ », souligne Yann Ménière, chef-économiste à l’Office européen des brevets interrogé par L’Opinion suite à la publication hier de l’étude menée par l’office européen des brevets et de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) sur les inventions en matière d’énergie propre. Selon lui, « ‘certaines technologies transversales sont essentielles pour [parvenir à la neutralité carbone] : les batteries, les réseaux intelligents, l’hydrogène, la capture de carbone’ ». Or, même si « les normes fixées par Bruxelles dans la voiture propre ont permis d’accélérer l’innovation », l’Europe « est spécialisée dans les domaines matures, les ENR, les transports », mais pas dans les technologies de la voiture propre, comme « les batteries et l’hydrogène [qui] sont les points forts du Japon et de la Corée ». Notant « de fortes complémentarités dans les expertises entre pays » européens, M. Menière plaide pour une « nécessaire coordination européenne ». Il rappelle enfin que le CEA est « n°1 mondial, spécialisé dans le nucléaire et hydrogène », de la recherche publique sur l’innovation énergétique.

Relevé dans la presse

·     Symbio – L’AFP rapporte que « l’équipementier automobile Symbio, qui ambitionne de jouer les premiers rôles mondiaux dans le domaine de la propulsion à hydrogène, espère donner avant la fin de l’année les premiers coups de pioche de sa future usine, un projet à 140 millions d’euros ». Le PDG de l’entreprise, Philippe Rosier, indique : « nous avons signé il y a une grosse semaine l’achat [au groupe chimique allemand BASF] du terrain », situé selon la dépêche « dans la Vallée de la Chimie au sud de Lyon ». L’AFP précise que « Symbio est né du regroupement autour de la start-up grenobloise éponyme, issue du CEA, des travaux de recherche dans le domaine de l’hydrogène de Michelin et Faurecia ».

·     Âge des étoiles – En combinant « les données astérosismologiques fournies par le défunt satellite Kepler, grand chasseur d’exoplanètes, avec des techniques d’analyses issues du machine learning et des simulations numériques », une équipe d’astrophysiciens a établi que « les vieilles étoiles tournent plus vite que prévu », révèle Futura-Sciences. Cette étude « vient (…) remettre en question » une « loi reliant la vitesse de rotation des étoiles et leur âge ». Publiées dans Nature Astronomy, ces recherches ont été menées en partie par des chercheurs du « CEA/Irfu, travaillant en particulier au Laboratoire dynamique des étoiles, des (exo)planètes et de leur environnement (LDE3) ». Retrouvez cet article dans son intégralité ici<https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/etoile-surprise-vieilles-etoiles-tournent-plus-vite-prevu-86995/>.

·     Univers – La méthode scientifique, émission de France Culture, s’intéresse le 27 avril aux « lentilles gravitationnelles », un phénomène de mirage optique « précieux dans l’observation de l’univers » car ayant permis plusieurs découvertes. À cette occasion, France Culture recevait « Jean-Paul Kneib, professeur d’astrophysique à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne », ainsi que « Martin Kilbinger, astrophysicien au CEA ». Retrouvez l’émission dans son intégralité ici<https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-emission-du-mardi-27-avril-2021>. Par ailleurs, dans l’émission d’aujourd’hui de La Terre au carré, France Inter détaillera « les différents scénarios d’évolution de l’Univers » tels que le « Big Crunch » ou encore « le Big Chill ». Pour ce faire, France Inter s’est entouré de « David Elbaz, astrophysicien et directeur scientifique du département astrophysique du CEA » et de « Sandrine Codis, astrophysicienne au CNRS. A écouter aujourd’hui à 14h et retrouvez l’émission dans son intégralité ici<https://www.franceinter.fr/emissions/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-28-avril-2021> à partir de 15h.

·     Relance – D’après Les Échos, « le gouvernement français présente ce mercredi à la Commission [européenne] son plan national de relance, préalable au déblocage des fonds » du « plan de relance européen de 750 milliards d’euros, toujours à l’arrêt depuis son annonce en juillet dernier ». La France demande « 100 milliards, dont 30 ont déjà été engagés », dont 50 % seront alloués « à la transition écologique » et 25 % « à la transition numérique ». Si « Bruxelles a voulu également profiter de ces discussions pour pousser certaines réformes structurelles », selon le journal « après quelques frictions, Paris et Bruxelles se sont entendus pour ne pas lier la réforme des retraites à ce dossier ». Pour autant, « une dizaine d’États membres n’ont pas encore ratifié la décision sur les ressources propres, qui doit permettre à l’UE d’emprunter les 750 milliards d’euros destinés au fond de relance » et « les premiers versements européens [ne devraient donc pas arriver] dans les caisses des États avant septembre.


[Synthèse de presse | 27.04.2021  .2021]

[Brevets] Selon Le Monde, « mercredi 21 avril, [des] hommes d’État et [des] scientifiques de renom ont lancé un appel demandant la suspension provisoire de la protection intellectuelle touchant [les doses de vaccins contre la Covid-19] afin d’en accélérer la diffusion, notamment en direction des pays en voie de développement. Intronisé bien public, le brevet serait librement accessible à ceux qui voudraient le produire ». D’après le journal, cela constituerait « une manière de réduire le fossé qui se creuse de jour en jour dans le monde entre les pays riches et vaccinés et les autres. Un argument d’autant plus recevable qu’une bonne partie de la recherche qui a permis l’élaboration de ces produits miracles a été financée par des fonds publics ». Pour autant, les industriels de la pharmacie « ne partagent pas cet avis ». Pour eux,« cette intention louable ne résoudrait pas le problème de fond, ­celui des capacités industrielles. Un produit comme celui de Pfizer-BioNTech n’est pas seulement complexe à inventer, il est aussi extraordinairement sophistiqué à produire. Il intègre 280 ingrédients provenant de 19 pays. C’est une machinerie complexe qui empêche d’aller plus vite. Ce n’est pas seulement une question de logistique, mais aussi de compétences ». Le patron de Moderna, Stéphane Bancel, rappelle à ce propos que « le transfert de ce savoir-faire consommerait énormément de temps et de ressources qui seraient distraites de la production du vaccin. Et sur le plan financier, cela ne changerait pas grand-chose puisque les grands laboratoires, comme Pfizer ou Astra Zeneca, ont annoncé produire leurs vaccins à prix coûtant, du moins pour les pays les plus pauvres ». Le Monde conclut qu’« au-delà de ces considérations d’efficacité se cache la lutte ancestrale entre les défenseurs de l’innovation libre et ouverte et ceux qui prônent la juste récompense de l’innovation ».

[DNA Script] Le Figaro révèle que « la biotech française DNA Script s’associe à Moderna afin de développer un prototype d’unité mobile de fabrication rapide de vaccins et de traitements. L’objectif est de mettre au point d’ici à 2024 une ‘mini-usine’ qui permettra de diagnostiquer rapidement les menaces biologiques puis d’y répondre en produisant jusqu’à 500 doses de vaccin en un à trois jours ». Stéphane Bancel, PDG de Moderna, confie au journal que « DNA Script va nous aider à miniaturiser la fabrication de l’ADN qui est nécessaire pour fabriquer l’ARN messager ». Pour cela, « la jeune société a mis au point une imprimante à ADN de la taille d’un petit réfrigérateur, qui trouvera sa place dans les fameux conteneurs ». Avec ces conteneurs, « […] l’idée est d’avoir un maillage planétaire […] Cela permettrait, dès l’apparition d’un virus, de traiter sur place les populations et d’éviter la contamination. Dans le cas du Covid, nous pourrions ainsi isoler dès le départ de nouveaux variants », précise au journal Thomas Ybert, cofondateur de DNA Script, créée en 2014. « Si l’horizon du projet est à 2024, la technologie pourrait être utilisée plus tôt par Moderna ». Le Figaro ajoute que « ce projet s’inscrit dans le cadre d’un programme de la Darpa, une agence de ministère américain de la Défense. [DNA Script] recevra jusqu’à 5 millions de dollars de financement ».

Énergies propres

Une dépêche AFP, largement reprise dans les médias nationaux, s’intéresse à la publication ce jour d’une étude menée par l’office européen des brevets et de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) sur les inventions en matière d’énergie propre développées lors de la décennie écoulée (2010-2019). D’après l’AFP, cette étude alerte sur le fait qu’elles « ont vu leur taux de croissance annuel ralentir cette dernière décennie dans le monde ». En effet, bien que « le nombre de brevets internationaux consacrés à des technologies bas carbone a crû depuis une vingtaine d’années », « leur taux de croissance annuel moyen baisse depuis quelques années, et est même depuis 2017 quatre fois plus faible que sur la période 2000-2013 (3,3 % contre 12,5 %) ». Interrogé par l’AFP, le directeur de l’AIE, Fatih Birol prévient que « ‘près de la moitié des réductions d’émissions de gaz à effet de serre permettant d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, devraient provenir de technologies qui ne sont pas encore sur le marché ». Quant au président de l’OEB, Antonio Campinos, il indique que « ce rapport souligne la nécessité d’accélérer encore l’innovation dans les énergies sobres en carbone, dont certaines sont tout juste en train d’émerger ».

À propos du continent le plus innovant, La Croix indique que l’Union européenne « est la première région mondiale avec près d’un tiers des brevets de technologies énergétiques propres » et qu’au sein de l’UE, « la France arrive en deuxième position, derrière l’Allemagne ». La Croix précise qu’« en France, Safran est le premier déposant français et le CEA arrive en deuxième position, avec une spécialisation française dans l’aviation, les transports ferroviaires et le nucléaire. Le rapport pointe l’excellence de la recherche publique française. Le CEA est ainsi le premier organisme public de recherche sur le secteur au niveau mondial. En ajoutant l’IFP Énergies Nouvelles et le CNRS, la France compte trois représentants dans le top 10 mondial des organismes publics de recherche ».

Relevé dans la presse

·     5G – D’après Le Monde, « un rapport de l’Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT), publié mardi 27 avril », affirme que la nouvelle norme mobile liée à l’arrivée de la 5G « pourrait faire entrer les géants américains du ‘cloud’ (l’informatique dématérialisée) comme Amazon, Microsoft ou Google sur le marché des télécoms ». Le rapport rendu par l’association « qui réunit 370 entreprises privées et structures publiques françaises » met en garde : les leaders mondiaux de l’hébergement en ligne « ont fait de la 5G l’un de leurs outils de conquête », et « leurs compétences informatiques pointues et abondantes font d’eux des recours incontournables, y compris pour les opérateurs télécoms ».


[Synthèse de presse | 26.04.2021  .2021]

EDF

[EPR] Les Échos consacre un dossier à l’EPR. Selon le journal, ce « réacteur troisième génération » lancé par EDF « à l’aube des années 2000 » et devant « constituer le nouveau fleuron de l’industrie française », a cependant « placé l’énergéticien sur le fil du rasoir » à cause d’un « déficit de compétences ». En effet, depuis les deux dernières décennies, « les difficultés s’accumulent et les délais s’allongent ». Face à « l’une des réalisations industrielles les plus complexes du monde », comme le concède le PDG d’alors d’EDF, Pierre Gadonneix, « rien n’est épargné à l’électricien et ses maîtres d’œuvre : insuffisances dans le contrôle technique, fissures dans le bétonnage, anomalies sur des pièces du réacteur puis sur la cuve, ou plus récemment ‘écarts de conception’ sur la réalisation de trois piquages dans le circuit primaire principal du réacteur de Flamanville… ».
Pour autant, d’après Les Échos, EDF « a annoncé vendredi avoir remis une ‘offre technico-commerciale engageante’ à l’exploitant nucléaire indien NPCIL pour l’un de ses projets les plus ambitieux à l’export : la conception et la fabrication de composants pour une centrale six réacteurs de type EPR » à « Jaitapur, dans l’État du Maharashtra, au sud-ouest de l’Inde ». Les Échos s’interroge alors : « la remise d’une offre pour la conception de six réacteurs EPR pour faire du site de Jaitapur, dans l’ouest de l’Inde, la plus grande centrale nucléaire de la planète représente-t-elle, dès lors, une planche de salut ? ». Effectivement, EDF, « qui accumule aujourd’hui un endettement de 42 milliards d’euros, n’aurait cette fois pas à porter l’investissement dans la ‘centrale la plus puissante du monde’. Mais plusieurs obstacles restent à lever avant la signature d’un accord-cadre. La saga de l’EPR, avec son lot de rebondissements n’est pas encore achevée ».

[Hercule] Green Univers rapporte que « le ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance Bruno Le Maire s’est lancé dans une opération séduction sur Hercule, le projet de réorganisation d’EDF ». Si le ministre « a appelé à ‘oublier Hercule’ », il « ne présage en rien de l’abandon du projet élaboré avec la Commission européenne ». Le site web précise que « les syndicats reçus [par le ministre] la semaine dernière se sont montrés très critiques sur [le projet Hercule] qui prévoit désormais de scinder [EDF] en trois entités : une holding pour le nucléaire, le thermique et RTE 100 % publique ; une filiale Azur, aussi publique, pour les actifs hydroélectriques ; et Vert pour les énergies renouvelables, Enedis et les services d’efficacité énergétique ». Bruno Le Maire affirme : « l’unité du groupe EDF ne se négocie pas. Nous ne démantèlerons pas EDF. Son unité passe par des garanties formelles sur lesquelles nous sommes encore en discussion avec la Commission : par exemple une direction des ressources humaines qui puisse s’occuper de l’ensemble des salariés ». De plus, le ministre demande « la possibilité d’avoir des flux financiers entre les différentes entités du grand EDF : le nucléaire, les énergies renouvelables ou les réseaux », un « point particulièrement délicat » pour Green Univers qui explique que « la Commission souhaite justement empêcher que les profits réalisés par EDF Vert ou Azur puissent soutenir le parc nucléaire français ». En revanche, Bruno Le Maire n’a « rien dit sur le dossier [du contentieux ancien autour] des concessions [hydroélectriques], également en négociation avec Bruxelles, ni sur le statut de la filiale Azur (quasi-régie ?) ni sur l’avenir des autres concessions détenues notamment par la CNR et la Shem, arrivées à échéances ». Le site web ajoute que, « malgré l’opposition des syndicats et un calendrier législatif chargé en cette dernière année de mandature, des proches du dossier estiment néanmoins que le gouvernement a encore le temps de faire passer cette réforme, qui nécessitera une loi dédiée ».

Relevé dans la presse

·     Biocarburants – « Les nouvelles techniques de modification génomique (…) attirent de plus en plus l’attention des chercheurs, des semenciers et des pétrochimistes », note l’Usine Nouvelle. Par exemple, si la synthèse de biocarburants à partir de lipides produits par des microalgues n’est aujourd’hui « pas rentable sur un plan économique et énergétique (…) ‘nous travaillons avec [les ciseaux moléculaires] Crispr-Cas9 pour améliorer la photosynthèse des souches’, précise Yonghua Li-Beisson, chercheuse au CEA. Deux pistes d’amélioration sont à l’étude : la suppression des gènes régulateurs qui réduisent la photosynthèse dans les algues et l’introduction d’un gène de levure qui, au contraire, dynamiserait la souche ». Selon Y. Li-Beisson, « il faudrait que les algues atteignent une production de lipides de l’ordre de 60 % pour que le coût de l’algocarburant devienne compétitif. Un objectif qu’elle espère atteindre d’ici à dix ans ».

·     Réseaux énergétiques – Le Journal du Grand Paris interroge Patrice Tochon, « chef de programme à la direction des énergies du CEA », pour qui « l’optimisation des ressources énergétiques doit pousser à faire travailler ensemble les gestionnaires des réseaux d’électricité, de gaz, de chaleur et de froid ». En effet, pour Patrice Tochon, « les réseaux énergétiques sont voués à s’interconnecter » : « Avec la montée en puissance des énergies renouvelables, dont une bonne part sont intermittentes comme le solaire photovoltaïque ou l’éolien, va se développer la nécessité de doter le réseau électrique de capacités de stockage. Il en va de même sur certains réseaux de chaleur et de froid où certains flux de calories – comme le pompage géothermique ou la récupération de chaleur fatale – sont déconnectés des besoins de consommation. Bien entendu, chaque réseau – électrique, gazier ou de chaleur – peut développer ses propres capacités de stockage. Mais l’équation est plus simple à résoudre et la flexibilité plus grande si l’on croise les réseaux ».

·     Parkinson – Le Quotidien du Médecin rapporte qu’une technique « de thérapie génique [développée par le département MIRCen de l’institut de biologie François Jacob] poursuit son développement dans la maladie de Parkinson : l’introduction de trois gènes codant pour la production de dopamine a déjà été expérimentée avec succès chez plus de 20 malades. Des patients français vont être opérés avec une nouvelle génération de vecteur ». Le but est de « restaurer une production continue et locale de dopamine au niveau du striatum. Si les résultats obtenus sont au rendez-vous dans cette étude de phase 1, une étape importante sera franchie vers un traitement capable de prolonger durablement [la correspondance] avec le traitement à la lévodopa (L-dopa) ». Philippe Hantraye, « directeur scientifique de l’infrastructure NeurATRIS et du département MIRCen de l’institut de biologie François Jacob (CEA de Fontenay-aux-Roses) », explique : « Pendant trois à cinq ans, la L-dopa réduit bien les symptômes, puis on commence à voir des phénomènes d’échappement avec des complications et les patients deviennent véritablement résistants à partir de huit à dix ans ».

·     Stockage thermique – Le Journal des Entreprises rapporte que le groupe isérois « Grims travaille en partenariat avec le CEA pour ‘codévelopper un produit qui permettrait de stocker la chaleur comme peuvent le faire les batteries de seconde vie’ », réutilisées pour du stockage stationnaire d’énergie. Ce nouveau produit est composé de « mousses [qui] peuvent être refondues et donc réutilisées durablement contrairement aux batteries électriques ». Grims ne pense « pas aboutir sur une industrialisation avant 2022 ».

·     Semi-conducteurs – « Les puces sont le pétrole du XXIe siècle. Et c’est pourquoi elles se retrouvent au cœur de la guerre économique à laquelle se livrent les États-Unis et la Chine », signale La Croix. En effet, si la Chine « est un géant de l’électronique », elle « ne maîtrise pas la technologie pour produire les composants de dernière génération », mais elle est « positionnée sur l’assemblage (…), [et] doit importer une bonne part des composants dont elle a besoin ». Pourtant, elle « a dépensé plus, pour rattraper son retard, que les États-Unis pour envoyer un homme sur la Lune ». Les États-Unis, eux, « se sentent de plus en plus menacés dans leur avance technologique [et] ont choisi de passer à l’offensive (…) ils ont adopté des sanctions interdisant [au fondeur taïwanais TSMC] de fournir de gros clients chinois comme Huawei. Environ 60 entreprises chinoises sont désormais privées d’accès aux composants de dernière génération ». Quant à l’Europe, « elle tente d’exister (…) Mais il reste à savoir si elle peut investir les sommes nécessaires en recherche et développement ».


[Synthèse de presse | 22.04.2021  .2021]

Taxonomie verte

Les Échos revient sur la « taxonomie de la finance durable » présentée mercredi 21 avril par la Commission européenne, qui consiste en « une longue liste d’activités économiques (transport, bâtiment, éolien, électronique, etc.) et des règles à suivre pour qu’un investissement puisse être qualifié de durable. L’enjeu est colossal : écologiquement, c’est une pierre de plus au « Green deal », qui dessine le chemin de l’UE vers son objectif de neutralité carbone en 2050 ; économiquement, c’est un outil essentiel pour aiguillonner investisseurs vers les projets durables ». Le quotidien pointe que deux sujets « restent toutefois sur la table : le sort du gaz et du nucléaire ». Les deux énergies sont en effet « au cœur de virulentes passes d’armes entre experts, eurodéputés et surtout entre les 27 États membres, divisés sur la place à leur accorder, ou non, dans la lutte contre le réchauffement climatique. Au point que la Commission, qui souhaite éviter que le reste du projet de taxonomie ne soit bloqué plus longtemps, a dû se résoudre à renvoyer ces questions à d’autres textes dédiés d’ici à la fin de l’année ».

En effet, d’après Le Figaro, « le nombre de points de vue opposés atteint du « jamais vu », [selon] le vice-président Valdis Dombrovskis ». Cependant, la mise de côté temporaire du nucléaire « était prévue. L’avis positif sur l’atome d’experts de l’Union fin mars, vivement contesté, doit encore être passé au peigne fin par deux autres groupes d’experts. De ces avis dépendra l’inclusion ou pas du nucléaire dans un nouvel « acte délégué » attendu d’ici à la fin de l’année sur les énergies « de transition » ». Un pari risqué pour le quotidien puisque « ce texte supplémentaire « aura peu de chance d’être approuvé », pointe une source proche du dossier. Les opposants au Parlement européen et au Conseil sont nombreux. Paris ne compte pratiquement que sur le soutien de la Pologne, face à une coalition menée par l’Allemagne, l’Autriche, des pays nordiques et une armée d’ONG ».

Relevé dans la presse

·     Hydrogène – L’AFP signale que « le groupe pétrolier Chevron et le constructeur automobile Toyota ont annoncé mercredi une première étape vers une alliance stratégique pour commercialiser de l’hydrogène, considéré comme un carburant moins polluant pour le transport. […] L’alliance vise « à faire progresser une économie mondiale de l’hydrogène fonctionnelle et prospère », ont déclaré les entreprises dans un communiqué de presse conjoint publié la veille du sommet virtuel climat organisé à l’initiative du président américain Joe Biden ». Dans le même temps, le Figaro indique que Dan Tehan, ministre australien du Commerce en tournée européenne pour pousser l’accord de libre-échange, a exprimé l’intérêt « de plus en plus marqué » de l’Australie « pour l’hydrogène, qui va devenir l’énergie de la transformation ». Ainsi, « des usines sont en projet avec pour horizon, à une date encore indéterminée, l’exportation d’hydrogène vers des clients de la région Pacifique comme le Japon ».

·     Transition énergétique – D’après La Tribune, « en matière de transition énergétique, les Etats les plus riches sont à la traine : avec le Royaume-Unis, la France (en 9è position) est le seul membre du G20 à figurer dans le Top 10 des pays les plus avancés sur le sujet, selon le rapport « Fostering Effective Energy Transition » du Forum économique mondial », publié mercredi 21 avril.


[Synthèse de presse | 21.04.2021  .2021]

Mobilité électrique

[Moteur essence] « Les industriels français de l’automobile ont beau s’y préparer, le virage vers l’électrique s’avère plus difficile à négocier que prévu. D’une part, la fin annoncée du moteur essence risque d’être bien plus rapide qu’ils ne l’anticipaient l’an passé encore, à cause d’un renforcement des normes que Bruxelles tente d’imposer ; d’autre part, l’Europe risque d’être prise de vitesse par la Chine sur le marché des batteries, composants clés des véhicules électriques », note Le Figaro. Cela pourrait entrainer la perte de plus de 100 000 emplois dans le secteur d’ici à 2035, poursuite d’un déclin amorcé il y a une dizaine d’années. « L’industrie auto traverse la plus importante mutation de son histoire, passant de la fabrication de véhicules dotés de moteur à combustion à ceux équipés de moteur électrique fonctionnant avec des batteries ». Or « cette nouvelle industrie mobilise beaucoup moins de main-d’œuvre et les compétences des salariés n’ont plus rien à voir avec la mécanique ». Le quotidien précise que « la filière et le gouvernement vont devoir mobiliser des milliards d’euros pour accompagner le rythme de cette mutation et financer l’accompagnement social des métiers sans avenir ».

[Chine] D’après l’AFP, « les géants chinois de la tech rivalisent d’imagination pour se faire une place dans le secteur concurrentiel de l’automobile, nouveau terrain de la bataille menée par ces mastodontes ». Si « le secteur chinois de l’automobile a connu en 2020 une contraction de 2 % », les ventes ont repris « grâce à la popularité grandissante des véhicules électriques qui ont représenté 9 % des ventes totales de voitures neuves pour le mois de mars. Le gouvernement veut que ce chiffre atteigne 25 % d’ici 2025 ». Ainsi, « Alibaba s’est allié au japonais Honda pour accélérer les tests relatifs à AutoX, sa technologie de voiture autonome alors que Baidu, le « Google chinois », a annoncé lundi que son système de navigation autonome Apollo serait installé sur un million de véhicules dans les trois à cinq prochaines années ».

[Lithium] Les Échos signale la « naissance d’un nouveau géant australien » dans le domaine de la production du lithium. « Orocobre et Galaxy Resources, toutes deux cotées à la Bourse de Sydney ont en effet annoncé lundi leur intention de se marier dans une opération à 3,1 milliards de dollars », pour former le cinquième producteur mondial de lithium. « La fusion vise à leur donner une force de frappe financière suffisante pour développer des projets lithium et pour profiter de l’explosion de la demande liée à l’essor des voitures électriques ». Le quotidien ajoute : « avec l’explosion des ventes de voitures électriques, la demande en lithium devrait être multipliée par 10 d’ici à la fin de l’année ».

Semi-conducteurs

L’Opinion revient sur la pénurie des semi-conducteurs et les causes qui la rendent « si difficile à résorber ». Selon le quotidien, « la persistance des tensions politiques entre les États-Unis et la Chine tout comme la crainte d’une pénurie de longue durée ont poussé certains industriels à constituer des stocks de semi-conducteurs ». De plus, « la plupart des fabricants ont fait de grands paris stratégiques sur des puces de pointe plus rentables essentielles à la technologie 5G ou aux serveurs informatiques », une approche mise à mal par la pandémie et la récession économique qui en a résulté, « déstabilisant les chaînes d’approvisionnement et les comportements des consommateurs ». À ces difficultés se sont également ajoutés différents incidents « dont l’incendie d’une usine au Japon et la vague de froid qui a frappé le sud des États-Unis cet hiver, causant l’arrêt de lignes de production. Une sécheresse à Taïwan, acteur majeur du secteur, menace de réduire encore la production de semi-conducteurs, très consommatrice d’eau ».


Synthèse de presse | 20.04.2021  .2021]

Energies

[Artificialisation des sols] GreenUnivers se fait l’écho de l’objectif fixé par le texte de la loi Climat et résilience, qui consiste à « diviser par deux l’artificialisation des sols français par rapport aux dix années précédentes » dans les dix ans à venir. « Il reste à définir ce qu’est un sol artificialisé et, notamment, si les énergies renouvelables sont concernées ». L’enjeu n’est pas anodin, comme le signalait en mars à GreenUnivers, Sophie Mourlon, directrice de l’énergie au ministère de la Transition écologique : dans le cas du photovoltaïque, « l’artificialisation n’est pas totale comme celle d’une dalle de béton mais bien réelle. L’écoulement des eaux est modifié, la présence des animaux aussi, entre autres. Nous favorisons l’accès aux terrains dégradés mais cette ressource n’est pas illimitée. »

[Tour solaire] Le journal spécialisé Génie climatique Magazine annonce que « le permis de construire vient d’être accordé pour [un] premier bâtiment résidentiel d’un programme comptant une centaine d’autres tours solaires » en Europe, d’ici à 2030, dans le cadre d’un programme d’investissement de 2 milliards d’euros. Cette première tour installée à Saint-Etienne « aura la particularité de restituer plus d’énergie qu’elle n’en consomme grâce à 1 000 m² de panneaux photovoltaïques dissimulés dans la façade ou au sommet de la tour. […] La totalité de l’électricité produite sera revendue au réseau. […] La production devant dépasser la consommation, l’intégralité des recettes générées par les installations solaires sera reversée aux locataires. »

Microélectronique

L’Humanité s’interroge sur l’impact de « la pénurie de composants électroniques, qui a mis à l’arrêt une partie de l’industrie automobile mondiale [et qui] pourrait durer jusqu’en 2022 », sur « STMicroelectronics, premier acteur européen qui cumule retards industriel et technologique. » Pour le journal, Marc Leroux, délégué syndical CGT et Nadia Salhi, élue au CSE de STMicroelectronics et copilote du collectif confédéral industrie à la CGT, expliquent que « STMicroelectronics a abandonné successivement les secteurs où elle était le plus en pointe technologiquement [depuis 2010] », faisant la part belle aux usines asiatiques puisqu’il « aurait fallu à l’époque des investissements massifs ». N. Salhi complète : « la crise du Covid a montré que ne pas maîtriser la production des éléments de base mettait le pays, voire le continent entier, en difficulté. Les composants électroniques deviennent des biens essentiels à notre société, ils sont déjà partout, du stockage des données à l’industrie de demain. D’ailleurs, Taïwan vient de proposer à l’Allemagne un marché : semi-conducteurs contre vaccins. »

Relevé dans la presse

·       Confiance numérique – Le journal des entreprises consacre un article à la parution par le pôle de compétitivité Solutions Communicantes Sécurisées (SCS) d’une note de « son Observatoire du Numérique en région Sud, fraîchement lancé avec In Extenso Innovation Croissance. Au-delà de l’état de santé du secteur, un gros plan est fait sur les acteurs de la « confiance numérique », qui regroupent principalement ceux de la cybersécurité. […] Avec cet outil le pôle SCS entend livrer une radiographie précise de la filière numérique locale ». « Avec des locomotives de dimension internationale comme Thales, STMicroelectronics, NXP ou Schneider Electric, auxquels s’ajoutent des laboratoires de recherche publics et privés d’excellence (CEA, Eurecom, Mines Saint-Etienne…), ce sont ainsi 228 établissements qui œuvrent dans la confiance numérique (dont 76 ont leur un siège social en région) et réalisent un chiffre d’affaires cumulé de 700 millions d’euros » indique le journal spécialisé.


[Synthèse de presse | 19.04.2021  .2021]

Médecine du futur

Les Échos s’intéresse à la « la stimulation cérébrale profonde [qui] a permis de réduire significativement les symptômes moteurs de 200 000 personnes atteintes par la maladie de Parkinson. » Si le quotidien rappelle que cette technique « ne stoppe en aucun cas la progression de la maladie, n’offrant qu’une amélioration temporaire aux patients », il annonce que « cette lourde hypothèque pourrait se trouver levée dans les années qui viennent grâce à la nouvelle technique NIR (Near Infra Red) mise au point au Clinatec, le centre de recherche grenoblois fondé en 2007 par le Pr Benabid avec le CEA. Elle consiste à illuminer dans le proche infrarouge, au moyen d’une fibre optique implantée dans le cerveau, la substance noire, ce noyau constitué de neurones dopaminergiques dont l’autodestruction (« apoptose ») constitue la principale cause de la maladie. Les résultats extrêmement encourageants des essais précliniques conduits sur le singe, chez qui la dégénérescence de ces neurones a pu être arrêtée grâce à la neuroillumination (…) ont conduit les concepteurs de NIR à engager, le mois dernier, un essai clinique, dans le cadre duquel un premier patient a été opéré avec succès le 24 mars. »

Énergies

[Biocarburants] « Une équipe internationale menée par le CEA a élucidé le fonctionnement de la FAP [Fatty Acid Photodecarboxylase], une photoenzyme issue des microalgues et capable de convertir la lumière du soleil en hydrocarbures. Un travail de recherche long, qui pourrait aider à faire émerger les prochains biocarburants » indique L’Usine Nouvelle. « “On sait depuis longtemps que les microalgues sont des organismes qui produisent des hydrocarbures, mais nous ne savions pas comment”, retrace Damien Sorigué, chercheur du CEA au BIAM, l’Institut de biosciences et de biotechnologie d’Aix-Marseille. » Le voile désormais levé sur cette énigme, l’Usine Nouvelle tempère : « reste que pour s’imposer, la question des coûts sera centrale. De quoi pousser le chercheur à se tourner du côté des hydrocarbures pour la chimie et la cosmétique, comme la paraffine ou les oléfines, dont les productions sont à la fois plus chères, moins volumineuses et plus contraignantes que celles du secteur pétrolier ».

[Nucléaire] « Un rapport d’experts de l’UE remis fin mars préconise d’inclure le nucléaire dans une liste d’investissements « durables » respectueux du climat que Bruxelles est en train d’établir: un scandale pour des ONG environnementales mais un succès pour la France, qui en fait un cheval de bataille », relaie l’AFP. Les experts du CCR (Centre commun de recherche) inscrivent ainsi dans leur rapport que « l’enfouissement géologique des déchets nucléaires est un « moyen approprié et sûr » », qu’il est possible de suivre efficacement les impacts nocifs en les prévenant ou mesurant leurs conséquences, et que « si l’on considère les effets non-radiologiques, les impacts de l’énergie nucléaire sont essentiellement comparables à l’hydroélectrique et aux énergies renouvelables». « Pour l’ONG Greenpeace, ces experts se fondent sur des « hypothèses en contradiction avec la réalité, sur les coûts et délais de construction de centrales, le soi-disant recyclage des déchets, la faisabilité et l’impact du stockage » ». Quant au rapport, il « sera révisé par des experts en radioprotection et gestion des déchets nucléaires, puis par un comité scientifique de la Commission chargé de la santé et de l’environnement » avant que l’UE ne statue sur ce sujet.

Plan de relance

Selon Le Dauphiné, « l’État et le Département [de l’Isère] ont signé, ce vendredi 16 avril, un accord dans le cadre du plan de relance. Au total, ils financeront 270 millions d’euros à parité pour permettre au territoire de rebondir ». « Au premier rang des thématiques retenues : la transition énergétique. ‘Cela concernera 113 projets en Isère, sur 20 communes’ », précisent Lionel Beffre, préfet de l’Isère, et Jean-Pierre Barbier, président du Département, « pour un total de 85 millions d’euros. Ce sont les bâtiments de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation qui en bénéficieront le plus dans le département : le Crous (26 M€), l’Université Grenoble-Alpes et l’INPG (32 M€), le CEA (11,8 M€). »

Relevé dans la presse

·     Intelligence embarquée – Pour Le Monde, l’intelligence embarquée est « un moteur de croissance de l’industrie », et « les spécialistes estiment que, d’ici à 2030, les logiciels représenteront 60 % de la valeur d’un véhicule, contre 20 % actuellement ». « Ici clairement, le modèle, c’est Tesla, même s’il n’est jamais nommé. Le constructeur californien a inventé la voiture-ordinateur améliorée par une simple connexion au cloud (l’informatique dématérialisée). Et chacun désormais s’en inspire. […] La voie numérique n’est toutefois pas exempte de cahots. Le principal problème consiste à recruter des compétences pour les petites usines à développeurs que mettent en place les constructeurs. […] Les carrières ne se dérouleront plus comme avant. La voie royale évolue vers plus de génie électrique électronique et logiciel


[Synthèse de presse | 09.04.2021  .2021]

TechnicAtome

L’AFP dresse le bilan des activités de TechnicAtome, la société publique spécialiste des « réacteurs nucléaires compacts », « détenue par l’Agence des participations de l’Etat (50 %), Naval Group (20 %), le CEA (20 %) et EDF (un peu moins de 10 %) ». TechnicAtome « table sur les programmes des futurs sous-marins et porte-avions français pour développer son activité ». Ainsi, selon le PDG de TechnicAtome, Loïc Rocard« le groupe [compte] ‘sur une croissance de [son] activité de l’ordre de 10 % ». Loïc Rocard précise que l’entreprise doit « apporter une expertise auprès de la Marine nationale sur les réacteurs développés dans les années 1970 et en même temps concevoir les prochaines chaufferies qui équiperont le porte-avions de nouvelle génération et qui seront amenés à être exploitées jusqu’en 2080 ». En effet, l’AFP rapporte que « depuis sa création en 1972, TechnicAtome a ainsi livré 18 réacteurs pour la Marine. Il doit en livrer 12 au cours des 30 prochaines années ». Selon Les Échos, « la France reste le seul pays à maîtriser cette technologie après les États-Unis et la Russie ». Le journal explique par ailleurs que le succès de TechnicAtome passe également par « une gestion prévisionnelle des effectifs à dix ans, alors qu’il faut former une nouvelle génération d’ingénieurs. Les trois programmes de réacteurs de défense devraient mobiliser sur la décennie 1 500 emplois. TechnicAtome prévoit d’embaucher cette année 150 personnes et de passer à 1 800 salariés fin 2021. En quatre ans, la société aura ainsi renouvelé son personnel du tiers ».

Énergie nucléaire

[Taxonomie] L’Usine Nouvelle rapporte que « fin avril, la Commission européenne doit détailler dans un acte délégué – l’équivalent en droit européen d’un décret d’application – les critères précis de sa taxonomie, qui répertorie les secteurs d’activité les plus vertueux pour la lutte contre le changement climatique et l’environnement. Les grandes lignes ont déjà été actées fin 2019 par les États membres et la Commission, après d’intenses tractations ». L’Usine Nouvelle précise qu’ « à la base, la classification répond à un besoin des acteurs privés de la finance durable : il s’agit d’orienter les financements verts et de déterminer quelles activités peuvent en bénéficier, en évitant tout risque de greenwashing. Mais les industriels craignent qu’à terme, la taxonomie des activités ‘vertes’ ne s’impose aussi dans les choix budgétaires des États et ne devienne in fine une condition d’attribution de leurs aides ». Ainsi, « depuis l’automne, un lobbying intense a lieu à tous les étages. ‘Le risque est grand que l’approche actuelle ne concentre les financements que vers les renouvelables déjà largement subventionnés et que des technologies comme le nucléaire, l’hydroélectricité et le gaz dans une certaine mesure ne soient exclues, alors qu’elles sont nécessaires pour atteindre les objectifs de décarbonation à 2030 et 2050’, plaident plusieurs fédérations d’énergéticiens ». De son côté, « EDF […] plaide pour intégrer le nucléaire – qui émet peu de CO2 – dans la classification », d’après La Tribune. En effet, pour le fournisseur d’électricité, « les enjeux sont considérables ». La décision de la Commission européenne impactera « sa compétitivité à l’heure où plusieurs pays comme la Pologne, la République tchèque envisagent de passer au nucléaire. » Carine de Boissezon, directrice du Développement durable d’EDF, signale qu’à ce jour l’Union européenne reconnaît l’impact positif du nucléaire « dans la lutte contre le changement climatique. A priori, il a été validé par le centre de recherche européen, car il n’a pas plus d’impact que les autres énergies retenues ».

[SMR] L’Usine Nouvelle revient sur l’audition au Sénat, le mercredi 7 avril, de « Bernard Doroszczuk, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), [qui] a pu aborder dans le fonds tous les sujets sensibles du nucléaire français ». L’Usine Nouvelle rapporte : « Choix du mix électrique à 2050, construction de nouvelles capacités de production électrique pilotable, prolongations des réacteurs, gestions des déchets et des combustibles usés, pertes de compétences de la filière, défis d’EDF, les politiques français, qui ‘procrastinent’ depuis des années, selon Bernard Doroszczuk, doivent ‘prendre des décisions dans les cinq ans’ qui viennent au plus tard, sur quasiment tous ces sujets ». Le président de l’ASN a, durant cette audition, « réussi à donner aux sénateurs tous les éléments pour sortir des idées reçues et débats idéologiques sur le nucléaire, et décider en toute connaissance de sûreté (et non de sécurité qui n’est pas de la responsabilité de l’ASN), sur tous ces sujets ». Parmi ceux-ci, la question des SMR a toute son importance. Pour le président de l’ASN, « le SMR ou petit réacteur nucléaire modulaire, serait en effet plus sûr que les grands réacteurs de troisième génération, comme l’EPR d’EDF » car dans un SMR « le risque de fusion du cœur est exclu, et donc il n’y a pas de risques de rejet de produit radioactif à l’extérieur ».


Synthèse de presse | 08.04.2021  .2021]

Énergies

[Batteries automobiles] « Avec un potentiel de marché évalué à 400 GWh pour 2030, l’Europe se mobilise avec un programme baptisé Battery 2030 », rappelle Les Échos. « Parmi les axes de recherche figurent les batteries [à électrolytes] solides », qu’étudie notamment la coentreprise (Total-Stellantis) ACC, avec « Saft, BASF, Umicore, Solvay ou encore le CEA ». Le quotidien économique prend aussi comme exemple les « batteries sodium-ion du Français Tiamat » qui « se rechargent pleinement en dix minutes ».  Son président Hervé Beuffe explique : « créée en 2017 sur la base de recherches menées par le CNRS et le CEA, l’entreprise vient de signer un premier contrat avec l’équipementier Plastic Omnium, [pour] la fabrication de 300 packs de batteries (…) qui serviront de preuves de concept ». Enfin, « une équipe de l’université de technologie de Chalmers, en Suède (…) a exposé un démonstrateur de ‘batterie sans masse’, lequel se présente sous la forme d’un matériau en fibre de carbone qui sert à la fois de source d’énergie et de composant structurel ».

[Hydrogène] « La molécule d’hydrogène devrait [elle] bientôt être produite en masse par électrolyse à partir d’eau et d’électricité renouvelable », note Industrie & Technologies. Plusieurs « projets visent à produire de l’hydrogène en mer, à partir d’électricité issue d’éoliennes offshore » : les « vents forts et constants du large (…) permettent aux éoliennes de fonctionner à leur puissance nominale plus souvent qu’à terre ». L’hydrogène est alors « un moyen de se passer du raccordement électrique jusqu’à la côte qui nécessite des équipements complexes et ‘dont le prix peut vite devenir exorbitant’, témoigne Guénaël Le Solliec, manager R&D au CEA Tech de Nantes ». Au contraire des câbles électriques, « les tuyaux flexibles pour transporter du gaz sont très bien maîtrisés » par l’industrie pétrolière, rappelle Vincenzo Di Pisa, responsable du département éolien offshore chez Tractebel. Quant aux électrolyseurs de forte puissance nécessaires, « l’Europe a lancé en septembre 2020 un appel à projets visant à développer un système d’électrolyse de 100 MW ». S’il « concerne un usage à terre [et que] l’adaptation pour l’offshore devrait prendre un petit peu plus de temps, (…) il n’y a pas de verrou majeur » selon Patrice Tochon, chef du département hydrogène au CEA-Liten.

[Méthane] Une « équipe grenobloise de recherche a montré qu’il était possible de recycler [le CO2] pour en faire du carburant sous forme de méthane », annonce Science & Vie. Cette synthèse, étudiée par deux chercheurs du Département de Chimie Moléculaire (Université Grenoble Alpes/CNRS) et du Laboratoire Chimie et Biologie des Métaux (Université Grenoble Alpes/CNRS/CEA), utilise des « catalyseurs inspirés des organismes vivants ».

Relevé dans la presse

·     Photonique quantique – L’Usine Nouvelle s’intéresse aux travaux du CEA-Leti sur la photonique quantique. Selon le site web du journal, « fort de sa maitrise du silicium, le CEA-Leti a mis en place en 2020 un programme visant à intégrer la photonique quantique… sur puce » avec comme objectif de « développer des composants utiles au développement de systèmes de communication et de calcul quantique ». Le but est de proposer ‘une boîte à outils’ aux entreprises [de la photonique quantique], d’ici à 2024 », selon Ségolène Olivier, responsable du programme,. Il est précisé que cette « boîte sera composée de trois briques technologiques : la génération, l’encodage et la détection de photons uniques. Le tout, sous forme de ‘composants intégrés sur silicium que l’on pourra associer les uns aux autres pour faire des circuits optiques intégrés’ », précise Ségolène Olivier.

·     Avalun – Capital fait part du rachat par le spécialiste du diagnostic in vitro Biosynex de la startup Avalun. À cette occasion, Capital présente Avalun : « s’appuyant sur une technologie protégée par de multiples brevets issue du CEA Leti, la cible [du rachat] a développé un automate de diagnostic in vitro portable et connecté de nouvelle génération dénommé LabPad ». Ce lecteur, « bien que tenant dans la main », « permet non seulement la réalisation de tests immunologiques mais aussi la réalisation de tests de coagulation, ce qui en fait l’une des plateformes de biologie portable disposant du plus large champ d’application ».

·     Poussières du Sahara – Libération rapporte que « depuis plusieurs semaines, des nuages issus de tempêtes de sable du Sahara survolent l’Europe, entraînant une dégradation de la qualité de l’air et, notamment dans le sud et l’est de la France […] En février, l’association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro) avait détecté dans ces particules du césium 137, à hauteur de 80 000 becquerels par kilomètre carré. Une dose inoffensive pour les populations et les animaux ». Pour autant, selon le journal, ces « particules radioactives venues d’Algérie ravivent le souvenir des tests menés dans les années 1960 ». Libération se questionne alors : « La responsabilité de Paris sera-t-elle au menu de la visite à Alger de Jean Castex ce week-end ? ».


[Synthèse de presse | 07.04.2021  .2021]

Energies

[Énergies renouvelables] Environnement Magazine fait le point sur le rapport publié par l’Agence internationale pour les énergies renouvelable (Irena) le lundi 5 avril. Ainsi, « d’après les statistiques de l’Irena, plus de 80 % de ‘toutes les nouvelles capacités d’électricité mises en place l’an dernier exploitent des sources d’énergie renouvelables’. En tête du classement, l’énergie solaire avec l’installation de 127 GW de capacité et éolienne avec 111 GW, en présentant ainsi 91 % des nouvelles capacités [énergétiques issues de sources renouvelables] mises en place en 2020 ». Le magazine note par ailleurs que, « contre toute attente, ce sont les États-Unis et la Chine qui présentent les plus fortes expansions dans le marché des énergies renouvelables. La Chine s’est dotée l’an dernier de 136 GW de capacité supplémentaire, pour l’essentiel en énergies éolienne (72 GW) et solaire (49 GW)’. Suivie par les États-Unis avec l’installation de 29 GW de capacité énergétique issue de sources renouvelables en 2020, ‘soit une augmentation de 80% et répartie entre le solaire (15 GW) et l’éolien (env. 14 GW)’ ».

[Demande énergétique] Sur The Conversation, Victor Court, enseignant-chercheur en économie à IFP- Énergies nouvelles explique pourquoi l’efficacité énergétique (produire plus avec autant, voire moins d’énergie), un des leviers de la lutte contre le dérèglement climatique, pourrait ne pas fonctionner à cause de « l’effet rebond », qui « correspond à l’ensemble des mécanismes économiques et comportementaux qui annulent une partie, ou la totalité, des économies d’énergie résultant des gains d’efficacité ». Or, en étudiant les modèles énergétiques utilisés par le GiEC et différentes autres institutions, il a constaté que « la plupart de ces modèles étaient incapables de saisir un grand nombre des mécanismes contribuant à l’effet rebond ». Selon lui, « puisqu’environ 50 % des économies d’énergie semblent compensées par ce phénomène, il est urgent que la communauté des modélisateurs le prenne plus au sérieux et parvienne à mieux l’intégrer dans leurs équations ». Retrouvez l’article en intégralité ici<https://theconversation.com/la-demande-energetique-mondiale-est-sous-estimee-et-cest-un-vrai-probleme-pour-le-climat-158042>.

Nucléaire

[SMR] Selon Les Échos, EDF veut « revenir dans le match des petits réacteurs [Small Modular Reactor ou SMR] » avec « Nuward » (« abréviation de ‘Nuclear Forward’, soit en français ‘en avant le nucléaire !’ »). Il s’agit d’un réacteur modulaire dont la mise sur le marché est prévue « à l’horizon 2035-2040 ». Celui-ci « entend concurrencer les modèles chinois, russes, ou américains conçus pour remplacer les centrales à charbon, au fioul ou au gaz mises à mal par la transition énergétique ». L’objectif serait également de « disposer d’un réacteur plus sûr, capable de se refroidir sans intervention humaine pendant plusieurs jours en cas d’accident grave et dans lequel un maximum de pièces pourront être fabriquées en usine. Un passage obligé pour espérer réduire les risques de dérapages de chantier et faire baisser les coûts ». EDF vise un coût de développement « de l’ordre du milliard d’euros pour Nuward, qui affichera une puissance de 170 mégawatts (soit 340 mégawatts pour une centrale type qui doit associer deux réacteurs), contre un coût de développement qui peut attendre 9 à 10 milliards d’euros, selon EDF, pour une centrale de grande taille (d’une puissance de 1,8 gigawatt, voire au-delà) ». Par ailleurs, « avec ses partenaires TechnicAtome, Naval Group et le CEA, EDF se donne jusqu’à 2022 pour soumettre un premier dossier d’option de sûreté à l’Autorité de sûreté nucléaire et jusqu’à 2026 pour finaliser l’ensemble du design et les spécificités techniques de cette nouvelle centrale ».

[USA] Du côté américain, Les Échos rapporte que « Washington espère la mise en service d’un premier réacteur de petite taille à l’horizon 2029 », précisant qu’aux Etats-Unis « les projets sont souvent portés par des start-up de recherche adossées à des groupes d’ingénierie ou à des entrepreneurs fortunés ». Le projet le plus avancé serait celui développé par NuScale Power. À ce titre, Les Échos explique que « le design de son module de 60 mégawatts a passé les premières étapes de certification. Et le laboratoire national de l’Idaho, un centre de R&D nucléaire public, est prêt à accueillir son prototype, pour une première production d’électricité prévue en 2029 – initialement 2024 ».

[Emirats arabes unis] Le Figaro révèle que « les Émirats arabes unis ont annoncé, mardi, les premières ventes d’électrons de leur centrale nucléaire de Barakah, après qu’un réacteur a été démarré en août dernier ». Cheikh Mohammed, gouverneur de l’émirat de Dubaï, l’un des sept de la fédération des Émirats arabes unis, confirme ainsi que « le premier mégawatt de la première centrale nucléaire arabe est entré dans le réseau électrique national ». D’après Le Figaro, « les quatre réacteurs de Barakah représenteront une puissance totale de 5 600 mégawatts, soit environ un quart des besoins en électricité de ce pays très chaud et très énergivore, en particulier l’été avec des climatisations fonctionnant à plein régime ». Barakah a été construite par « un consortium mené par Emirates Nuclear Energy Corporation (ENEC) et par le sud-coréen Korea Electric Power Corporation (KEPCO), pour un coût estimé à 24,4 milliards de dollars (environ 20,4 milliards d’euros). Côté français, EDF interviendra dans la formation des personnels de la centrale à la sûreté nucléaire, tandis que l’Andra a signé un partenariat pour le développement de la filière de retraitement des déchets radioactifs ».


[Synthèse de presse | 01.04.2021  .2021]

Nucléaire

[Bure] Le Monde fait le point sur le projet de stockage en géologie profonde des déchets nucléaires Cigéo, dans la région de Bure (entre la Meuse et la Haute-Marne).  Après le dépôt par l’Andra, en août 2020, d’une demande de reconnaissance d’utilité publique, « [constituée] notamment d’une étude d’impact globale », sur laquelle l’Autorité environnementale a rendu un avis en janvier dernier, « vingt-quatre collectivités et établissements publics directement concernés ont été invités à se prononcer pour la première fois [sur le projet qui devrait être mis en service en 2035]. Mercredi 31 mars, la majorité des dix-huit avis publiés par la préfecture de la Meuse étaient favorables, bien qu’assortis de réserves et de conditions concernant l’aménagement du territoire, la gestion de l’eau potable ou encore les retombées économiques. Quatre communes, en revanche, ont rendu un avis négatif ». En particulier, « le conseil municipal de Bure dénonce […] ‘le rouleau compresseur qu’est l’Andra, qui ‘minimise les risques encourus par le rejet des eaux’ et ‘s’approprie les routes, les chemins, sans concertations ni avis’ ».

[Décarbonation] Le Point consacre un édito au « paradoxe européen ». : « l’Europe, qui possédait un leadership mondial, se désengage massivement du nucléaire », alors que l’un des piliers de la lutte contre le réchauffement climatique est la production d’« électricité décarbonée, qui repose sur la production hydraulique, sur le développement accéléré des renouvelables fondé sur le solaire et l’éolien, mais aussi sur le nucléaire, qui devrait générer au minimum 11 % de l’électricité mondiale en 2050 », précise le journal.  En particulier, la France, « qui possède le plus grand parc nucléaire d’Europe, [assurant] la production de 71 % de son électricité », a décidé de plafonner « le nucléaire à moins de la moitié de la production à partir de 2035, à travers la fermeture de quatorze centrales et l’accélération des renouvelables ». Pour l’éditorialiste Nicolas Baverez, « le choix de la France, qui devra être tranché au plus tard lors du prochain quinquennat, est clair : la planification d’une nouvelle génération de centrales nucléaires ou le renoncement aux objectifs de l’accord de Paris ».

Nouvelles technologies

[Semi-conducteurs] Capital s’intéresse à la « pénurie de puces » qui menace actuellement « l’industrie mondiale » mais aussi « notre vie quotidienne ». En effet, « bien qu’elles tournent à plein régime, les usines asiatiques de semi-conducteurs ne permettent plus de répondre à la demande ». Selon le journal, « curieusement, la crise sanitaire n’est pas pour rien dans cette situation ». En cause, une « razzia » internationale sur les outils digitaux et un « deuxième phénomène, de nature plus géopolitique que commerciale », avec la « guerre des puces lancée par Donald Trump contre la Chine ». À ce titre, Aurélien Duthoit, conseiller sectoriel chez Euler Hermes indique que « dans les semi-conducteurs, la Chine accuse un déficit commercial de 200 milliards de dollars », D. Trump ayant fait établir « une liste d’entreprise chinoises du secteur des télécommunications interdites de commerce avec les sociétés américaines ».

[Batteries] Selon L’Usine Nouvelle, « la demande en batteries lithium-ion explose, portée par l’industrie automobile » et « les projets d’usines européennes commencent à prendre forme ». En effet, « déjà largement utilisé dans l’électronique grand public, le Li-ion gagne les marchés traditionnels de la batterie, remplaçant le plomb dans les chariots élévateurs et le nickel pour les alimentations de secours. Surtout, la technologie est indispensable pour assurer l’électrification des transports. L’automobile mène la danse, sous l’effet de normes d’émissions de plus en plus strictes en Europe et en Chine ». Interrogée par le journal, Séverine Jouanneau, directrice du département de l’électricité et l’hydrogène pour les transports au CEA-Liten, rappelle que « le lithium est l’un des éléments les plus légers sur le plan chimique. En termes de densité d’énergie volumique et massique, ces batteries sont très concurrentielles ».

Relevé dans la presse

·     Hydrogène –  Le site web Transitions énergies publie une tribune de Patrick Criqui, directeur de recherche émérite au CNRS et à l’Université Grenoble Alpes (UGA) et de Carine Sebi, professeure associée et coordinatrice de la chaire « Energy for Society » à Grenoble École de Management (GEM), co-écrite avec Florence Lambert, présidente de Genvia et ancienne directrice du CEA-Liten. Selon eux, « les coûts de l’électricité renouvelable, notamment éolienne et solaire, ne cessent de baisser et leur part dans la production augmente rapidement. Problème, cette production est par nature intermittente. Il faut donc trouver le moyen d’assurer l’équilibre en permanence entre l’offre et la demande sur le réseau électrique ». De plus, « l’hydrogène semble aujourd’hui une solution idéale, pour stocker de l’électricité et également pour se substituer aux carburants fossiles quand l’électricité ne le peut pas directement ». Retrouvez cet article dans son intégralité ici<https://www.transitionsenergies


[Synthèse de presse | 31.03.2021  .2021]

Genvia

Certains médias de la presse nationale et occitane se font l’écho de l’inauguration, mardi 30 mars, de Genvia, « fruit de la collaboration entre le CEA […] et l’expertise industrielle de Schlumberger », indique Midi Libre. L’article complète « Au regard des perspectives et des applications futures, Vinci construction, le groupe cimentier international Vicat et l’Agence régionale énergie climat (Arec) sont également entrés au capital de la société ». Interrogée par La Tribune, Florence Lambert, la nouvelle présidente de Genvia indique que « ‘l’objectif est d’être en-dessous de deux euros le kilowatt d’hydrogène vert (…)’. Pour cela, la mission de cette joint-venture émergente sera de fabriquer des électrolyseurs haute température à oxyde solide, technologie mise au point par le CEA de Grenoble ». L’article rappelle que « ce chantier d’importance se déroulera à Béziers (Hérault), sur le site industriel de Cameron, filiale du groupe Schlumberger [qui] a reçu les premiers modules de la ligne de fabrication pilote ». Reprenant les éléments d’une interview récente accordée par Florence Lambert à La Tribune, l’article détaille le plan d’actions détaillée par la dirigeante de Genvia : « ‘la première ligne pilote de fabrication sera prête en juillet, de manière à commencer à produire en pré-série les premiers modules, mais aussi à former les personnels et à travailler sur les fenêtres de procédés. En 2022, nous augmenterons la cadence pour faire les premiers systèmes complets. Et l’objectif est de produire plusieurs démonstrateurs de 300 KW en 2023 et des électrolyseurs d’une capacité de plusieurs mégawatts en 2024 ». Au-delà, l’objectif « est d’atteindre la fabrication d’électrolyseurs d’une capacité d’au moins 1 GW en 2030′ ». Et « si cette montée des cadences de production par les investissements est actée, l’objectif avec la vente de ces systèmes de puissance est de donner accès le plus possible à la technologie aux acteurs français et européens, selon le consortium d’actionnaires ». À commencer par le projet « Hyd’Occ, du nom de la société de projet portée par le producteur d’énergies renouvelables Qair et l’Arec Occitanie, [pour] construire une usine de production d’hydrogène vert à Port-La-Nouvelle dès 2023, qui répondra à terme à 21% des besoins en hydrogène de l’Occitanie’ », a annoncé Carole Delga, la présidente du conseil régional, aux côtés de Florence Lambert lors de l’inauguration.

Relevé dans la presse

·     Saclay – Le Parisien rapporte sur son site web un incident lié à de la « la fumée qui s’échappait lundi soir d’un conteneur abritant du plutonium », survenu sur le site du CEA-Paris-Saclay le 29 mars 2021. Comme l’indique l’article, « après vérification, aucun départ de feu n’a été constaté au centre du CEA de Paris-Saclay. La fumée provenait tout simplement du système anti intrusion ». « ‘Le service de radioprotection a effectué toutes les mesures, il n’y a eu ni fuite, ni incendie’ », a précisé le CEA au quotidien.

·     Batteries – La Tribune s’intéresse à la startup Verkor et le choix d’implantation de sa future « gigafactory de batteries électriques […] avec à la clé, un investissement annoncé de 1,2 milliards d’euros, et la création de 2 000 emplois » qui suscite un intérêt dans différentes régions. « En Auvergne Rhône-Alpes, […] Laurent Wauquiez est bien décidé à ne pas laisser partir la jeune pépite », indique l’article qui précise que le président de la région aurait mentionné « l’octroi possible d’une enveloppe de ‘7 voire 8 millions d’euros’, en vue de soutenir directement le déploiement de la jeune pousse » si « celle-ci choisit la région AURA comme future terre d’implantation ».

·     CNES – « ‘Le président de la République envisage, sur proposition du Premier ministre, de nommer M. Philippe Baptiste en qualité de président du conseil d’administration du Centre national d’études spatiales (CNES, ndlr)’ », reprend La Tribune, d’après un communiqué de presse de l’Elysée. Philippe Baptiste « ancien directeur de cabinet de Frédérique Vidal, qui va très certainement remplacer Jean-Yves Le Gall, va pouvoir s’intéresser au spatial à condition de passer le cap de ses deux auditions à l’Assemblée nationale et au Sénat ». À propos de ce choix, l’article précise que comme « l’Élysée ne souhaitait pas qu’un industriel soit nommé à la tête du CNES, contrairement à Bercy en charge de l’espace, les principales candidatures – Nicolas Chamussy (Airbus) […] et de Stéphane Israël (ArianeGroup) notamment – n’avaient aucune chance. D’autant que certains groupes étaient montés au créneau pour s’opposer à ces candidatures. Aussi, Emmanuel Macron a privilégié, non pas l’expérience et la compétence de Bruno Sainjon, PDG de l’ONERA, mais un regard neuf sur la filière spatiale française pour l’amener vers de nouveaux horizons, essentiellement vers les activités aval du spatial, et plus précisément les fameuses applications


[Synthèse de presse | 30.03.2021  .2021]

Nucléaire

[Taxonomie] Les Échos rapporte que « Paris marque des points » auprès de Bruxelles « pour que le nucléaire soit considéré comme un investissement durable dans la future taxonomie verte », la « classification européenne de l’investissement durable ». La France peut effectivement maintenant s’appuyer sur « un rapport commandé par la Commission européenne » qui plaide en faveur d’une reconnaissance par l’Union européenne du nucléaire comme étant « un investissement durable ». Ce document écrit par le centre de recherche de la Commission européenne (JRC) doit être rendu public cette semaine. Il indique d’après Enerpresse qu’ « aucune preuve scientifique ne permet de conclure que cette énergie est ‘plus dommageable pour la santé humaine et l’environnement’ que les autres technologies intégrées dans la taxonomie ». En effet, selon les experts, « les effets non radioactifs du nucléaire sur l’environnement sont généralement comparables à ceux de l’électricité hydraulique et des énergies renouvelables », rapporte l’agence.

[Hiver nucléaire] Dans un billet publié sur son blog du Monde, le journaliste Sylvestre Huet revient sur la notion « d’Hiver nucléaire » employée par un collègue de Libération – reprenant le « message lancé, une fois de plus, par des experts auto-proclamés, en particulier Mycle Schneider et son rapport World Nuclear Industry 2020 ». Pour le journaliste en effet, les faits prouvent qu’ « il n’y a pas de glaciation mondiale de l’industrie électronucléaire ». Comme il l’explique, la situation est en vérité très contrastée : « la réalité actuelle de l’industrie nucléaire mondiale est la juxtaposition de trajectoires divergentes, stables ici, en suspens de décisions là, en chute libre là, et en croissance vigoureuse ailleurs. Et comme les lieux de chute libre et de croissance vigoureuse ne sont pas de même importance – dans les deux cas petits ou grands pays – le bilan final n’est pas aisé à décrire. Surtout lorsqu’il faut soigneusement distinguer le présent et le futur. » Un billet à lire ici<https://www.lemonde.fr/blog/huet/2021/03/29/la-crise-ou-pas-de-latome/>.

Relevé dans la presse

·     Climat – Au lendemain de marches pour le climat regroupant « 100 000 personnes – selon les organisateurs – réclamant des objectifs écologiques plus ambitieux », rappelle Le Figaro, « la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a donné le top départ, lundi, de l’examen à l’Assemblée nationale du projet de loi climat et résilience ». Les « 69 articles du projet de loi [seront examinés] pendant trois semaines par les députés ». Ceux-ci ont déposé « près de 7 000 amendements » note Le Monde, qui souligne que « des représentants patronaux aux ONG en passant par les militants écologistes, les pressions se multiplient sur le gouvernement et les députés de la majorité qui veulent défendre ‘un texte équilibré’ ». Celui-ci devrait « toucher tous les aspects de la vie quotidienne (…) avec des mesures allant de l’interdiction de certaines lignes aériennes à la lutte contre les passoires thermiques et l’artificialisation des sols, en passant par la régulation de certaines publicités et le délit d’écocide ».

·     Culture scientifique – L’Est Républicain s’intéresse à la BD « Au cœur de l’Énergie nucléaire » du scénariste PEB et de la dessinatrice Zoé Thouron. Interrogé par le quotidien, PEB raconte : « À l’origine, le CEA m’avait sollicité pour réaliser une publication à usage interne. Il s’agissait d’exposer des sujets de recherches en cours dans ses murs. Mais avec son accord, j’ai eu envie de le destiner à un public plus large ». Le scénariste précise : « Je ne prétends pas résumer en quelques pages des recherches menées par ces doctorants de haut vol sur des années. Mais juste en expliquer les sujets, en exposant des notions de base ».


[Synthèse de presse | 29.03.2021  .2021]

Mobilité décarbonée

[Hydrogène] C’est « à une extraordinaire floraison de projets de mobilité H2 que l’on assiste depuis plusieurs mois dans l’Hexagone, stimulés par l’impulsion de l’État et son plan Hydrogène à 7,2 milliards d’euros sur dix ans », note Le Monde. « Le ministère des transports liste 28 projets majeurs d’écosystème hydrogène » (bus, taxis, trains, navettes fluviales, bennes à ordure), sans compter « plus de 150 » initiatives à plus petite échelle. Pour le quotidien, « ce foisonnement est nourri par un double espoir : celui d’une revitalisation de territoires en risque de désindustrialisation et celui d’une décarbonation de l’économie française ».
Pour autant, « les faibles volumes d’hydrogène décarboné disponibles ne pourront pas servir à tous les usages », souligne Le Monde. De plus, « la feuille de route énergétique française sur les dix prochaines années prévoit un fort développement de l’éolien et du solaire, mais ne prend pas un compte une éventuelle production massive d’hydrogène ». Quant au coût, l’hydrogène « produit ne sera compétitif qu’avec une combinaison d’un soutien public important et d’une forte taxation du carbone au niveau européen, ce qui est loin d’être acquis à court terme », selon le quotidien.

[Batteries] Les Échos a interviewé Yann Vincent, DG d’ACC, co-entreprise créée par Stellantis (PSA-Fiat Chrysler) et Total pour produire des batteries automobiles en Europe. Selon lui, « il faudrait multiplier la capacité [industrielle] mondiale par 15 » pour répondre à la demande projetée de batteries automobiles, ce qui « nécessiterait 100 milliards d’euros d’investissements entre 2020 et 2030 ». Pour Yann Vincent, il y a « une nécessité d’une industrie de la batterie européenne » car avec de tels volumes, « personne n’imagine que des batteries de 500 kg viendront d’Asie par millions, que ce soit pour des raisons logistiques, environnementales, ou encore de souveraineté ». Si M. Vincent ne voit pas aujourd’hui de « guerre des talents », « il y a un vrai risque sur la partie ingénierie » car « tout le secteur travaille sur des évolutions lourdes de la technologie » et « tous auront besoin de compétences pointues ». Par ailleurs, les matières premières ne devraient pas voir de tensions particulières, à l’exception du nickel pour lequel « les prix risquent d’augmenter significativement » avant qu’ « en 2035-2040, le recyclage des batteries [ne fournisse] un volume suffisant en matériaux ».


[Synthèse de presse | 26.03.2021  .2021]

Transferts et partenariats

[Classement Challenges] Challenges publie sa sélection des « 100 start-up où investir en 2021 ». Iumtek et Quandela font partie des jeunes pousses retenues. Iumtek, « créée en 2017 par l’ingénieur en microélectronique Ronald Berger-Lefébure […], ambitionne d’optimiser les process de fabrication industriels en leur permettant d’être plus sobres dans l’exploitation des ressources naturelles et moins énergivores. Intégrée dans l’accélérateur d’Air Liquide aux Loges-en-Josas (Yvelines), détenue à 20 % par le CEA Investissement, la société a pour l’heure vendu ses instruments de diagnostic d’éléments chimiques, qu’elle conçoit et fabrique elle-même, au CEA, en Israël, ainsi qu’à une université américaine ».

La technologie portée par Quandela est « le fruit d’une vingtaine d’années de recherche. Elle est unique au monde et permet le développement de super calculateurs, appelés ordinateurs quantiques, et d’un réseau Internet quantique », explique Challenges. Le journal précise que « ce sont trois chercheurs en électronique et optique au labo CNRS de Palaiseau (rassemblant aussi Polytechnique et le CEA), […] qui ont décidé de fonder Quandela en 2017 pour valoriser leurs travaux sur une technologie d’utilisation de la lumière pour le traitement de l’information sans équivalent dans le monde ».

[Anatoscope] Le Journal des Entreprises s’intéresse à la deeptech montpelliéraine Anatoscope, « spécialisée dans la simulation 3D du corps humain à partir de l’imagerie médicale ». D’après le journal, la startup « passe un cap dans sa collaboration avec CEA Tech, l’accélérateur d’innovations du CEA. Ce dernier développe depuis 2011 une plateforme de formation permettant de simuler une chirurgie d’ostéotomie mandibulaire. La technologie de double numérique développée par Anatoscope a été implémentée afin de rendre la formation des futurs médecins plus réaliste, et de leur permettre de s’entraîner dans un environnement de réalité virtuelle, avec des interfaces haptiques (à retour d’effort) ». Cette innovation « vient d’être testée avec succès, au sein de l’Institut SimuSanté du CHU Amiens, pour l’examen clinique de patients victimes de rupture des ligaments. Elle va être bientôt exploitée dans un outil de formation spécifique de la jambe ou dans des mannequins plus complets ».

[Exxelia] Le Républicain Lorrain révèle qu’ « embarqué dans la crise de la filière aéronautique, le fabricant de composants magnétiques Exxelia […] prévoit 3 M€ pour développer les solutions innovantes qui allégeront le poids des avions du futur. L’État l’accompagne à hauteur d’un tiers environ ». François Vignaud, directeur de l’unité Magnetics d’Exxelia explique : « nous avons commencé les travaux de recherche. Les études portent sur quatre axes différents. L’idée est d’augmenter la capacité de puissance électrique à transmettre, sans alourdir le poids des composants. Ces études se font en partenariat avec le laboratoire de Génie électrique de Grenoble (G2E Lab) et le CEA ».

Relevé dans la presse

·     5G – Les Échos consacre un article à la publication du livre « La guerre mondiale des ondes » dont l’auteur, Sébastien Dumoulin, est journaliste au quotidien. Ce livre, « qui se lit comme un thriller », raconte « les coulisses d’une bataille technologique mondiale, ou Chine et États-Unis se rendent coup pour coup ». Le journal souligne par ailleurs que « le maigre débat français autour de la prétendue nocivité des nouvelles antennes apparaît dans tout son décalage avec la réalité ».

·     iMRC – VIPress rapporte que « le projet iMRC, associant la société Tiempo Secure, spécialisée dans la sécurisation des objets communicants, le CEA-Leti et le CEA-List, vient récemment d’être sélectionné dans le cadre du Grand Défi Cyber du plan de relance du gouvernement ». VIPress ajoute que le projet « se penchera sur la sécurisation des objets connectés dont les vulnérabilités peuvent être déterminantes pour les réseaux ».

·     Fleurons industriels – « Le nombre des secteurs sensibles soumis à autorisation préalable en cas de prise de contrôle par des intérêts étrangers a crû en 2020, avec l’ajout de la sécurité alimentaire et de la cybersécurité », selon Le Monde. Ainsi, ce sont « 275 opérations [qui] ont été soumises à la procédure de contrôle des investissements étrangers », contre 216 en 2019. Parmi les contrôles réalisés, le journal revient sur « le veto opposé par l’État, en 2020, au rachat du spécialiste de la vision nocturne Photonis par l’américain Teledyne » ou encore l’acquisition de Carrefour par le distributeur canadien Couche-Tard.


[Synthèse de presse | 25.03.2021  .2021]

+Nucléaire

[Cigeo] « Le programme d’enfouissement des déchets radioactifs de Bure, dans la Meuse, vient de recevoir un avis favorable du Secrétariat général pour l’investissement. Grâce à la reconnaissance de son utilité publique, le projet pourrait enfin engager des travaux préparatoires », résume Les Échos. « La déclaration d’utilité publique, c’est l’aboutissement de vingt-cinq ans de recherches et le point de départ d’une nouvelle phase », indique le directeur général de l’ASN, Pierre-Marie Abadie. Initialement espérée pour 2019, c’est « à la fin de l’année, voire au début 2022, [que] le dossier de Cigéo atterrira sur le bureau du Premier ministre et de la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili. Ce sont eux qui décideront ou non d’accorder le fameux sésame d’utilité publique au projet par décret ». À la suite de cette annonce, le quotidien précise que « l’avis n’a pas manqué de raviver les inquiétudes chez les élus locaux ».

[Sureté nucléaire] L’Express s’intéresse à la sécurité nucléaire et s’interroge sur le degré d’investissement de la France sur ce sujet, notamment sur la capacité de la filière nucléaire à tenter « d’imaginer l’inimaginable et de réduire les risques au point d’éliminer presque totalement certains scénarios. […] ‘Le but est de hisser la sécurité des sites existants au même degré que si on les construisait à partir de zéro’ » précise Dominique Vignon, ancien président de Framatome. Lorsque le journal se demande si la France n’en fait pas un peu trop, Dominique Grenêche, professeur à Sciences Po et à l’INSTN sur les sujets de l’énergie, rétorque « ‘nous arrivons à un point culminant au regard des efforts techniques et financiers engagés. Cela ne veut pas dire que la sécurité s’arrête : on va continuer à faire des études pour améliorer la fiabilité des systèmes. […]».

Relevé dans la presse

·     Égalité hommes-femmes – Selon AEFinfo, « entre 2019 et 2021, la note du CEA à l’index de l’égalité hommes femmes est passée de 74 à 89 sur 100, [mais si] les femmes gagnent les sommets de la hiérarchie du CEA, aucune ne figure encore parmi les 10 plus gros » salaires. Interrogée par le média, Laurence Piketty, Administrateur général adjoint, explique que « depuis l’arrivée de François Jacq comme administrateur général il y a deux ans et demi, le taux de femmes au Comex est passé de 15 à 41 % ». Selon elle, « le CEA a franchi une marche importante » et il convient désormais de  » ressourcer toutes les strates du management intermédiaire » ». « Le toit de verre du CEA s’est envolé, restent les plafonds », résume Marie-Ange Folacci, directeur de la communication et porte-parole du CEA, « qui met en avant le travail de féminisation des jurys au CEA ». AEFinfo liste plusieurs actions et engagements pris par le CEA dans la recherche de l’égalité des sexes ; l’article est à retrouver ici.<https://s.kmni.eu/t/ykxwhLyB-sXp3jaLFL0uyrvBwhG56LQ-pdf-zC/aefinfo.fr_20210324110000>

·     Micropropulsion – Industrie & Technologies rapporte que « les start-up françaises Exotrail et ThrustMe ont lancé leurs propulseurs miniatures pour nanosatellites et microsatellites ». Ces technologies « marquent des progrès majeurs dans les domaines de la micropropulsion et des futures constellations de petits satellites ». Ainsi, « quelques jets de plasma suffiront bientôt aux nanosatellites et microsatellites pour manœuvrer en orbite. Ces appareils emblématiques de l’ère du new space, dont la masse est comprise entre 1 et 100 kg, seront de plus en plus lancés en grappes afin d’être déployés en constellation », d’après Industrie & Technologies.


Synthèse de presse | 24.03.2021  .2021]

Nucléaire

[Taxonomie verte] Le Figaro revient sur les enjeux pour l’énergie nucléaire de la « taxonomie verte », une classification qui doit entrer en vigueur au niveau européen en 2022, qui vise à définir ce qu’est une activité dont le financement est jugé prioritaire pour parvenir à une activité bas carbone. D’après Le Figaro, la taxonomie pourrait « mettre fin au ‘greenwashing’ des investisseurs privés, mais aussi (…) conditionner l’accès aux financements publics dans le futur. Un cauchemar pour l’industrie du nucléaire, qui pourrait être exclue du cadre ». En effet, « dans un premier document, la Commission européenne (…) pointe le besoin de ‘davantage de preuves’ sur le respect, par l’énergie nucléaire, du principe d’innocuité – préservation de la biodiversité ou lutte contre la pollution – rattaché aux objectifs verts de l’Union. Car c’est sur le respect de ce principe et autour de l’impact des déchets radioactifs que se cristallise le blocage ». Le Figaro ajoute qu’« un rapport d’experts, attendu dans les prochaines semaines, devra donner des premières réponses ».

[Plaidoyer] Le Figaro prend connaissance d’une note rédigée par François Bayrou et devant être publiée mercredi. Selon celle-ci, le Haut-commissaire au Plan énonce que « l’atome civil est indispensable pour répondre à l’explosion à venir des besoins en électricité ». D’après l’article, « pour assurer la décarbonation de l’économie française, l’électricité doit prendre le relais des énergies fossiles. De 473 térawattheures (TWh) d’électricité en 2019, la France devrait avoir besoin de 630 TWh à l’horizon 2050, voire peut-être davantage. Soit une hausse de 40 % à 45% ». Il s’agit là « d’une augmentation considérable de la consommation d’énergie électrique » pour François Bayrou, impossible à contenter « tout en supprimant tout ou partie de notre parc de production nucléaire » : pour lui, l’objectif des 50 % d’électricité d’origine nucléaire est « un plancher qu’on n’enfoncera pas à la baisse sans risquer de provoquer une crise du système électrique ».

Relevé dans la presse

·     Exosquelettes – D’après Industrie et Technologies, « les fabricants d’exosquelettes optimisent l’ergonomie de leurs dispositifs afin de les déployer dans les ateliers. Ils proposent des modèles passifs ou actifs, plus légers et polyvalents ». Pour autant, ces dispositifs « font encore l’objet d’améliorations ». A ce titre, Yann Perrot, chef du service de robotique interactive au CEA-List, explique : « tout l’enjeu de leur développement est de résoudre cette contradiction : ils doivent être suffisamment performants pour aider les opérateurs et suffisamment simples ». En effet, « plus un exosquelette est complexe, plus son poids et son coût augmentent. Or un poids trop élevé va gêner l’utilisateur ».

·     Médicaments – Comment Ça Marche a interrogé sur ses recherches Nicolas Gilles, « chercheur au CEA Paris-Saclay, spécialiste des venins à visée thérapeutique ». Son équipe travaille « à un traitement pour la polykystose rénale, une maladie génétique rare caractérisée par le développement de kystes multiples sur les reins » à base de « mambaquarétine, un peptide issu du venin du mamba vert » et met « en place une startup pour réaliser les phases de développement clinique et de commercialisation de la toxine en tant que médicament ». Pour Nicolas Gilles, la « spécificité d’action [des toxines et peptides de venin] présente un immense potentiel sur le plan pharmacologique [pour] imaginer de nouveaux médicaments plus ciblés et aux effets secondaires réduits par rapport aux traitements classiques ».

·     Coût du carbone – Après avoir « augmenté de plus de 37 % en 2020 », le prix de la tonne d’émission carbone sur le marché européen est en « hausse de près de 30 % depuis le début de l’année », signale Les Échos. Pour le quotidien économique, cette hausse est en partie due à l’approche du 30 avril, date à laquelle les industriels concernés devront avoir compensé « leurs émissions de 2020 ». Mais surtout, à plus long-terme, « l’Union européenne doit intégrer l’objectif de réduction de 55 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030. Dans le même temps, elle pourrait étendre le marché aux secteurs du transport et du bâtiment ». Par conséquent, avec « moins de quotas d’un côté pour plus de secteurs concernés de l’autre, (…) les prix vont forcément augmenter », note le journal. Un fond spéculatif estime ainsi « que le prix de la tonne de carbone pourrait atteindre 100 euros cette année ».

·     Industrie pharmaceutique – « Parmi les solutions trouvées par les laboratoires pendant la crise, un certain nombre d’entre elles pourraient être pérennisées », note Les Échos. C’est le cas du rolling review, ce « processus de collecte en continu des données cliniques pour commencer l’examen des dossiers sans attendre qu’ils soient complets » mis en place par l’Agence européenne du médicament. Si « cette tendance à compacter l’ensemble du processus était déjà amorcée avant la pandémie, en particulier en cancérologie, [elle] pourrait devenir la manière standard de travailler, au moins pour les médicaments à fort enjeu médical », note Frédéric Collet, président de Novartis France. Selon Les Échos, c’est aussi le cas des essais cliniques, où de nombreux actes peuvent être réalisés « sans que le patient ait à venir à l’hôpital ». Sur les chaînes de production, « l’évolution vers les usines 4.0 aura encore franchi une étape » : les robots « ne peuvent pas attraper le Covid » et « la libération des lots peut être faite partiellement à distance ».


[Synthèse de presse | 23.03.2021  .2021]

Quantique

Les Échos s’intéresse à l’ « autre révolution quantique à venir ». En sus de l’ordinateur, « les étranges propriétés de la physique de l’infiniment petit pourraient révolutionner les domaines des télécommunications et de la métrologie ». Les Échos dresse ainsi un aperçu des innovations à venir en matière de quantique, à l’image des « capteurs quantiques », « proches de la commercialisation – contrairement à l’ordinateur quantique […]encore trop peu puissant et sujet à de nombreux résultats erronés », d’après l’article.
Patrice Bertet, directeur de recherche au CEA résume : le capteur quantique « utilise les propriétés de la physique quantique pour mesurer des ordres de grandeur avec une très grande précision ». En effet, « les physiciens savent désormais manipuler l’état quantique des plus petites particules (atomes, photos, électrons) » précise Les Échos. Par ailleurs, le journal souligne que « demain, Internet aussi sera quantique ». À ce titre, Nicolas Sangouard, directeur de recherche au CEA, rapporte que « les communications sont un des champs les plus avancés. Vous pouvez déjà acheter un système permettant de communiquer de façon sécurisée grâce au quantique », citant la compagnie Suisse IDQuantique qui « commercialise une solution permettant de sécuriser une liaison en transmettant la clé de cryptage via des photons ».

Cryptographie

Le site web spécialisé ZDNet.fr interroge Sandrine Murcia, dirigeante de la société française Cosmian et Renaud Sirdey, directeur de recherche au CEA-List, à propos des nouvelles utilisations faites du calcul sur les données chiffrées. Selon le site web, « effectuer des calculs sur des données chiffrées, sans avoir à les révéler, a longtemps été un domaine de la recherche en cryptographie. Mais de plus en plus d’entreprises s’emparent de ces nouvelles technologies, pour concilier confidentialité et traitement des données ». D’après M. Murcia, « avec les technologies de chiffrement classiques, la limite est évidente. Dès qu’on souhaite effectuer un calcul, on a besoin de la donnée en clair. Nos technologies permettent de faire le calcul directement sur de la donnée chiffrée, ou dans un environnement chiffré, afin de concilier collaboration et confidentialité des données ». Pour autant ZDNet.fr précise que « si les entreprises s’emparent de ces technologies, celles-ci sont un sujet de recherche pour les cryptologues depuis longtemps », comme l’explique Renaud Sirdey : « l’un des premiers articles constatant le caractère homomorphe d’un cryptosystème (algorithme de chiffrement, NDLR) a été publié en 78 par Rivest, Shamir et Adleman. Le sujet s’est ensuite développé dans les années 80, mais à l’époque, c’était presque considéré comme une curiosité, comme quelque chose d’accessoire […] Aujourd’hui, le principal axe de recherche pour le chiffrement homomorphe est de proposer des outils spécialisés et optimisés pour certaines tâches, par exemple sur des réseaux neuronaux capables de travailler sur des données chiffrées ». Retrouvez cet article dans son intégralité ici<https://www.zdnet.fr/actualites/le-calcul-sur-les-donnees-chiffrees-sort-des-labos-de-recherche-39919755.htm>.

Relevé dans la presse

·     Dissuasion – L’Opinion revient sur « la récente parution [dans ses colonnes] d’un entretien avec deux chercheurs sur la crédibilité de notre dissuasion nucléaire [qui a] suscité un certain émoi ». Si, selon le média, « une chape de plomb pèse sur la dissuasion, […] des signaux faibles montrent toutefois que cette situation de fort consensus est en train d’évoluer ». Pour le quotidien, « plusieurs phénomènes se conjuguent pour contester la position française : l’entrée en vigueur du traité sur l’interdiction des armes nucléaires (Tian), la division des Européens sur le sujet, l’engagement très net du pape François contre le nucléaire militaire, le retour de la question des conséquences des essais en Algérie et dans le Pacifique, l’accès aux archives et la ‘soutenabilité’ financière et technologique du renouvellement de la dissuasion française ».

·      Flamanville – L’AFP indique que « l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) est d’accord pour qu’EDF reprenne avec un robot des soudures défectueuses et difficiles d’accès sur le chantier de l’EPR de Flamanville (Manche) ». L’agence de presse précise que « ces réparations complexes concernent huit soudures difficilement accessibles, situées dans la traversée de l’enceinte de confinement, la grosse structure de béton qui doit retenir les éléments radioactifs en cas d’accident ».


[Synthèse de presse | 22.03.2021  .2021]

[Recherche française] Le Figaro publie une tribune du biochimiste et généticien Jean-Marc Egly, directeur de recherche à l’Inserm, membre de l’Académie des sciences et professeur à l’Université nationale de Taiwan, qui « analyse les maux dont souffre la recherche médicale en France et qui l’empêchent de se distinguer dans la lutte mondiale contre la pandémie ». Selon lui, « la crise sanitaire actuelle révèle le malaise de la recherche française, pointant les failles de son organisation, de son financement, de sa gouvernance et de son suivi ». Ainsi, Jean-Marc Egly reconnaît, entre autres, « que notre système de recherche est trop dispersé. Après avoir exclu la recherche de l’université en créant le CNRS, on n’a eu de cesse de découper notre recherche en une mosaïque de petites structures comme c’est le cas dans les sciences du vivant : pour plaire à un milieu médical, on a créé l’Inserm, puis devant le drame du VIH, l’ANRS, et ensuite l’Institut national du cancer (Inca), tout en laissant l’Institut de recherche sur le développement (IRD) créer un secteur santé. (…) De cet enchevêtrement de structures a résulté une dispersion de nos compétences et donc de notre force de frappe au bénéfice d’une augmentation de l’administratif ».

Relevé dans la presse

·     Cybersécurité – FranceInfo a interviewé Éric Léandri, ancien président du moteur de recherche français Qwant, qui « dirige à présent la société Altrnativ, qui s’apprête à commercialiser une solution, basée sur des brevets du CEA, pour lutter contre les cyberattaques ». Cette solution consiste « à surveiller les connexions au niveau du réseau Internet lui-même, sans intercepter les données ».

·     Climat – Le Monde rapporte que dans le cadre du projet de loi climat, passé en commission spéciale de l’Assemblée nationale, « les députés ont, entre autres, adopté une définition plus souple des rénovations thermiques performantes ». Plus généralement, Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres et présidente de Génération Ecologie, estime qu’ « au final, la commission a plutôt affaibli un texte qui, déjà, n’avait pas de portée climatique réelle ». Elle liste ainsi des reculs, « comme la suppression de la généralisation de la consigne de verre, le maintien des échantillons de publicité distribués par certains magazines, le retrait de la possibilité pour un maire de ne pas autoriser la publicité numérique dans les vitrines ».

·     Laboratoire – La revue spécialisée Produits Equipements Industriels s’intéresse à la création par « le CEA et la société 3D PLUS [d’] ALB3DO (Advanced Laboratory for 3D Détection Device Developments), un laboratoire commun alliant leurs équipes pour développer des imageurs en rayons X et gamma, et étendre les champs d’application notamment au domaine nucléaire. Ce laboratoire concrétise une collaboration de près de 15 ans qui a permis l’élaboration des détecteurs Calistes, dont le dernier modèle s’est envolé à bord de la mission spatiale Solar Orbiter en février 2020 ».



[Synthèse de presse | 19.03.2021  .2021]

Covid-19

[Reconfinement] La majorité des médias, dont Les Échos, reprennent l’information selon laquelle « l’Île-de-France, les Hauts-de-France, les Alpes-Maritimes, l’Eure et la Seine-Maritime seront reconfinés sept jours sur sept et pour quatre semaines au moins », à partir de ce soir minuit. Dans ces zones, « les écoles restent ouvertes mais tous les commerces non essentiels fermeront leurs portes dès ce week-end ». Cette décision fait suite à la « ‘progression de l’épidémie [qui] s’accélère’, a martelé le chef du gouvernement [Jean Castex], avec des variants désormais présents à 70 %, ‘plus contagieux et plus virulents’ et un nouveau malade en réanimation toutes les quatre minutes », précise le quotidien économique.

[Vaccins] À propos du vaccin AstraZeneca, l’Agence du médicament « a estimé jeudi que le vaccin présentait plus d’avantages que de risques dans la protection contre le Covid. La France va lever dans la foulée l’interdiction d’injection », selon Libération. Quant à la livraison à l’Union européenne de ces mêmes vaccins, « alors qu’une troisième vague de la pandémie de Covid-19 s’annonce et que les variants continuent à se propager, la présidente de la Commission s’est dite prête, mercredi 17 mars, à utiliser ‘tous les instruments’ à sa disposition pour faire en sorte que les vaccins commandés par l’Union européenne (UE) soient livrés », d’après Le Monde.

Relevé dans la presse

·     Photovoltaïque – Le spécialiste PV Magazine relaie « une nouvelle méthode de délaminage pour recycler » les panneaux photovoltaïques, développée par le CEA-Liten. Cette « méthode peu polluante et peu consommatrice d’énergie pour recycler les panneaux photovoltaïques en fin de vie » consiste « à séparer la face avant en verre de la face arrière constituée d’un mélange de polymères en découpant, grâce à un fil diamanté, à travers les cellules photovoltaïques ». « De cette manière, ils parviennent à désolidariser les deux faces espacées de quelques centaines de microns seulement », indique l’article, reprenant une actualité du CEA. A propos du recyclage, « avec cet équipement expérimental, un module d’un mètre carré peut être traité en une demi-heure. Le verre ainsi récupéré pourra être recyclé dans une nouvelle filière. Par ailleurs, par traitement hydrométallurgique, il est possible de séparer et de récupérer les différents métaux présents dans les poudres de découpe afin de les réutiliser également ».

·     5G –  Les Échos s’intéresse au « record dont la France se serait bien passée », à savoir, « Paris est la dernière capitale mondiale à basculer en 5G ce vendredi ». Pour le quotidien économique, « la 5G, ce sont, demain, des voitures qui roulent toutes seules, des bâtiments intelligents, des usines connectées et autant d’innovations de rupture. Être en retard revient à perdre l’opportunité pour nos industries, nos ports, nos usines…de se moderniser et d’améliorer leur compétitivité économique ».

·     Métaux rares – Les Échos s’intéresse à la montée des cours du lithium et du cobalt. En effet, l’article explique que « la tonne de carbonate de lithium 99 % en Chine, qui fait office de référence pour le métal blanc, a progressé de 130 % depuis novembre, passant de 6 000 dollars à près de 12 300 dollars. Même tendance pour le cobalt : à la Bourse des métaux de Londres, la tonne de ce minerai a pris 65 % depuis janvier à 52 767 dollars ». « D’ici à 2030, la mobilité électrique devrait consommer près de 70 % du lithium et plus de 50 % du cobalt. La demande de lithium devrait plus que doubler dans les cinq ans », indique le journal économique.


[Synthèse de presse | 18.03.2021  .2021]

Covid-19

[Certificat Covid] Pour la Commission Européenne,  « il est temps de mettre en place un « certificat numérique vert [qui] deviendrait le nouveau sésame permettant de franchir les frontières internes de l’Union européenne, voire celles vers des pays comme la Norvège ou la Suisse si ces derniers se joignent à la démarche », signale Les Échos. « Trois types d’informations pourront y être inscrits : soit une vaccination, soit une preuve que la personne a été malade et dispose d’anticorps, soit un test PCR attestant que celle-ci n’est pas porteuse du virus », explique le journal qui précise que « Bruxelles en a toutefois conscience : conditionner tout déplacement à l’obtention d’un tel certificat serait difficile à justifier au regard du principe de libre circulation gravé dans les traités ».

[Vaccins] « Alors que les laboratoires peinent à monter en cadence, l’allemand Merck va débourser 25 millions d’euros pour créer une nouvelle unité de production dans son usine alsacienne de Molsheim. Ce site, l’un des 8 de Merck en France, fournit les principaux fabricants de vaccins », annonce Le Figaro. « La nouvelle unité de production qui démarrera au second semestre sera dédiée à la fabrication d’équipements baptisés ‘Mobius’. Il s’agit de poches à usage unique en polyéthylène dans lesquelles la substance active des vaccins est fabriquée de façon stérile ». Ce type d’équipement permet de gagner du temps et « de l’espace sur les lignes de production », puisque son utilisation « évite, en effet, d’avoir recours à d’énormes bioréacteurs ».

Energie

[Flamanville] Selon l’Autorité de sûreté nucléaire, dont l’AFP rapporte les propos, « EDF a détecté des écarts par rapport au référentiel d’études concernant des soudures et des tuyauteries de l’EPR de Flamanville ». L’agence de presse ajoute que « l’ASN a demandé à EDF ‘de lui indiquer sa stratégie de traitement de cet écart’ de conception. L’autorité a également demandé à l’électricien ‘d’identifier’ ses ‘causes profondes’, les ‘raisons de sa détection tardive’ et de mettre en œuvre des ‘actions correctives’ pour ‘s’assurer de l’absence d’autres écarts sur le circuit primaire principal’ ».

[Batteries] D’après La Croix, Renault, Veolia et Solvay se sont associés « dans un consortium pour le recyclage des batteries électriques en fin de vie […]. Une collaboration qui préfigure la collaboration indispensable, à l’avenir, entre des poids lourds de la mobilité, de l’environnement et de la chimie ». Cette collaboration « inclut [notamment] un projet d’usine pilote en France, à une échelle préindustrielle, capable d’extraire et de purifier les différents métaux des batteries en fin de vie ». Enfin, « le consortium a aussi pour objectif l’anticipation de nouvelles réglementations, attendues cette année, qui doivent aboutir, à l’horizon 2025-2030, à la déclaration de la présence de matériaux recyclés et la traçabilité des autres composants de la batterie. Et, à terme, à renforcer les seuils d’utilisation de matériaux recyclés dans les batteries de demain », précise le journal.

Relevé dans la presse

·     Espace – L’AFP indique que « l’instrument MUSE, un assemblage de 24 spectrographes installés sur le Very Large Telescope de l’ESO au Chili », a réussi à détecter « l’image inédite d’une toile de filaments de gaz où sont nées les galaxies », « au terme d’une campagne d’observation hors normes, dont les résultats paraissent jeudi dans la revue Astronomy & Astrophysics ». Une prouesse car si « cette « toile cosmique » est prédite depuis longtemps par le modèle du Big Bang à l’origine de l’Univers, il y a environ 13,8 milliards d’années », elle est « très difficile à détecter vu sa distance – 10 à 12 milliards années-lumière de la Terre – et sa faible luminosité ».

·     [Orano] Le Dauphiné Libéré rapporte le lancement par Orano d’un « laboratoire complètement ‘inédit’ en France », pour la « production d’isotopes stables » (non-radioactifs). Il sera situé « sur le gigantesque site du Tricastin, entre Drôme et Vaucluse ». Le journal explique que « profitant de ‘près de soixante ans d’expérience’, le groupe concentrera tous ses savoir-faire, utilisés pour l’instant uniquement à convertir et enrichir l’uranium pour le nucléaire, dans ce laboratoire ». Orano a prévu d’investir 15 millions d’euros dans ce projet qui aura de multiples applications par exemple « ‘dans le secteur industriel’ afin ‘d’améliorer la performance des lasers’. Ou encore dans ‘l’informatique quantique’ pour faire des calculs beaucoup plus rapidement qu’un ordinateur classique. Ce qui pourrait constituer une belle avancée pour le CEA-Leti, centre spécialisé dans les micro et nanotechnologies à Grenoble ».

·     Tribune – Dans Le Monde, un collectif de chercheurs appelle à une mobilisation de la recherche publique « pour se prémunir de l’instrumentalisation du doute scientifique. L’influence d’intérêts économiques visant à retarder ou à brouiller les connaissances sur les impacts sanitaires, environnementaux ou sociaux des produits industriels doit être évitée à toutes les étapes et dans toutes les activités »


[Synthèse de presse | 17.03.2021  .2021]

Essais nucléaires

Disclose, repris par Mediapart, publie un nouvel article, en réponse au communiqué de presse du CEA publié vendredi 12 mars. Disclose, qui a publié la semaine dernière « le fruit d’une enquête de deux ans sur les conséquences des essais nucléaires dans le Pacifique », demande au CEA, « un centre de recherche scientifique de renommée mondiale », de publier « tous les documents en sa possession sur les calculs dosimétriques », de « rendre publiques les archives » utilisées, de « conduire des calculs d’incertitudes associés aux doses ».

Relevé dans la presse

·     Oenologie – La Semaine du Roussillon revient sur le succès d’Oeneo, qui, après « être passée au bord du gouffre au début des années 2000 », « poursuit un développement constant » grâce à son bouchon microstructuré « sans odeur et qui évite l’oxydation des vins », « fruit d’études conduites avec le soutien du CEA ». Après son lancement en 2005, « l’entreprise [connaît] une croissance à deux chiffres ». Elle produit annuellement « 2,3 milliards d’unités dont 650 000 à Céret », vendus « dans plus de 75 pays dans le monde [auprès] de 15 000 clients ». Elle estime avoir « de bonnes marges de croissance », alors que « un peu moins de 50 % » des bouchons vendus dans le monde sont microstructurés.

·     Astrophysique – Ciel & Espace revient sur Extreme Horizon, signalant qu’un « nouveau pas » a été franchi dans la modélisation de l’Univers grâce à la « collaboration internationale menée par le CEA ». C’est « grâce au supercalculateur Joliot-Curie [que] la formation des grandes structures de l’Univers jusqu’à des échelles de plusieurs milliards d’années-lumière a pu être restituée fidèlement ». Pour autant, si Extreme Horizon était « à la limite des outils actuels », « les simulations numériques de l’Univers ont (…) encore une belle marge de progrès », notamment pour « reproduire toutes les propriétés des galaxies et leur évolution temporelle » note Solène Chabanier, qui « a dirigé les analyses de la simulation lors de sa thèse au CEA ».

·     Loi climat – Comme le signale Les Échos, « le projet de loi constitutionnelle modifiant le premier article de la Constitution pour y inscrire la protection de l’environnement a été adopté à une large majorité » à l’Assemblée nationale. Cependant, « un vote conforme [du Sénat] indispensable pour aller au référendum » semble « très hypothétique » rappelle le journal.

·     Hydrogène – Les Échos relate le développement d’une « alimentation électrique de secours à l’hydrogène, dotée d’un système de pile à combustible, silencieuse et ne produisant que de l’eau », pour remplacer les groupes électrogènes des centres de données informatiques (datacenters). Le projet Hydata est porté par un consortium réunissant « H2Sys, concepteur et fabricant de générateurs à hydrogène, Mahytec, spécialiste du stockage et de systèmes de production d’hydrogène et Trinaps, un opérateur télécom exploitant son propre datacenter ». Un premier démonstrateur alimentant « une baie de serveurs de façon autonome pendant quarante-huit heures » a validé la technologie ; un second devrait d’ici la fin de l’année « alimenter un centre de données complet ». Le projet « de 1,5 million d’euros [est] financé par bpifrance et la région Bourgogne-Franche-Comté ».

·     Armes nucléaires – Les Échos rapporte que « la revue stratégique en matière de sécurité, de défense et de politique étrangère menée [au Royaume-Uni] évoque la possibilité d’augmenter de 180 à 260 le stock d’ogives nucléaires ». Cette hausse doit aider le royaume à « maintenir un niveau minimum et crédible de dissuasion ». Le journal économique note que « Londres aspire finalement à détenir un armement équivalent à la France, qui déclare ‘moins de 300 têtes nucléaires’ ». Pourtant, à l’inverse de la France, qui dispose aussi de missiles air-sol embarqués à bord des Rafale, « les Britanniques n’ont plus recours qu’à leurs quatre sous-marins, équipés de missiles américains ». C’est « la première fois depuis la chute de l’Union soviétique il y plus de trente ans [qu’un] État occidental (…) annonce sa volonté d’augmenter son stock d’armes nucléaires ».


[Synthèse de presse | 16.03.2021  .2021]

Demandes de brevets

Selon Reuters, « la France fait partie des rares pays européens à avoir enregistré une hausse des demandes de brevets auprès de l’Office européen des brevets (OEB) en 2020, lui permettant de conserver sa deuxième place en terme d’innovation en Europe [derrière l’Allemagne], malgré la pandémie de coronavirus ». Le pays a ainsi déposé « 10 554 demandes l’an dernier, soit 3,1 % de plus qu’en 2019 ». Pour L’Usine Nouvelle, c’est « un bon résultat alors que le Covid-19 a freiné l’innovation globale ». En effet, selon Yann Ménière, chef économiste de l’OEB, « alors qu’on observe d’habitude une tendance régulière à la croissance du dépôt de brevets dans le monde (…) l’année 2020 connaît une légère baisse ». Avec 520 demandes, et malgré une baisse de 12,9 % par rapport à l’année dernière, le CEA reste « en tête des organismes français qui génèrent le plus de demandes de brevets » devant Safran et Saint-Gobain, précise Reuters.

Occitanie

[Innovation] Selon une étude de l’Insee, reprise par le site du Journal Toulousain, « qu’elle soit publique ou privée, la recherche et le développement (R&D) reste l’un des secteurs les plus dynamiques en Occitanie ». L’institut statistique place ainsi l’Occitanie « en tête du classement des régions de France qui consentent le plus d’efforts de recherche » avec un budget alloué à la R&D de 5,8 milliards d’euros, soit 3,5 % du PIB régional. La recherche publique représente 1,4 % du PIB dont « la moitié est portée par trois organismes de recherche, à savoir le CEA, le Cnes et le CNRS », précise le journal.

[Hydrogène] Dans la course à la réindustrialisation autour de l’hydrogène, « la Région Occitanie a pris un bon départ, en posant un diagnostic précoce et en sachant embarquer des partenaires privés dans une démarche de filière co-partagée », selon Le Journal des Entreprises. Le journal rappelle par ailleurs que l’Occitanie vise « à devenir la première région à énergie positive d’Europe d’ici à 2050 ». Parmi les projets retenus pour atteindre cet objectif, le JDE cite la création de Genvia, « portée par le pétrolier Schlumberger et le CEA » qui « accélérera le développement d’une technologie fondamentale qui permettra de déployer la production d’hydrogène décarboné à un prix abordable ».


Synthèse de presse | 15.03.2021  .2021]

Essais nucléaires

« Le leader indépendantiste polynésien Oscar Temaru a appelé à une manifestation contre ‘les 193 crimes commis par l’État français’, en référence aux 193 essais nucléaires réalisés en Polynésie entre 1966 et 1996’ », rapporte l’AFP. Cet appel à manifester fait suite à la parution, mardi 9 mars, d’une « enquête du média d’investigation en ligne Disclose […qui] juge la radioactivité reçue par certains Polynésiens ‘deux à dix fois supérieure’ aux estimations du CEA, suite aux six essais nucléaires les plus contaminants ». À ce sujet, la dépêche précise que « dans un communiqué, le CEA s’est défendu, point par point, d’avoir sous-évalué le niveau de radioactivité dans son rapport publié en 2006 par le ministère de la Défense. ‘L’analyse de ces articles montre que, si des différences existent entre les mesures utilisées par leurs auteurs et par le CEA, ces différences n’induiraient pas de modification significative des doses auxquelles la population de Polynésie française a été exposée’ ». D’après le CEA, « il manque dans l’enquête ‘Toxique’ des précisions sur certaines données, comme la ‘radioactivité dans les aliments’, ‘ce qui ne permet pas au CEA d’expliquer’ l’écart entre les calculs des doses reçues par les Polynésiens », rapporte l’AFP.  « Le CEA a affirmé que s’il devait refaire les calculs, ‘la méthode utilisée serait la même aujourd’hui qu’à l’époque’, soulignant notamment avoir bien pris en compte l’eau de pluie consommée par la population, contrairement à ce qu’affirme Disclose », précise l’agence de presse. Plus d’informations dans le communiqué de presse du CEA<https://www.cea.fr/Pages/actualites/defense/parution-du-livre-toxique-reaction-du-cea.aspx>.

Vaccins Covid-19

[AstraZeneca] Les Échos informe qu’« AstraZeneca réduit une nouvelle fois ses prévisions de livraisons de vaccins à l’Union européenne au premier semestre ». « Les livraisons sont en effet ramenées à 30 millions de doses à fin mars au lieu des 120 millions promises le mois dernier, selon un document ayant circulé au sein de l’Union européenne. Par ailleurs, AstraZeneca ne sera en mesure de fournir que 70 millions des 180 millions de doses contractuelles au deuxième trimestre », précise l’article.

[Johnson&Johnson] L’Humanité s’intéresse, quant à lui, au vaccin développé par Johnson & Johnson. « Ce sérum développé par le laboratoire américain est le premier à ne nécessiter qu’une seule injection pour contrer le virus ». Ce dernier « a obtenu, jeudi 11 mars, le feu vert de l’Agence européenne des médicaments (EMA) et une autorisation de mise sur le marché conditionnelle ». Le journal reprend les propos du numéro 2 du laboratoire, Paul Stoffels, au JDD qui a précisé que « ‘les premières doses arriveront en Europe à la mi-avril’ [et] qui a aussi promis d’honorer ‘d’ici la fin de l’été l’essentiel de l’accord de livraison de 200 millions de doses signé avec l’Union européenne’ ». « Les résultats des essais cliniques font état d’une efficacité de 85 % », précise l’article.

Cybersécurité

Le Monde s’intéresse aux cybertensions entre les États-Unis, la Russie et la Chine et notamment aux « deux attaques majeures [qui] ont ciblé des géants américains, dont le groupe Microsoft, à un moment-clé de transition pour l’administration Biden ». « Après une première cyberattaque d’ampleur, officiellement attribuée à la Russie et révélée en décembre 2020, les États-Unis doivent gérer depuis début mars les conséquences d’une deuxième opération, majeure, contre un de leurs fleurons informatiques, Microsoft. Celle-ci serait le fait de hackers liés à la Chine, selon certains spécialistes », précise l’article. « Le dernier épisode de tensions est survenu mercredi 10 mars, lorsque l’accès à plusieurs sites officiels russes a été bloqué pendant plusieurs heures de manière inhabituelle ». « Des experts y ont vu un dégât collatéral des manœuvres russes, le même jour, pour ralentir le réseau Twitter. Mais d’autres y ont lu la première traduction d’une réplique venue des États-Unis », d’après Le Monde.

Relevé dans la presse

·     Essais cliniques – Le site de FranceTvInfo met en exergue la startup grenobloise Remedee, à l’origine d’« un stimulateur anti-douleur [qui] ressemble à un bracelet de montre et peut être actionné à volonté. Il vise à diminuer le recours aux médicaments contre les douleurs chroniques comme la fibromyalgie, une pathologie dont souffrent surtout les femmes et qui peut être invalidante ». Cette technologie s’appuie sur « des composants en silicium qui ont été conçus par Remedee avec le CEA Grenoble et STMicroelectronics. Ils vont émettre un rayonnement millimétrique à 60 gigahertz (GHz) qui va être envoyé en direction des terminaisons nerveuses » a indiqué Michael Foerster au média, co-fondateur de l’entreprise. Pour valider le dispositif, « des essais cliniques ciblant plusieurs types de douleurs chroniques vont être lancés, notamment avec le CHU de Grenoble ». La commercialisation est prévue pour fin 2022.

·     Sécurité – Le Dauphiné Libéré rapporte la certification par le FBI du photocapteur FAP10 de la société française Isorg, issue du CEA-Liten. Ce capteur d’empreintes digitales est « un capteur optique, comme dans un appareil photo [qui] utilise une photodiode organique (OPD) », précise Nicolas Bernardin, directeur du développement commercial d’Isorg au quotidien, qui évoque « une première mondiale ». Ce dernier explique que « c’est en effet le premier capteur issu de la filière organique à obtenir l’approbation de sécurité du FBI. Sur le marché de la sécurité, une solution ne peut être vendue qu’à l’unique condition d’être certifiée par le FBI, quel que soit le pays de production de cette technologie, quel que soit le pays visé ». L’article indique que « cette certification lui permet de prévoir une production en grande série d’ici la fin de l’année » et conclut qu’« Isorg a, toujours avec la même technologie, développé un capteur d’empreintes digitales plein écran pour smartphone, prenant en charge jusqu’à quatre doigts touchant simultanément l’écran. Cette solution pourrait obtenir son tampon FBI dans le courant de l’année ».


[Synthèse de presse | 12.03.2021  .2021]

Batteries

[Europe] Les Échos consacre sa rubrique « Idées & débats » au point de vue de Peter Altmaier, ministre allemand de l’Economie, Bruno Le Maire, ministre français de l’Economie et Maros Sefcovic, vice-président de la Commission européenne, concernant l’ « Alliance des batteries » pour « une Europe compétitive et durable ». Les trois dirigeants expliquent qu’ : « il y a trois ans, lorsque nous avons lancé l’Alliance européenne pour les batteries, l’industrie européenne dans ce domaine faisait pâle figure à côté des industries concurrentes dans le reste du monde. Nous avons fait, depuis, des avancées considérables. D’ici à 2025, l’Europe devrait fabriquer suffisamment de batteries pour équiper chaque année au moins 7 millions de voitures électriques ». Selon eux, « l’inauguration récente du site pilote de Nersac (France) et la modernisation et l’extension des usines de production d’Ellwangen et de Nördlingen (Allemagne) par Varta AG sont des étapes décisives ». Parmi les grandes avancées, « la Commission européenne a approuvé deux projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC) liés aux batteries [qui] permettront de créer de nouvelles chaînes de valeur avec 63 projets, tous axés sur des innovations de pointe, et contribueront à la création de dizaines de milliers de nouveaux emplois sur les territoires ». De plus, « la Commission a […] proposé un nouveau règlement sur les batteries avec des obligations en termes d’empreinte carbone. Établir une norme européenne axée sur la durabilité est d’autant plus essentiel que la demande et l’offre de batteries en Europe devraient monter en flèche d’ici à 2023 ». En parallèle, selon les auteurs, « de nouveaux projets de recyclage de batteries émergent » mais il faut « accroître plus rapidement nos capacités pour répondre aux volumes croissants de batteries usagées sur le marché. La batterie moderne est sans doute une des technologies les plus importantes pour l’avenir de notre planète et de notre économie. Nous avons fait de grands progrès en la matière, mais face à la concurrence croissante, il faut plus que jamais intensifier nos efforts ».

[Tyva Energie] Les Échos présente l’entreprise « Tyva Energie » qui s’apprête à concevoir des batteries « modulaires et réutilisables à vie », « dont la fin de vie est anticipée dès leur conception ». Thierry Claudel, le fondateur de Tyva Energie depuis 2013, a « investi 2,5 millions d’euros dans une usine pour soutenir le développement de son activité protégée par cinq brevets ». « Nous assemblons les différents éléments de nos batteries lithium sans les souder. Nous pouvons donc les démonter pour changer les cellules qui sont les accumulateurs stockant l’énergie, réparer les composants électroniques ou changer le boîtier de la batterie », explique au journal Thierry Claudel.


Synthèse de presse | 11.03.2021  .2021]

Fukushima

L’ensemble des médias revient sur la commémoration des 10 ans des événements qui ont touché le Japon il y a dix ans. L’Express résume l’enchainement de ces événements ce 11 mars 2011 : « le tremblement de terre [de magnitude 9, le plus fort jamais enregistré au Japon] déclenche un tsunami qui atteint les côtes japonaises trente minutes plus tard. Située juste en face de l’océan, la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi est heurtée par un mur d’eau de près de 15 mètres de haut ». Privés d’électricité permettant le refroidissement des réacteurs, « les cœurs de trois de ses six réacteurs entrent en fusion ». « Outre les dégâts humains – en décembre 2020, la police nippone recensait 15 899 décès et 2527 disparus -, près de 165 000 personnes ont dû être déplacées en raison des retombées radioactives liées à la catastrophe », rappelle le journal.

[Décontamination des sols] Autour de la centrale, « la décontamination des sols reste un casse-tête », note La Tribune. Les Japonais ont décapé « la surface du sol, sur une épaisseur de cinq centimètres, sur toutes les zones cultivées et résidentielles », explique Olivier Evrard, chercheur CEA au LSCE. Ce chantier à 24 milliards d’euros a « permis de réduire les concentrations en césium d’environ 80 % dans les zones traitées ». Les terres décapées sont réservées dans des sacs pour lesquels des études de traitement sont en cours : « il existe plusieurs techniques potentielles (…). Des collègues du CEA ont notamment développé une mousse de flottation permettant de faire remonter certaines argiles et donc le césium. Cette approche a été testée par Veolia et Orano, mais elle reste encore à l’état de prototype et il faut pouvoir passer à l’échelle industrielle », souligne Olivier Evrard. La Tribune rappelle que « les autorités envisageraient (…) de réutiliser les sacs de terre les moins contaminés pour faire des remblais ».

[Avenir de la zone] « La stratégie japonaise a été de permettre aux déplacés de revenir à Fukushima, et de ne pas les exposer à une radioactivité supérieure à celle des autres Japonais », précise Olivier Evrard dans L’Express. Pour autant, aujourd’hui, « moins de 30 % de la population est revenue et ce sont souvent des personnes très âgées » souligne-t-il dans La Tribune. Le journal pointe que « peu de terrains ont été réexploités. Notamment pour des raisons techniques, les travaux de décontamination à l’échelle industrielle ayant abîmé les réseaux de drainage ». Le chercheur codirige « un programme de recherche international et interdisciplinaire baptisé Mitate Lab, [pour] explorer les conséquences de la catastrophe d’un point de vue environnemental mais aussi humain ».
Bilan] En parallèle, Le Point revient sur le « bilan complet des conséquences sanitaires et environnementales de l’accident nucléaire qui a suivi le tsunami » publié le 9 mars dans un rapport de l’UNSCEAR, comité scientifique de l’ONU. « Ses conclusions vont totalement à rebours de la perception qu’en ont les opinions publiques », souligne le journal. Tandis que « 55 % des Français restent persuadés que les retombées radioactives de l’accident ont causé des centaines de morts », rapporte le journal d’après un baromètre réalisé par l’IRSN, « elles n’en ont causé aucun, et aucun cas de cancer n’a pu être, dix ans après, lié à ces mêmes retombées radioactives. Aucun impact n’a non plus été démontré sur l’environnement (…). » Article consultable en ligne<https://amp.lepoint.fr/2417139>

[Chantier de démantèlement] Combien de temps durera le démantèlement de Fukushima Daiichi ?, s’interroge certains médias. Selon Libération, « le chantier, qui a englouti des dizaines de milliards de dollars et emploie environ 5 000 ouvriers chaque jour, cumule les retards ». Pour le quotidien, « de plus en plus de voix assurent que l’horizon 2041-2051 n’est pas tenable ». Concernant le corium, « Tepco évalue sa masse à 800 ou 900 tonnes, mais peine à établir sa composition et à le localiser avec précision », souligne le quotidien. De plus, « l’Autorité de régulation du nucléaire japonaise (ARN) a annoncé en janvier qu’une forte concentration de césium radioactif était présente dans les couvercles des cuves de confinement des réacteurs 2 et 3 [ce qui] risque de retarder encore les tentatives d’approche pour cerner l’ampleur des difficultés ».

[Sûreté des installations] Le Figaro revient sur les travaux menés par EDF sur les 56 réacteurs du parc nucléaire français à la suite de la catastrophe de Fukushima. « Il s’agit de les amener au niveau de standard de sûreté des EPR », explique Cédric Lewandowski, directeur exécutif du groupe en charge du parc nucléaire. « Fukushima a entraîné une réponse en trois temps », précise le quotidien : la mise en place d’une force d’action rapide du nucléaire (Farn), des moyens d’urgence « en dur » installés dans les centrales et enfin, « l’ASN a (…) demandé à EDF, dans un troisième temps, de redonder les circuits de secours d’alimentation en eau et en électricité ». Selon le président de l’ASN, « le résultat est globalement satisfaisant », rapporte Le Figaro.

Relevé dans la presse

·     Florence Lambert – Les Échos dresse le portrait de Florence Lambert dans lequel le journal résume son parcours : « à 48 ans, cette fille d’un ouvrier et d’une employée administrative a enchaîné : un doctorat en électrochimie à Polytech Grenoble, une thèse sur le thème, disruptif à l’époque, du stockage de l’énergie, un poste de chef de laboratoire à 28 ans, un autre de chef de département transport à 35 ans au CEA Liten (Laboratoire d’Innovation pour les Technologies des Energies nouvelles et les Nanomatériaux) avant de devenir, à 40 ans, directrice de ce laboratoire de 1 000 chercheurs, puis présidente de Genvia.».

Fusion – Selon Challenges, la fusion nucléaire qui consiste à « fusionner des noyaux d’atomes légers (deutérium et tritium) pour produire de l’énergie, imitant ainsi le soleil », pourrait « concilier tout le monde » sur la question de l’avenir du nucléaire. En effet, « contrairement à la fission, la fusion ne produit pas de déchets hautement radioactifs à vie longue, et elle utilise des combustibles plus abondants que l’uranium ». Mais dans la pratique, « ça se complique » d’après l’article. Pour Jérôme Bucalossi, chef de l’Institut de recherche sur la fusion magnétique au CEA, « la clé de la fusion, c’est le confinement des noyaux afin de multiplier les collisions. Pour cela, le soleil dispose de sa masse considérable qui comprime en son cœur les noyaux atomiques. Dans un réacteur, il faut trouver d’autres forces ». Il s’agit ici de « l’enjeu majeur du réacteur Iter en construction près de Cadarache. Ce projet monumental de 20 milliards d’euros devrait s’achever en 2035 ». Jérôme Bucalossi explique que l’objectif d’Iter est de « démontrer que l’on peut créer, entretenir, et contenir un plasma à 150 millions de degrés, soit dix fois la température au cœur du soleil ».


[Synthèse de presse | 10.03.2021  .2021]

Fukushima

Les Échos revient sur l’avenir flou du nucléaire, dix ans après la catastrophe de Fukushima. En effet, si en 2010, le scénario central de l’Agence internationale de l’énergie anticipait « une capacité de production mondiale de 502 gigawatts en 2020 et de 602 GW en 2030 », rappelle Peter Fraser, responsable des marchés électriques au sein de l’Agence, « une décennie plus tard, les réacteurs nucléaires affichent à peine 415 GW de puissance cumulée. Un niveau similaire à celui d’il y a dix ans (si l’on retranche les centrales japonaises toujours à l’arrêt), qui permet au nucléaire de maintenir une part de 10 % dans le mix électrique mondial ». « L’accident de Fukushima a montré les limites de nos capacités d’anticipation et conduit de nombreux pays à réinterroger leurs projets nucléaires, voire à les arrêter », estime Karine Herviou, directrice générale adjointe de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), interrogée par le quotidien. Cependant, l’accident de Fukushima ne serait pas le seul responsable de ce déclin « déjà engagé depuis une vingtaine d’années » selon Mycle Schneider, analyste indépendant sur l’énergie nucléaire. En cause selon lui : « l’acceptabilité sociale mais surtout la concurrence des énergies renouvelables qui, au cours de la décennie, ont littéralement renversé la table – grâce à une chute drastique de leurs coûts de production ».

Les Échos s’intéresse par ailleurs à la Chine : si, « comme ailleurs, la catastrophe de Fukushima a mis un coup d’arrêt au secteur [nucléaire] […] paradoxalement, même ce rythme plus modeste a été suffisant pour [que la Chine reste] la principale locomotive du nucléaire dans le monde. Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie, la Chine a multiplié par cinq ses capacités de production d’électricité nucléaire entre 2010 et 2020, de sorte que sa puissance installée atteint 51 GW fin 2020, un niveau qui se rapproche des 60,6 GW de puissance revendiquée par les 56 réacteurs français. […] d’ici à 2030, la Chine devrait s’imposer comme le premier producteur d’électricité ».

L’AFP rapporte enfin les inquiétudes de Greenpeace sur « la lenteur de la mise en œuvre des mesures d’amélioration de la sûreté des centrales nucléaires françaises, décidées après la catastrophe de Fukushima ». Pour l’ONG, « dix ans après la catastrophe, sur 23 mesures structurantes identifiées, seules 12 ont été mises en place sur l’ensemble du parc (…) Pire, au rythme actuellement prévu, il faudrait attendre 2039 pour que les normes post Fukushima soient enfin respectées sur l’ensemble des réacteurs français ».

Relevé dans la presse

·     Hydrogène – L’AFP relaie le lancement par le CNRS d’une fédération dédiée à la « course à l’hydrogène vert » en France. Cette fédération regroupe « 270 scientifiques, afin de structurer leurs travaux sur cette molécule non polluante et très intense en énergie, expliquent les chercheurs Olivier Joubert et Daniel Hissel, à sa tête. Mission : de la recherche fondamentale mais aussi appliquée, pour accompagner les industriels ». Pour Olivier Joubert, « le paysage français de la recherche hydrogène c’est le CNRS avec ses partenaires universitaires et le CEA, qui couvrent près de 80 % des acteurs académiques, et la communauté industrielle : on a trois piliers bien visibles ».

·     Défense – Les Échos rapporte que « le ministère des Armées a communiqué mardi sur le lancement à Toulouse d’’AsterX’, le premier exercice militaire jamais organisé par le nouveau Commandement de l’Espace ». Le général Michel Friedling, en charge du Commandement de l’Espace, a expliqué lors d’une conférence de presse qu’il s’agit du « premier exercice militaire spatial en France et en Europe ». Ainsi, « 60 militaires réunis à Toulouse vont tester pendant une semaine nos capacités de riposte. Le scénario mettra en jeu des évènements spatiaux menaçants, allant de la rentrée dans l’atmosphère de débris dangereux jusqu’à des évènements ‘plus cinétiques’ en passant par la détection de satellites espion ».


[Synthèse de presse | 19.02.2021  .2021]

Défense et sécurité

Interrogée par Le Figaro, la ministre des Armées Florence Parly annonce le lancement du « programme des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins [SNLE] de 3e génération, clé de la dissuasion jusqu’en 2090 », avec pour objectif « la modernisation de [la] dissuasion » française. « Le premier exemplaire des SNLE de 3e génération sera livré en 2035, pour une mise en service en 2036 (…) Ils seront propulsés par une chaufferie nucléaire et seront équipés de 16 missiles nucléaires ». Ils seront « plus furtifs, plus discrets et plus silencieux » que la génération des Barracuda à laquelle appartient le Suffren qui est, par ailleurs, « le premier des SNA [sous-marins nucléaires d’attaque] de nouvelle génération Barracuda [à entrer] en service cette année », indique la ministre. « Naval Group et Technic- Atome (pour la chaufferie nucléaire) seront maîtres d’œuvre. La maîtrise d’ouvrage sera assurée par la DGA et le CEA. La fabrication de chaque sous-marin nécessitera 20 millions d’heures de travail. 3 000 emplois directs sont concernés par ce programme. »


[Synthèse de presse | 17.02.2021  .2021]

Hydrogène

[Genvia] Florence Lambert revient dans La Tribune sur la création de la co-entreprise Genvia et sa mission de « rendre l’hydrogène décarboné compétitif par rapport aux autres sources d’énergies ». La PDG se donne « neuf ans pour devenir un grand de l’hydrogène ». Elle rappelle que « le CEA avait commencé à (…) développer [la technologie utilisée par Genvia] il y a longtemps ». Celle-ci « offre de très bonnes performances et [le CEA dispose] d’un portefeuille de brevets qui nous place au-dessus de la mêlée, dans le Top monde en matière de technologie ». La recherche technologique du CEA, basée sur des plateformes technologiques, permet « d’avoir toutes les étapes du procédé, de travailler sur la reproductibilité et de recruter des personnes venant de l’industrie et en maitrisant les référentiels » afin de « maturer et de dérisquer la technologie » avant de trouver un « partenaire industriel à même de projeter cette technologie, ce qui nous a [ici] conduit à Schlumberger ».
Dans ce partenariat, le CEA conserve le « centre de transfert de technologie de Grenoble, afin d’accompagner l’industrialisation ». De plus, « le défi de la compétitivité, c’est qu’il faudra [la] maintenir (…) pendant trente ou quarante ans, donc il faut continuer à injecter de l’innovation. Le rôle du CEA sera donc crucial ».

[Automobile] Pour Florent Ménegaux, PDG de Michelin, interrogé par Challenges, « tous les savoir-faire et les composants pour fabriquer une pile à combustible à hydrogène existent en Europe ». Le magazine note en effet que « les équipementiers français sont des leaders dans les réservoirs et systèmes pour les véhicules à pile à combustible ». Faurecia a ainsi annoncé hier « avoir acquis la majorité de CLD, l’un des principaux fabricants chinois de réservoirs d’hydrogène à haute pression ». Plastic Omnium, de son côté, « vise 25% de parts de marché sur les réservoirs à hydrogène, entre 10 et 15% sur la pile à combustible » d’ici 2030. Enfin, la co-entreprise de Faurecia et Michelin, Symbio, « lancée en 2010 avec un contrat de licence CEA », « produira à partir de 2023 [100 000] piles à combustible » par an dans son usine rhodanienne.

Relevé dans la presse

·       Chlordécone – Le Dauphiné Libéré signale qu’« une étude, associant l’Université Savoie Mont Blanc (USMB), le CNRS, le CEA et le Cirad, a montré que le chlordécone réapparaissait massivement aux Antilles françaises depuis la fin des années 1990 ». Cette réapparition de l’insecticide interdit en 1993 est d’après l’étude due au « glyphosate, herbicide utilisé à partir de la fin des années 1990, [qui] détruit les racines des végétaux, ce qui favorise l’érosion des sols ». Cette érosion « contribue à la libération d’un autre polluant stocké au plus profond des champs, le chlordécone ». Ce dernier « est tenu pour responsable, entre autres, du très grand nombre de cancers de la prostate en Guadeloupe et en Martinique ».


Synthèse de presse | 16.02.2021  .2021]

Nucléaire

Le Monde rapporte que, pour défendre la filière nucléaire française, « une cinquantaine de personnalités ont signé, vendredi 12 février, l’appel de l’Association de défense du patrimoine nucléaire et du climat (PNC-France). Les signataires renouent avec une tradition française d’union transpartisane autour de la promotion de l’atome ». On compte en effet parmi les signataires plusieurs figures de la droite comme l’ancien sénateur et ministre Gérard Longuet, ou encore le président des députés PCF André Chassaigne, et le socialiste Arnaud Montebourg. Selon le quotidien, « le collectif fustige la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) en 2020 au même titre que la politique de l’exécutif en matière de nucléaire. La feuille de route énergétique de la France prévoit l’arrêt de douze réacteurs d’ici à 2035 ainsi qu’une production électrique partagée à 50 % entre le nucléaire et les énergies renouvelables ». Le collectif dénonce également « la volonté du gouvernement d’attendre la mise sur le réseau du réacteur EPR de Flamanville (Manche) pour décider d’en construire de nouveaux ». D’après l’ancien président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer, qui travaille sur cette initiative depuis plusieurs mois, « le gouvernement a une attitude qui laisse entendre que la filière n’aurait pas d’avenir ».


[Synthèse de presse | 15.02.2021  .2021]

Covid-19

[Innovations iséroises] Le Dauphiné Libéré fait le point sur les projets démarrés au printemps dernier « pour aider les soignants, pour offrir des solutions afin de sortir de la crise ». Parmi ces innovations, le journal cite les masques Ocov de la société Ouvry : « grâce à une mobilisation exceptionnelle, de particuliers, d’institutions, du CEA, de Michelin, grâce à un mode de fonctionnement innovant, le masque a été conçu, certifié, industrialisé et fabriqué en quelques semaines… » Le DL revient également sur les projets Makair, des respirateurs artificiels qui pourraient obtenir le marquage CE dans l’année, ainsi que les purificateurs d’air de la société Ethera « spin-off du CEA » dont la commercialisation va bientôt « se faire sous la marque Rowenta, groupe Seb, pour un plus petit modèle, plus adapté aux petits espaces comme un bureau ou une chambre d’hôtel ».

[Variants] Libération consacre un article à « la guerre des variants » qui permettra de savoir lequel de l’anglais, sud-africain ou brésilien « finira par dominer les autres ». Force est de constater que « le variant anglais du Sars-CoV-2 (…) gagne du terrain en France (…) alors qu’il représente désormais plus de 90 % des contaminations outre-Manche ». Libération revient sur la genèse des variants et leur diffusion, par exemple dans le cas « où une partie de la population est déjà en grande partie immunisé. Le virus qui va alors prendre le dessus est celui qui pourra se jouer de cette immunité ». L’épidémiologiste Pascal Crépey, interrogé par le quotidien, explique que « les mutations portées par ce variant confèrent ce que l’on appelle un échappement immunitaire (…) Il va pouvoir contaminer une nouvelle population que l’on pensait jusqu’ici à l’abri de l’infection ».

[Intégrité scientifique] Le Figaro publie une tribune dans laquelle les signataires s’inquiètent de « l’intégrité scientifique mise à mal par la crise du Covid ». Les auteurs soulignent que « en 2011, un sondage Ipsos faisait apparaitre que 92 % des Français faisaient confiance aux chercheurs (…) Entre le début de la pandémie et le mois d’octobre 2020, la confiance des Français envers les scientifiques a baissé de plus de vingt points ». En cause, selon eux, « les discours contradictoires tribunitiens de pseudo-experts autodésignés par leur disponibilité à participer aux plateaux de chaînes d’information en continu ». Les auteurs invitent alors à « mieux réprimer l’inconduite scientifique », « prendre garde aux méfaits des faux experts » et « lutter contre le complotisme et la post-vérité ».


[Synthèse de presse | 12.02.2021  .2021]

Interrupteur autonome

La presse se fait l’écho du « lancement d’une nouvelle gamme d’interrupteurs sans fil et sans pile » par Legrand en collaboration avec le CEA. « Trois brevets ont été déposé par le CEA pour protéger cette innovation majeure. Il aura fallu plusieurs années de R&D entre les chercheurs du CEA et les équipes de Legrand », souligne Domotique-News.com. L’Usine Digitale précise que « les interrupteurs sans fil fonctionnent grâce un dispositif intégré de récupération d’énergie mécanique, ou ‘Energy harvestin’ ». Cette innovation « s’intègre aux offres connectées ‘with Netatmo’, la gamme de produits conçus par la start-up du même nom, qui s’est spécialisée dans les objets intelligents pour la maison », souligne le journal.

Nucléaire

[Réacteurs dans le monde] Selon L’Usine Nouvelle, « la lutte contre le réchauffement climatique devait être l’occasion d’un nouveau printemps du nucléaire, énergie décarbonée, après l’hiver qui a suivi la catastrophe de Fukushima. C’était sans compter les freins économiques et les changements d’usages, qui poussent le nucléaire à se réinventer, à plus petite échelle ». Le journal revient sur le parc mondial qui produit « 10 % de l’électricité [et qui] vieillit plus vite qu’il n’est renouvelé ». « En 2019, 5,5 GW de capacité nucléaire supplémentaire ont été connectés au réseau et 9,4 GW ont été définitivement arrêtés, abaissant la capacité mondiale à 443 GW », précise L’Usine Nouvelle. Selon le journal, « dans les économies avancées, le nucléaire perd inexorablement du terrain face aux énergies renouvelables et du gaz de schiste ».

[Mini-réacteurs] L’Usine Nouvelle dresse le panorama des « pays [qui] cherchent à développer et/ou s’équiper de mini-réacteurs nucléaires ». Pour la France, « pas de start-up du nucléaire (…), mais un consortium rassemblant EDF, le CEA, TechnicAtome et Naval Group. Parti assez tard, il développe depuis 2017 Nuward, un SMR de 170 MWe à eau pressurisée, qui serait associé par paires pour remplacer des centrales thermiques fossiles place pour place, à l’export uniquement. Le gouvernement vient de dégager 50 millions d’euros pour financer la phase d’avant-projet sommaire, en vue d’une commercialisation en 2035 ».


[Synthèse de presse | 10.02.2021  .2021]

Genvia

L’Usine Nouvelle a interrogé « Julie Mougin, cheffe du service composants et système Hydrogène au CEA-Liten », laboratoire « qui développe depuis quinze ans la technologie d’électrolyse haute température à oxyde solide qu’exploitera Genvia ». Cette technologie a permis d’atteindre « 99 % de rendement [en pouvoir calorifique supérieur] mesurés en laboratoire sur le 1er démonstrateur ». En effet, le CEA-Liten a « mis en place des échangeurs thermiques performants et […] fait en sorte d’atteindre un point de fonctionnement légèrement exothermique ». L’électrolyseur « récupère la thermique des gaz de sortie pour surchauffer la vapeur d’eau en entrée (passant de 150°C à 700°C). Le tout, sans consommer des watts électriques. Ce qui a permis d’obtenir l’excellent rendement mesuré ». L’innovation, protégée par « plus de 40 brevets », présente deux avantages en plus de son rendement. Tout d’abord, elle est réversible : « il est possible de générer de l’électricité et de la chaleur à partir d’un combustible », transformant « l’électrolyseur [en] pile à combustible ». De plus, elle peut « Co-électrolyser de la vapeur d’eau et du CO2 en même temps. Cela produit un mélange H2/CO, qui pourra ensuite être transformé en différentes molécules d’intérêt », ce « qui permet également de nous [le CEA-Liten] positionner sur le combustible renouvelable », précise Julie Mougin au journal.
Si en laboratoire le dispositif produit « 100 grammes d’hydrogène par heure », Julie Mougin assure : « nous sommes en train de développer un stack six fois plus puissant. Notre but est de mettre en marche un premier module composé de quatre stacks de puissance d’ici à cet été [puis] avec Genvia […] des démonstrateurs de 300 KW déployés sur site à partir de 2022. À terme, Genvia vise des unités de plusieurs centaines de mégawatts à l’horizon 2030 »


[Synthèse de presse | 09.02.2021  .2021]

Hydrogène

[Genvia] « La société Genvia [coentreprise de Schlumberger et du CEA], qui porte le projet d’hydrogène ‘vert’ dont l’usine Cameron de Béziers sera au centre, vient d’établir son organigramme. Sa présidente sera Florence Lambert, l’ancienne directrice du [CEA-Liten] », annonce Midi Libre. « La conception de la technologie Genvia permettra d’augmenter de 30 % le rendement de conversion de l’électricité par kilogramme d’hydrogène produit, ramenant le coût de production d’hydrogène propre à un niveau concurrentiel par rapport aux autres sources d’énergie », rapporte le quotidien. La baisse du coût de production de l’hydrogène vert a d’ailleurs fait l’objet d’une enquête parue dans Les Échos, qui note que « l’euphorie pour l’hydrogène ‘vert’ se mesure aussi par le nombre de projets industriels qui émergent dans la filière » : outre Genvia, « Siemens Energy et Air Liquide ont par exemple annoncé lundi la signature d’un ‘protocole d’accord’ afin de produire des électrolyseurs à l’échelle industrielle, en France et en Allemagne ». Le quotidien explique que « tous ces projets, portés par les plans de relance, sont confrontés à la même équation économique. À ce jour, l’hydrogène ‘vert’ coûte deux à trois fois plus cher que l’hydrogène ‘gris’ (produit avec du gaz naturel). Or les industriels font le pari qu’un changement d’échelle radical dans leurs procédés de production d’électrolyseurs et la croissance continue des énergies renouvelables dans les mix électriques leur permettra de changer la donne rapidement ». Ainsi, « la construction d’une ‘gigafactory’ est envisagée [par Genvia] à Béziers à partir de 2025 pour atteindre une capacité de production annuelle pouvant atteindre 1 GW. C’est ce passage à l’échelle qui doit permettre d’atteindre les baisses de coûts considérables promises : soit, selon le CEA, une cible de moins de 2 euros le kilo d’hydrogène vert, contre un prix qui oscille entre 4 à 6 euros aujourd’hui. »

[Symbio] En parallèle, La Tribune continue son enquête sur « la conquête hydrogène ». Dans ce nouvel épisode, le quotidien se penche sur Symbio, spécialiste isérois des technologies hydrogène, qui « a mis un coup d’accélérateur sur sa stratégie, en annonçant l’implantation de ‘la plus grande usine haute-technologie de production de piles à hydrogène en France’, en région lyonnaise ». « Créée en février 2010 par son ex-PDG, Fabio Ferrari, à partir de brevets issus du CEA Grenoble, la société avait progressivement ouvert son capital, jusqu’à devenir une co-entreprise entre l’équipementier auvergnat et le producteur d’équipements automobile français, Faurecia », raconte La Tribune. Aujourd’hui, « Symbio veut désormais passer d’une production d’une centaine de systèmes par an, à plusieurs milliers. Mi-janvier, son nouveau PDG a signé la promesse d’achat du terrain visant à accueillir la première usine de production de kits de piles à combustibles du groupe », et a pour objectif « d’atteindre les 200 000 kits hydrogène produits d’ici 2030, à destination des constructeurs du monde entier ».

CEA-Leti

Dans un entretien accordé à PocMedia, Emmanuel Sabonnadière, directeur du CEA-Leti, revient sur les projets en cours de son institut, en particulier autour de l’intelligence embarquée et de la santé. Il explique que « nous sommes au cœur de trois axes du Plan de relance, via le Comité stratégique de la filière Électronique et celui pour la Bioproduction (CSF Electronique et CSF Santé) : sur l’automobile, l’IA embarquée et la santé. Dans l’automobile, nous travaillons sur les technologies GaN (nitrure de gallium), pour l’électronique de puissance dans les véhicules électriques. Sur l’intelligence embarquée, nous travaillons sur le développement de puces pour l’edge computing. Actuellement nous avons atteint des TRL entre 6 et 9, et la technologie commence à être mature pour être transférée à nos partenaires. Enfin, dans le domaine de la santé, nous sommes impliqués dans le plan bioproduction. La crise a montré qu’il était difficile de produire des vaccins en France. Le CSF santé se penche ainsi sur le développement d’une filière autour des bioréacteurs et des biocapteurs, à base d’intelligence artificielle ». Retrouvez l’interview ici<https://www.pocmedia.fr/emmanuel-sabonnadiere-cea-leti-nous-sommes-au-coeur-de-trois-axes-du-plan-de-relance/>


[Synthèse de presse | 05.02.2021  .2021]

Quantique

NextImpact consacre un article très complet aux « autres piliers du Plan Quantique » notamment la recherche fondamentale, l’algorithmique et les capteurs. A propos des capteurs, Sébastien Tanzilli, chargé de mission technologies quantiques au CNRS, indique qu’« ils sont utiles à la métrologie, une branche de la science qui permet de qualifier un certain nombre de paramètres physiques. Les sensibilités et les précisions des mesures peuvent être grandement améliorées, voire même être exceptionnelles ». […] Les capteurs quantiques « adressent de nombreuses applications telles que la médecine (typiquement l’imagerie cellulaire) […] la cartographie des champs magnétiques, le génie civil parce qu’ils permettent de découvrir par exemple des cavités souterraines qui pourraient être dangereuses […] ». « En parallèle des ordinateurs quantique, il faut préparer le terrain à la partie logicielle et travailler sur des algorithmes capables de tirer parti des futures machines. C’est aussi un domaine de la recherche fondamentale très important », pointe M. Tanzilli. A ce propos, l’article reprend également les propos de Philippe Chomaz, directeur scientifique à la Direction de la recherche fondamentale du CEA : « Une partie des concepts est déjà disponible, mais fait l’objet d’une recherche fondamentale qui va permettre de résoudre certains problèmes, de lever certains verrous, d’inventer de nouveaux concepts, par exemple de calcul et de correction d’erreur pour les qubits que l’on peut créer et qui sont imparfaits ». L’article indique que « les deux champs du quantique – recherche fondamentale et applications pratiques – doivent ainsi être explorés en même temps, d’autant qu’elles sont très complémentaires : ‘la recherche fondamentale irrigue les applications, aussi bien que les applications irriguent la recherche fondamentale’ ». Enfin, à propos des enjeux de formations, « cela ne se fera pas d’un claquement de doigts prévient Maud Vinet (responsable du programme matériel quantique au CEA-Leti). Pour développer des algorithmes de ce genre, ‘il faut penser quantique’… et ce n’est pas si simple de devoir totalement revoir sa manière de penser et d’appréhender les mathématiques… (…). Pour y arriver, ‘ Il faut mettre en place des systèmes de formations dédiées’, ajoute-t-elle. De son côté, Nicolas Sangouard (chercheur à l’Institut de physique théorique de CEA-Paris-Saclay) rappelle à toutes fins utiles qu’il ‘y a une grosse demande de la part des industries pour embaucher des ingénieurs qui ont cette expertise’ ».

Quelques jours après l’annonce du plan quantique par le président de la République, France 3 Alpes a réalisé un reportage sur le quantique à Grenoble « l’un des 3 pôles de la recherche française dans le domaine » et a interrogé entre autres Julien Claudon, chercheur en physique quantique au CEA. Retrouvez le reportage ici<https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere/grenoble/plan-quantique-1939675.html?utm_term=Autofeed&utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR2jYLn3H5gyPC1jy7ydAYNZWO25-rLa_PqlB2lRvJetUs5rztSFTCIVJfw#Echobox=1612385911>.


[Synthèse de presse | 03.02.2021]

Hydrogène

Latribune.fr a interrogé François Legalland, directeur du CEA-Liten, sur « les enjeux en matière de R&D pour cet institut », parmi lesquels se trouve l’émergence de la filière hydrogène. Il explique : « côté CEA-Liten, nous travaillons sur l’ensemble de la chaîne : de la fabrication de l’hydrogène par électrolyse de l’eau, à l’utilisation de l’hydrogène pour produire de l’électricité avec des piles à combustible (PAC), en passant par le stockage ou le transport de cet hydrogène. Pour l’électrolyse, comme pour l’activité PAC, on se retrouve avec des technologies issues de plus de 20 années de recherche, réalisées sur notre bassin », notamment un « électrolyseur haute température qui offre des rendements de conversion supérieur de 15 à 20 points par rapport aux technologies existantes ».  Ce système « va d’ailleurs donner lieu à un transfert industriel sous la forme d’une joint-venture Genvia, en cours de création entre le CEA et Schlumberger, Vinci, Vicat et l’AREC de la région Occitanie ». Si de nombreux défis sont encore à relever dans la production d’énergie décarbonée à base d’électrolyseur et du côté des piles à combustible, le chercheur estime néanmoins que « d’ici 10 ans, l’hydrogène décarboné pourrait devenir compétitif, face à l’hydrogène issu de vapo-réformage du méthane ».

En parallèle, Reporterre s’interroge dans une enquête consacrée à l’hydrogène, sur la consommation électrique nécessaire à sa production et note que « le plan hydrogène de 7 milliards d’euros lancé par le gouvernement réintroduit le nucléaire par une sorte de fait accompli. Car, pour remplacer l’hydrogène d’origine fossile consommé par l’industrie lourde par de l’hydrogène produit par électrolyse, il faut des quantités massives d’électricité. En y ajoutant un parc de poids lourds, d’utilitaires, de bateaux, d’avions et de trains roulant à l’hydrogène, qui s’ajoute lui-même à l’électrification du parc automobile, alors la demande en électricité promet d’être faramineuse ». Comment fournir cette électricité ? Selon le quotidien, « voilà plus de vingt ans que [les chercheurs du CEA] travaillent au développement d’une pile à combustible permettant de transformer l’hydrogène en électricité. Le CEA s’est lancé depuis un an dans la conception de petits réacteurs nucléaires modulaires de 150 MW, expressément conçus pour la production d’hydrogène par électrolyse. Il a aussi développé un électrolyseur réversible à haute température ». Parallèlement, Emmanuel Macron a déclaré début décembre lors de son déplacement au Creusot que « la filière nucléaire est essentielle au développement de l’ambition en matière d’hydrogène. Aucun pays européen ne peut produire de l’hydrogène avec un mix électrique décarboné comme nous pouvons le faire grâce au nucléaire ». Problème selon Reporterre, le vieillissement du parc nucléaire : « d ’ici 2028, quarante-six réacteurs sur cinquante-six vont atteindre leur durée de fonctionnement maximale de quarante ans ». Retrouvez cet article dans son intégralité ici<https://reporterre.net/Le-plan-hydrogene-francais-enterine-discretement-la-relance-du-nucleaire>.

Par ailleurs, La Tribune s’est penché sur la filière hydrogène transalpine. « Les acteurs de la région Auvergne Rhône-Alpes veulent eux aussi leur part du gâteau du plan hydrogène de 7,2 milliards annoncé par le gouvernement. Ils comptent bien s’appuyer pour cela sur cette enveloppe pour conserver une longueur d’avance et adresser les défis qui demeurent, aux portes de l’industrialisation », rapporte le quotidien. Selon Anne-Lorène Vernay, professeur et membre de la chaire Energy for Society de Grenoble Ecole de Management, interrogée par La Tribune, « les cinq prochaines années pourraient s’avérer décisives. Car contrairement à la filière électrique, où l’on a déjà vu émerger des gigafactory de batteries un peu partout à travers le monde, l’hydrogène offre encore la possibilité de développer une vraie filière française, voire européenne, visant à couvrir l’ensemble des maillons de la chaîne ».

Enfin, Enerpresse rapporte que « l’Union européenne appelle à la suppression progressive au niveau mondial, ‘selon un calendrier clair’, des subventions aux combustibles fossiles ‘dommageables pour l’environnement’. Un appel qui figure dans des conclusions du Conseil européen adoptées le 25 janvier sur la diplomatie climatique et énergétique. Le texte dit clairement la volonté de l’UE de ‘décourager’ les nouveaux investissements dans des projets d’infrastructures énergétiques basés sur les combustibles fossiles dans les pays tiers ». Le Conseil appelle en outre à « approfondir la coopération internationale en ce qui concerne l’hydrogène, ‘en particulier pour intensifier les efforts visant à produire de l’hydrogène renouvelable et à en permettre l’importation’ ».


[Synthèse de presse | 02.02.2021  .2021]

Environnement

[Climat] Le Monde a eu accès aux « nouvelles projections publiées lundi par Météo France » selon lesquelles « la France pourrait connaître, à la fin du siècle, un climat extrême », les projections mentionnant « des pics de température frôlant les 50 °C [et] des vagues de chaleur longues et intenses ». En effet, selon Météo France, « en cas de rejets de CO2 non contrôlés, la température augmenterait de 3,9 °C par rapport à la période de référence 1976-2005, voire de 6 °C l’été », rapporte le quotidien.

[Déchets] Les Échos indique que d’après un rapport de Jean-Louis Chaussade, l’ex-président de Suez, groupe français de gestion de l’eau et des déchets, « le volume de déchets pourrait croître de 20 % en France d’ici à 2040 ». Le rapport préconise par ailleurs « plusieurs mesures pour rendre l’économie circulaire compétitive » comme « les éco-contributions (payées par les consommateurs pour financer la collecte, le tri et le recyclage) » ou encore que « les recettes de la fiscalité sur les déchets, en particulier la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) soient intégralement affectées au développement de l’économie circulaire


[Synthèse de presse | 29.01.2021]

Nucléaire

[EDF à l’international] Enerpresse révèle qu’ « EDF se prépare à proposer ses réacteurs à plusieurs pays européens » comme l’ont indiqué « des responsables lors d’une visite de son centre de recherche et développement de Saclay du ministre du Commerce extérieur, Franck Riester, mercredi 27 janvier ». Ainsi, l’électricien français « va présenter un réacteur de 1 200 MW à l’appel d’offres de la République tchèque pour sa centrale de Dukovany […]. EDF espère également conquérir la Pologne qui a voté en octobre 2020 une loi de programmation prévoyant la construction de 6 à 9 GW nucléaires [et] prévoit en outre de répondre à un appel à manifestation d’intérêt prévu par les Pays-Bas, qui envisagent d’augmenter la part du nucléaire dans leur mix. […] Ailleurs, EDF porte un projet de six EPR en Inde, à Jaïtapur, et entretient des discussions avec l’Arabie Saoudite pour deux réacteurs du même type ». Selon Xavier Ursat, en charge du nouveau nucléaire chez EDF, « les pays étrangers ont compris que la France, quoiqu’il arrive, resterait dans le nucléaire de manière durable ».

[EDF en France] Par ailleurs, l’AFP rapporte qu’ « EDF a indiqué avoir déjà demandé à Framatome ‘de lancer la production de certaines pièces forgées’ pour de nouveaux EPR, sans attendre que le gouvernement français ait décidé de lancer ou non un programme de construction de réacteurs ». L’AFP rappelle qu’ « Emmanuel Macron s’était déplacé en décembre à l’usine Framatome du Creusot (Saône-et-Loire) afin de soutenir la filière. ‘Notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire’, avait-il alors déclaré, mais en annonçant seulement une commande dans le domaine militaire. La France envisage de construire 6 nouveaux EPR mais la décision n’est pas encore prise et ne le sera pas avant le démarrage de l’EPR de Flamanville (Manche), ce qui la renvoie au prochain quinquennat. Le gouvernement attend d’EDF qu’il lui remette à la mi-2021 une offre pour l’éventuelle construction de nouveaux EPR améliorés, plus simples et moins chers (EPR2) ».

[Eco modernistes] Selon Le Figaro, « une majorité de Français ne sait toujours pas que le nucléaire est une énergie propre. Une nouvelle vague, d’égéries féminines pronucléaires se lance dans la bataille médiatique pour défendre l’atome mal aimé et mal connu ». Le quotidien raconte ainsi l’histoire de différentes militantes dans le monde et notamment, en France, avec « la déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire (SFEN), Valérie Faudon, [qui] incarne avec talent la face institutionnelle de ce combat, mais la nouvelle égérie atomique française s’appelle Myrto Tripathi. Il y a trois ans, cette ancienne cadre d’Areva a tout quitté pour créer les Voix du nucléaire ». D’après Le Figaro, « toutes ces ‘éco modernistes’ se réclament du rapport du GIEC. Pour elles, la lutte contre le réchauffement climatique est une priorité non négociable, et elle passe forcément par une énergie nucléaire ». Mais, pour le journal, « dans la bataille médiatique, il y a aussi une bataille de mots. Notamment à Bruxelles, où la Commission a bien du mal à classer le nucléaire dans la catégorie des énergies durables ». A ce titre, Myrto Tripathi explique dans son livre : « La France parle d’énergie décarbonée, mais l’Allemagne veut imposer le label renouvelable […]. Le renouvelable est intermittent et pas 100 % pilotable, donc il suppose le maintien de centrales thermiques classiques, et c’est pour cela qu’il est appuyé par les lobbys de l’industrie fossile. Le renouvelable n’est donc pas une véritable énergie décarbonée


[Synthèse de presse | 26.01.2021]

[Nucléaire] Dans les colonnes du Dauphiné Libéré, l’ancien président de l’Assemblée Nationale, Bernard Accoyer, alerte ses ex-collègues députés « sur les dangers de ce qu’il considère comme une ‘idéologie antinucléaire’, qui menace la France de ‘black-out électrique’, de ‘casse économique et sociale’ et de ‘dégradation de son bilan carbone’ ». Selon M. Accoyer, « si la France poursuit dans cette voie, elle risque non seulement de mettre à mal une filière toute entière, basée sur un ‘patrimoine scientifique et technique unique au monde’, constitué depuis 1939, avec les emplois et le savoir-faire qui vont avec, mais également de voir réduire considérablement sa production d’électricité décarbonée ».

Le 14 janvier 2021, François Jacq, administrateur général du CEA, et Kamlesh Nilkanth Vyas, secrétaire général du département indien de l’énergie atomique (DAE) ont signé la reconduction pour cinq ans de leur accord de coopération dans le domaine des sciences et technologies nucléaires.

Depuis la reprise au début des années 2000 du partenariat entre la France et l’Inde pour le nucléaire civil, le CEA et le DAE indien entretiennent un partenariat fructueux et actif dans le domaine de l’énergie nucléaire. Ses principaux axes sont la participation indienne au consortium du réacteur de recherche Jules Horowitz (RJH), la sûreté des réacteurs rapides à sodium, la sûreté des réacteurs à eau pressurisée, et la formation.

De nombreux projets bilatéraux ont résulté du précèdent accord de coopération entre le CEA et les différents centres de recherche du DAE, en particulier avec le Centre de recherche atomique de Bhabha (BARC) et le Centre Indira Gandhi pour la recherche atomique (IGCAR). Le renouvellement de l’accord de coopération permettra aux équipes de poursuivre leurs collaborations et d’engager des discussions autour de nouveaux projets.
L’Inde poursuit un ambitieux programme nucléaire avec neuf réacteurs en construction et douze réacteurs supplémentaires approuvés par le Gouvernement. Le pays développe également de nombreuses applications non électrogènes du nucléaire (santé, agriculture, préservation des aliments…). Les organismes indiens contribuent également à plusieurs projets internationaux dont ITER.

[Synthèse de presse | 22.01.2021]

Quantique

Les médias reviennent largement sur l’allocution hier du président de la République sur le plateau de Saclay à l’occasion du lancement du plan quantique. M. Macron a confirmé un « investissement national de 1,8 milliard d’euros dans le quantique, qui doit mettre la France dans les trois premiers mondiaux de ces technologies appelées à transformer l’informatique et l’industrie », rapporte l’AFP. « Grâce à ces efforts, la France a une chance de devenir ‘le premier État à se doter d’un prototype complet d’ordinateur quantique généraliste’, ce qui serait ‘un exploit scientifique majeur’ », selon le M. Macron. News Tank précise que « le plan vise à faire passer la France de 60 M€ d’investissements par an dans le quantique actuellement à 200 M€ par an ». L’agence souligne également qu’ « un programme prioritaire de recherche doté de 150 M€ sera piloté par le CEA, l’Inria et le CNRS. Emmanuel Macron demande à leurs directeurs généraux ‘d’en accélérer les travaux (…) pour financer dès que possible le lancement des projets concrets dès 2021 ».
En parallèle, différents acteurs du quantique en France se réjouissent de ce plan, notamment l’entreprise Atos, qui rappelle disposer d’une « expertise unique en Europe et de technologies innovantes comme l’Atos Quantum Learning Machine, le simulateur quantique le plus puissant au monde », mais aussi des collaborations « avec des acteurs nationaux comme le GENCI et le CEA ou encore la start-up Pasqal ».

Bilan annuel de l’ASN

L’Usine Nouvelle rapporte que l’ « Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a présenté son bilan annuel le 21 janvier ». Selon le site web, ce bilan « était attendu, après cette période intense [liée à la crise sanitaire] pour les entreprises. Jeudi 21 janvier, lors de ses vœux annuels, le gendarme de la filière a salué un niveau de sûreté et de radioprotection « globalement satisfaisant ».». D’après Reuters, l’ASN « estime que les exploitants ont fait preuve d’une « grande réactivité » et d’une « bonne capacité d’adaptation » face aux conséquences du coronavirus » même si elle ajoute que « « la vigilance reste de mise » et que la reprogrammation des arrêts de réacteurs, avec un « effet domino » sur les années à venir, « crée des tensions » ». Selon l’Usine Nouvelle, l’ASN annonce en effet que « le report de nombreuses activités conduit à une situation tendue, qui perdure, tant pour les exploitants nucléaires que pour les responsables d’activité utilisant les rayonnements ionisants ». L’ASN ajoute regretter chez EDF « une régression dans la prise en compte de la radioprotection des travailleurs », « la persistance d’écarts affectant des matériels chez Orano » et des améliorations « encore trop lentes » dans « la reprise et le conditionnement des déchets anciens au CEA ». Reuters rapporte par ailleurs que l’ASN «tirerait les enseignements de la consultation en cours sur la prolongation de la durée d’exploitation des réacteurs de 900 mégawatts (MW) d’EDF au-delà de 40 ans, pour laquelle le gendarme du nucléaire envisage une décision « générique » favorable dans le courant du premier trimestre ».


[Synthèse de presse | 21.01.2021]

Quantique

« La France va consacrer 1,8 milliard d’euros aux technologies quantiques » annonce Les Échos. « Le plan français [sur le quantique] aura vocation à porter les recherches visant à rendre utilisables les fameux ordinateurs quantiques – dont la puissance de calcul pourrait surclasser celle des supercalculateurs traditionnels – mais aussi à développer des capteurs quantiques à la précision inégalée et des communications quantiques inviolables ». Selon le quotidien, « le montant promis par Emmanuel Macron dépasse les attentes du secteur mais reste inférieur aux moyens chinois et américains. La France a de nombreux atouts – et des faiblesses – pour la constitution d’un écosystème quantique de classe mondiale. […]  ‘Le quantique est un domaine qui sera à l’origine de très fortes transformations, y compris économiques, et sur lequel, si nous ne sommes pas positionnés dans les cinq à dix prochaines années, il y aura un enjeu majeur de perte de souveraineté face à des pays qui, évidemment, investissent beaucoup dans ces domaines’, pointe-t-on à l’Élysée. »

Le Figaro ajoute que « l’État apportera 1,050 milliard d’euros, pour moitié via des crédits du 4e programme d’investissements d’avenir (PIA) et pour l’autre moitié via des crédits de centres de recherche (CNRS, CEA, INRIA) qui seront fléchés vers le quantique. Les 750 autres millions d’euros du plan seront apportés par le secteur privé (grands industriels, investisseurs institutionnels, fonds d’investissement) et par des crédits de l’Union européenne (200 millions d’euros) ». Par ailleurs, « sans attendre ces annonces, les industriels français et européens, regroupés au sein du projet NEASQC, ont identifié en 2020 des applications stratégiques qui ne pourront se résoudre qu’avec des ordinateurs quantiques. Parmi elles, Total travaille par exemple sur la captation de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, EDF sur l’optimisation de la charge des voitures électriques ou HSBC sur la gestion des risques ». En effet, selon l’Élysée, « derrière la technologie, c’est un enjeu crucial de compétitivité économique et de souveraineté nationale qui se joue pour la France ».

·       Biotechnologies – Techniques Ingénieur dresse « une revue express des biotechnologies phares » : en ce début d’année 2021, le site web a choisi de « revenir sur quelques avancées biotechnologiques majeures de ces 20 dernières années et sur les questionnements bioéthiques qu’elles provoquent ». Parmi elles, le « développement de tissus et d’organes sur des puces microfluidiques […] capables de mimer les fonctions naturelles observées in vivo » représente « une alternative éthique intéressante aux expérimentations sur les animaux ». Interrogé par Techniques Ingénieur, Xavier Gidrol (CEA, Inserm et Université Grenoble-Alpes), directeur de recherche à la tête d’un projet de pancréas-sur-puce, revient sur les objectifs du projet. Retrouvez cet article dans son intégralité ici<https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/bioethique-et-sante-revue-express-des-biotechnologies-phares-88241/>.


[Synthèse de presse | 20.01.2021]

Nucléaire

[Disponibilité des centrales] Le Figaro rapporte qu’à l’image de certains organismes qui ont été touchés par la crise sanitaire, « le nucléaire français, lourde organisation industrielle, mettra plusieurs années à s’en remettre. Plombée par la pandémie et la chute de la consommation électrique, la production électrique du parc nucléaire a été historiquement basse en 2020 et le restera en 2021 et 2022 ». Côté chiffres, « à cause des effets secondaires du virus, les 56 réacteurs devraient générer entre 5 % et 13 % d’électrons en moins durant ces deux années, par rapport aux prévisions pré-Covid d’EDF ». Les conséquences financières sont importantes pour EDF : « le nucléaire est une industrie essentiellement de coûts fixes. Moins il produit, moins il est rentable. L’électricien a chiffré sa perte sur le seul nucléaire français à un milliard d’euros en 2020. Louis Boujard, analyste senior chez Oddo BHF, table sur un manque à gagner toujours substantiel en 2021 et 2022. Et encore, si EDF réussit à atteindre le milieu de sa fourchette de prévision ».

[Mix électrique] Un mix énergétique fondé sur « des parts très élevées d’énergies renouvelables » est techniquement possible, selon les conclusions d’une étude, qui n’a pas été rendue publique, réalisée conjointement par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et le gestionnaire du Réseau de transport d’électricité (RTE). Contexte s’est procuré « la synthèse de quatorze pages, adressée au gouvernement, et dont l’exécutif a ‘fait l’examen d’une revue transitoire [le 8 décembre] en conseil de défense’ écologique, selon Emmanuel Macron ». D’après Contexte, en parallèle des « travaux menés par l’État pour construire de nouveaux réacteurs nucléaires, le rapport inquiète la filière » nucléaire. En effet, si « le document conclut qu’un mix électrique décarboné fondé sur des parts très élevées de renouvelables est techniquement réalisable en 2050 », l’économiste turc et dirigeant de l’AIE Fatih Birol estime, à l’image des acteurs de la filière du nucléaire, que « le nucléaire est essentiel au mix électrique du futur ».

Direction des Énergies du CEA

News Tank a interviewé Philippe Stohr, directeur des énergies au CEA. Celui-ci rappelle que la création de cette direction (DES) en février 2020 répondait à la demande publique de « développer une approche intégrée de l’énergie » alors que  les recherches « étaient menées [jusqu’alors] d’un côté par la direction de l’énergie nucléaire et de l’autre par la direction de la recherche technologique ». Cette nouvelle organisation permet aussi que les « partenaires extérieurs aient un interlocuteur qui serve de point d’entrée sur les sujets liés aux énergies au CEA »,  alors que, dans le même temps, les programmes vont toujours « mobiliser des personnes dans les trois directions : celle des énergies, celle de la recherche technologique et celle de la recherche fondamentale ».
Pour 2021, Philippe Stohr liste plusieurs objectifs : à savoir « travailler sur [les] compétences pour une vision globale de la question du mix énergétique et du contexte dans lequel les technologies sont à déployer », que les 13 programmes de la direction des énergies « disposent d’une feuille de route » et enfin,« favoriser la transversalité entre les directions », « renforcer [ses] interactions avec le monde extérieur, par des partenariats » et développer l’innovation, par exemple en participant au programme de valorisation Magellan. En sus, le directeur de la DES mentionne deux sujets prioritaires, l’hydrogène et « les SMR (Small Modular Reactors) non électrogènes ».

Relevé dans la presse

·       CPRTT – Le journal des entreprises rapporte que « la livraison du bâtiment du CEA Tech Pays de la Loire de 4000 m² qui sera située à Bouguenais, à proximité du Technocampus, est prévue fin 2022 ». L’article précise que « c’est Aethica [un groupe indépendant réunissant plusieurs entités de construction, d’ingénierie et de promotion immobilière] qui réalisera l’ensemble immobilier composé de locaux de bureaux, d’une halle de recherche, de stationnements et d’une cour logistique. Son financement (11 M€) a été entériné par la Banque des Territoires et la Région. Il accueillera 60 chercheurs, dont les deux tiers sont déjà opérationnels au sein des Technocampus voisins Ocean et Composites. Ces équipes de R&D travaillent principalement sur la santé du futur, l’usine du futur et le transport maritime décarboné ».


[Synthèse de presse | 19.01.2021]

.       Nucléaire –  Alors que le 22 janvier prochain signera la fin de la consultation publique sur la prolongation des réacteurs nucléaires au-delà de 40 ans, le débat autour de la question s’intensifie, note La Tribune qui indique : « La veille de cette échéance, le 21 janvier, [le président d’EDF] Bernard Doroszczuk, devrait s’exprimer sur ce thème à l’occasion de la présentation de ses vœux à la presse. Alors que l’ONG antinucléaire Greenpeace y voit une « zone de danger », la Société française d’énergie nucléaire (SFEN), le lobby de la filière, estime au contraire que les centrales nucléaires sont plus sûres aujourd’hui qu’à leur démarrage ».

·       CES – Olivier Ezratty, consultant et auteur spécialisé dans le monde de l’entreprise et de l’innovation, revient à travers un article sur le site web FrenchWeb sur le « curieux » CES 2021, à distance cette année et « aligné sur le fuseau horaire EST (New York / Washington) », plutôt que sur celui de Las Vegas. Selon lui, « ce CES 2021 reproduisait des typologies de tendances observées les années précédentes, portant sur des aspects particuliers de catégories existantes, et de mégatendances lourdes comme les véhicules électriques ou la démocratisation de la 5G. S’y ajoutait une “covidisation” d’une partie de l’offre, l’accent étant mis autour d’une vie centrée sur le domicile pour les activités privées comme professionnelles ». Par ailleurs, « les grandes entreprises françaises exposant virtuellement comprenaient Schneider Electric STMicroelectronics Technicolor L’Oréal et EDF (via ses filiales Exaion, Hynamics et Seclab) auxquelles il fallait ajouter le CEA qui valorisait trois startups spin-offs ». Retrouvez cet article dans son intégralité ici<https://www.frenchweb.fr/que-retenir-de-ce-curieux-ces-2021/413024


[Synthèse de presse | 08.01.2021]

Vaccins Covid-19

[Europe] Le Monde dresse le bilan des premières phases de vaccination en Europe, résumant qu’ « entre impatience et crispation, la campagne simultanée de vaccination, à charge pour chacun de l’organiser sur son territoire, a provoqué chez les vingt-sept Etats membres un flot de critiques. Non obligatoire, gratuite dans l’ensemble, cette vaccination, jugée trop lente en France, est aussi perçue dans le reste de l’Union comme trop mesurée, inégalitaire même parfois, voire ‘chaotique’ ». Concernant la France, Le Monde relaie la critique de l’exécutif pour qui la bureaucratie est responsable de la lenteur du déploiement du vaccin. En cause, la parution d’un document de 45 pages « pour guider un personnel de santé déjà soumis à un code de déontologie et, a priori, coutumier de piqûres en tout genre ». Le quotidien estime que « l’administration, et en particulier celle du système de santé, est décrite comme un millefeuille d’institutions prisonnières les unes les autres de protocoles, de règles et de précautions, qui priveraient l’ensemble de cohérence. »

[Vaccin Moderna] Le Monde rapporte que « le vaccin de Moderna est autorisé en Europe » et qu’« après le feu vert de l’Agence européenne des médicaments, les livraisons devraient débuter la semaine prochaine. » Son transport se trouve facilité car « contrairement au vaccin de Pfizer, qui nécessite d’être conservé entre – 70 °C et -80 °C, le vaccin de Moderna reste stable à -20 °C, température d’un congélateur standard. […] Une fois à destination, le vaccin pourra être conservé jusqu’ à trente jours dans des conditions de réfrigération ordinaires (contre cinq jours pour Pfizer), ce qui pourrait faciliter son usage dans les pharmacies, les hôpitaux et les cabinets médicaux. »

Relevé dans la presse

·       Record coréen – L’Usine Nouvelle rapporte que « le ‘soleil artificiel’ sud-coréen KSTAR [le tokamak de la Corée du Sud] a battu un record historique : maintenir un plasma à plus de 100 millions de degrés pendant 20 secondes [sept fois la température relevée du centre du Soleil, cette température a été tenue en 2019 seulement 8 secondes] ». Selon l’article, « dès 2003, le CEA, qui a construit un des premiers tokamaks au monde, a réussi à stabiliser un plasma pendant 400 secondes mais à une température avoisinant les 60 millions de degrés. Depuis, avec la nouvelle génération de son appareil, renommé WEST, le CEA a obtenu un record de 1000 secondes, mais toujours à une moindre température que celle des Sud-coréens [donc non suffisante pour la production d’énergie] ». Par ailleurs, selon L’Usine Nouvelle, le projet ITER bénéficiera « très certainement » des avancées sud-coréennes, les chercheurs du KSTAR ayant comme objectif pour 2025 de « maintenir le plasma à plus de 100 millions de degrés pendant 300 secondes ». Retrouvez cet article dans son intégralité ici<https://www.usinenouvelle.com/editorial/l-instant-tech-pourquoi-le-record-de-fusion-nucleaire-obtenu-par-la-coree-du-sud-est-prometteur.N1046394>.


[Synthèse de presse | 07.01.2021]

Covid-19

[Séquençage] Aujourd’hui en France relève que « la chasse au virus mutant anglais s’organise » et que « c’est dans la région de Roubaix (Nord) qu’on s’apprête à […] faire pour la première fois » des recherches « à grande échelle ». Le généticien Philippe Froguel du CHU de Lille, pilote de l’opération, précise qu’« à partir de lundi et durant cinq jours, nous allons tester entre 20 000 et 30 000 personnes dans la rue mais aussi en entreprises. […] Tous les échantillons prélevés pour lesquels on a une suspicion seront congelés et envoyés au Genopole d’Évry (Essonne) où le CEA les séquencera avec ses super-ordinateurs ». Le scientifique précise que la proportion du variant anglais du coronavirus présent dans le Nord sera connue « vers le 20 janvier ».

[Economie] Challenges affirme que « la généralisation des vaccins fait souffler un vent d’optimisme sur les prévisions de croissance ». D’après le magazine, « repartie la première, la Chine devrait contribuer pour plus d’un tiers à la reprise, quand l’apport de l’Europe et de l’Amérique restera inférieur à leur poids dans l’économie mondiale ».
À ce titre, Anna Boata, directrice de la recherche économique d’Euler Hermes, soutient que « la réussite des programmes de vaccination dépend de la capacité de chaque État à disposer des doses en nombre suffisant, de leur aptitude à les administrer dans de bonnes conditions le plus rapidement possible et de la volonté de la population à se faire vacciner ». Or, pour Challenges, si « l’Allemagne a fait la preuve de son efficacité lors de la première vague, même si elle peine à endiguer la deuxième », en France « moins d’un Français sur deux dit vouloir se faire vacciner, contre près de deux Allemands sur trois ».
En parallèle, Éric Chaney, économiste à l’Institut Montaigne, estime dans le journal qu’il est « crucial » que « les gouvernements poursuivent leurs mesures de soutien, voire les renforcent pour favoriser la reprise ». Côté chiffres, « les deux plans de relance américains du printemps et de l’été ont représenté 15 % du PIB, un record en temps de paix. Avec près de 14 % du PIB injecté dans son économie, seule l’Allemagne rivalise, la France et l’Italie ayant mis respectivement l’équivalent de 8,5 % et 5 %. Mais alors que le plan européen de relance à 750 milliards d’euros, adopté après des mois de négociations, ne devrait pas avoir d’effet macroéconomique avant un an au mieux, les parlementaires américains viennent de voter 900 milliards de dollars supplémentaires d’aides ».

Opinions sur le nucléaire

Le Monde reprend le point de vue de trois économistes spécialistes de l’énergie [Quentin Perrier, Philippe Quirion et Behrang Shirizadeh], qui pointent les importants progrès réalisés par les énergies renouvelables et mettent en avant la fin possible de « l’électricité nucléaire bon marché ». En effet, selon ces économistes, « le tarif négocié pour l’EPR en construction en Angleterre est de plus de 100 euros (92 livres sterling) par mégawattheures (MWh), soit plus que le double du prix auquel se négocie actuellement l’électricité en Europe. Les nouveaux réacteurs ont des conceptions plus complexes et sont soumis à des normes de sécurité plus contraignantes, qui conduisent à une augmentation du coût de cette technologie ». À l’inverse, « les énergies renouvelables ont connu des progrès marqués, bien plus rapides qu’anticipé par les experts : selon la banque d’investissement Lazard, les coûts moyens du solaire photovoltaïque ont été divisés par 10 depuis 2009, ceux de l’éolien par 3,5 ». Selon l’étude publiée dans The Energy Journal par les trois économistes, « un mix électrique 100 % renouvelable serait possible en France en 2050, sans mettre en péril la sécurité d’approvisionnement ». Ce résultat s’obtiendrait « grâce aux progrès attendus des éoliennes et des moyens de stockage (batteries et gaz renouvelable) ». Dans une seconde étude publiée dans Energy Economics par Behrang Shirizadeh et Philippe Quirion, « le mix optimal compterait environ 25 % de nucléaire en 2050, en supposant que son coût sera divisé par deux par rapport aux EPR actuellement en construction en Europe » bien que ces résultats peuvent « varier selon les évolutions des filières ». Ainsi, « c’est actuellement à l’industrie nucléaire de convaincre qu’elle saura baisser ses coûts pour rester compétitive […] Quant aux conséquences pour le climat, l’enjeu est finalement assez faible : nucléaire comme renouvelables sont toutes des énergies bas carbone. Pour réduire les émissions, les leviers sont davantage du côté des transports, des bâtiments et de l’alimentation ».

En parallèle, La Tribune relaie l’opinion de Samuel Furfari, professeur de géopolitique de l’énergie à l’Université Libre de Bruxelles et président de la Société Européenne des Ingénieurs et Industriels, qui estime lui que « pour faire face aux futurs énormes besoins en électricité, il est nécessaire de développer le nucléaire ». Pour M. Furfari, « contrairement à l’UE qui a misé sur le développement du solaire et de l’éolien, la Russie, la Chine et les États-Unis l’ont compris et ont entrepris une course géopolitique pour dominer l’électricité de demain ». Par conséquent, « de par son choix passé pour le nucléaire, la France a un rôle clé à jouer pour inverser la tendance au sein de l’UE ».


[Synthèse de presse | 06.01.2021]

Covid-19

[Variant anglais] Selon Yazdan Yazdanpanah, membre du Conseil scientifique et directeur du nouvel institut sur les maladies infectieuses émergentes, interrogé par Le Figaro, « nous n’avons, pour l’instant, qu’une photographie partielle du variant anglais en France. On ne connaît pas exactement le nombre total de personnes infectées dans l’Hexagone. Le nombre réel est probablement plus important que les 10 à 15 annoncés. […] Mais je ne pense pas qu’il y ait une circulation active importante du variant anglais sur l’ensemble du territoire national et qu’il y ait, pour le moment, une diffusion très importante de ce virus en France ». La situation est néanmoins prise très au sérieux, notamment parce que ce variant se propagerait « de 50 % à 75 % plus rapidement que la souche classique du Covid-19 ». D’après le spécialiste, « la France est environ deux mois derrière l’Angleterre. Mais il est encore trop tôt pour affirmer qu’il va s’imposer dans notre pays. Cela dépendra des mesures prises pour limiter sa diffusion ». Pour le moment, le variant est débusqué grâce à une « ruse » : « un test PCR particulier de l’américain Thermo Fisher, reconnaît en principe trois séquences génétiques du virus. Mais comme l’une d’entre elle est modifiée sur le variant anglais, le test n’en reconnaît plus que deux ! ». Mais cette méthode « rate des sources de contamination :  » en oubliant les personnes asymptomatiques, on se met des œillères », assure Agnès Delaunay-Moisan, microbiologiste au Centre de biologie intégrative et de génétique moléculaire du CEA. » C’est pourquoi « dans le cadre d’un dépistage de masse à Roubaix à partir du 11 janvier, les chercheurs vont séquencer tous les coronavirus trouvés. Les premiers prélèvements seront décryptés, intégralement et en quelques jours, au Centre national de recherche en génomique humaine [du CEA], à Évry. »

[Entreprises] La ministre du Travail Élisabeth Borne a annoncé sur France Info que « les entreprises qui participent à la stratégie de vaccination contre la grippe pourront le moment venu participer à [celle] contre le Covid-19 ». Des propos rapportés par Les Échos, qui tempère : « on ne s’oriente cependant pas vers des campagnes de vaccination dans les entreprises à l’image de celles menées contre la grippe. Certains, au sein du patronat, évoquent plutôt le rôle de ‘facilitateur’ que pourraient jouer les entreprises, notamment dans l’information des salariés ». Les entreprises restent en effet prudentes, leur responsabilité pénale étant engagée. Laurent Pietraszewski, secrétaire d’état chargé de la santé au travail, envisage pour sa part de proposer « d’intégrer les services de santé au travail dans la stratégie de vaccination », rappelant que ceux-ci ont à leur disposition «plus de 6 000 professionnels de santé aguerris et compétents – plus de 4 500 médecins du travail et plus de 2 000 infirmières – et des locaux dédiés  ».

Nucléaire

Le Monde indique que « le tokamak supraconducteur sud-coréen de recherche avancée (Kstar) a établi un nouveau record mondial en réussissant à maintenir un plasma – de l’hydrogène chauffé – pendant vingt secondes à une température supérieure à 100 millions de degrés ». L’annonce a été faite le 24 décembre dernier par l’Institut coréen de l’énergie de fusion (KEF) qui « vise les trois cents secondes d’ici à 2025 ». Le quotidien précise que « l’objectif est de contribuer au fonctionnement optimal du Réacteur thermonucléaire expérimental international (ITER), en cours de construction en France à Saint-Paul-lez-Durance (Bouches-du-Rhône). Celui-ci doit produire son premier plasma en 2025 ».

Climat

[Changement climatique] Pour Le Monde, 2021 sera crucial « dans la lutte contre le dérèglement climatique ». Si « l’année 2020 avait été présentée comme charnière pour l’action climatique », « la pandémie de Covid-19 en a décidé autrement ». Le quotidien explique que « les prochains mois seront cruciaux pour accélérer les efforts des Etats jusqu’à un point d’orgue : la 26e conférence mondiale sur le climat qui se tiendra à Glasgow (Écosse) en novembre 2021, après avoir été reportée d’un an. Cet événement, qui s’annonce comme le plus important depuis 2015, devra montrer qu’un point de basculement a été franchi dans l’action ». D’autant que cette année, « beaucoup de voyants sont au vert ».  Selon Laurent Fabius, président de la COP21, cité par Le Monde, « les horizons et les obligations sont pour la première fois clairs : les Etats doivent se fixer un cap à long terme, la neutralité carbone en 2050, mais aussi accroître leurs efforts moyen terme, en 2030, et à court terme, dans leurs plans de relance ». Cette année devrait aussi marquer le retour des États-Unis dans l’accord de Paris.

·       Valorisation des métaux – Selon L’Usine Nouvelle, « en préparation depuis 2014, le projet Sanou Koura, qui prévoit de valoriser les métaux contenus dans des cartes électroniques en fin de vie, pourrait déboucher en 2021 sur la création de 70 emplois à Donchery après un investissement de 40 millions d’euros.». L’Usine Nouvelle ajoute que « Sanou Koura est né d’un projet collaboratif organisé par la société de R&D TND Metal et auquel ont collaboré de grandes unités de recherches : le CNRS, le BRGM, le CEA, l’ICSM (à Marcoule, dans le Gard) et l’institut Jean Lamour (à Nancy, en Meurthe-et-Moselle), tous partenaires. De ces années de recherches est sorti un procédé inventé par TND Metal qui accompagnera Sanou Koura jusqu’à la montée en production ». Retrouvez cet article dans son intégralité ici<https://www.usinenouvelle.com/article/sanou-koura-va-investir-40-millions-d-euros-et-creer-70-emplois-a-donchery-ardennes.N1045629>.


[Synthèse de presse | 05.01.2021]

Covid-19

[Campagne de vaccination] Les Échos détaille la nouvelle organisation de la campagne de vaccination, alors que jusqu’ici manquaient les « procédures et, jusqu’à cette semaine, l’impulsion politique ». Tout d’abord, une partie de la phase 2 du plan de vaccination est avancée : « alors que le public prioritaire en janvier devait initialement se cantonner à 840 000 résidents en Ehpad et assimilés, les soignants de plus de 50 ans peuvent depuis ce lundi se présenter dans l’un des centres hospitaliers de référence ». De plus, à partir de la semaine prochaine, « le gouvernement prévoit que 300 centres de vaccination fonctionneront. Les agences régionales de santé (ARS) sont en train de sélectionner ces nouveaux lieux », principalement des hôpitaux et des centres Covid. Ce nombre devrait passer à 600 en février. Enfin, dans les Ehpad, « le gouvernement veut faire sauter la double sécurité qui prévaut […]à la fois une consultation pré-vaccinale et la présence obligatoire d’un médecin lors de la vaccination ». Pour accompagner cette accélération, « selon une source sanitaire, les doses [de vaccin] vont être injectées au fil de leur arrivée sur le marché, en flux tendu », alors que jusqu’ici la moitié des doses étaient stockées pour la 2e injection.

[Candidat-vaccin Sanofi] « Le retard pris par son vaccin, lié à un problème de concentration du produit, est un coup dur pour le laboratoire français [Sanofi] », signale Le Figaro. En réalité, Sanofi a lancé deux projets différents, un « à base de protéine recombinante en collaboration avec GSK, l’autre à ARN messager en partenariat avec la biotech américaine Translate Bio ». Le premier, le plus avancé, repose « sur une technologie qu’ils maîtrisaient, celle de leur dernier vaccin contre la grippe, pour laquelle ils avaient un recul d’efficacité et de tolérance » explique Jean-Jacques Le Fur, spécialiste de l’industrie pharmaceutique chez Bryan Garnier & Co. Interrogé par le journal, l’analyste souligne que ce choix a aussi « une logique industrielle, Sanofi disposant de l’outil de production, ce qui n’est pas le cas de certains laboratoires engagés dans la course au vaccin qui dépendent de sous-traitants ». Selon M. Le Fur, si ce vaccin arrivera en retard par rapport à certains concurrents, « fin 2021, les besoins resteront énormes, le monde entier n’aura pas été vacciné, [et] il faudra sans doute aussi des stocks de précaution ». Pour autant, le « recrutement des patients pour les phases finales de ses essais cliniques » pourrait être rendu plus compliqué, les patients préférant des vaccins déjà commercialisés à un candidat-vaccin.

[Origines du virus] Pendant ce temps, « la quête des origines [du virus], elle, ne progresse guère » selon La Croix. Alors que les autorités chinoises « ont fini par reconnaître que le premier cas – un homme de 55 ans – remontait au 17 novembre », « des vues satellites […] montrent une affluence exceptionnelle dans les parkings des hôpitaux de Wuhan dès août 2019 », en concordance avec « l’évolution des recherches de symptômes type « toux » ou « diarrhée » sur le moteur Internet chinois Baidu ». Par ailleurs, en Italie, ont été détectées « des traces d’anticorps au coronavirus dès septembre 2019 » dans des échantillons de plasma.
Pour Meriadeg Le Gouil, spécialiste des coronavirus au CHU de Caen et à l’université de Caen-Normandie « il est évident que ce virus a commencé à infecter l’humain avant le marché de Wuhan, avant la détection des premiers cas, par poussées sporadiques, jusqu’au succès épidémique ». Selon le chercheur, « plus le temps passe, plus il est difficile de remonter les empreintes ». « Tant [que les autorités chinoises] ne veulent pas faire preuve de transparence, rien n’est à exclure ni à privilégier » pour Bruno Canard, spécialiste des coronavirus à l’université d’Aix-Marseille, cité par le journal qui rappelle que, « après des mois de négociations, un accord a finalement été conclu entre le gouvernement chinois et l’OMS pour envoyer des enquêteurs internationaux dans les tout prochains jours. […] Mais certains dénoncent déjà une mascarade, les aspects ‘pratiques’ du travail étant aux mains des Chinois ».

Relevé dans la presse

·  Ordre du mérite – News Tank dénombre « 206 femmes et hommes issus du monde de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation parmi les personnalités promues ou nommées à l’ordre national du mérite, par quatre décrets du 31/12/2020 ». Parmi elles figurent plusieurs personnalités du CEA : « François Jacq, administrateur général » et « Catherine Fillet, directrice du centre de Marcoule » sont élevés au grade d’officier, tandis que « Vincent Gorgues, directeur stratégique des programmes de démantèlement », « Denis Lallemand, directeur délégué », « François Terrier, responsable du département Ingénierie logiciels et systèmes », « Pierre Charron, responsable de la gestion de crise » et « Roger Le Grand, chef de département », sont nommés chevaliers.

·     Limatech – La Dépêche du Midi rapporte que « dans le cadre du ‘Green New Deal’, le plan de financement des énergies vertes de la Commission européenne », « la start-up toulousaine Limatech vient de [décrocher] une subvention de 2 millions d’euros qui doit lui permettre d’accélérer le passage à une mobilité durable dans l’aéronautique ». L’article précise qu’« issue du CEA en 2016, Limatech a mis au point une batterie au lithium révolutionnaire destinée à l’aviation, aux hélicoptères et aux drones thermiques. Elle permettra de remplacer les batteries traditionnelles au plomb et au nickel cadmium (cancérigène, mutagènes et reprotoxique) ».

·     Iran – L’AFP rapporte que « l’Iran a enclenché lundi le processus destiné à produire de l’uranium enrichi à 20 % à l’usine souterraine de Fordo, sa principale mesure de désengagement de l’accord nucléaire international ». Pour l’agence, « ces développements surviennent à environ deux semaines de la fin du mandat de Donald Trump, et alors que la prise de fonction de Joe Biden fait espérer un apaisement et éventuellement un sauvetage de l’accord nucléaire ». Cependant, « un possible renvoi des inspecteurs de l’AIEA et la reprise de l’enrichissement à 20 % risqueraient de renvoyer le dossier du nucléaire devant le Conseil de sécurité de l’ONU et de torpiller définitivement [l’accord nucléaire international] selon les observateurs ».


[Synthèse de presse | 04.01.2021]

🎄 L’équipe presse du Service Informations-Médias de la Direction de la communication du CEA vous souhaite une très bonne année 2021 !

Vaccin Covid-19

[Vaccins] Le Figaro rapporte qu’ « une semaine après la toute première injection du vaccin Pfizer / BioNtech contre le coronavirus, l’exécutif se voit contraint d’ajuster sa stratégie et d’accélérer la campagne [de vaccination], à mesure que les critiques s’intensifient », certains élus soupçonnant même « le gouvernement de cacher les raisons expliquant la lenteur de la campagne de vaccination ». Pour le journal, « au regard du déploiement du vaccin dans d’autres pays européens, la France accuse en effet un impressionnant retard. Avec 500 000 doses reçues, elle n’a vacciné, à ce jour, que quelques centaines de personnes, quand l’Allemagne s’approche des 200 000 personnes immunisées et le Royaume-Uni du million ». Cette « phase de démarrage plus lente » serait liée d’après Matignon à deux facteurs : « la difficulté logistique de la vaccination de personnes dépendantes (incapacité de se déplacer, délais de la consultation pré-vaccinale et du recueil du consentement) et le mode de conservation des doses du vaccin Pfizer/BioNtech ». Pour autant, « le Premier ministre garde l’objectif de vacciner un million de Français d’ici à la fin janvier. Pour tenter de l’atteindre, il veut mieux ‘anticiper’ sur les prochaines étapes de vaccination et ‘optimiser’ la campagne ». Par ailleurs, Emmanuel Macron, lors de ses vœux du 31 décembre, avait laissé entendre ne pas souhaiter une « lenteur injustifiée s’installer », surtout « pour de mauvaises raisons » : « les premiers mois de l’année seront difficiles et, au moins jusqu’au printemps, l’épidémie pèsera encore beaucoup sur la vie de notre pays ». Le Figaro rapporte que d’ici là, le président de la République « ne voudrait pas que le vaccin apparaisse non plus comme la solution à tout ».

[Économie] Le Monde rappelle que « le redémarrage de l’économie » dans l’Union européenne « dépendra de l’évolution du Covid-19 » et que « rarement l’Europe n’aura entamé une nouvelle année dans un tel brouillard ». En effet, « si les campagnes de vaccination ont débuté fin décembre 2020 dans l’Union européenne, elles ne suffiront pas à éviter, sur les premiers mois de 2021, de nouvelles restrictions indispensables pour freiner la pandémie ». Dans le scénario central établi par le cabinet britannique Oxford Economics, « sous réserve qu’aucune mutation du virus ne change la donne, l’UE devrait néanmoins être capable de vacciner les personnes vulnérables – environ 30 % de la population – d’ici à la fin du premier semestre. Ce qui ouvrirait la voie à une reprise solide, voire forte, sur la fin de l’année, avec un redémarrage de la consommation et de l’investissement ». Par ailleurs, « jusqu’ici, les soutiens d’urgence, comme le fonds de solidarité en France, ont efficacement limité les faillites dans les secteurs fragilisés, et il est probable que les gouvernements les prolongeront au moins jusqu’à la mi 2021. Mais, au-delà, les faillites pourraient augmenter ». Le spécialiste de l’assurance-crédit Euler Hermes explique que les faillites « pourraient rebondir de 29 % en zone euro sur l’ensemble de 2021 (après avoir reculé de 17 % en 2020), 52 % en France (-36 % en 2020) et 73 % en Italie (-50%) ».

Voiture innovante

[Dakar] Le Figaro s’intéresse au Dakar, dont l’édition 2021 a été lancée le 2 janvier dans le désert saoudien, et à « l’impact carbone engendré par les 296 véhicules au départ […] s’apprêtant à avaler 7 645 km de piste ». L’article mentionne « deux projets ‘verts’ » : « celui de Guerlain Chicherit, baptisé ‘GCK e-Blast 1’, basé sur un buggy Peugeot, et un autre, mené par la paire Cyril Despres-Mike Horn, ‘Gen Z’. Leur but ? Placer sur la ligne de départ de l’édition 2023 deux bolides à hydrogène ». Ce dernier binôme s’est arrêté sur « l’idée d’un buggy à hydrogène » en « association avec le CEA ». Cyril Despres a indiqué au quotidien : « nous sommes des compétiteurs et on ne voulait pas perdre sept à huit ans pour y arriver. Avec le soutien des meilleurs ingénieurs du CEA, cette voiture sera une réalité dans trois ans ». Pour préparer ce futur bolide à hydrogène, « le CEA a placé à l’intérieur [de la voiture actuelle du binôme] un boîtier de 5 kg qui recueillera des données scientifiques ensuite transmises au bureau d’ingénierie. L’objectif sera donc d’être à l’arrivée à Djeddah dans une quinzaine de jours avec un maximum de données pour préparer l’avenir ».

[Batterie] Le Bulletin de l’Industrie Pétrolière (BIP) reprend les informations de la dernière enquête de BloombergNEF (BNEF) publiée le 16 décembre, selon laquelle « les prix des batteries au lithium-ion étaient supérieurs à 100 $ le kilowattheure (900 €) en 2010, depuis ils ont chuté de 89 % pour s’établir à 137$/kWh (112€) en 2020 ». BNEF estime que, « d’ici 2023, les prix moyens des batteries seront proches de 100 $/kWh (81€). Un niveau de prix qui a été atteint pour la première fois cette année sur certains projets notamment pour équiper des bus en Chine ».

Nucléaire

[SMR] Pour La Croix, les SMR ne constituent plus « de la science-fiction ». Pouvant « remplacer les centrales à charbon », ces « petits réacteurs nucléaires (moins de 300 MW) installés un peu partout à la périphérie des villes, à proximité des zones industrielles ou dans des endroits très isolés pour fournir de l’électricité et de la vapeur », sont « plus simples et moins chers à construire ». Si la France prévoit « d’en vendre à l’exportation à partir de 2030 », ces réacteurs constituent un véritable sujet de discordes, étant « un scénario catastrophe pour les uns », ou au contraire « le seul moyen de lutter contre le réchauffement climatique pour les autres ». D’après Jean-Michel Ruggieri, « responsable du programme SMR au CEA », les SMR « permettraient de remplacer les centrales à charbon et à gaz, de répondre aux besoins là où il n’y a pas de réseau, mais aussi de dessaler de l’eau de mer et de produire de l’hydrogène décarboné à usage industriel ». Mais pour Bernard Laponche, « membre de l’association Global Chance » : « Hormis pour quelques cas particuliers, les SMR vont arriver trop tard sur le marché, alors que le prix des renouvelables ne cesse de baisser ». Selon le journal, si la plupart des projets de SMR « en sont encore au stade du concept, quelques-uns sont plus avancés », citant notamment à ce titre « le plan de relance du gouvernement [qui] prévoit une enveloppe de 170 millions d’euros pour le développement de Nuward, un réacteur de 170 MW, qui serait construit par paire. Plusieurs dizaines d’ingénieurs travaillent déjà sur ce projet porté par EDF, le CEA, Naval Group et TechnicAtome. Un premier démonstrateur est prévu à l’horizon 2030 ».

[Géopolitique] La Croix revient sur les enjeux autour du nucléaire civil qui serait une véritable « arme géopolitique » : « la Russie et la Chine sont devenues les championnes de la construction de nouveaux réacteurs, au grand dam des États-Unis ». En effet, « en Chine, 49 réacteurs nucléaires sont en fonctionnement, une dizaine en construction, et le dernier plan quinquennal prévoit le lancement d’une trentaine d’autres d’ici à 2025 », faisant du pays « la puissance montante dans le nucléaire civil ». Cependant, « la Russie n’est pas en reste ». D’après La Croix, « sur les 23 réacteurs en construction dans des pays étrangers au vendeur, 13 sont russes. Elle a des arguments qui savent convaincre, comme des emprunts garantis aux clients potentiels de son constructeur national Rosatom, ainsi que la prise en charge des déchets. C’est ce qui lui a permis, notamment, de remporter des contrats en Inde, au Bangladesh et en Turquie ». L’enjeu pour ces deux puissances serait clair : « le nucléaire est devenu un moyen d’étendre leur zone d’influence. Les Chinois ont ainsi vendu deux exemplaires de leur nouveau réacteur Hualong au Pakistan et envisagent d’en construire deux au Royaume-­Uni, après avoir pris un tiers du capital des deux EPR d’EDF en chantier à Hinkley Point. Des discussions sont en cours en Argentine ».

Relevé dans la presse

·     Légion d’honneur – Parmi les dernières attributions des ordres nationaux qui ont eu lieu le 1er janvier en raison de l’épidémie, Le Figaro met en exergue « Elisabeth Blanc-Cassagne, née Cassagne, conseillère scientifique au CEA » qui a reçu la légion d’honneur au grade de chevalier par le Ministère de la Transition écologique.

·     Quantique – « L’institut danois Niels Bohr a réalisé une matrice de quatre qubits en s’appuyant sur des transistors en silicium créé par le laboratoire français CEA-Leti », reprend le site web 01net. « La principale difficulté sur laquelle ces chercheurs se cassent les dents, c’est le contrôle et la manipulation des ‘quantum dots’, ces dispositifs élémentaires à base de transistors qui permettent de piéger les électrons par champ magnétique et de lire leurs spins’ », précise l’article. « Des chercheurs du Niels Bohr Institute de Copenhague viennent peut-être de franchir un nouveau cap important dans ce domaine, en montrant qu’il était possible de contrôler individuellement chaque électron d’une matrice de 2 x 2 ‘quantum dots’. C’est la première fois, semble-t-il, que des chercheurs arrivent à maîtriser un tel assemblage de quatre qubits ». « C’est une étape importante, car elle permettra peut-être le passage à plus grande échelle et de créer de grandes matrices de ‘quantum dots’. Ce qui permettrait alors de résoudre un autre grand problème de l’informatique quantique, à savoir la correction d’erreurs ».

·     Indice qualité de l’air – Le Monde s’intéresse à « une nouvelle couleur [qui] va faire son apparition dans le nuancier censé renseigner les Français sur l’état de l’air qu’ils respirent au quotidien : le violet. Elle est la manifestation la plus visible du nouvel indice de pollution de l’air entré en vigueur le 1er janvier ». « Désormais, le code couleur s’étendra du bleu (‘bon’) au violet (‘extrêmement mauvais’), en passant par quatre autres gradients (‘moyen’, ‘dégradé’, ‘mauvais’ et ‘très mauvais’) ». « Autre évolution pour rendre sa lecture plus claire et plus précise, l’indice sera désormais aligné sur les seuils européens, plus bas pour le dioxyde d’azote et l’ozone. Conséquence, le nombre de jours avec une qualité de l’air ‘mauvaise’ ou ‘très mauvaise’ devrait bondir ».

Page mise à jour le : 5 décembre 2021